IDIOTIE. IMBÉCILLITÉ. — CAUSES
exemples qu’on lui donne, il devient alors un instrument aveugle de brutalité. Tous les mauvais instincts sc développent en lui, et si l’instinct génital prédomine, comme cela sc voit fréquemment, d’abord masturbateurs, plus tard ils deviennent agressifs. Le plus grand nombre est paresseux, gourmand, nuisible ; les colères de l’idiot sont toutes particulières, il se frappe lui-même, sc mord, sc mutile, et semble être à peu près insensible à la douleur.
3° Imbécillité. — Si nous voulions tracer un tableau complet de l’imbécillité, il nous faudrait passer en revue toutes ces variétés d’individus qu’on désigne sous le nom de simples d’esprit, déposants, d’arriérés, etc. , tous ceux qui vivent dans le monde avec des instincts et des appétits de brute, et qui, responsables vis-b-vis des tribunaux, passent une partie de leur vie dans les maisons de détention. Nous renvoyons aux traités spéciaux, et pour les imbéciles dont l’état intellectuel se présente avec de trompeuses apparences, nous conseillons la lecture de l’excellent livre de Trélat (1).
Les imbéciles sont physiquement bien développés; le volume de la tête est normal, surtout chez ceux dont l’intelligence est le plus active. La microcéphalie s’observe aussi fréquemment; les organes génitaux sont normaux, les membres bien proportionnés, l’infériorité de ces êtres consiste donc surtout dans l’abaissement de leurs facultés intellectuelles. En effet, l’imbécile susceptible d’un certain degré d’éducation, ne le dépasse jamais une fois qu’il y est arrivé; son attention est difficile à fixer, il ne perfectionne rien, et ne sait pas sortir du cercle de ses habitudes. Il a des affections, souvent assez vives, parfois des aptitudes qui contrastent avec son infériorité pour tout ce qui leur est étranger.]
Nous indiquerons les recherches intéressantes d’Esquirol, Leurct, Fovillc, Cerise, Marchand, Morel (2), sur la conformation de la tète des idiots, et les diverses lésions que présentent les malades.
§ IV. — Causes.
[L’idiotie à ses divers degrés, comme l’imbécillité, est congénitale ou acquise. — Congénitale , elle tient à des conditions physiologiques du père et de la mère : Y aliénation mentale chez les ascendants, Y épilepsie, des habitudes alcooliques, la conception pendant l'état cl'ivresse, des coups, des émotions vives, une maladie grave pendant la grossesse, en sont les causes les plus communes. — Acquise, l’idiotie succède à des affections aiguës, aux fièvres graves, méningites, hémorrhagies méningées, épanchements séreux ou plastiques des membranes cérébrales ; des coups, des chutes , dont la violence a été directement portée sur fi; crâne, etc. Foville, Lunicr et Gosse (3) ont signalé les conslrictions exercées dans certains pays pour donner au crâne une forme particulière. ]
Traitement. — L’idiotie , à quelque degré qu’elle existe, doit être considérée comme incurable , en ce sens qu’on ne parvient pas à mettre les sujets , sous le rapport intellectuel , au niveau des hommes ordinaires; mais on peut améliorer notablement leur état lorsqu’il existe chez eux une lueur d’intelligence : c’est ce
(1) Trélat, La folie lucide.
(2) Morel, Traité des dégénérescences physiques, intellectuelles et momies dans l’espèce humaine. Paris, 1857.
(3) Gosse, Essai sur les déformations artificielles du crâne. Paris, 1855, in-8 (extrait des Annales d’hyyiène publique et de médecine légale).
NÉVROSES
qu’ont prouvé les faits cités par Itanl (1), et ceux que nous a fait connaître Séguin (2). On doit donc bien se garder d’abandonner les idiots à leur triste sort, comme on le faisait autrefois; il faut d’abord, par l’hygiène, chercher à raffermir la constitution et à donner un plus grand degré de développement à l’organisme; puis, par l’éducation morale , réprimer les mauvaises habitudes , développer les facultés affaiblies , et diriger les instincts de manière que les malades ne paraissent pas trop étrangers à tout ce qui les entoure. On trouvera, sous ce rapport, d’excellentes indications dans l’ouvrage de Séguin.