IDIOTIE ET IMBÉCILLITÉ
§ I. — Définition.
L 'idiotie peut être définie l’arrêt de développement plus ou moins complet des facultés intellectuelles et des instincts.
§ II. — Causes.
Elle est congénitale ou acquise, ajoutons acquise peudant l’enfance, et s’accompagne d’un arrêt du développement physique de l’individu.
§ III- — Symptômes.
L’idiotie présente des nuances variées qu’il serait sans intérêt de rappeler ici. \ons adopterons, comme plus conformes au but que nous nous sommes proposé, la division de Frédéric Dubois, d'Amiens (1), cl nous distinguerons trois classes : 1 " les idiots complets ; ‘2° les idiots avec conservation des instincts ; 3° les imbéciles.
1" Idiotie complète. — L’idiot compléta st un être dont la vie est toute végétative; souvent sourd, muet, aveugle, il reste inerte, accomplissant d’une manière automatique les actes les plus simples de la vie animale ; au-dessous de la brute, il ne sait ni trouver, ni prendre sa nourriture; il est d’une malpropreté extrême; tantôt il reste sans mouvement, tantôt il agite ses bras et ses jambes, poussant des cris rauques et perçants, il reste là où on le place, sans essayer d’échapper ni à la chaleur ni au froid, qui semblent n’avoir pas d’action sur lui. Sa tête est déformée, volumineuse; les années s’accumulent sans lui apporter les attributs de la virilité. La seconde dentition ne se fait pas, l’aspect de l’enfance persiste ; le système osseux, le système musculaire participent à cette dégradation; des paralysies partielles, du rachitisme, achèvent de rendre ces êtres dégénérés, hideux à voir. — La vie ne saurait longtemps se soutenir dans des conditions semblables; la plupart succombent jeunes, et le terme de trente ans n’est que rarement atteint.
2° Idiotie avec consci'vat ion des instincts. — Dans cette seconde classe se rangent une foule d’individus à développement intellectuel et physique excessivement borné, mais cependant capables de certaines manifestations. Ils ont à leur disposition quelques mots, et deviennent, à force de patience et de soins, aptes à quelque chose (2); ils n’ont ni jugement, ni raisonnement; mais soit qu’ils possèdent un pende mémoire, soit qu’on les trouve réduits à des instincts d'imitation, ils font ce qu’ils ont vu faire, ils répètent ce qu’on leur a montré. C’est dans cette classe que se révèlent les instincts musicaux, les aptitudes à modeler, à sculpter, etc., mais il n’y a nulle conscience de la valeur des actes, et quand l’idiot est livré à luimême, qu’il vit dans un milieu où l’on se préoccupe peu de sa présence et des
(1) Frédéric Dubois (d’Amiens), Mémoires de t’ Académie royale de médecine, Paris, 1837, t. V.
(2) Séguin, Traitement moral, hygiène et éducation des idiots. Paris, 1816. — Belhomme, Essai sur P idiotie. Paris, 1813. — Delasiauve, Morel, Traité des dégénérescences physiques, intellectuelles et morales de /'espèce humaine. Paris, 1857.