CRÉTINISME
CAUSES
la dégénérescence physique et morale de l’individu, un arrêt de développement plus ou moins complet, et une étroite connexité avec la cachexie goitreuse. On y reconnaît trois degrés. Voici comment Ferrus les décrit :
1° Crétineux : Ayant en général la conscience de leurs sensations, à même de les comparer, de saisir leurs rapports ou leur dissemblance, les crétineux peuvent à la rigueur suffire aux soins de propreté, acquérir quelques notions élémentaires, s’adonner à des travaux d’une application superficielle.
2° Semi-crétins : Parole embarrassée, confuse, gutturale même, sens obtus, ineptie, ils ne sauraient apprendre îi lire ni à compter, et l’on ne peut que bien rarement obtenir d’eux quelque service.
3" Crétin complet : Il appartient beaucoup plus à la vie végétative qu’h la vie humaine. Facultés cérébrales frappées de nullité; sensations incomplètes; aucun germe, aucune lueur d’affection ni de moralité; aucune manifestation de l'instinct de conservation, ni même de celui de propagation, si développé chez les semicrétins, et surtout chez les crétineux.
Les caractères physiques ne sont pas moins tranchés : la commission sarde les a longuement examinés; ce sont pour les principaux une conformation défectueuse du crâne, qu’on voit aplati dans les régions antérieure et postérieure, élargi latéralement; un front bas, avec une dépression sus-orbitaire, signalée par Cerise; thorax étroit, membres grêles ou très-gros et comme œdémateux, muscles lâches ; organes génitaux ou très-petits ou d’une grosseur insolite; ventre tombant sur les cuisses, et une telle laxité de téguments qu’ils peuvent à peine soutenir les intestins dans la cavité abdominale (1).
Étiologie. — Le développement du crétinisme dans certaines contrées, dans des conditions topographiques identiques, au fond des vallées, a, depuis longtemps, été rapporté au climat, à la qualité des eaux dont se servent les habitants. Ces eaux, analysées par Grange, Chatin et beaucoup d’autres encore, contiennent des sels de magnésie ; c’est eux qu’on accuse de tout le mal : la commission sarde, qui a soumis toutes les causes à la plus sévère discussion, en est arrivée à conclure que les causes du crétinisme se rattachaient : 1° aux conditions locales permanentes résultant de l’atmosphère du sol et des eaux ; 2° aux conditions accidentelles dérivant des mœurs, des habitudes privées, de la manière de vivre et de l’éducation ; 3°au\ conditions individuelles auxquelles on doit rapporter les particularités de conception et d’hérédité.
De cette énumération découle le traitement. C’est à modifier l’hygiène publique et 1 hygiène privée qu’il faut s’appliquer ; assainir les localités, développer la culture, défricher les terres laissées à l’abandon et couvertes de détritus végétaux qu’\ déposent les pluies torrentielles, la fonte des neiges, faire pénétrer l’air et la lumière dans les cabanes ; prévenir par une vigilante intervention, les accouplements de crétins entre eux, faciliter le croisement de la race de la montagne avec celle de la \ allée ; modifier les habitudes, moraliser par le travail, par l’éducation mise à la portée d’esprits faibles, mais susceptibles de se développer, comme l’a très-bien fait \oii Cerise, tels sont les moyens moraux proprement dits à l’aide desquels on peut lutter contre le crétinisme endémique.
Quant aux , mesures à prendre pour l’individu, elles sont encore hygiéniques:
(1) Ferrus, ouvr. cité.
NÉVROSES
nourriture fortifiante, boissons toniques, eau iodée, ferrugineuse, addition d’iodure de potassium dans le sel ordinaire, etc.
ARTICLE Y