‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 212 sur 369 · FORMES COMPLEXES DE LA FOLIE · texte numérisé non relu

FORMES COMPLEXES DE LA FOLIE

Jusqu’ici nous n’avons fait connaître que les grandes divisions de la folie. Nous ne pouvons passer sous silence certaines variétés, telles que la folie à double forme, la folie puerpérale, la folie alcoolique.

T‘ Folie a douille forme (Baillai'ger) ; eireulairc (Falret) (I). — Elle OSt caractérisée par la succession des deux états mélancolique et maniaque, avec une période de rémission intercalaire, dont la durée est plus ou moins longue. Tout ce que nous avons dit de l’excitation maniaque et de la dépression mélancolique pouvant être reproduit ici, nous n’y insisterons pas; seulement le pronostic de la folie circulaire est bien autrement grave que celui des manies et des mélancolies. L’incurabilité en est la loi presque fatale.

2° Folie pucrpnéraie (2). — Cette dénomination comprend tous les délires chroniques qui se présentent, soit dans le cours de la grossesse, soit chez les nouvelles accouchées et les nourrices. Pendant la grossesse, la folie reste plutôt dans la classe des folies sympathiques. Elle disparaît avec l’accouchement; elle se montre tantôt presque immédiatement après la conception, tantôt à une époque plus éloignée, et sous l’influence de causes spéciales parmi lesquelles les causes morales jouent un grand rôle.

Le moment où le délire éclate le plus souvent, c’est après l’accouchement, dans les huit ou dix jours qui suivent, ou à l’époque de la réapparition des règles. On peut l’attribuer à l’ébranlement nerveux profond, à l’affaiblissement qui résultent du travail de la parturition. La femme y est d’autant plus exposée que le nombre des grossesses antérieures aura été plus considérable, que ces grossesses auront été plus rapprochées. La forme maniaque est celle qui prédomine. Un fait curieux signalé par les auteurs qui se sont occupés spécialement de ces matières, c’est que le sexe de l’enfant a paru influer sur le développement de la folie de la mère, que certaines femmes ayant eu plusieurs enfants mâles et femelles ont été prises de délire maniaque après la naissance des garçons , et leur santé n’a pas été troublée poulies filles. Il n’est pas possible de donner une explication satisfaisante du fait. Nous nous bornerons à le consigner.

Tout ce que nous aurions à dire du traitement trouvera plus loin sa place.

3° Folie alcoolique. — L’abus des boissons alcooliques entraîne à la longue des désordres physiques et intellectuels qui se présentent sous la forme aiguë et sous la forme chronique: ils ont été décrits par tous les auteurs. Les travaux les plus estimés sont ceux de Léveillé (3) , Magnus IIuss (A) , Mar cet (5) ,

(1) J. P. Falret, Des maladies mentales et des asiles d’aliénés. Leçons cliniques et considérations générales. Paris, 1864, p. 337 et 456.

(2) Marcé, Traité de la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices. Paris, 1858.

(3) J. B. F. Léveillé, Histoire de la folie des ivrognes. Paris, 1831.

(4) Magnus Huss, Chronische Alhoolskrankheit oder Alkoolismus chromcus. Ein Beitrag zur Kenntniss der Vergiftungskrankheiten. Aus dem Schwed. übersetzt von Gerh. von dem Busch. Stockholm, 1852. — Analysé par Lasègue, Archives de médecine, 1853.

(5) Marcet, On chronic alcoholic intoxication. London, 1853.

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