‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 241 sur 369 · NÉVRALGIE CRURALE · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE CRURALE

Souvent des sujets affectés d’une violente sciatique se plaignent de douleurs dans le trajet du nerf crural, mais il est très-rare de voir la névralgie crurale isolée. Nous en avons cependant observé quelques exemples.

Les symptômes n’ont pas différé sensiblement de ceux qu’on observe dans les autres névralgies. Ce sont toujours des points douloureux disséminés, circonscrits (dans l’aine, la partie interne de la cuisse, du genou, du pied), qui forment! des foyers de douleur d’où partent des élancements; c’est toujours la marche capri'cieuse de la maladie et l’absence de toute altération apparente des tissus occupés par elle ; c’est toujours enfin cette préférence que fa douleur affecte pour les lieux où le nerf devient superficiel et envoie des rameaux cutanés.

Eu égard à la ressemblance de cette névralgie avec les autres, le traitement ne doit pas être différent ( vésicatoires volants multipliés, cautérisation , etc.), et l’on peut lui appliquer, par exemple, ce qui va être dit à l’occasion de la névralgie sciatique. Ajoutons cependant : 1° que Chaussier regarde la névralgie fèmoro-prètibialc (crurale) comme plus facile à guérir que les autres maladies de la même espèce, et 2° que les succès signalés par Martinet (1) et obtenus à l’aide de l 'huile essentielle de térébenthine sont très-remarquables.

8° névralgie sciatique ( fémoro-poplitée de Chaussier).

La névralgie sciatique est celle qui a été le mieux étudiée par les auteurs. On la trouve déjà mentionnée dans Hippocrate. Mais c’est à Feraei (2) qu’on en doit fer première description un peu précise, quoique très-succincte ; et Cotuguo (3) est celui qui a le plus éclairé ce point important de pathologie.

[Citons après lui Sauvages, Barthez, Chaussier, et surtout Martinet (A), qui a eu pour but principal de démontrer l’efficacité de la térébenthine].

Enfin, ayant analysé 125 cas de cette affection, nous avons pu en donner une histoire complète (5).

On donne le nom de névralgie sciatique à l’affection douloureuse du nerf de ce nom, qu’elle soit bornée à une petite partie de son étendue, ou qu’elle occupe sou tronc et la plupart de ses rameaux. Cependant, lorsqu’elle esi bornée à des rameaux très-distincts, comme les nerfs; plantaires, on lui duuue.Ies uomsde névralgie plan-

(1) Martinet, Du traitement delà sciatique et de quelques névralgies par T huile de térébenthine, 2e édit. Paris, 1829.

(2) Fernel, Universa medic., lib. VI, cap. xvm : Démord, crthrit., 1679.

(3) Cotuguo, Deischiade nervosa comm. Neapoli, 1764.

(!) Martinef, Du traitement de la sciatique. Paris, 1829, in-3.

(3) Valleix, Traité des névralgies. Paris, 1811, chap. vin.

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NÉVROSES

taire interne ou externe , etc.; mais on ne doit regarder ces névralgies ainsi limitées que comme des variétés.

On a donné à cette affection plusieurs autres noms : coxagra , dolor coxendicus, ischias, ischias nervosa , malum coxcndicum , névralgie fémorn-poplitée.

C’est une des névralgies les plus fréquentes. Avant les dernières recherches sur la névralgie dorso-intercostale , on la regardait même comme de beaucoup la plus fréquente; mais les médecins qui recherchent avec soin cette dernière affection ont pu se convaincre que la névralgie thoracique se rencontre bien plus souvent.

§ II. — Causes.

1° Causes prédisposantes. — Age. — Cotugno a cité un cas de cette névralgie chez un enfant de onze ans. Alais c’est après l’âge de vingt ans qu’elle se montre ordinairement. Nous avons trouvé qu’elle était à peu près également fréquente dans les périodes de dix ans renfermées entre vingt et soixante ans.

Sexe. — L’affection est plus fréquente chez les hommes, environ dans la projwrtion de trois à deux. Les hommes sont aussi plus fréquemment atteints de récidives.

Sous le rapport de la constitution , rien de particulier. On a, dans un certain nombre de faits, signalé le tempérament nerveux.

Les désordres de la menstruation se sont montrés assez souvent chez les femmes.

Conditions hygiéniques. — Dans près de la moitié des cas où l’influence de Y habitation a pu être recherchée, les sujets habitaient un lieu sombre, humide, ou exposé aux intempéries de l’air. L’étude des faits, sous les rapports des divers excès , des professions , de la noia'riture, de Y hérédité, ne jette aucune lumière sur l’étiologie de la névralgie sciatique.

Nous avons trouvé cette névralgie chez plusieurs sujets affectés de maladies de la moelle. Dans aucun cas (1), la sciatique n’a paru être la suite d’une métastase, et l’on n’a rien noté qui pût faire croire qu’elle était de nature syphilitique. Cependant nous reviendrons sur ce point h l’occasion du traitement.

C’est dans les mois les plus froids de l’année que se dév eloppe le plus fréquemment cette névralgie.

2° Causes occasionnelles. — La cause occasionnelle la plus fréquemment constatée a été un refroidissement prolongé; viennent ensuite l’action subite du froid, l’immersion des pieds dans l’eau, le repos sur l’herbe mouillée, etc.

Parmi les causes occasionnelles (2) J. Frank place : 1° les blessures, les contusions; 2° le refroidissement des membres inférieurs, surtout quand on se couche sur le sol humide, le corps étant échauffé; 3° la métastase morbilleuse ; U° la suppression des hémorrhoides, des lochies, de la sécrétion laiteuse; 5° surtout le vice arthritique; [6° le vice syphilitique (3)] ; 7° la piqûre du nerf saphène, dans la saignée pratiquée sur la veine du même nom ; 8° les lésions de l'utérus, ou le? troubles des fonctions.

(1) Traité clés névralgies, p. 496.

(2) Ibid., p. 580

(3) Gros et Lanceraux, Des affections nerveuses syphilitiques, p. 63. — Zambaco. (bat.,

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