RHUMATISME MUSCULAIRE
Douleur vive, principalement lorsque les muscles malades entrent en contraction (flexion, extension du membre).
Pression douloureuse dans une large étendue, et non dans le trajet des nerfs.
La douleur spontanée ne suit pas le trajet du nerf; élancements sans trajet déterminé.
Pronostic. — La sciatique n’est pas une maladie mortelle. Lorsque pendant de longues années on a négligé de la traiter, ou qu’on ne lui a opposé que de faibles moyens, elle peut devenir rebelle; mais ce n’est pas le cas le plus fréquent; car les faits sont nombreux dans lesquels une sciatique datant de plusieurs années a été guérie en quelques semaines et même en quelques jours. Cependant, toutes choses égales d’ailleurs, le pronostic est incontestablement plus grave lorsque la névralgie est ancienne [ou bien quand elle est symptomatique d’une lésion organique située
(1) Voy. tome II, art. Névrite, p. 209.
NÉVROSES
sur le trajet ou dans le voisinage du nerf]. Chez quelques sujets, la névralgie sciatique alterne avec d’autres affections du même genre, qui ont des signes très-variés : ces cas sont remarquables par la fréquence des récidives.
§ VII. — Traitement.
Médication externe. Émissions sanguines. ■ — Les succès quelles ont procurés ne sont ni nombreux ni frappants. Ce sont surtout les émissions sanguines locales auxquelles on a recours. [Elles sont plus particulièrement utiles chez les sujets pléthoriques, chez les femmes sanguines, quand la sciatique coïncide avec une suppression menstruelle]. Nous avons dit plus haut de quelle manière agissent, dans des cas rares, les sangsues et les ventouses scarifiées.
Vésicatoires à demeure. — Le vésicatoire à demeure, c’est-à-dire entretenu avec 11110 pommade épispaslique, est un moyen dont l’efficacité est incontestable. Mais elle est moindre encore que celle des vésicatoires volants multipliés; et comme, d un autre côté, le pansement avec la pommade épispastique est très-douloureux dans les cas de névralgie, c’est à ceux-ci qu'il faut avoir recours.
Vésicatoires volants. — Cotugno, qui le premier a préconisé le vésicatoire, avait recours au vésicatoire volant qu’il pansait avec le beurre frais, et non au vésicatoire a demeure. C’est sur la tète du péroné que Cotugno appliquait le vésicatoire. Rarement il en mettait plusieurs.
Ayant remarqué que l’application d’un vésicatoire volant pouvait parfaitement faire disparaître la douleur d'un point douloureux, sans agir en aucune manière sur les autres points disséminés sur le trajet du nerf, nous avons pensé qu’il vaudrait mieux employer les vésicatoires volants multipliés et placés sur les principaux foyers de douleur, et ce traitement a procuré les succès les plus prompts et les plus complets, même dans des cas où la névralgie était ancienne et s’était montrée rebelle à d’autres traitements. On ne doit pas craindre de trop multiplier les vésicatoires. Partout où un point douloureux existe avec une certaine intensité, il faut en appliquer un. Dans les cas de moyenne intensité, il n’en faut guère que trois, un à la hanche (grand trochanter, ou articulation sacro-iliaque), un à la tête du péroné, et l’autre vers la malléole externe; quelquefois il en faut quatre, cinq et même six à la fois. L’application de ces vésicatoires nombreux peut produire un léger mouvement fébrile, niais au bout de vingt-quatre ou trente-six heures il n’en reste plus rien. Il est rare que dès le lendemain de cette application, le soulagement ne soit pas déjà considérable. La plupart des malades ne se plaignent plus que de la douleur des vésicatoires, tant la douleur nerveuse est devenue supportable. Attaquez sans tarder les points douloureux nouveaux qui se présentent, renouvelez les vésicatoires sur les anciens, ou placez-les à côté, si la douleur n’a pas été complètement enlevée. Une tisane adoucissante et le repos complètent ce traitement, qui est très-facilement supporté par les malades ; si les douleurs étaient par trop vives, joignez-y, comme adjuvants, l’emploi de Y opium à l’intérieur, et l’application d’une petite quantité de morphine sur les vésicatoires; mais dans la majorité des cas, on n’a pas besoin de recourir à ces moyens.
Cautère actuel. — Quand on a recours au cautère actuel, il vaut mieux appliquer le caustique sur les mêmes points où l’on applique les vésicatoires. Cependant,
NÉVRALGIE SCIATHTOE. — TRAITEMENT. 767
la cautérisation dorsale du pied, à la manière des Arabes, a été faite avec succès par Robert (1).
Payan (2) a, de son côté, cité un cas dans lequel ce moyen a guéri une névralgie sciatique très-rebelle et traitée jusque-là sans succès par un grand nombre de moyens; la guérison fut obtenue en dix-sept jours.
Enfin, des recherches bibliographiques de Robert, il est résulté que déjà Klein (3) avait employé avec succès cette cautérisation dans deux cas.
Ce moyeu a donc une très-grande efficacité; mais il force le malade à l’inaction pendant un temps assez long, inconvénient que n’a pas la cautérisation transcurrenle. Ce n’est donc que dans les cas où celle-ci aurait échoué qu’il faudrait y recourir.
Cautérisation trmscivrreiïte. — Jobert (de Lamballe) a appliqué principalement à la névralgie sciatique ce moyen à l’aide duquel il combat toutes les névralgies. Il est souvent très-difficile de le. faire adopter par les malades ; et comme les vésicatoires volants réussissent ordinairement, on ne doit évidemment proposer le fer rouge que comme moyeu extrême. Il y a une ressemblance assez grande entre la cautérisation Lranscurrenle et celle qu’employait Albucasis, qui laissait seulement intacts les intervalles des douleurs. i)e cette manière, on doit également obtenir des succès nombreux et complets. [Grâce au chloroforme, celte opération n’est pas douloureuse, et est peut-être le moyen le plus efficace qu’on puisse mettre en usage. On pourra aussi avoir recours à la cautérisation ponctuée].
Cautérisation de l'hélix. — On a employé à Paris un moyen bien étrange, mais qui a réussi un certain nombre de fois: ce moyeu consiste à toucher avec le fer rouge la partie antérieure de l'hélix (U).
Celte cautérisation, qui n’agit évidemment que comme moyen perturbateur, est le plus souvent impuissante contre les névralgies anciennes et rebelles, les seules qui demandent un traitement énergique, beaucoup de malades traités parce moyen voient très-promptement leurs douleurs reparaître, et la cautérisation de l’hélix, un moment en faveur, à cause de son étrangeté, n’était pas destinée à prendre place dans la thérapeutique.
Moxa. — Le moxa doit être rejeté. Il est plus douloureux que le vésicatoire volant, moins promptement et moins sûrement efficace que le cautère actuel.
Sinapismes. — Le sinapisme suivant, qui était employé par AVillis, et auquel on a attribué une efficacité si grande, a été nommé cataplasme ischiatique ;