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DERMALGIE OU HYPERESTHÉSIE DE LA PEAU. — SYMPTÔMES

thésie n’occupait qu’un côté du corps, et dura une dizaine de jours. ] Ayant recueilli quelques observations de maladie de la moelle , nous avons vu que de véritables névralgies peuvent se produire dans le cours de ces affections, et nous avons noté des points douloureux de la peau comine dans les névralgies ordinaires; mais nous avons pu aussi constater que parfois il n’y avait qu’une douleur limitée à la peau dans un point peu étendu, et alors il existait une véritable dermalgie. Chez cette femme qui avait fini par perdre complètement l’usage de ses membres inférieurs, il survenait parfois une douleur très-vive siégeant ordinairement sur 4e coude-pied, et telle que la plus légère friction était insupportable. L’exploration attentive des nerfs de la jambe cl de la cuisse ne faisait reconnaître aucun autre point douloureux. L’existence d’une dermalgie indépendante n’était donc pas douteuse (1).

La dermalgie se développe parfois sans cause appréciable. Il en est de même de toutes les névralgies, et par conséquent on devait s’attendre à un pareil résultat, surtout en considérant la dermalgie d’une manière générale.

La description donnée par les auteurs a dû nécessairement se ressentir du défaut de distinction entre la dermalgie proprement dite, la dermalgie idiopathique, et. celle qui n’est qu’un simple phénomène morbide d’une affection plus étendue, lin effet, les symptômes des névralgies ordinaires, dont la dermalgie est si souvent une simple dépendance, entrent pour beaucoup dans cette description. Nous présenteions celle de Beau, qui est la plus complète, en l’accompagnant de quelques réflexions.

§ III. — Siège.

(iette affection peut siéger dans tous les points de la peau de la tête, du tronc et des membres; mais elle se rencontre plus souvent aux membres inférieurs et à la tête qu’ailleurs. Depuis que les points douloureux de la névralgie intercostale ont été recherchés avec plus de précision, on a trouvé fréquemment des parties de la peau du thorax offrant une douleur excessive. Reste à savoir si ces points douloureux se montrent souvent d’une manière indépendante; mais la même réflexion s’applique aux douleurs cutanées de la tête et des membres inférieurs. Si nous pouvions nous en rapporter à de simples souvenirs, nous dirions que les douleurs bornées à la peau nous ont paru plus fréquentes sur les endroits couverts de poils que partout ailleurs, ce qui rentre dans la manière de voir de Beau, qui a indiqué un signe particulier dans les cas où le siège de la douleur est couvert de poils.

Quelquefois toute la peau est envahie ; mais cela est rare: le plus souvent la dermalgie occupe une étendue qui varie de 2 centimètres à 1 décimètre carré.

§ IV. — Symptômes.

Quant à la douleur de cette névralgie, on peut dire quelle est double: l’une fixe, l’autre intermittente. Ces deux espèces de douleurs peuvent exister séparément ; mais le plus souvent elles sont réunies.

La douleur fixe présente plusieurs variétés d’intensité ou de forme. A son degré

(1) Nous croyons devoir faire remarquer de nouveau, pour éviter toute fausse interprétation, qu’il n’y a pas, au fond, de dissidence réelle entre nous et Beau. Seulement, nous n’envisageons pas la dermalgie d’une manière en quelque sorte abstraite, comme cet auteur. Il a fait de la pathologie générale, et nous faisons de la pathologie spéciale.

NÉVROSES

le plus faible, elle consiste dans une légère exaltation de la sensibilité normale; il semble au patient que la peau subit le contact fatigant d’une toile d’araignée; ou bien, si le mal est plus intense, la douleur ressemble à celle qui résulte de l'enlèvement de l’épiderme et de la dénudation du corps papillaire.

La douleur intermittente se fait sentir toutes les demi-minutes environ. Elle est beaucoup plus vive que la précédente, car elle est souvent portée au point d’empêcher les mouvements de la partie affectée et de priver le malade de sommeil. Le malade la compare à celle qui résulterait d’une étincelle électrique, d’un coup d’épingle, ou bien encore à celle que produirait un clou si on l’enfonçait dans la peau à plusieurs reprises.

La douleur fixe est augmentée (< douleur provoquée) par le frottement des vêtements. Si l’on promène les doigts sur la peau, même légèrement, ou produit une* sensation comparable à celle que l’on déterminerait avec une brosse rude. Loinque le résultat s’observe, il n’est pas nécessaire que l’épiderme soit très-mince ; car on peut l’obtenir même sur les points où l’épiderme est très-épais, comme à la peau du talon. Si la partie affectée est recouverte de poils ou de cheveux, il suffit de passer la main sur eux à distance de la peau, pour que celle-ci subisse une impression douloureuse.

Ces différents frottements non-seulement augmentent la douleur fixe, mais de plus ils déterminent souvent et immédiatement le retour de la douleur intermittente. Si, au lieu d’un frottement ou d’un simple contact, on exerce avec la main une pression considérable sur la partie douloureuse, on supprime la douleur fixe; mais on n’empêche pas le retour de la douleur intermittente. Enfin nous devons ajouter que la dermalgie rhumatismale est exaspérée notablement pendant la nuit. Cette exaspération porte principalement sur la douleur intermittente.

Pendant toute la durée des douleurs, même les plus vives, la peau ne présente rien de remarquable sous le rapport de son épaisseur, de sa coloration et de sa chaleur. Quelquefois elle est sèche ; d’autres fois elle est recoin ci te de sueur (Beau).

Celte description a des traits nombreux de ressemblance avec celle que nous avons tracée de la névralgie ordinaire : c’est qu’en effet les observations ayant été fréquemment prises chez des sujets affectés de névralgie, on a dû nécessairement mettre sur le compte de la dermalgie des symptômes appartenant à l’affection douloureuse des nerfs. D’ailleurs Beau a dit lui-même que les deux douleurs spontanées, c’est-à-dire la douleur fixe et la douleur intermittente, peuvent exister séparément. Les cas dans lesquels la dernière de ces douleurs n’existe pas ne seraient-ils pas ceux (pion peut rapporter seuls à la dermalgie telle que nous l’entendons ? Pour nous, dans les cas où la douleur de la peau nous a paru constituer a elle seule toute la maladie, il n’y avait pas d’élancements ; la douleur spontanée était généralement médiocre et consistait dans un simple agacement, et la douleur provoquée par le frottement était de beaucoup le symptôme le plus remarquable.

Beau a cité trois cas dans lesquels la douleur de la peau s’accompagne d un mouvement fébrile assez marqué. Dans les cas de ce genre, le tégument est douloureux dans une assez grande étendue, cl souvent même sur toute la surface du corps, comme cela avait lieu chez deux des sujets observés par Beau. Liiez un troisième sujet, la peau des membres inférieurs était seule douloureuse. La fièvre, quia existe chez ces malades, n’a pas duré plus de huit ou dix jours dans les cas où I affection

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