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HYPERESTHÉSIE ET ANESTHÉSIE DES NERFS SENSITIFS

quand elle persiste longtemps et qu’elle est violente, elle peut déterminer le gonflement des parties, l’amaurose, la conjonctivite, la kératite, l’iritis, etc. Cette complication arrive surtout quand il existe quelques lésions organiques intracrâniennes.

Si la névralgie est intense et dure depuis un certain temps, on peut observer des troubles gastriques et des symptômes fébriles. Cette névralgie a quelque ressemblance avec la migraine ; cependant la confusion n’est guère possible. (Voy. Migraine, p. 688.)

§ UE. — Traitement.

La première indication consiste à calmer la douleur le plus promptement possible. On aura recours aux fomentations chaudes et narcotiques, aux fumigations, aux embrocations faites avec la décoction de têtes de pavot, de camomille.

C’est dans ces cas de névralgie que Hutchinson a employé avec le plus de succès le sous-carbonate de fer , médicament que Mackenzie prescrit dans les cas aigus et dans les cas chroniques, avec un succès presque constant dans les premiers. La dose usitée par ce médecin est fort élevée, 2 à t\ grammes (1/2 gros ou 1 gros), toutes les heures dans un verre d'eau ou bien dans de la mélasse pour combattre son effet constipant. Hutchinson (1) porta la dose jusqu’à 5gr,20 (à scrupules), deux fois par jour.

Si le sous-carbonate de fer échoue, on prescrit le sulfate de quinine à la dose de 10 à 50 centigrammes deux fois par jour, plusieurs jours de suite.

Bailey (2), l’un des premiers, puis Mackenzie, etc., ont employé la belladone\\ l’intérieur et à l’extérieur, surtout dans les cas de névralgie arthritique. Bailey a élevé la dose jusqu’à 15 centigrammes d’extrait d’un seul coup. C’est un médicament fort employé par Bretonneau, Trousseau (3), etc.

On a aussi employé les narcotiques, l’opium associé au calomel, au camphre, l’acétate de morphine à la dose de 0gr, 025 associé à 0gr,15 de camphre, répété toutes les quatre heures. Les opiacés ont aussi été employés par la méthode hypodermique.

Lawrence (h) avail une grande confiance dans la ciguë donnée à doses élevées ei rapprochées; Fleming (5), dans la teinture cl’ aconit, à l’intérieur et en frictions. On a aussi employé l’extrait de semences de stramonium, des applications de chloroforme, des révulsifs, des sangsues, et enfin la section du nerf.

2° ANESTHÉSIE ET ARRÊT DE DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL DE LA VISION A LA SUITE DES MALADIES DES NERFS DE LA CINQUIÈME PAIRE.

La section des branches sus et sous-orbitaires de la cinquième paire, les fortes contusions, la compression de ces mêmes branches par une tumeur intra-crânienne, , tumeur scrofuleuse ou autre, dans le pont de Varole, par exemple, abolissent la sensibilité des parties auxquelles se rendent ces filets nerveux. S’il existe une

(1) Hutchinson, Cases of neuralgia spasmodica, commonly called tic douloureux, success- /'«//;/ treated. London, 1822.

(2) Bailey, Observ. relative to the use of Belladonna in Pain fut as Disorders of the Head and Face. London, 1818.

(3) Trousseau, Clinique de l' Hôtel-Dieu, t. II, Névralgie.

(4) Lawrence, Lectures onSurgery [Medical Gazette, vol. VI, 1830, p. 647).

(5) Fleming, Inquiry into the properties of the Aconttum Napellus, p. 23. I*' 'don, 1845.

tumeur intracrânienne, «outre l'anesthésie de la peau et des paupières, de la conjonctive, de la membrane de Schneider et des autres parties auxquelles le nerf de la cinquième paire distribue la sensibilité générale, et la perte du goût dans le côté correspondant de la langue, la vision s’affaiblit ou se perd, la sécrétion lacrymale s’arrête, et l’on voit se développer une inflammation oculaire qui se termine par l’opacité, l’ulcération et la rupture de la cornée (f). »

Le traitement est le plus souvent insuffisant. S’il y a eu division des filets nerveux, il n’y a rien à faire qu’à attendre les effets de la nature; s’il y a eu contusion, il est important d’appliquer des antiphlogistiques, des résolutifs, quelquefois des sangsues sur le siège du mal. Si l’on suppose l’exislence d’une tumeur intracrânienne, on conseillera un traitement général, antiscrofuleux, anticancéreux, antisyphilitique, résolutif et fondant, les toniques, les altérants, la ciguë, le mercure, l’iodure de potassium à l’intérieur et à l’extérieur, des vésicatoires sur le front, à la tempe, etc. ]

:j° ANESTHÉSIE OU PARALYSIE DE LA CINQUIÈME PAIRE.

Cette maladie, étudiée par Serres, Magendie, Longet, etc. , a pour cause ordinaire une lésion organique de la partie intracrânienne du nerf de la cinquième paire (déchirures, tumeurs, ramollissement), et alors la paralysie porte sur tous les points où le nerf va se distribuer. Dans les cas rapportés par Marchai (de Caivi), la sensibilité avait diminué dans un côté de la face après une névralgie intense, et cependant les sujets ne laissaient pas d’éprouver par moments des élancements névralgiques violents.

Quelquefois une seule partie de la face est paralysée ; la lésion porte alors sur une des branches. Corrigan (2) a cité un exemple remarquable de paralysie de la deuxième branche de la cinquième paire, survenue après une violente contusion de la tempe. Ch. Bell, cité par Jobert, de Lamballe (3), rapporte qu’un homme à qui l’on avait fait l’extraction d’une dent molaire de la mâchoire inférieure, ayant porté à la bouche un verre pour se gargariser, s’écria : Vous m'avez donné un verre cassé. Ce fait, ajoute Jobert, prouve que la maladresse avec laquelle l’opération avait été faite avait amené une modification telle dans les fonctions des nerfs, que l’insensibilité d’une partie de la lèvre en avait été la suite.

Le principal symptôme de la paralysie de la cinquième paire est la paralysie du sentiment. Suivant Jobert, qui regarde cette cinquième paire comme un nerf de sentiment et de mouvement à la fois, ces deux fonctions seraient altérées ; mais les autres observateurs ne partagent pas cette opinion, et tout porte à croire que, dans les cas observés par Jobert, la septième paire s’était trouvée consécutivement affectée, comme l'était la troisième dans les cas rapportés par Marchai (de Caivi).

La paralysie du sentiment est ordinairement précédée d’une exaltation de la sensibilité , et voici comment Jobert expose la succession des symptômes: « Dans tous les cas, dit-il (p. 689), où j’ai observé la cinquième paire comprimée par des tumeurs développées dans le crâne, sa sensibilité était exaltée jusqu’à ce que la

(1) Mackenzie, Traité pratique des maladies de l'œil, 4e édit., traduit de l'anglais par Warlomont et Teslelin. Paris, 1858, t. II, p. 7(30.

(2) Corrigan, Dublin Reports, avril 1839.

(3) Jobert (de Lamballe), Études sur le système nerveux. Paris, 1838, t. II, p. (38t.

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