TREMBLEMENT NERVEUX
On a, sous le titre de tremblement, considéré d’une manière générale un trouble spécial de la motilité, sauf à renvoyer aux descriptions particulières pour certains tremblements qui surviennent sous l’influence de causes spéciales, tels que le tremblement mercuriel, le delirium tremens, le tremblement causé par l’opium, etc. Comme il ne s’agit pas ici de pathologie générale, nous n’avons à nous occuper, dans cet article, que du tremblement idiopathique. Dans le sens rigoureux du mot, il est certain que tous les tremblements sont des maladies nerveuses, et par conséquent des névroses; mais, comme la plupart d’entre eux sont produits par l’abus de certaines substances qui, à un certain degré, deviennent toxiques, il est mieux de présenter ces affections réunies, ou du moins assez rapprochées pour qu’on puisse les embrasser d’un seul coup d’œil ; c’est dans le chapitre consacré aux intoxications (tome V) que nous parlerons de ces espèces de tremblements. Quant à ceux qui ne constituent que des symptômes de diverses affections, comme les tremblements qu’on remarque dans diverses maladies fébriles, ils sont suffisamment indiqués dans les articles où il est traité de ces affections.
Trcniiiicmenf idiopatique. — Reste donc le tremblement idxopliütique ; il consiste, comme les autres espèces, dans de légères oscillations involontaires des membres, de la tête, plus rarement du tronc. Il diffère des autres affections convulsives par la moins grande étendue de ces mouvements involontaires, et surtout parce qu’il n’empêche qu'à un très-faible degré les mouvements volontaires.
Parmi les causes, on remarque d’abord la vieillesse; mais il n’y a aucune utilité, sous le rapport pathologique, à étudier le tremblement sénile. Puis vient la dété rioration de la constitution par l’épuisement causé par Y inanition, par l’abus des plaisirs vénériens, par l’onanisme, etc. Les émotions morales très-vives ou longtemps prolongées peuvent produire le même effet; enfin Y hérédité, suivant ur. assez grand nombre de faits, a une influence marquée sur la production du tremblement idiopathique. On connaît des exemples de ce trouble de la motilité chez de jeunes enfants dont les parents avaient, soit un tremblement pareil, soit d’autres affections convulsives. Nous parlerons ailleurs du tremblement qui succède quelquefois au rhumatisme.
Le tremblement lui-même constitue le seul symptôme de la maladie. Il occupe principalement les mains, les membres supérieurs et la tête. Dans cette dernière partie, il est presque constitué par des mouvements de latéralité.
Lorsque le tremblement est héréditaire, il n’y a aucun moyen à lui opposer; il
NÉVROSES
faut seulement veiller à ce qu’aucune des causes ordinaires des diverses espèces de tremblements ne vienne en augmenter l’intensité. Dans les cas de tremblement par débilitation, le traitement est bien simple : il consiste à faire cesser la cause, et à donner des toniques et des aliments substantiels. A la suite des émotions morales très-vives, le tremblement qui survient est presque toujours incurable.
ARTICLE V