‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 282 sur 369 · PARALYSIE DU MUSCLE GRAND DENTELÉ · texte numérisé non relu

PARALYSIE DU MUSCLE GRAND DENTELÉ

[Celte affection donne lieu à des signes caractéristiques même dès le début, et que Duchenne père, de Boulogne (3), a ainsi décrits : « En faisant porter un peu en dehors les bras d’un sujet dont on explore les muscles de l’épaule, si l’on voit saillir de 1 à 3 centimètres le bord spinal du scapulum, et qu’en même temps l’angle inférieur de cet os se porte un peu moins en avant que du côté opposé, on peut être certain que le grand dentelé commence à s’atrophier ou à se paralyser, bien que l’élévation verticale se fasse encore normalement. » A un degré plus avancé, les signes sont plus manifestes: on fait écarter les bras du tronc et alors l’omoplate exécute deux mouvements (fig. 10) : l’un par lequel le bord spinal B s’éloigne des parois costales; l'autre, un mouvement de bascule, par lequel l’angle inférieur A s’élève en se rapprochant de la ligne médiane, pendant que l’angle externe D est déprimé. L’omoplate semble se détacher peu à peu du thorax et soulève la peau, surtout à l’angle inférieur.

Il est important de maintenir pendant quelque temps le malade dans celle position pour que les symptômes ci-dessus soient manifestes, car on n’en observe aucun quand les bras sont pendants sur les côtés du tronc.

Quoique rare, cette maladie ne l’est pas autant que nous le disions dans notre dernière édition; elle n’est pas non Fl?' ~Mouve“ie"t de l’omopiaie pendant l’éiéva-

1 # tion du bras, par 1 action isolée du deltoïde, soit sous

plus aussi frequenteque semblent le faire l’influence lie l’excilation électrique de ce muscle, soit

supposer des observations où l’on a con- volonlairement dans la parall’sle du srand dentelé, fondu la paralysie du grand dentelé avec la paralysie ou l’atrophie d’autres fais-

(1) Deval, ouv. cité, p. 757.

(2) On consultera avec intérêt la thèse inaugurale du docteur Cyrille Desnos, De la paralysie du muscle grand dentelé. Paris, 1845, 18 juin, n°91.

(3) Duchenne (de Boulogne), De l’électricité localisée. 1861, p. 767.

NÉVROSES

ceaux musculaires. Nous en avons relaté un cas double dans les précédentes éditions; Gendrin (1) en a rapporté un autre dans sa traduction d’Abercrombie ; Duchenne, de Boulogne (2), en a cité quelques-uns dans son livre sur l’électricité localisée ; Jarjavay (3) en a observé un cas en 186A, à l’hôpital Saint-Antoine, un autre en 1865, à Beaujon.

Les symptômes que nousavons donnés sont caractéristiques et empêcheront toute erreur de diar/nostic. On se convaincra en effet que le deltoïde n’est pas paralysé en fixant solidement le scapulum avec la main ; alors le bras peut se lever, ce qui n’aurait pas lieu si le deltoïde était paralysé. La confusion n’est pas possible avec une déviation de la colonne vertébrale.

Cette paralysie n’est pas douloureuse; elle gêne très-peu les mouvements du bras; mais elle occasionne une difformité passagère dans certains mouvements.

Si la paralysie persiste pendant longtemps, elle peut donner lieu à l’atrophie musculaire dont les symptômes sont les mêmes, mais dont la guérison est plus difficile à obtenir.

Cette paralysie reconnaît pour causes : l’influence du froid, le rhumatisme, les chutes, les coups, la syphilis, etc. Quelquefois la cause est inconnue.

Le traitement consiste dans l’emploi de l’électricité. On applique l’un des pôles du courant électrique sur les insertions costales du muscle, l autre tout près du bord spinal de l’omoplate. On renouvelle deux ou trois fois par jour l’application de l’électricité; et la guérison est obtenue en quelques semaines dans la majorité des cas. Trois semaines ont suffi aux malades de Jarjavay. On y joindra les frictions stimulantes.]

Enfin, nous pourrions signaler quelques autres paralysies partielles; mais comme presque toutes surviennent à la suite soit d’un rhumatisme, soit d’une autre affection, et qu’elles ne sont que secondaires; comme, d’un autre côté, nous n’avons sur elles que les renseignements les moins précis, il n’y aurait pas grand avantage à nous étendre sur ce sujet.

ARTICLE VIII

paralysie de la septième paire ( hêmiphéyie faciale).

Nous n’avons pas à nous occuper de l’hémiplégie faciale symptomatique d’une affection cérébrale. U ne s’agit ici que de la paralysie essentielle ou de celle qui est due à une lésion du nerf.

La paralysie de la face est une maladie dont les signes sont trop évidents pour qu’elle n’ait pas été connue très-anciennement. En effet, on a trouvé dans Rhazès (A), Albucasis (5), Arétée (6), et plus tard dans Forestus (7), des passages qui peuvent se rapporter il cette maladie. Mais, avant Charles Bell (8), on ne pouvait guère se faire une juste idée de la cause de la maladie et de certains phénomènes qui devaient paraître singuliers. Les recherches de Bclliugeri n’étaient pas de nature

(1) Gendrin, Traduction d’Abercrombie.

(2) Duchenne (de Boulogne), Ouv. cité, p. 768.

(3) Jarjavay, Communication écrite.

(4) Rhazès, Continens. lib. I.

(5) Albucasis, Chirurgia , part. I. cap. 7.

(6) Arétée, De signis et cousis diut., lib. II.

(7) Forestus, Opéra omnia medica, t. 1. .

(8) Ch. Bell, Expos, du syst. natur. des nerfs, etc., trad. de M. Genest. Paris, 1S~;>.

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