PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE. — CAUSES
à éclairer ce point difficile, puisque cet auteur, prenant le nerf facial pour un nerf de sentiment, il lui était impossible d’expliquer les symptômes de la maladie; toutefois Duchenne (de Boulogne) a, par des expériences électro- physiologiques (1), fait voir que tout n’était pas inexact dans ce qu’avait avancé Bellingeri.
Les recherches de Ch. Bell une fois connues, les travaux sur l’hémiplégie de la face se multiplièrent. Nous citerons ceux de Descot (2), Pichonnière (3), Montault (4), Bottu-Dcsmorliers (5), Bérard (6), Jobert (7), et Lantlouzy (8).
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
Sous le nom de paralysie de la face , on décrit non-seulement celle qui est due à une altération de la septième paire, mais encore celle de la cinquième. Le titre que nous avons donné à cet article prouve que nous n’entendons nousAiccuper ici que de la première de ces affections, de celle qui consiste dans l’abolition du mouvement des muscles de la face.
Cette affection a été désignée par les noms de oris dislortio (Forestus), de paralysie de la face, à' hémiplégie faciale, de paralysie partielle de la face. Ces dénominations pourraient induire en erreur sur la nature de la maladie dont il s’agit. La paralysie de la face comprend, eu effet, la paralysie du sentiment due à une affection de la cinquième paire, et l’hémiplégie faciale se retrouve dans les affections cérébrales. Le nom de paralysie de la septième paire n’est sans doute pas exempt de reproches, puisque ce sont les muscles et non le nerf qui sont paralysés; mais, comme cette dénomination fait connaître très-clairement l’affection dont il s’agit, c’est celle que nous croyons devoir adopter, à l'exemple de la plupart des auteurs récents.
Sans être très-fréquente, la paralysie de la septième paire est loin d’être une maladie rare. Il n’ait guère de médecins qui n’aient eu occasion de l’ohserver.
§ II. — Causes.
1° Causes prédisposantes. — Age. — <- Sur trente-deux individus dont l’âge a été noté, cinq, disent Monneretet Fleury (9), avaient de sept à vingt ans; dix-sept, de vingt à quarante ; dix, de quarante à soixante-quatre ans. » Un exemple de paralysie de la face a été observé chez un enfant de dix-sept mois, à l’hôpital Necker, et dû à une carie du rocher gauche (10).
Sexe. — Les mêmes auteurs ajoutent : « Kluyskens avait remarqué que les
(1) Duchenne (de Boulogne), De l’électrisation localisée et de son application à la pathologie et à ta thérapeutique. Paris, 1855; 2e édit.,, Paris, 1861, p. 650.
(2) Descot, Dissert, sur les affections locales des nerfs. Paris, 1825.
(6) Pichonnière, De ta paralysie partielle de ta face. Paris, 1830.
(A) Montault, Dissertation sur l’hémiplégie faciale, ou perte du mouvement et de l’expression de l’un des côtés du visage par la lésion de la septième paire des nerfs, thèse. Paris, 1831, n° 300.
(5) Bottu-Desmortiers, Recherches sur quelques altérations locales du nerf facial, la paralysie qu’elles occasionnent, thèse. Paris, 1834, u° 365.
(6) Bérard, Journal des connaissances médico-chirurgicales , t. Il, et Dictionnaire de médecine, art. Face ( Paralysie de la).
(7) Jobert, Études sur le système nerveux. Paris, 1838.
(8) Landouzy, Hémiplégie faciale ( Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 1851, t. XVI, p. 376).
(9) Compendium de médecine, t. III, p. 624.
(10) Paralysie de la face chez un enfant à la mamelle ; cane du rocher (Bullet. de thérap., janvier 1847, t. XXXII, p. 63).
NÉVROSES
hommes y étaient plus exposés que les femmes, Montault a, en effet, trouvé trentetrois hommes sur quarante cas. »
Dans quelques cas, on a remarqué que les malades avaient éprouvé des douleurs rhumatismales de longue durée avant l’invasion de la paralysie; d’autres avaient eu des symptômes de syphilis , et, dans quelques cas, le traitement antivénérien avait paru réussir.
En outre, l’impression du froid étant une des principales causes occasionnelles que nous allons avoir à signaler, il est présumable que c’est dans les saisons et les climats froids que, toutes choses égales d’ailleurs, on doit rencontrer le plus grand nombre d’exemples de celte affection; mais ce sont là des données bien vagues et bien insuffisantes.
Nous avons vu plusieurs exemples de cette affection chez des sujets anémiques.
2° Causes occasionnelles. — Action du froid. — Nous ne mentionnerons pas ici en particulier les divers faits rapportés par Frank, Montault, Bérard, etc., et dans lesquels l’action du froid a été frappante; nous nous contenterons de citer le résultat suivant obtenu par les auteurs du Compendium. Sur soixante-neuf cas, ils ont noté dix-neuf fois (plus du quart) l’impression du froid ou la suppression de la transpiration. L’action du froid dans les maladies est étudiée généralement d’une manière si peu précise, qu’on peut très-bien penser que, dans quelques-uns de ces faits, l’existence de la cause n’a pas été très-rigoureusement constatée; mais ce résultat numérique, rapproché des faits mentionnés plus haut, et dans lesquels la maladie est survenue immédiatement après l’action du froid sur le côté malade, n’en n’a pas moins une très-grande valeur.
Sur le même nombre de faits, les ailteurs que nous citons ont noté quatre fois une impression morale , une fois la suppression des règles, trois fois la rétrocession des dartres, une fois la suppression d'un coryza périodique.
Les autres causes sont traumatiques ou la conséquence d’une lésion voisine du nerf : ainsi, sur les soixante-neuf cas dont il s’agit, onze fois le nerf avait été divisé soit par une opération, soit par un accident; cinq fois il y avait eu un abcès des parties avoisinant le nerf; quatre fois une contusion du côté affecté; une fois un gonflement de la joue par suite d’une stomatite mercurielle. Landouzy a rapporté quatre cas observés chez les nouveau-nés, et dans lesquels la paralysie était duc à la contusion du nerf par le forceps. Vernois (1) avait auparavant cité un cas semblable. La paralysie de la face à la suite de l’application du forceps, dans les accouchements difficiles, avait déjà été signalée par quelques auteurs allemands; mais tout porte à croire, ainsi que le fait remarquer Landouzy, que ces auteurs avaient méconnu la véritable cause de la maladie, et croyaient avoir affaire à une lésion cérébrale.
Dans douze cas la cause était inconnue.
3° Conditions organiques. — D’après ce que nous venons de dire relativement aux causes occasionnelles, les conditions organiques dans lesquelles se trouve le nerf affecté sont faciles à déterminer. Que le nerf soit divisé, qu’il soit comprimé par une tumeur, qu’il ait été ramolli et en partie détruit par une inflammation, l’influx nerveux ne peut plus avoir lieu, et de là la paralysie. Quelquefois on a
(1) Max Vernois, Études physiologiques et clinvjues pour servir « l’histoire des bruits des artères. Paris, 1837.