ÉCLAMPSIE DES ENFANTS
Plusieurs auteurs, avec Sauvages et Cullen, ne séparent pas l’éclampsie de l’épilepsie.
Brachet (2) a cherché à établir, à l’aide de faits d’une valeur réelle, une différence marquée entre les diverses convulsions auxquelles les enfants sont sujets ; les signes qu’il a indiqués sont fugitifs.
La définition présentée par Dugès (3) prouve suffisamment que cet auteur range sous la dénomination d’éclampsie plusieurs affections différentes.
Guersant et Blache se contentent d’établir une distinction entre l’éclampsie et l’épilepsie légère, avec laquelle on l’a, suivant eux, confondue, et ils passent à la description des convulsions sympathiques ou essentielles, les seules qui, à leur avis, méritent le nom d’éclampsie.
Pour nous, renvoyant à l’article Diagnostic la discussion de cette question difficile, nous allons, à l’exemple de Guersant et Blache, Barthez et Rilliet, Bouchut,
(1) Voy. tome III, art. Syncope, p. 281.
(2) Brachet (de Lyon), Traité pratique clés convulsions chez les enfants. Paris, 1837, in-8.
(3) Dugès, De l’éclampsie des jeunes enfants , comparée avec l'apoplexie et le tétanos ( Mém . de T Acad, royale de méd.. Paris, 1833, t. III, p. 303).
NÉVROSES
Duclos (1), Ozanam (2), Trousseau (3), etc., traiter de l’éclampsie comme d’une maladie particulière.
§ I. — Synonymie, définition, fréquence.
On donne le nom à' éclampsie à des convulsions idiopathiques, essentielles ou symptomatiques, qui surviennent chez les enfants, et dont les caractères ne sont pas exactement ceux de l’épilepsie. Celles qui ne sont autre chose qu’un symptôme d’une affection plus ou moins grave conservent le nom générique de convulsions.
Cette maladie se trouve décrite en même temps que d’autres affections convulsi\es diverses, soit sous ce nom général de convulsions, soit sous ceux de epilepsia puerilis , insultas epilepticus , mouvements convulsifs , spasme de la glotte , asthme thymique. L’eclampsie des enfants n'est pas une maladie rare, surtout si l’on tient compte des convulsions sympathiques; on sait qu’elle se montre assez fréquemment dans la dentition difficile.
§ H. — Causes.
Barthez et Rilliet ont rassemblé ving-cinq cas de convulsions primitives ou sympathiques.
T’ Causes prédisposantes. — Age. — L’éclampsie proprement dite se développe un peu plus tôt, en général, que les convulsions symptomatiques. On la voit, ordinairement, apparaître avant l’âge de sept ans. Billiard en a observé des exemples chez des nouveau -nés; nous l’avons notée chez des enfants qui n’avaient que quelques heures d’existence, et d’autres auteurs en ont vu des cas chez des sujets âgés de un à deux ans. On sait que les convulsions surviennent principalement à l’époque de la première dentition, mais nous avons parlé ailleurs de ces convulsions symptomatiques.
Sexe. — La plupart des auteurs s’accordent à dire que les garçons sont plus sujets à l’éclampsie que les filles. Les faits recueillis par Barthez et llilliet ne sont pas d’accord avec cette opinion; mais le nombre de ces faits n’est pas assez considérable pour qu’on doive regarderie résultat comme définitif.
Constitution, tempérament. — Dans les cas de convulsions sympathiques qui ont passé sous nos yeux, le tempérament de nos jeunes malades ne nous a rien offert de bien caractéristique. La plupart étaient blonds, à chairs un peu fiasques, en général peu forts ; ils ne nous ont pas paru plus irritables ou plus excitables que les autres enfants de leur âge. Nous n’avons pas remarqué non plus que le volume de leur tête fût exagéré.
Nous ignorons s’il est des saisons dans lesquelles les convulsions soient plus fréquentes que dans les autres, même relativement aux climats.
Hérédité. — C’est une opinion généralement répandue que l’éclampsie se manifeste principalement chez les enfants dont les parents sont affectés de maladies convulsives; mais on n’a pas étudié rigoureusement les faits sous ce rapport.
(1) Duclos, Études cliniques pour servir à l’histoire des convulsions de l’enfance, thèse. Paris, 1847, n° 112.
(2) Ozanam, Recherches cliniques sur l'éclampsie des enfants (Archives générales de médecine, mars, mai et juin 1850).
(3) Trousseau, Clinique médicale de l’ Hôtel-Dieu , 2e édit., t. Il, p. 112.