ÉCLAMPSIE DES ENFANTS. — CAUSES
Cependant Barthez et llilliet ont cité quelques cas dans lesquels les enfants avaient des parents épileptiques ou avaient eu des frères et des sœurs mortes de convulsions; mais ce ne sont laque des renseignements incomplets.
[Un des faits les plus remarquables au point de vue de la prédisposition héréditaire, est celui qui a été rapporté par le docteur Duclos ; il s’agit d’une femme qui avait eu des convulsions jusqu’à l’âge de sept ans ; elle eut dix enfants; tous présentèrent des convulsions, et la plupart succombèrent dans les deux premières années (1). ]
2° Causes occasionnelles. — Emotions morales. • — Ainsi une jeune fille âgée de cinq ans est corrigée devant ses compagnes ; elle est si outrée, que sa colère se change bientôt en une crise de convulsions (2). La peur , une douleur violente, une température trop élevée, Y exposition ci un soleil ardent, la tète découverte, Y impression subite du froid, ont suffi quelquefois pour produire des convulsions
Dans certains cas, les convulsions ne connaissent pas d’autres causes que Y imitation.
L’application intempestive des irritants cutanés (sinapismes, vésicatoires) peut produire des convulsions. Nous en avons vu, pour notre part, des exemples remarquables dans les cas de maladies fébriles, même légères : c’est ainsi que nous avons vu cet accident se manifester chez un enfant de quatre ans et demi, à qui l’on avait appliqué des sinapismes aux mollets, pour un peu de somnolence produite par un coryza fébrile. Des calmants à l’intérieur et des cataplasmes émollients sur le point irrité par les sinapismes réduisirent en douze heures cette affection, qui paraissait si grave, à une simple indisposition.
Une douleur aiguë, le chatouillement, ont été considérés comme causes occasionnelles de ce genre d’affection. lien est de même quelquefois d’une température très-élevée... Nous avons vu fréquemment des enfants en proie à des convulsions, pour être restés dans une chambre fortement chauffée, dans une salle de spectacle ou dans une église où se trouvaient réunies un grand nombre de personnes. L'état électrique de l'atmosphère, à l’approche d’un orage, a suffi souvent pour produire un accès convulsif (Àndral). Des émotions morales vives, éprouvées par les nourrices, ont plusieurs fois, en altérant leur lait, donné lieu aussi à des convulsions.
On cite encore Y ingestion de substances indigestes (indigestion complète ou incomplète) et la présence des vers intestinaux.
[Cet ordre de faits rentre dans ce qu’on a appelé, surtout dans ces derniers temps, convulsions par action réflexe. ]
Dans un certain nombre de cas, où l’on a cru à la production de la maladie par imitation, on peut très-bien admettre qu’il n’y ait autre chose qu’une forte émotion morale causée par les convulsions effrayantes dont les sujets sont témoins (Landouzv); n’eu serait-il pas de même dans quelques-uns des cas dont nous parlons?
Ces causes sont particulièrement attribuées à l’éclampsie essentielle ; mais les auteurs font remarquer, après les avoir énumérées, combien il est nécessaire qu’il y ait une grande prédisposition pour qu’elles agissent C’est dire qu’elles n’ont pas toute la puissance qu’on pourrait leur supposer.
(1) Duclos, thèse inaugurale. Paris, 1847, n° 112, p. 75.
(2) Trousseau, toc. cit., t. II, p. 115.
(3) Brachet, toc. cit., p. 124.
NÉVROSES
Les convulsions sympathiques nous intéressent beaucoup moins en ce moment que les précédentes, car leur place principale se trouve dans la description des ■ maladies dans le cours desquelles elles se produisent; disons seulement que les maladies fébriles , et en particulier les fièvres exanthématcuses, un simple accès 4 de fièvre , Y indigestion, les vers intestinaux, Y albuminurie, etc., peuvent donner 1 lieu à l’éclampsie chez les enfants. Il en est de même des hémorrhagies abondantes, ! et surtout de la dentition difficile.
Quant aux conditions organiques dans lesquelles, suivant quelques auteurs, se développe la maladie, nous en dirons un mot en parlant des lésions anatomiques j qu’on a trouvées ou qu’on a cru trouver.
[ Killict a insisté principalement sur l’éclampsie avec anasarque et albuminurie se montrant fréquemment, et passant souvent inaperçue chez les jeunes enfants.
La cause la plus habituelle de cette maladie serait une fièvre éruptive, le plus souvent la scarlatine, quelquefois la rougeole. Il arrive assez souvent que l’œdème est peu prononcé, et le médecin ne songe pas toujours à examiner les urines. Souvent ces convulsions surviennent au début, quelquefois à la fin des éruptions. L’action du froid pourrait être également invoquée. ]
§ III. — Symptômes.
Prodromes. — « L’enfant, dit Brachet, n’est pas encore malade, et déjà on le voit menacé ; son œil est plus vif et presque hagard ; son caractère devient plus impatient, [ilus colère, plus hargneux ; il cherche querelle à ses camarades ; tout le contrarie et h* dépite ; son sommeil, beaucoup moins long et plus léger, est interrompu par des rêves effrayants qui le réveillent en sursaut, donnent à sa ligure l’expression de la terreur et lui font pousser des cris d’effroi. Quelquefois l’insomnie est complète; l’enfant dort à peine une heure dans les vingt-quatre heures; d’autres fois il y a somnolence pendant le jour et insomnie pendant la nuit.
» Ces symptômes font des progrès : les yeux sont habituellement ouverts et fixes, ou bien ils ne se ferment qu’à moitié, et alors la prunelle se cache en haut, et la sclérotique paraît seule dans l’écartement des paupières; le globe de l’œil, agité, semble rouler sur lui-même; le visage change de couleur et se décompose d’un instant à l’autre ; la respiration devient inégale et même suspicieuse. Parfois l’enfant pousse des cris plaintifs, tantôt interrompus, tantôt continuels; il tressaille fréquemment sans cause connue ou pour la cause la plus légère. Ces tressaillements sont plus fréquents et plus manifestes pendant le sommeil, et ils éveillent souvent l’enfant. Il y a des grincements de dents; les bras commencent à se roidir, exécutent quelques mouvements brusques et involontaires; les doigts s’écartent les uns des autres; les pouces seuls se portent en dedans; les mains se dirigent machinalement vers les narines et y produisent un frottement singulier. La contraction des angles des lèvres donne lieu au rire sardonique et au rire cynique. »
On aurait tort de croire que l’ensemble des prodromes qui viennent d’être énumérés se trouve dans tous les cas d’éclampsie observés chez des enfants. Brachet a fait pour cette maladie ce que l’on a fait pour tant d’autres; il a réuni en un tableau tous les phénomènes précurseurs dont on peut observer un plus ou moins grand nombre dans les divers cas. Il est même quelques-uns de ces phénomènes qui ne