‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 31 sur 369 · TYPHUS ET TYPHUS FEVER. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TYPHUS ET TYPHUS FEVER. — TRAITEMENT

§ VI. — Pronostic.

Le typhus est une affection des plus graves, et il est (elle circonstance où le plus grand nombre des malades succombent. C’est là un des caractères communs à toutes les maladies pestilentielles contagieuses et épidémiques. Quelques chiffres, empruntés au livre de Gaultier de Claubrv, donneront une idée de la mortalité en temps d’épidémie : A Gaète, sur 400 conscrits réfractaires, 300 succombèrent; à Gaurgau, sur 25 000 hommes (campagne de 1813) , il en périt 13 448 en quatre mois; à Anvers, pendant le blocus, en 1814, plus de la moitié des malades succombèrent, et à Mayence il en mourut 25 000 sur 60 000. Cependant, à côté de ces chiffres, qui expriment le typhus le plus meurtrier, il en est de plus consolants. Frank dit qu’un dixième des malades succombe. Les médecins du nord de l’Europe, qui observent les épidémies mixtes, évaluent également la mortalité à un dixième. Pour 51. Gerhard (de Philadelphie), la mortalité est de 1 sur 3 parmi les malades qui ne sont point traités, et de 1 sur 7 parmi ceux qui reçoivent des soins médicaux éclairés. 11 est facile de comprendre comment le chiffre de la mortalité peut varier à l’infini.

D’après une statistique empruntée au livre de Barrallier, la mortalité par le typhus, à Paris, a étéde 1 sur 7 en 1800, de 1 sur 10 en 1801, de 1 sur 4 en 1802. A Dantzig le typhus fit périr les deux tiers de la garnison et un quart de la population; la mortalité fut de 40 pour 100, en 1834, sur la corvette la Favorite revenant de Guayaquil. A Touloii, en 1855, la mortalité a été d’un tiers. A l’armée d’Orient la mortalité a été (1854) de 1 sur 2 pour les Français, et plus meurtrière encore du côté des Russes, etc.

Le pronostic sera grave : toutes les fois que le malade sera pris de phénomènes ataxiques et adynamiques très-marqués dès le début, lorsque l’éruption avortera on rétrocédera, lorsque de larges pétéchies et des vibices, en grand nombre, se montreront sur le corps, lorsqu’il y aura tendance à la gangrène, aux hémorrhagies, etc.

§ VII. — Traitement.

1° Traitement prophylactique.- — Exisle-t-il un moyen de soustraire un homme, vivant au milieu d’une épidémie, aux chances de la maladie? C’est une question qui ne peut et ne doit pas être traitée, car on aboutirait à cette conséquence forcée : qu’il faut fuir les lieux où règne l’épidémie. Cependant on peut emprunter aux règles de l’hygiène d’utiles précautions, mais il n’y a pas de préservatif spécifique contre le typhus.

Les médecins des armées de terre et de mer ont proposé des moyens prophylactiques tels que les suivants : établir les camps sur des lieux élevés, éviter l’encombrement, faire exécuter aux troupes des exercices et des marches, ventiler les navires, disséminer les malades. On trouve, sur ce sujet, des renseignements utiles dans l’ouvrage de Fonssagrives (1).

2° Traitement de la maladie. — On ne doit pas espérer d’enrayer la maladie dans sa marche, on ne doit viser qu’à la diriger et à l’amoindrir. Isoler le malade, le placer dans une chambre bien aérée, à une température douce, telle est la première

(1) Fonssagrives, Hygiène navale.

Valleix, 5" édit.

FIÈVRES

prescription. Au début, les vomitifs et les purgatifs salins seront utiles, surtout s’il y a prédominance d’embarras gastrique. Lorsqu’il existe des troubles nerveux, et que l’ataxie et l’adynamie sont portées à leur comble, le camphre pourra être employé avec avantage, soit en pilules, soit dans une émulsion. Barrallier propose, pour des cas semblables, la formule suivante qui paraît avoir donné des résultats très-favorables :

Eau distillée 00 grammes.

Essence de valériane 30 à 50 centigrammes.

Huile d’amandes douces q. s.

Sirop de sucre 25 grammes.

A prendre par cuillerée à soupe toutes les demi-heures.

Si l’éruption tend à pâlir et à disparaîtra, il faut la rappeler à la peau par des frictions et des excitations énergiques. Surtout il faut se garder de ces médications empiriques, violentes et désordonnées, qui ont pour effet d’épuiser le malade et de déranger la marche de la maladie. Lorsque, dit Chauffard, la nature accomplit régulièrement son œuvre, il importe de ne pas la troubler, de ne pas peser activement sur elle, de la laisser maîtresse unique de la guérison. Il faut, dans le typhus, comme dans la fièvre typhoïde, se tenir en garde contre les exagérations et l’esprit de système. Le malade ne doit boire ni trop ni trop peu; il faut l’alimenter dès que ses forces digestives le permettent. Quant aux complications, elles doivent être traitées par les médications ordinaires, avec la réserve que doit nécessairement inspirer au médecin la faiblesse du malade.

Du régime. — Nous dirons ici, comme nous l’avons dit précédemment pour la fièvre typhoïde, que le régime alimentaire doit être surveillé avec soin et que l’inanition est à craindre. « Je suis convaincu, dit Graves (1), que le système de l’inanition a été porté bien souvent à un dangereux excès, et que beaucoup de malades atteints de fièvre ont été v ictimes d’une abstinence prolongée. » Cet auteur, après le quatrième jour du typhus, prescrit une alimentation douce qui est continuée sans interruption pendant tout le cours de la maladie ; ces aliments sont d’abord du gruau, puis de la panade, du bouillon et de la gelée de viande.]

ARTICLE V

Page 1