‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 30 sur 369 · TYPHUS ET TYPHUS FEYER. — DESCRIPTION · texte numérisé non relu

TYPHUS ET TYPHUS FEYER. — DESCRIPTION

[■présenter des signes constants et caractéristiques ; il y a le plus souvent un certain i degré de congestion de cet organe et quelques râles sibilants. On a noté des pneumonies survenant dans le cours du typhus ; ces cas sont exceptionnels.

Cette période, ou, si l’on veut, ce septénaire de l’éruption, offre une aggravation de tous les symptômes, jusqu’au moment où cette période que quelques auteurs (appellent la crise, et que nous appellerons période de rémission ou de déclin de l’éruption, va commencer.

Période de rémission. — Troisième stade. C’est vers le douzième jour que •commence cette période. L’éruption a pâli, la fièvre est moindre, la stupeur et tous les phénomènes typhiques diminuent d’intensité; le pouls redevient égal ; la tète •s’allége, l’intelligence renaît, la respiration reprend sa facilité, les yeux et la face i recouvrent leur expression de bien-être. Le malade se réveille, pour ainsi dire, et semble sortir d’un songe.... Le monde extérieur existe de nouveau pour lui ; ses jyeux cherchent peu à peu la lumière et s’y accoutument ; ses membres, au lieu de mouvements désordonnés, exécutent, faiblement encore, des mouvements volontaires et raisonnés. Il se soulève autant que le permet sa faiblesse, et il se dit guéri.

Ce changement si complet, si radical, a quelque chose qui a toujours étonné les observateurs, et c’est avec une sorte de; surprise que l’on voit le malade, qu’on a i quitté la veille au soir plongé dans la stupeur, apparaître le matin avec cette physionomie nouvelle et ce retour si rapide à la vie de relation. Cependant la surdité I persiste, et c’est au bout de plusieurs semaines seulement, dans un grand nombre de cas, que l’ouïe revient à son état naturel. Les bourdonnements d’oreille et une sorte d’ivresse persistent encore pendant cette période ; c’est alors aussi qu’on voit I les malades se coucher sur le côté dans une attitude naturelle, et qu’ils jouissent i enfin d’un véritable sommeil sans agitation. Ils n’ont plus de cauchemar ; ils réponi dent nettement aux questions. Cependant il arrive assez souvent que le masque conserve une sorte d’immobilité, un air triste, indifférent, et que la parole, quoique nette et précise, semble -Æe faire par une sorte de mouvement automatique, sans que la physionomie ou le geste lui viennent en aide. La peau conserve encore un peu de chaleur, mais le pouls est généralement peu fréquent; souvent il ne dépasse pas le chiffre normal. La peau se couvre par moments d’une moiteur générale.

Du côté des voies digestives, voici ce qu’on observe. La bouche devient moins sèche et les boissons sont bues avec plaisir. Le ventre s’affaisse ; il y a sauvent une évacuation abondante de matières alvines demi-liquides, bilieuses. Les vomissements cessent. Le malade expectore souvent des mucosités bronchiques filantes et incolores, en assez grande abondance. Il n’est pas rare que, dans les premiers jours de cette période, il y ait des retours subits à un état fébrile, et quelques intermittences qui n’ont jamais de régularité et n’affectent aucunement la forme de fièvres d’accès. Borsieri signale une exacerbation des symptômes, se terminant, vers le seizième jour, par une éruption miliaire. Lorsque la maladie est bénigne et régulière, la fièvre cesse complètement pendant cette période, et la convalescence commence, du quinzième au vingtième jour à partir du début. La desquamation s’opère sur tous les points où existait l’exanthème : cette desquamation ressemble à celle de la rougeole et est furfuracée.

La troisième période, ou période de rémission, s’accompagne quelquefois de certains phénomènes , (pic les anciens auteurs considéraient comme critiques , c’est-

FIÈVRES

h-dire qu’on voit apparaître des hémorrhagies nasales, (les évacuations alvines abondantes. Quelques auteurs ont noté l’apparition de furoncles. C’est à celte période que l’on a vu quelquefois les eschares se détacher et les oreilles suppurer.

La mort survient rarement à celte époque de la maladie, à moins de quelques * complications, comme il s’en rencontre dans toutes les fièvres, principalement vers les organes de la respiration.

Convalescence. — Le plus souvent la convalescence est lente. Les malades restent pendant longtemps dans un état de faiblesse excessive ; ils se soutiennent avec peine; ils sont amaigris, pâles, et ils conservent une sorte de demi-stupeur ; leur intelligence est lente, et leurs réponses, quoique nettes, se font longtemps attendre.

La surdité est le phénomène morbide qui persiste le plus longtemps. Le pouls est ralenti et faible. L’épiderme s’exfolie en une sorte de poussière furfuracée, les cheveux tombent, les muqueuses se détergent, l’appétit renaît et les forces digestives sont considérables; il y a un extrême besoin de réparation. Le plus souvent il y a constipation. Dans certains cas rares, on a vu, pendant la convalescence, survenir une rechute, et le malade succomber.

§ V. — Formes et variétés.

Il n’existe point, à proprement parler, de typhus type ; cependant la plupart des auteurs s’accordent h reconnaître comme typhus légitime et normal celui qui dure de quinze à \ingt jours, présente une stupeur modérée, une éruption franche et bien développée.

Il arrive souvent que le typhus ne parcourt pas toutes ses périodes. On a vu, dans des cas où la maladie a le caractère d’une grande bénignité, les accidents cesser au bout de huit à dix jours. Dans d’autres cas, la maladie, sans offrir de complications sérieuses, se prolonge jusqu’au vingt-cinquième ou au trentième jour. Hildenbrand considère le typhus irrégulier comme très-commun ; selon cet auteur, cette irrégularité est accusée : par la prédominance trop exclusive d’un symptôme, tel que l’ataxie ou l’adynamie ; par l’embarras gastrique, la diarrhée, la gangrène, les parotides et les adénites de l’aine ; par l’absence d’un symptôme essentiel, comme l’éruption ; ou par la complication d’une phlegmasie des viscères, principalement des poumons et des plèvres. Il ne faut pas oublier que la constitution médicale du moment influe puissamment sur la nature des complications ; et que, précisément, le typhus sévit, d’habitude, sur les troupes parmi lesquelles régnent le scorbut et la dysenterie. L’adynamie, la prostration, la tendance aux gangrènes, s’expliquent assez bien, lorsque la maladie sévit sur une population fatiguée, épuisée, vivant dans un air confiné et soumise à l’inanition. Ainsi, sans entrer dans plus de détails, on peut dire que: tantôt le génie morbide de l’épidémie, tantôt le climat, tantôt les conditions générales de la vie, chez les populations où sévit le typhus, influent sur la forme de cette affection.

Nous ne pouvons passer sous silence l’opinion d’un médecin distingué de nos jours, le docteur Boudin, qui considère la méningite cérébro-spinale épidémique comme une des formes du typhus, et donne à cette affection le nom de typhus cérébro-spinal. (Voy. Méningite cérébro-spinale. )

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