ÉCLAMPSIE
Se montre chez les enfants de tout sexe, ou dans l’état puerpéral.
Respiration plus ou moins gênée, spasme, mais non constriction de la gorge ; pas de boide hystérique.
Généralement pas de cris.
Perte de connaissance complète ; coma plus ou moins profond dans les intervalles des convulsions.
Convulsions moins désordonnées ; tendance des membres à se porter dans l’abduction et dans la flexion.
Ordinairement roideur du tronc.
Sensibilité tout d'uborcl abolie.
Face bouffie, violacée, couverte de sueur.
Pouls très-petit, accéléré, souvent difficile à compter.
Dans quelques cas rares, on voit des symptômes cataleptiques venir se joindre à ceux de l’hystérie; il y a alors, comme l’ont fait remarquer les auteurs, réunion de deux névroses ; il y a une hystéro-catalepsie, que l’on reconnaît à ce que les convulsions cloniques ont précédé les phénomènes cataleptiques. Que si, au milieu des convulsions cloniques, on remarquait une contraction tonique, on ne devrait voir dans ces phénomènes qu’une roideur tétanique qui est venue se joindre à l’affection principale, et non une catalepsie.
Pronostic. — L’hystérie, dans l’immense majorité des cas, n’est pas une maladie grave, en ce sens qu’elle ne cause pas la mort; cependant il est des cas incontestables, dans lesquels cette affection a eu une terminaison funeste, qu’on ne pouvait attribuer à aucune complication. En pareil cas, la mort survient soit dans une syncope, soit à la suite de symptômes épileptiformes. Il est d’observation, en effet,
(1 ) Moreau (de Tours), De ta folie hystérique et de quelques phénomènes nerveux propres à l’hystérie ( convulsive ), à l’hystéro-épilepsie et à l’épilepsie. Études cliniques ( Union médicale, juin, juillet et août 1865).
HYSTÉRIE. — TRAITEMENT
■ que les cas auxquels ou a donné le nom d’hystéro-épilepsie sont fort graves.
Ce n’est pas seulement par leur terminaison funeste, mais encore par leur persistance et par leur résistance à tous les traitements, que certains cas peuvent être regardés comme appartenant à une maladie grave. Pour poser, sous ce rapport, les bases du pronostic, il faut avoir égard aux causes qui ont produit et qui entretiennent les attaques d’hystérie. Les affections organiques profondes doivent faire porter un pronostic grave; il en est de même de toutes les causes qu’il est difficile de faire cesser.
§ VII. — Traitement.
1° Traitement préventif. — Soumettre les malades à une bonne hygiène, cpii éloigne autant que possible les causes du mal ; aussi plusieurs auteurs lui ont-ils donné le nom de traitement hygiénique.
Éloigner tout ce qui peut allumer les désirs vénériens , et, par suite, produire une excitation des organes génitaux; c’est dire éloigner les jeunes filles qui présentent l’état nerveux précurseur des attaques, ou qui ont eu déjà des attaques, de tous les spectacles propres à provoquer ces désirs; leur interdire les lectures, les conversations qui peuvent avoir le même résultat.
Des occupations multipliées agissent utilement, en éloignant les idées dont nous venons de parler. Prendre garde néanmoins de trop fatiguer les jeunes personnes, car on risquerait de produire un épuisement nerveux favorable à l’apparition des attaques.
On évite cet inconvénient en entremêlant les travaux de promenades , d’une gymnastique qui amène la fatigue en même temps qu’elle augmente les forces et raffermit la constitution.
Ne permettre le coucher que lorsque le sommeil est imminent, et surtout faire lever les malades immédiatement après le réveil ; car, dans l’inaction du lit, les pensées peuvent prendre une mauvaise direction.
Mariage. — C’est une opinion très-ancienne, et encore aujourd’hui très-généralement répandue, que Y acte de la copulation est un des meilleurs remèdes contre l’hystérie; mais cette manière de voir présente beaucoup d’exagération : aussi le médecin doit-il bien se garder de parler inconsidérément de ce moyen, même dans les circonstances les plus favorables, c’est-à-dire lorsque l’on peuL facilement, en peu de temps, faire contracter à la personne menacée d’hystérie un mariage convenable, ce qui doit être toujours fort rare. Si l’on a pu s’assurer que la maladie a pour cause un amour contrarié ; si, d’après les observations qu’on a faites, on a lieu de penser que, sans être dans le cas qui vient d’être indiqué, la personne menacée d’hystérie a des désirs vagues, et si, d’un autre côté, elle est nubile et paraît d’une constitution vigoureuse, on est autorisé à parler aux parents de ce moyen, dont l’utilité n’est pas contestable, car il est démontré par les faits, bien que quelques auteurs aient prétendu le contraire, que le mariage a fréquemment fait cesser les attaques d’hystérie. Recommander de ne pas agir avec trop de précipitation, car ce n’est pas seulement, à beaucoup près , l’acte de la copulation qui doit être regardé comme le moyen curatif, mais en même temps un changement d’état qui procure à la personne menacée d’hystérie tout le calme et toute la satisfaction désirables. S’il était évident que chez une femme antérieurement mariée la continence
NÉVROSES
fût la cause de la maladie, on devrait agir de même. Au reste, nous n’insistons pas sur cette question délicate, et dont la solution doit varier suivant des circonstances très-diverses et appréciables par le médecin seul ; nous voulons seulement établir qu’il n’y a rien d’immoral à conseiller le mariage, lorsqu’on le fait dans les cas qui le réclament évidemment, et avec toute la prudence nécessaire. Lorsque, par une cause quelconque, le mariage ne peut être conseillé, le médecin doit s’interdire toute suggestion qui pourrait porter les malades vers l’acte sexuel, et ne recourir qu’aux moyens de diversion précédemment indiqués.
Le régime des personnes menacées d’hvstérie doit être doux et léger, mais prendre garde de le rendre trop affaiblissant. Les excitants, les boissons alcooliques, le café, sont généralement contre-indiqués.
On a proposé de produire de vives impressions sur le moral des malades, principalement par la frayeur; mais les dangers de ce moyen sont trop évidents, et ses avantages trop hypothétiques pour qu’on ne doive pas le proscrire sévèrement.
2° Traitement (les accès. — Lorsqu’on est appelé auprès d’une malade qui présente les prodromes d’un accès imminent, on peut chercher à le prévenir, et c’est là le traitement préventif des attaques d’hystérie. Les moyens qui composent ce traitement sont à très-peu près les mêmes que ceux qui constituent le traitement préventif de la maladie : distraire les malades, et éloigner la cause évidente ou présumée sous l’influence de laquelle l’accès tend à. se produire. Les médecins anciens ont conseillé beaucoup d’autres moyens pour prévenir les accès : ainsi les sinapismes, les frictions irritantes, les cautérisations, etc. , etc. On s’accorde à reconnaître que ces divers moyens n’ont pas l’action qu’on leur a attribuée, et on les a abandonnés pour recourir à d’autres, qu’on met également en usage contre l’accès quand il s’est déclaré, et dont nous allons donner l’indication.
Antispasmodiques. — L’emploi des antispasmodiques est, comme on le pense bien, généralement répandu dans le traitement de l’hystérie en général et dans celui des accès en particulier. Le nombre des formules dans lesquelles entrent ces substances est extrêmement considérable.
if éther est une des substances qu’on a le plus fréquemment mises en usage, et qui, dans un très-grand nombre de cas, ont eu des résultats avantageux évidents. On le donne à la dose de 1, 2, 3 grammes dans une potion, et par cuillerées. Les gouttes (T Hoffmann (éther alcoolisé), à la dose de dix à vingt gouttes, à plusieurs reprises s’il est nécessaire, ont eu une grande réputation; enfin l’éther a été uni à beaucoup d’autres médicaments prescrits contre les accès d’hystérie. L 'inhalation de l’éther a été essayée dans ces derniers temps, mais avec des résultats défavorables. [Cependant, plus récemment encore, Desterne (1) a employé, dans tous les cas, les inhalations de chloroforme pour combattre les accès, et ce moyen lui a toujours réussi; nous en avons même retiré des avantages évidents. Quelquefois, comme le prouve une observation de L. Rieux (2), les premières inspirations de l’agent anesthésique augmentent l’excitation ; mais cette excitation n’est que momentanée, et ne doit pas empêcher l’administration du chloroforme.
La valériane , le castorèvm, Yasa fœtida, le musc, l 'oxyde, le sulfate de zinc ,
(1) Desterne, Union médicale, 28 septembre 1848, loc. cit.
(2) Rieux, Des inhalations de chloroforme dans l’accès hystérique ( Journal des connaissances médico-chirurgicales, 16 mars 1851, p. 152).
HYSTÉRIE. — TRAITEMENT
ont été également mis en usage, ainsi que le camphre et le succin. La formule suivante, employée par Ballv, réunit quelques-unes de ces substances :
ïf Poudre decastoréumt
— de succin . . .
— d’asa fœtida. .
aa 4 gram.
Poudre de valériane
Camphre
Sirop de karabé . . .
F. s. a. des bols de 30 centigrammes. Dose : de six à huit par jour.
4 gram 60 centigr.
Ideler (1) faisait prendre le sulfate dé zinc ainsi qu’il suit :
"if Sulfate de zinc 40 centigr. | Eau 240 gram.
Dissolvez. Dose : une cuillerée à bouche toutes les huit heures.
L 'acétate, le carbonate , le succinate d'ammoniaque , ont été également mis en usage par beaucoup de médecins. Le docteur Clarey unit l’acétate (esprit de Mindererus) à l’asa fœtida de la manière suivante :
"if A sa fœtida 2 gram. j Acétate d’ammoniaque liquide. 4 gram.
Dose : de quarante à cinquante gouttes quatre fois par jour.
Nous présentons ces divers moyens sans faire de réflexions, parce que nous nous réservons d’entrer plus loin dans des considérations générales à ce sujet.
Les narcotiques sont d’un très-grand usage dans cette maladie. L'opium, qu’on donne séparément à la dose de 5?r,10 et plus, progressivement, fait aussi partie d’un grand nombre de formules. Nous nous bornerons à citer la suivante, quia été ' donnée per Selle (2):
if Galbanum pulvérisé. . . j
Asa fœtida id > aa 15 gram.
Extrait d’angélique id. . )
Mêlez. Ajoutez :
Essence de castoréum q. s.
Faites des pilules de 10 centigrammes. Dose : de cinq à huit, deux fois par jour.
Le datura, la belladone et d’autres narcotiques ont été également conseillés i mais c’est contre la maladie elle-même et dans l’intervalle des attaques. Nous en i dirons quelques mots plus loin. Dans un cas où il y avait, du côté de l’utérus, des i douleurs semblables à celles de l’avortement, Pagès (3) réussit à faire disparaître les' ; accès en faisant faire plusieurs fois par jour des onctions sur le col de l’utérus avec I la pommade d'extrait de belladone.
Les odeurs fétides , pénétrantes, ont eu l’effet de modérer la violence des accès, i rarement de les faire cesser. On fait inspirer de l’eau de Cologne, de l'éther, du vinaigre, ou de V ammoniaque. Relativement à cette dernière substance, agir avec i circonspection lorsque les malades ont perdu complètement connaissance et sont
(1) Ideler, HufelancTs Journal, 1797.
(2) Selle, Médecine clinique, 1797, 2 vol. in-8 .
(3) Pagès, Hernie étranglée réduite par l’application extérieure de l'extrait de belladone ( (Hernie médicale , 1829, t. III, p. 71).
Castoréum ,
c r aa 4 gram.
Safran ( s
Opium 2 eram.
NÉVROSES
tombées dans le coma ; ne pas maintenir trop longtemps le liquide sous les narines, car il pourrait en résulter une inflammation grave de la membrane muqueuse des voies aériennes; nous avons signalé de nouveau cet inconvénient dans le traitement des accès d 'épilepsie, où il est plus grave encore.
A l’hôpital de Middlesex, on employait des liquidas aromatiques, sous forme de douches, sur la figure, le sein, les yeux, la bouche, avec le plus grand succès, dit-on; quelques gouttes d'eau tiède répandues sur la main ont plusieurs fois calmé les paroxysmes (Cerise). C’est pour remplir sans doute une indication semblable qu’Horstius conseille de sou [fier du poivre dans les narines.
Ingestion forcée de Veau froide dans V estomac. — J. Cruveilhier, qui conseille ce moyen (1), le regarde comme infaillible, et cite plusieurs cas où il a parfaitement réussi.
Pour l’employer, saisir le moment où les mâchoires peuvent s’écarter, introduire entre les dents un corps qui ne puisse pas les briser, le manche d'une cuiller de bois, par exemple, puis verser une grande quantité d’eau (une bouteille) dans la gorge. Les premières gorgées augmentent d’abord le spasme, qui ne tarde pas ensuite à diminuer.
On procède ainsi lorsque la malade a perdu connaissance et lorsque les mâchoires sont contractées; dans le cas contraire, il suffit de faire boire lentement un ou plusieurs verres d’eau froide. Celle dernière médication avait été déjà conseillée par Rivière et Hoffmann ; Laudouzy (2), ayant plusieurs fois employé V ingestion forcée de l’eau froide, comme le conseille Cruveilhier, a vu les spasmes diminuer ou cesserentièrement. Ce moyen est donc un de ceux qu’on doit le plus particulièrement recommander.
Lavements d’eau froide. — On peut rapprocher de ce moyen les lavements d’eau froide, recommandés parChiappa (3) ; ce médecin a vu ces lavements, etsurlout les lavements d’eau frappée de glace, calmer à l’instant les accès d’hvstérie. C’est à l’expérience ultérieure à faire connaître la valeur de ce moyen.
Les a/fusions froides ont parfois produit le même résultat (k). L’emploi de l’eau froide, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, peut compter parmi les meilleurs moyens contre les attaques d’hystérie. Aussi les partisans de V hydrothérapie ont-ils beaucoup vanté cette méthode de traitement dans cette affection, et ont-ils rapporté un certain nombre de cas de guérison.
Inspiration de V acide carbonique. — Nepple a appelé l’attention sur l’emploi de l’acide carbonique pur dans le traitement de l’hystérie; mais nous ne possédons
encore qu’un seul cas en faveur de ce moyen.
Nous mettons de côté les diverses excitations des parties génitales recommandées par les anciens auteurs; ce sont des pratiques que personne ne peut conseiller.
On a cité des cas dans lesquels des injections narcotiques, aromatiques, antispasmodiques, dans le vagin, ont fait cesser les attaques ; mais ces cas sont peu nombreux.
Émissions sanguines. — Plusieurs auteurs, parmi lesquels il faut citer
(1) Cruveilhier, Journal de méd. etdechir. prat.., 1833, obs. de Carteaux.
(2) Voy. Laudouzy, Hystérie.
(3) Chiappa, Ann. univ. di medicina. Milano, 1831.
(3) Voy. Récamier, Revue méaicalc, 1826.
HYSTÉRIE — • TRAITEMENT
Fr. Hoffmann et Sylvius, en ont recommandé l’emploi, et l’on a cité des faits dans lesquels ces évacuations ont réussi à dissiper l’attaque. La saignée du bras , la saignée du pied , les sangsues derrière les oreilles , ont produit ces bons effets ; mais on n’a pas suffisamment établi dans quelles circonstances elles doivent être pratiquées.
On a eu recours à la ligature des membres , qui paraît avoir arrêté quelquefois les accès.
Dans deux cas d’hystérie caractérisée par des accès très-violents, Fissan (1) a obtenu un effet sédatif trcs-prononcé par l’emploi des ventouses sèches sur l’hypogastre.
Précautions générales à prendre dans le traitement des accès. — Enlever d’auprès des malades tous les objets qui pourraient devenir des causes de blessures.
Les éloigner des murs et des meubles contre lesquels elles pourraient se contondre les membres et la tête.
Enlever toutes les ligatures qui peuvent gêner les mouvements et blesser les malades.
Leur procurer l'inspiration de l’air frais; faire disparaître les objets ou les personnes dont la vue les blesse.
3° Traitement curatif de la maladie. — Le traitement des accès est évidemment insuffisant; il faut en outre s’occuper d’empêcher leur retour, ou, en d’autres termes, de guérir l’hystérie.
Tous les moyens que nous avons énumérés dans le traitement prophylactique, et la plupart de ceux qui sont mis en usage dans le traitement des accès, se retrouvent dans le traitement curatif; seulement ils sont employés avec beaucoup plus de persistance, et plus les accès deviennent violents, plus on les rend énergiques.
Recherchez avec soin quelle est la cause qui produit l’hystérie, afin de la faire cesser.
Les diverses lésions de l'utérus, l'inflammation, les déplacements, les altérations profondes, doivent être traités par les moyens mentionnés en parlant des maladies de la matrice (voy. tome Y). Il a parfois suffi d’une ou de plusieurs applications de sangsues, de quelques saignées, de l’emploi des emménagogues> de Y application d’un pessaire ou de l 'extraction de cet instrument lorsqu’il cause des accidents, pour faire cesser de violents accès d’hystérie. Nous rappellerons ici l’emploi de Y ammoniaque liquide, recommandé par Duparcque (2) dans les cas de dysménorrhée, et dont nous ferons connaître ailleurs l’administration. Le médecin instruit saura parfaitement remonter à ces causes et à d’autres du même genre, et agir en conséquence.
îMais il est bien des cas où la cause n’est pas facile à découvrir, et surtout où, cette cause étant découverte, on ne peut tirer aucun parti de cette indication, et l’on doit agir simplement contre les accidents de la névrose. Ici reviennent ces médicaments si nombreux dont nous avons indiqué quelques-uns plus haut.
Nous ne parlerons ni des amidettes, ni des sachets médicamenteux , ni de certaines substances, comme celles qu’on emprunte aux diverses parties du corps
(1) Fissan, Huit, de la Soc. de mèd. de la Sart/ie, 1853.
(2) Voy. tome V, art. Dysménorrhée.
Valleix, 5e éüit.
NÉVROSES
humain, et dont l’emploi est absurde. Nous joindrons seulement aux moyens que nous avons fait connaître plus haut quelques médications qui ont eu uue certaine vogue.
Antispasmodiques. — Nous rappellerons d’abord les médicaments antispasmodiques indiqués plus haut, et nous y ajouterons les préparations suivantes :
Élixir fétide de Fulde.
il Alcool rectifié 125 gram. Esprit de corne de cerf. . . . )
Castoréum 16 gram. Opium j aa ^ 6ram*
Asa fœtida 8 gram.
Faites digérer pendant quatre jours ; filtrez. Dose : 4 grammes dans une infusion de tilleul.
Les Allemands emploient, sous le nom de Zincater , une composition dans laquelle entrent le chlorure de zinc et Y éther sulfurique de la manière suivante :
If Chlorure de zinc 15 gram.
Alcool rectifié 30 gram.
Éther sulfurique 60 gram.
Mêlez. Dose : de deux à quatre gouttes, deux fois par jour, dans un demi-verre d'eau sucrée .
Narcotiques. — Les narcotiques ont été employés par un assez grand nombre d’auteurs. On trouve Y opium dans nombre de formules composées principalement de médicaments antispasmodiques, et récemment Gendrin (1) a fait de cette substance, administrée à haute dose, la base du traitement. On commence par 5 centigrammes par jour, et l’on arrive graduellement àladose de 60 à 75 centigrammes dans le même espace de temps (Gendrin). Il dit avoir remarqué que, tant que la maladie résiste, il n’y a pas de somnolence. On commence à s’apercevoir que le remède a une action favorable lorsque le narcotisme se montre. Dès lors, en effet, tous les symptômes décroissent Gendrin affirme avoir guéri ainsi plus de la moitié des hystériques.
La belladone et le datura stramonium ont procuré la guérison de l’hystérie. Parmi les préparations dans lesquelles le narcotique est uni à un médicament antispasmodique, nous citerons la suivante :
Iodure de zinc et de morph. 25 centig. Poudre de guimauve 1 gram.
Sirop de gomme
F. s. a. huit pilules. Dose : une ou deux par jour.
On peut augmenter graduellement cette dose. Blackell (2) a préconisé particulièrement la teinture de belladone ainsi préparée :
Extrait de belladone 40 gram. | Alcool 500 gram.
Dose : d’abord deux ou trois par jour.
On peut augmenter assez rapidement cette dose, que l’on peut élever graduellement jusqu a trente, quarante gouttes, et plus encore, en surveillant néanmoins l’action du médicament.
(1) Gendrin, Lettre sur l'hystérie ( Bulletin de l’Acad. de méd ., 11 août 1846, t. XI, p. 1367).
(2) Blackell, The London med. Reposit.
HYSTÉRIE. — TRAITEMENT
Debreyne (1) emploie contre l’hystérie les pilules suivantes auxquelles il a donné le nom de pilules antihystériques :
ip Camphre ) ,, Extrait aqueux thébaïque 1 gram.
Asa fœtida j S ' Sirop de gomme q. s.
Extrait de belladone. . . 4 gram.
Faites cent vingt pilules. On donne une pilule le premier jour, et l’on augmente d’une pilule chaque jour jusqu’à six en vingt-quatre heures, deux le matin, deux à midi et deux le soir, deux heures avant le repas.
Redenberg a plus particulièrement insisté sur l’emploi de l’extrait de datura stramonium. Il l’administre à la dose de hO grammes, eu ayant soin toutefois de n’y arriver que graduellement. Des faits qui ont été publiés prouvent que cette dose peut être considérablement dépassée lorsqu’on prend les précautions convenables.
Moyens divers. — Acétate de plomb, recommandé par Richter et Saxthorph ; le carbonate d ammoniaque, qui entre dans les pilules de llosen ; Y huile de cajeput, employée principalement par les médecins allemands; Y acide hydrochlorique, qui a été recommandé par Elwert ; le nitrate d’argent, vanté par plusieurs auteurs, et en particulier par Mérat (2) ; le valérianate d’ammoniaque.
Sulfate de quinine. — Lorsque les accès sont périodiques, mettre ce médicament en usage, car il a procuré un assez grand nombre de guérisons remarquables. Le sulfate de quinine échoue constamment lorsque, avec un ou plusieurs accès évidemment périodiques, il existe d’autres accès irréguliers. DanS une maladie où le système nerveux se trouve aussi exalté, on doit administrer le sulfate de quinine avec une très-grande prudence.
Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit plus haut de l’influence salutaire du mariage, que le médecin ne doit pas hésiter à conseiller, lorsqu’il s’est assuré qu’il est indiqué.
Traitement des symptômes. — Bouleut's. ■ — Les malades affectées d’hystérie * éprouvent des douleurs fort vives, qui durent plus ou moins longtemps. Y a-t-il quelque moyen qu’on puisse opposer, d’une manière générale, à ces douleurs ? Évidemment non. Lorsque les indications pour combattre l’hystérie ont été bien nettes et bien saisies, on voit le symptôme disparaître avec la maladie générale. Dans les cas où il existe un de ces points névralgiques que tous les auteurs ont signalés [clou hystérique, etc.), on peut employer des moyens locaux dirigés contre les névralgies. Nous avons vu de ces douleurs disparaître sous l’influence de ce traitement, sans que la maladie principale ait été arrêtée (3). Mais ces douleur sont parfois rebelles; alors on se contentera de chercher à les calmer par les narcotiques, les réfrigérants, tout en attaquant énergiquement l’hystérie.
Paralysie, roideur tétanique, etc. — On n’a presque jamais à s’occuper d’une manière spéciale de ces troubles de la motilité qui, étant une conséquence de l’hystérie, se dissipent avec elle. Si néanmoins ils se prolongeaient outre mesure,
(1) Debreyne, Lettres sur les propriétés thérapeutiques de la belladone (Journ. des <onnaiss. mèd.-chir., décembre 1849, p. 236).
(2) Voy. tome I, p. 881, art. CnoRÉE.
(3) Voy. Valleix, Traité des névralgies.
NÉVROSES
on pourrait leur opposer les moyens indiqués aux articles Paralysie partiel! r Convulsions, etc.
Hoquet. — Lorsque le hoquet persiste et ne se dissipe pas en même temps que les accès, il réclame des soins particuliers que nous indiquerons plus loin (1).
Coliques. — Les hystériques sont sujettes à des coliques nerveuses quelquefois très-intenses. Si les calmants ne réussissent pas, on pourra recourir à la compression et au massage , recommandés par Récamier, etc.
Vomissement. — L’eau magnésienne, l’ingestion des narcotiques, les boissons glacées , la glace , la potion de Rivière , Veau de Seltz, conviennent contre ces vomissements, qui sont souvent beaucoup plus facilement arrêtés par de simples lavements fortement laudanisés.
Météorisme. — Brodie recommande les lavements stimulants lorsque l’abdomen est très-distendu. Landouzy préfère les préparations magnésiennes.
Syncope (2), mort apparente. — Il ne faudra espérer aucun bon résultat de la position; on maintiendra en vain la tête plus basse que le reste du corps, les faits de ce genre prouvent combien la théorie de Piorry sur la syncope est fautive, et combien il a mal interprété des phénomènes d’ailleurs bien connus avant lui.
Résumé du traitement. — 1° Traitement préventif. — Éloigner tout ce qui peut exciter les désirs vénériens; occupations, distractions, exercice, gymnastique, mariage, soins hygiéniques en général.
2° Traitement des accès. — Antispasmodiques, narcotiques, odeurs fortes ;• douches aromatiques , ingestion forcée de l’eau froide, lavements d’eau glacée, affusions froides ; inspirations de l’acide carbonique, inhalations de chloroforme, injections diverses ; émissions sanguines, ligature des membres.
3° Traitement curatif. — Traiter les lésions de l’utérus; antispasmodiques,* narcotiques; moyens divers, mariage.
4° Traitement des symptômes.
ARTICLE Y