‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 347 sur 369 · VERTIGE NERVEUX. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC · texte numérisé non relu

VERTIGE NERVEUX. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

On comprend quelle importance a le diagnostic d’une affection qui, comme celle-ci, est ou un simple accident sans gravité, ou un symptôme d’un état général de l’économie, comme la pléihore, ou au contraire l’anémie et l’épuisement, ou d’un trouble fonctionnel des fonctions digestives. L’expérience et l’habitude d’interroger les malades peuvent seules garantir le médecin contre des erreurs de diagnostic rarement préjudiciables au malade, excepté toutefois dans les cas où le zèle du médecin le porterait à prescrire une médication trop active, comme la saignée, qui ne remédierait point au mal dans le cas d’anémie, ou l’émétique, qui pourrait nuire dans quelques maladies de l’estomac.

La principale difficulté qui se présente, c’est de reconnaître le point de départ du vertige, lorsque cet accident est sympathique; nous avons dit, en effet, que les symptômes vertigineux peuvent être assez prononcés pour masquer ceux de l’organe souffrant. Trousseau et Léon Blondeau ont avec raison insisté sur ce point, à l’occasion du vertige stomacal.

Neuconrt (1) a résumé en quelques pages le diagnostic différentiel des vertiges, nous lui empruntons l’énumération des principaux caractères du vertige nerveux.

« Le vertige doit être considéré comme nerveux lorsqu’il est peu intense, se dissipant facilement, lorsqu’il est passager, peu habituel, qu’il survient sans causes connues, ou bien à la suite de causes particulières facilement appréciables, telles que le mouvement d'un navire, d’une balançoire, la situation dans un lieu élevé ; lorsqu’il existe chez les personnes nerveuses, hypochondriaques, hystériques, et qu’il s’accompagne d’insomnie opiniâtre; lorsqu’il a été précédé de l’administration d’un narcotique; qu’il est la conséquence de l’ivresse; qu’il a lieu chez des personnes bien portantes d’ailleurs, mais sujettes à des névralgies... Le vertige nerveux se reproduit plus que tout autre lorsque les personnes se trouvent dans une grande réunion ou éprouvent des impressions morales brusques. On l’observe aussi dans une foule de maladies aiguës, dans lesquelles le cerveau n’est pas particulièrement le siège du mal, telles que la constipation, l’embarras gastrique, la fièvre typhoïde, les maladies qui ont un caractère de malignité, les maladies épidémiques, le choléra, la peste. Quelquefois alors il affecte la forme de vertige ténébreux, quoique cette particularité s’observe rarement dans le vertige nerveux idiopathique, etc.

’> Les présomptions sont très-grandes pour un vertige purement nerveux, lorsque le pouls reste calme, ou qu’il est faible et rapide, quoique régulier, avec intégrité de l’intelligence; lorsque, malgré le retour fréquent des vertiges, la santé se maintient bonne, la mémoire et l’intelligence aussi développées qu’auparavant, et surtout lorsqu’on voit les accidents tendre à diminuer peu à peu. »

Le pronostic est entièrement subordonné à la gravité de l’état général ou local qui a déterminé le vertige. Ce phénomène morbide est rarement durable, et l’on doit le considérer comme habituellement accidentel ; néanmoins, s’il est lié à la dyspepsie, il peut se prolonger pendant plusieurs mois.

(1) Ncucourt, ouvr. cit.

Valleix, 5e édit.

NÉVROSES

§ VII. — Traitement.

Le vertige n’a-t-il duré qu’un instant, il faut, avant tout, rassurer le malade’ qui est, en général, porté à s’exagérer la valeur de cet accident. Des boissons légèrement excitantes, des cordiaux, seront ordonnés avec raison. Si le vertige tend à devenir habituel, il faut modifier la constitution, et, pour cela, il convient de s’adresser à l’hygiène, au régime.

Les tempéraments essentiellement nerveux, chez lesquels des manifestations intermittentes, régulières ou non, ont été observées, réclament l’emploi de moyens spéciaux dont les antispasmodiques sont la base. Trousseau tante la \ ra tique de Bretonneau et recommande les toniques amers, la médication alcaline, l’usage des eaux minérales de Fougues, de Vais, de Vichy (1). L’indication , est d’autant plus précise que l’on aura constaté l’existence d’une dyspepsie habituelle : s’il s’agit d’un embarras gastrique, un vomitif administré à propos et avec mesure fera disparaître les accidents. INous ne ferons que signaler l’emploi de l’éther, de l’ammoniaque, les bains de pieds sinapisés, etc., qui ne sont, après tout, que d’utiles adjuvants, et que le praticien peut varier à l’infini suivant les cas, suivant même la nature de la cause qui a provoqué le vertige.]

ARTICLE X

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