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VERTIGE NERVEUX. — CAUSES

mac, même un simple état saburral. Chapelle (d’Angoulême) a décrit une épidémie <le fièvre typhoïde, dont un des phénomènes les mieux accusés était un état vertigineux apyrétique.

Une autre variété du vertige stomacal provient de Y inanition ( ab inedia). Elle diffère de la précédente parce qu’elle est précédée et accompagnée des autres symptômes de l’inanition : ainsi., la peau est décolorée, il y a un abaissement notable de la température et de la puissance de calorification; la circulation languit, le pouls est étroit, dépressible et ralenti ; les vomissements augmentent par l’ingestion des boissons douces et émollientes; ils diminuent par l’usage des aliments solides et réparateurs; il y a plus souvent de la constipation que de la diarrhée (1).

Un autre caractère distingue encore le vertige sympathique du vertige essentiel : c’est sa continuité, sa persistance pendant la durée des accidents graves de l’affection dont il est l’effet et l’une des expressions.

bien que le fait soit rare, il peut arriver que les vertiges soient, non plus seulement les phénomènes morbides prédominants , mais encore les seuls et uniques phénomènes accusés par les malades, parce qu’ils sont réellement les seuls qu’ils éprouvent, la dyspepsie dont ils dépendent ne se traduisant alors par aucun autre symptôme (Trousseau) (2) .

§ V. — Causes.

Nous citerons : les commotions de la tête lorsqu’elles ne vont pas jusqu’à produire la perte de connaissance; l’action de valser, détourner sur soi-même; le mouvement de la voiture, de l’escarpolette, des chemins de fer, des ballons ; les mouvements d’un navire, auxquels s’ajoutent le déplacement des objets et l’odeur tant de la mer que du bâtiment lui-même; la vue d’objets animés d’un mouvement rapide et continu, soit en ligne droite, soit circulairement, comme le mouvement d’un bateau, la rotation d’une roue ou d’un appareil à engrenage : cependant la vue des objets en mouvement n’est pas toujours la cause du vertige, car Joseph Frank (3) fait remarquer que les aveugles sont aussi sujets au vertige ; quelques odeurs fortes et pénétrantes, soit aromatiques/ soit putrides ; l’inhalation des vapeurs de sulfure de carbone (6) ; la respiration d’un air chaud, concentré et chargé d’acide carbonique, comme dans une salle de spectacle.

Personne n’échappe complètement à cette sensation que détermine la vue d’un précipice. Cette sensation est tellement forte chez certaines personnes, que par cela même il est des professions qui leur sont interdites. On a vu des gens placés à une grande hauteur tomber dans un état d’anéantissement et d’imbécillité tel, que tout mouvement leur devenait impossible beaucoup de gens éprouvent des vertiges en face d’une surface réfléchissant fortement la lumière, quelques-uns lorsqu’ils marchent parallèlement à un grillage, etc. Il en est qui éprouvent cette sensation sans cause déterminante, étant couchés et ayant les yeux fermés. Cette

(1) Marrolte, Etude sur l’inanition résultant de l’abstinence prolongée dans les maladies < ligues (Bulletin gén. de thérap., 1854, t. XLVII, p. 317, 369, 409, 463 et 508).

(2) Trousseau, Clinique médicale de l’ Hôtel-Dieu, 2e édit. Paris, 1865, t. III.

(3) Jos. Frank, Pathologie médicale , traduction de l’ Encyclopédie des sciences médicales

t. III, p. 98.

(4) Delpech, Accidents que détermine l'inhalation du sulfure de carbone en vapeur. Communication à l’Académie de médecine, janvier 1856 ( Bulletin , t. XXI, p. 350. Annales

d’hygiène, 1863, t. XIX).

NÉVROSES

sensation, lorsqu'elle n'existe qu’il un faible degré, qu’elle est courte, ne mérite point d’attirer l’attention du médecin, si ce n’est à litre de symptôme. Mais il n’en est pas toujours ainsi.

Toutes ces causes donnent lieu au vertige, mais encore faut-il une disposition particulière, car beaucoup de personnes résistent à leur influence. Sandras a rapporté quelques exemples qui démontrent toute l’importance de cette prédisposition constitutionnelle; nous rappellerons seulement celui d’un homme qui ne pouvait pas marcher sur un trottoir d’asphalte sans avoir des vertiges (1 ).

Le vertige peut se développer spontanément et se reproduire avec une grande fréquence à la suite d’émotions morales, et surtout par une tension habituelle de l’esprit. « J’ai souvent été consulté, dit Neucourt (2), parde jeunes séminaristes qui se plaignaient de céphalée habituelle et de vertiges opiniâtres avec inaptitude au travail intellectuel. J’attribuais ces phénomènes à ce que ces jeunes gens se trouvaient obligés de fixer leur attention d’une manière suivie sur les questions les plus abstraites de la métaphysique. Il m’était difficile de considérer cet état comme étant sous l’influence d’une congestion cérébrale, car la plupart d’entre eux étaient maigres, pâles; et loin qu’on pût penser à un afflux considérable de sang au cerveau, il y avait plutôt lieu de croire qu’il y en arrivait en quantité insuffisante pour entretenir une stimulation normale. Chez la plupart de ces jeunes gens il y avait en même temps souffrance de l’estomac, atonie gastrique, digestions lentes et pénibles, production abondante de gaz, de sorte que l’on pouvait se demander lequel de ces deux organes, estomac ou encéphale, était le point de départ des accidents; el j’ajouterai comme dernière considération, que cet état se généralisait dans l’établissement surtout h la suite du carême, c’est-à-dire après l’usage d’une alimentation insuffisante. » C’est évidemment à l’influence de la tension de l’esprit qu’il faut attribuer les vertiges et les hallucinations de Socrate (3), de Platon, de Mima, de Pythagore, de Mahomet, de Jeanne (l’Arc, de Pascal (û).

Le vertige symptomatique et le vertige sympathique reconnaissent aussi un grand nombre de causes différentes : tels sont la plupart des maladies du cerveau et des méninges, les empoisonnements par les narcotiques, l’alcool et les excitants cérébraux ; toutes les causes qui activent la circulation cérébrale ou qui produisent la stase du sang dans l’intérieur du crâne. La pléthore, l’anémie et différentes altérations du sang causent aussi le vertige. Sandras cite un cas où cet accident se rattachait à la présence dans le sang d’une grande quantité de graisse en émulsion. Le même auteur place encore au nombre des causes les névralgies, le coft trop répété, le début et la convalescence de la plupart des maladies. Nous ne revenons pas sur les causes du vertige stomacal.

On a parlé cl’un vertige arthritique , et Max Simon en cite des exemples puisés dans Sydenham, Musgrave, les deux Frank, Van Swieten; mais 1 état de nos connaissances est si peu avancé à cet égard, que nous croyons devoir nous borner a cette seule indication.

(O Sandras, Traité des maladies nerveuses.

(2) Neucourt, Des maladies chroniques , pratique d'un médecin de province. Pans, 1861, chap. V.

(3) Lélut, Du démon de Soci'ate. Paris, 1856.

(!) Lélut, De l'amulette de Pascal. Paris, 1846.

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