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ANGINE DE POITRINE

TRAITEMENT

Nitrate d’argent. — Le nitrate d’argent a été d’abord employé par Cappe. Plus tard, Harder et Zipp (1) ont eu recours h ce moyen; mais on ne peut, avec le peu de faits que nous connaissons, se prononcer sur son efficacité, tandis que l’on connaît ses inconvénients.

La solution arsenicale de Foioler est recommandée par Alexander et Ilarless. Le premier l’administrait à la dose de six gouttes, trois fois par jour, dans une potion cordiale. On peut faire, au sujet de ce médicament, les mêmes remarques que pour le précédent.

Enfin nous signalerons les sudorifiques , administrés par ceux qui regardent la maladie comme étant de nature rhumatismale.

A Y extérieur, on a appliqué des vésicatoires, des cautères, des moxas, sur les points douloureux de la poitrine. On a fait pratiquer des frictions avec un Uniment ammoniacal, avec la pommade d'Avtenricth, etc. Dans les cas où l’on a réussi, s’agissait-il réellement de l’angine de poitrine ou d’une névralgie thoracique? C’est ce qu’il est difficile de déterminer. Toujours est-il que, lorsque la névralgie thoracique existe, soit à titre de complication, soit autrement, ces moyens peuvent être utiles.

Hannon (2) vit un accès durant depuis cinq heures s’arrêter immédiatement après l’application d’u ncataplasme très-chaud sur la colonne vertébrale; ce moyen, employé plus tard chez le même malade à plusieurs reprises, a constamment réussi. Mais encore, dans ce cas, s’agissait-il bien d’une angine de poitrine ? La longue durée de l’accès fait penser le contraire.

Dans un cas où les accès revenaient régulièrement cinq ou six fois par jour, après avoir pratiqué sans succès aucun onze saignées, Belleti (3) fit prendre le sulfate de quinine à la dose de 30 centigrammes par jour. L’amélioration fut des plus marquées ; les accès disparurent. JN’était-ce pas une névralgie intermittente ?

Carrière (ù)cite un fait remarquable de guérison par l’emploi du chloroforme : quelques inspirations de l’agent anesthésique arrêtaient immédiatement les accès; ensuite ceux-ci devinrent plus rares, et finirent par disparaître complètement. Ajoutons néanmoins que le malade prenait chaque jour une infusion de valériane en lavements et en boisson et douze des pilules suivantes :

'if Valérianate de zinc 60 centigr. I Poudre de ciguë 75 centigr.

Extrait de belladone 30 centigr. I Extrait de valériane 3 gram.

F. s. a. trente pilules.

Lebreton (5) obtint, dans un cas, une amélioration évidente par l’emploi de Y aimant. Laennec (6) dit avoir réussi souvent à diminuer les douleurs en faisant appliquer deux plaques d’acier fortement aimantées, d’une ligne d’épaisseur, l’une sur la région pectorale gauche et l’autre sur la partie opposée du dos, de manière

(1) Harder et Zipp, Vermischt. A bhandlungen, etc. Pétersbourg, 1830.

(2) Hannon, Presse médicale belge, 1850, et Bulletin génér.de thérap., 28 lévrier 1850.

(3) Belleti, Bolet, delle scienze med. di Bologna, et Bulletin gên. de thérap., 30 janvier 1852.

(û) Carrière, Bulletin gên. de thérap., 30 août 1852.

(5) Lebreton, voy. Dictionnaire de médecine, 2e édit., art. Angine de poitrine.

(6) Laennec, Traité d’ auscultation médiate, t. II.

NfiVROSES.

que les pôles fusseni opposés. Si le soulagement était peu marqué, il faisait appliquer un petit vésicatoire sous la plaque antérieure.

[Duchenne(l) est parvenu, à l’aide de Y excitation électro-cutanée de la poitrine, et surtout du mamelon gauche, à faire cesser instantanément les accès chez un malade ; et comme la maladie était simple, sans lésion cardiaque, il a pu obtenir une guérison définitive. Ce moyen a également réussi entre les mains d’Aran.]

Les bains froids ou tiède s sont d’un usage fréquent. Morgagni conseillait l'immersion du bras douloureux dans l’eau chaude, avant ou pendant l’accès.

Des cautères aux membres inférieurs ont un avantage marqué, suivant Darwin, Pinel et Bricheteau.

Enfin, si l’on a quelque raison de penser qu’il existe une métastase goutteuse , on doit, comme la plupart des auteurs, et, dans ces derniers temps, Lartigue, chercher à rappeler la maladie dans son siège habituel. Lartigue conseille, dans ce but, le cataplasme de Pradier, qui est ainsi composé :

'if Baume de la Mecque 20 gram. Salsepareille ^ aa 30 "ram

Safran en poudre 15 gram. Quinquina rouge ji ®

Sauge. . 30 gram.

Dissolvez le baume dans le tiers de l’alcool ; faites macérer les autres substances dans le reste du véhicule pendant quatre ou cinq jours ; réunissez les liqueurs, et flltrez.

if De cette teinture 2 parties. I Farine de graine de lin q. s.

Eau de chaux h parties. (

Appliquez ce cataplasme chaud ; enveloppez-le de flanelle et de taffetas gommé. Changez-le toutes les douze heures.

Les bases de ce traitement ne sont pas solidement établies sur les faits; de nouvelles recherches sont nécessaires, et avant de les avoir, on ne peut accorder qu’une confiance limitée à des moyens d’un elfet peu constant et d’une ellicacité nécessairement très-incertaine, puisque, dans l’immense majorité des cas, ils n’empêchent nullement la maladie de faire des progrès.

Soins hygiéniques. — C’est aux moyens fournis par l’hygiène qu’il faut surtout avoir recours. On conseillera aux malades le calme, un exercice passif au grand air, un régime sévère, des repas peu copieux, I usage exclusif de 1 eau poui boisson, la précaution de tenir le ventre libre, de se couvrir de flanelle, d’éviter le froid et l’humidité, ainsi que la marche rapide, surtout sur un terrain montant et raboteux, et contre le vent. Enfin les bains de mer , les bains de rivière, les a /fusions froides , seront recommandés , car on a cité un bon nombre de cas où ils ont réussi à atténuer le mal.

(1) Duchenne (de Boulogne), Bulletin de thérapeutique, 1853.

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