‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 49 sur 369 · EMPOISONNEMENTS · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENTS

Vomissements alimentaires bilieux et selles bilieuses ou âcres.

Douleur causée principalement par l’tnflammation gastro-intestinale .

Pas de cyanose.

Pronostic. — C’est une des affections les plus graves; même clans les cas qui s’annoncent d’abord par des symptômes peu violents, on doit redouter une terminaison funeste. C’est au commencement des épidémies et des recrudescences que cette terminaison est généralement le plus à craindre. Il ne faut pas toutefois accorder à cette règle une trop grande valeur. L’épidémie de 1849 est venue, sous ce rapport, confondre toutes les prévisions de la science. De ce (pie la maladie a été bénigne d’abord, et que cette bénignité' s’est prolongée longtemps, beaucoup de médecins, imbus de cette opinion que la plus grande violence d’une épidémie a lieu à son début, ont cru pouvoir déduire (pie celle de 1849 ne serait pas grave. L’événement a prouvé combien ce pronostic était erroné, et a donné un cruel démenti à une des lois les plus généralement admises en pathologie.

La gravité de la maladie est grande surtout dans le cours de la période algide; et si, dans cette période, le pouls devient insensible, si les selles sont involontaires, s’il y a un assoupissement profond avec immobilité complète, si la peau n’est plus sensible aux pincements, on doit s’attendre à une mort prochaine. Dans la période de réaction, qui se termine le plus souvent par la guérison, l’extrême violence des symptômes annonce seule une grande gravité de la maladie. Telle était, du moins, la conclusion qu’on pouvait tirer de ce qui s’était passé dans la première épidémie. Mais la seconde a prouvé qu’il fallait modifier un peu ces propositions; car la proportion de la mortalité, dans cette période de réaction, a été bien plus considérable qu’en 1832. Ainsi, ne nous hâtons jamais d’établir des lois quand il s’agit d’épidémies.

Quant à la gravité de la maladie suivant l’Age du sujet, le docteur Duchesne (1) nous a fourni sur ce point des renseignements intéressants. Voici les faits qu’il a relevés :

Sur 154 décès parmi des enfants de 0 à 15 ans,

115 ont eu lieu de 0 à 5 ans ;

dont de 1 à 5 ans.

Autrement dit, la première enfance (1 à 5 ans) a compté 148 décès sur 1000 individus ; la seconde (5 à 15 ans) n’en a compté que 50 sur 1000; mais à partir de 15 ans, le chiffre de la mortalité s’élève graduellement.

De 15 à 30 ansM. Duchesne a noté 177 morts sur 1000.

60 à 85 il n’y a plus que 162 —

(l) Hiétoire statistique du choléra-morbus dans le A7° arrondissement, épidémie de 1849. Paris, 1851.

CIIOLÉRA-MORBUS ÉPIDÉMIQUE.

TRAITEMENT

D’après ces faits, ce serait dans .grande gravité de cette affection.

l’àge adulte qu’en définitive se trouverait la plus

§ VII. — Traitement.

Page 1