‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 51 sur 369 · TRAITEMENT DE LA PÉRIODE DE RÉACTION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA PÉRIODE DE RÉACTION

La saignée plus ou moins répétée, suivant la violence du mouvement fébrile, et surtout s’il existe quelque complication inflammatoire du côté des voies respiratoires, en forme la base. Dans plusieurs des cas dont nous avons l’observation sous les yeux, elle a été presque immédiatement suivie d’une, amélioration notable des principaux symptômes et surtout de la céphalalgie. Les douleurs épigastriques, les vomissements bilieux, étaient combattus par les sangsues appliquées à l’épigastre. On remplaçait les excitants par les boissons douces et émollientes. On supprimait les préparations opiacées, surtout quand elles ont été données à très-haute dose. On prescrivait un régime assez sévère, et cette médication si simple réussissait, dans la grande majorité des cas, à dissiper tous les accidents et à procurer une guérison complète. Si le délire était violent, s’il y avait du coma, des soubresauts des tendons, en un mot, ces symptômes que l’on a désignés sous le nom d e. typhoïdes, l’application de la glace sur la tête serait indiquée. Nous ne croyons pas devoir insister davantage sur le traitement de cette période, qui, nous le répétons, est des plus simples.

Résumé : traitement préserva, tif ', régime, ordonnances. — En examinant un grand nombre de faits, on arrive à ce résultat, que l’opium à doses élevées, combiné avec les excitants internes et externes, et avec les antispasmodiques, a eu, dans une multitude de cas, des résultats évidemment heureux. Aussi est-ce là la médication qu’il faut principlemcnt recommander.

Quelques médecins ont pensé que certaines substances pouvaient avoir un effet préservatif ; mais, comme il n’y a pas d’expérience qui prouve qu’il en soit réellement ainsi, il n’y aurait aucun avantage à indiquer ici ces prétendus préservatifs.

(1) Bulletin gin. de thérap., avril 1849.

D’après ce qui a été dit de* causes de la maladie, il est évident que le séjour ans un lieu sec et bien aéré, des vêtements suffisamment chauds, un régime > nique, sans être excitant, sont les meilleurs préservatifs de cette affection. C’est onc à l’autorité, dans les cas où une épidémie est imminente, de veiller à ce que ;;s classes inférieures puissent, autant que possible, jouir de ces avantages.

Pendant que le choléra est dans sa violence, la diète doit être absolue, et ce n’est 'as sous ce rapport qu’il importe de dire un mot du régime. Mais au début, lorsai’il n’existe encore que l’ensemble de ces phénomènes auxquels on a donné le ,om de cholérine ou de diarrhée prémonitoire , la question du régime prend un ,rand intérêt. Les sujets doivent se soumettre à une diète sévère et se contenter de hissons adoucissantes ou légèrement astringentes, sous peine devoir les symptômes lugmenter après chaque repas. Qu’on ne croie pas pourtant que nous veuillons dire u’un mauvais régime, même en temps d’épidémie, ‘puisse faire dégénérer en choéra une simple diarrhée. Si le fait est possible, il n’est, du moins, nullement 'émontré. Nous avons voulu seulement faire allusion à ces cas où les malades ont ai continuer à manger, ayant déjà un choléra confirmé, quoique léger, et où ce mauvais régime a évidemment aggravé leur maladie.

Traitement de la cholérine. — Ceci nous conduit à dire un mot, en particulier, le la diarrhée qui précède le choléra, et à laquelle on donne le nom de cholérine * l’est principalement pendant son cours qu’on a administré les vomitifs et les purgatifs avec succès; mais nous avons signalé plus haut les dangers de cette médicaiion, et, tout bien considéré, nous croyons qu’il est prudent de s’en abstenir. Nous ommes d’autant plus disposé à soutenir cette manière de voir, qu’un moyen bien impie, et sans aucun danger, nous a complètement réussi dans la dernière épidémie. i\Tous avons conseillé à toutes les personnes qui avaient de la diarrhée de prendre [uatre fois par jour de 3 à 5 gouttes de laudanum de Sydenham dans un quart de ferre d’eau sucrée. Ces doses devaient être prises le matin au lever, le soir en se touchant et immédiatement avant les deux principaux repas de la journée. Chez es enfants , on mettait, suivant l’âge, de 1 à 3 gouttes de laudanum dans un demierre d’eau sucrée, et on leur en donnait une ou deux cuillerées à café aux époques ncliquées. Aucune des personnes auxquelles nous avons conseillé ce moyen n’a eu e choléra, quoique beaucoup d’entre elles aient eu fréquemment des commencements de diarrhée. Dans trois cas, ce moyen si simple a rétabli dans leur état îormal, les garderobes presque constamment dérangées depuis deux mois, malgré 'emploi des astringents, des lavements laudanisés, et d’un régime très-sévère.

Quelques personnes ont été obligées de continuer l’usage du laudanum pendant plusieurs mois, se portant très-bien quand elles s’y soumettaient, ayant, au conrairc, des dérangements dès qu’elles voulaient le cesser. Sous cette inlluence, la fonfiance renaît promptement chez des sujets terrifiés et que les dérangements iéquents du tube digestif affectaient profondément.

Il ne faut pas craindre l’usage prolongé du laudanum administré de la manière lui vient d’être indiquée. L’expérience nous a prouvé qu’il n’a aucun inconvénient, lien plus, il arrive ordinairement’ qu’un abattement général, une langueur extrême, pii résulte de la cholérine, se dissipe promptement, et que malgré l’emploi du narcotique, le malade reprend toute son activité. On ne doit s’arrêter que s’il survient le la constipation, toujours attentif pour recommencer au plus petit dérangement.

MALADIES PESTILENTIELLES

Nous avons employé le laudanum de Sydenham, parce (pie, outre l’opium, il contient des substances excitantes, nous sommes loin cependant de prétendre (pie cette idée ait une bien grande valeur, et il est très-possible que le laudanum de Rousseau ait le même effet. Si on l’employait, il ne faudrait donner que moitié dose.

Dans la cholérine, Monneret (1) administre aux enfants de 20 à 30 grammes de sous-nitrate de bismuth, et chez les adultes il porte cette dose à 50 et à 60 grammes. On l'administre seul ou mêlé aux aliments.

J. Tray (2) donnait, dans les diarrhées prodromiques du choléra, la térébenthine rectifiée à la dose de 15 gouttes, qu’il répétait s’il était nécessaire. Dans les cas qu’il a traités ainsi, les évacuations se sont immédiatement arrêtées; mais ce qui, pour beaucoup de médecins, ôtera à cette médication une grande partie de sa valeur, c’est qu’il mêlait la térébenthine à une certaine quantité de laudanum ou d’huile de jusquiame, médicaments dont l’effet doit entrer en ligne de compte.

Lorsque la période de réaction n’est pas très-violente, qu’il n’y a qu’un peu de céphalalgie et un très-léger mouvement fébrile, on peut, sans inconvénient, permettre quelques bouillons et rendre promptement le régime plus substantiel. Si la lièvre est très-forte, la diète doit être continuée jusqu’à ce que les principaux symptômes fébriles se soient notablement amendés. I! n’est pas nécessaire, lorsque les malades sont entrés franchement en convalescence, de les tenir longtemps à un régime sévère. Ceux qui étaient bien réellement guéris pouvaient rapidement reprendre leur genre de vie accoutumée.

Irc Ordonnance.

DANS UN CAS DE CHOLÉRA COMMENÇANT AVEC SIMPLES DÉJECTIONS AL VI NES, NAUSÉES,

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