VARIOLE
Bien (pie la variole ait des caractères anatomiques très-difierents de ceux de la itigeole et de la scarlatine, il y a évidemment une grande analogie entre ces trois ections. C’est au point qu’on peut, dans leur description, suivre exactement la ème marche et les mêmes divisions.
(1) The Amer. Journ., et Revue mcd.-chir. de Paris, janvier 1848.
MALADIES PESTILENTIELLES
Ou s’accorde généralement aujourd’hui à ne faire remonter nos premiers documents sur la variole qu’au XVIe siècle, à en attribuer la première description aux médecins arabes, et à signaler lUiazès comme le premier qui ail bien lait connaître la maladie et en ail indiqué un bon traitement. On a voulu voir, dans les écrits des anciens, l’indication de cette maladie; mais les passages. où l’ou prétend qu’il en est question sont si vagues, que cela seul su (fit pour faire rejeter cette opinion. Comment, en effet, supposer qu’une affection dont les symptômes sont si faciles à noter avec précision n’eût pas été décrite d’une manière satisfaisante? Quant aux assertions de quelques auteurs, qui affirment que la variole était connue dans la Chine et dans 1 Inde longtemps avant 1ère chrétienne, rien ne prouve leur exactitude.
Le nombre des auteurs (pii ont écrit sur la variole est tel, qu'une simple énumération remplirait plusieurs pages. [L’indication qu’on en peut donner doit être nécessairement incomplète. En effet, la description de la variole est une question qui a tenté tous les bons esprits dans les temps modernes, et il n’en est pas sur laquelle les hommes illustres de la médecine aient tant écrit. Parmi les plus célèbres il ne faut pas oublier Sydenham, Van Swieten, Hoffmann, Borsieri, Eernel, AVer] hoff. De nos jours, les Bulletins de l' Académie de médecine et. les Rapports sur les épidémies qui ont régné en France (1), seront consultés avec profit par ceux qui voudront étudier la marche des épidémies de variole et la statistique des varioleux. Trousseau a traité des complications de la variole (2).]
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
La variole est une affection fébrile, aiguë, contagieuse, dans laquelle se développent, sur la surface du corps, des pustules en plus ou moins grand nombre, et qui a, dans les cas simples, une marche prévue d’avance.
Celle affection a été décrite par Klutzès sous le nom d ’euphlogia; elle a reçu aussi le nom de febris variolosa, de small-pox (angl.), de Paçken (ail.), de petite vérole , de picote , etc,
[Avant la découverte de l’inoculation et de la vaccine, le. nombre des varioleux était considérable. D’après une statistique dressée par la Condamine, membre de l’Académie des sciences, à la lin du xvnr siècle, le nombre des gens atteints de la variole en France était d’un septième, chiffre très-élevé. Si l’on veut sortir de la moyenne générale et prendre pour exemple des épidémies particulières, ce chiffre s’élèvera, et il pourra se rencontrer telle épidémie où la moitié de la population a été atteinte de la variole. D’après Grisolle, le chiffre aurait été pour l’humanité tout entière d’un quart. Aujourd’hui la variole sévit encore, et fait trop de victimes, surtout dans les pays où la vaccine n’est pas obligatoire; elle atteint même, et temps d’épidémie, les gens vaccinés depuis un trop long temps. Celte questioi sera traitée à l’article VACCINE.]
(1) Mémoires de l'Académie impériale de médecine , passim.
(2) Trousseau, C/iniijue médicale de l’Hédcl-TJieu, 2e édition, 1 S G 5 , t. 1.