‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 59 sur 369 · VARIOLE. — CAUSES · texte numérisé non relu

VARIOLE. — CAUSES

§ n. — Causes.

i Cette maladie étant dite le plus souvent à la contagion, nous n’avons que peu de insidérations à présenter sur son étiologie.

1° Causes prédisposantes. — Age. — Dans la première année, la variole est rare,

elle l’est d’autant plus qu’on se rapproche davantage du moment de la naissance; •pendant elle peut affecter les enfants nouveau-nés, et on l’a vue même congéniile. Leberl, aujourd’hui professeur à l’Université de Breslau, a fait voir à la Société • biologie un fœtus de quatre mois environ cpii était couvert de pustules vario- |rjues. La mère avait fait une fausse couche dans la convalescence d’une variole peu rave. [Les exemples de variole congénitale se sont multipliés depuis quelques inées. Paul Dubois, Depaul, ont produit plusieurs faits de cette nature. Noni eulement la variole peut se montrer à la fois chez la mère et chez le fœtus, mais |i maladie peut affecter le fœtus sans que la mère (préservée par la vaccination) urésente la maladie, et le fœtus peut être préservé, alors que la mère est atteinte k‘ variole. On a vu des fœtus venir au monde avec les cicatrices de la variole, ce [nui prouve que la maladie peut ne pas influer d’une façon fâcheuse sur la vie du iœtus. Dans quelques cas le fœtus a succombé et il y a eu accouchement prématuré.] Après la première année, la variole devient plus fréquente; mais, d’après tes recherches de Itilliet et Barthez (1), c’est après six ans qu’elle se montre le plus couvent. On peut dire d’une manière générale que la variole est une maladie de l'enfance, qu’elle se produit ensuite d’autant plus rarement qu’on est plus avancé n âge, mais que l’extrême vieillesse elle-même n’en est pas complètement exempte, ./introduction de la vaccine a apporté sans doute de grandes modifications dans l’époque de l’apparition de la variole; mais c’est là une question qui appartient à 'histoire de la vaccination. Nous en parlerons dans un autre article (2).

La variole n’épargne aucune race humaine; les deux sexes y paraissent également sujets; mais, sur ce point comme sur l’Influence du tempérament , de Y hygiène, etc., nous n’avons pas de renseignements exacts.

Suivant Serres, une des conditions les plus favorables au développement de la variole, est la sécheresse, la chaleur, et la lumière, et de là la plus grande fréquence et la plus grande violence de la maladie dans les climats chauds et secs que dans les climats froids et humides. Ces assertions ne sont pas généralement regardées comme parfaitement démontrées.

T Causes occasionnelles. — La cause occasionnelle capitale est la contagion ; cependant nous voyons tous les jours la variole se produire spontanément et sans autre cause appréciable que cette disposition que presque tous les hommes apportent en naissant pour cette maladie. Nous disons presque tous les hommes, parce qu’il ■en est toujours un certain nombre qui y sont complètement réfractaires, ce qui a été constaté avant la découverte de la vaccine aussi bien que depuis celte époque.

La contagion par l’air, par le contact immédiat, par les vêtements, est généralement admise. Mais quelles sont les conditions les plus favorables à la transmission? A quelle époque de la maladie celte transmission est-elle le plus facile? Quelle est

(1) Barthez et Rilliet, Traité des maladies des enfants, 2" édit. Paris, 1853.

(2) Voy. article Vaccine.

MALADIES PESTILENTIELLES

la sphère d’action delà contagion? Ce spnt là autant de questions sur lesquelles on n’est pas complètement d’accord. Ce que l’on admet le plus généralement, c’est que l’époque à laquelle se développe le principe contagieux est le commencement de la suppuration; (pic l’existence de ce principe se continue pendant la dessiccation; (pie le dépôt de la matière purulente et des croûtes sur la peau et sur les muqueuses facilite beaucoup la transmission de ce principe. Quant à l’introduction de ces matières sous l’épiderme, c’est une des causes les plus infaillibles, puisque c’est sur son existence qu’est fondée l 'inoculation.

[La contagion de la variole est un des faits les plus importants de la médecine moderne. Jl a été permis aux médecins d’inoculer la variole et d’étudier ainsi, dans une intention thérapeutique, l’action de ce virus, la durée de l’incubation, la persistance des propriétés virulentes dans les croûtes varioleuses après un long temps. C’est un fait acquis que la variole se transmet par les cadavres, les objets ayant touché les varioleux, par les croûtes varioliques, après plusieurs années. Quant au mode de transmission, on sait que l’inoculation en est le plus sûr moyen, que le contact, que l’habitation au voisinage d’un varioleux viennent ensuite ; mais la contagion est tellement active, tellement rapide, qu’il suffit de se trouver même en présence d’un varioleux pour être atteint de la maladie; à ce point de vue il n’v a pas de maladie qui doive attirer davantage la sollicitude de l’administration, et l’on peut s’étonner de l’incurie des personnes chargées de celte partie de l’hygiène publique.]

On a remarqué que bien des sujets sont atteints de la variole peu de temps après la vaccination ; mais on a vu cet effet se produire chez des individus placés dans nn foyer d’infection. Y a-t-il eu autre chose que de simples coïncidences? Il faudrait, pour être bien sûr du contraire, une expérimentation plus rigoureuse que celle à laquelle on s’est livré.

La variole est une des affections qu’on voit le plus fréquemment apparaître sous forme épidémique. La cause des épidémies nous échappe complètement. On a remarqué qu’elles commencent souvent au printemps; mais il n’est pas rare de les voir survenir dans les autres saisons.

§ III. — Symptômes.

Pour être exposée méthodiquement, la description de la variole exige que nous divisions cette maladie en régulière et irrégulière, maligne , compliquée, etc. , comme nous le ferons pour la scarlatine.

1° Variole régulière. — Il y a à considérer, dans la variole, V incubation, l’ invasion, l'éruption, que quelques médecins ont divisée en éruption proprement dite et en suppuration, et enfin la dessiccation.

Incubation. — Sa durée offre quelque intérêt. On peut, disent Guersant et Blache, la fixer à 9 jours; mais tous les auteurs sont loin d’être d’accord sur ce point. D’autres, en effet, la fixent à 10 ou 12 jours environ. Du reste, tous conviennent qu’elle varie entre des limites assez larges. Suivant J. Frank, le virus pourrait produire son effet instantanément, et, d’un autre côté, les faits ne sont pas rares où l’incubation a été de 20 et de 25 jours; suivant llilliet et Barthez, l’incubation est au moins de 3 ou k jours, et au plus de Ù6. [Il ne faut pas oublier que l’inoculation de la variole a été pratiquée pendant de nombreuses

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