‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 67 sur 369 · INOCULATION · texte numérisé non relu

INOCULATION

i moyen héroïque, ot les plus grands personnages donnèrent l’exemple en soumetnnt eux et leur famille à la pratique nouvelle. C’est l’Angleterre qui entra la première dans cette voie. L’histoire de l’inoculation a été écrite par Sprengel et par i Condamine. Les plus grands écrivains du siècle dernier prêchèrent la doctrine ouvellc, Voltaire, les encyclopédistes en vantèrent les résultats, et ainsi la voie fut réparée à l’inventeur de la vaccine. On pratiquait l’inoculation avec les précautions uivantes : il fallait préparer le sujet, soit par l’abstinence, soit par le régime, uelquefois par une saignée. Ces précautions indiquaient des préoccupations plutôt u 'une connaissance exacte et raisonnée des lois de l’hygiène. On choisissait de référence le moment d’une épidémie bénigne, mais on était souvent obligé d’opérer nous la pression d’une épidémie meurtrière qui, faisant comprendre la nécessité 'une prompte inoculation, ne laissait pas le temps d’attendre une époque favorable. Cela devait être une cause de variations considérables dans le succès de ïinoculation. Le procédé le plus habituellement suivi consistait en une simple liiqûre faite avec la lancette, le plus souvent au bras ou h la cuisse. Une seule piqûre tait considérée comme suffisante. Un autre procédé consistait h placer dans la plaie uite h la peau un fil imprégné de pus variolique. K ilpatrick, auteur d’un traité de inoculation (1), frottait sur la plaie un linge imbibé de virus. Cette opération réussissait presque toujours; cependant il peut se rencontrer des individus rebelles i la contagion. Voici quels sont les phénomènes qui suivent l’inoculation ; au cinquième jour apparaît un bouton acuminé et vésiculeux, dont les dimensions croissent jusqu’au neuvième et même jusqu’au dixième jour. U y a, à cette époque, du malaise, et c’est à ce moment que peut apparaître l’éruption variolique généralisée et plus ou moins intense. La pustule d’inoculation s’entoure généralement d’une i»uréole de petites pustules vésiculeuses au nombre de quinze ou vingt. On appelle >)ustule mère la pustule d’inoculation. Elle creuse très-profondément le derme et caisse une cicatrice fortement marquée. Le danger de l’inoculation est dans la possibilité de donner à l’inoculé une variole grave. L’expérience a montré que le plus souvent il n’en était pas ainsi, mais qu’il fallait dans les statistiques faire la part de quelques cas malheureux. Voici quels sont les conseils que donne, en vue de prévenir ces malheureux résultats, le professeur Trousseau qui a répété lui-même ces expériences dans des conditions tout à fait scientifiques (2) : des expériences faites à l’hôpital Necker par Trousseau, ont prouvé que la meilleure méthode était de prendre pour étalon une variole discrète, une varioloïde, de l’inoculer h l’homme sain, puis de prendre du virus sur celui-ci et de l’inoculer à une autre personne, et ainsi de suite, de façon à obtenir une décroissance, une dégénérescence progressive et comme graduée du virus. On pourrait arriver ainsi à produire une variole localisée, sans éruption générale, sans symptômes graves. Ces expériences n’ont pas eu tout le succès qu’on en pouvait attendre. Quoi qu’il en soit, l’inoculation ne doit pas être tout à fait abandonnée, surtout lorsque le vaccin fait défaut, et qu’une épidémie de variole sévit.

« L’inoculation, dit Trousseau, faite en temps d’épidémie, a pour résultat de préserver les individus d’une variole grave, de les mettre à l’abri de la contagion font il est impossible de mesurer les effets, tandis qu’on peut, jusqu’à un certain

(1) Kilpatrick, An Essay on Inoculation. London, 1743.

(2) Trousseau, Clinique medicale rie FHÔtcl-Dieu, 2° édition- Paris, 1865, t, I,

FIÈVRES ÉRUPTIVES

point, mesurer ceux de la maladie qu’on inocule. Si dans quelques circonstances l’inoculation d’une variole discrète a déterminé le développement d’une variole confluente, le fait est exceptionnel. Plus commun aux premiers temps où cette pratique fut introduite en Europe, il est devenu plus rare lorsque les inoculateurs ont eu la précaution de prendre le virus dans les conditions indiquées plus haut, et lorsqu’on lit les écrits que nos prédécesseurs nous ont laissés, on reste convaincu que l’inoculation devenait de jour en jour presque aussi inoflensive que la vaccine (1). »

La méthode de l’inoculation varioleuse a tenté plusieurs de nos contemporains. Robert (de Marseille) a pensé que le vaccin provient de la variole, laquelle serait transmise de l’homme à la vache. Une série de raisonnements l’amena à penser que le virus varioleux mélangé à du lait perdrait une partie de son intensité et servirait utilement à l’inoculation. Des essais furent tentés dans ce sens ; Brachet (de Lyon) de son côté lit les mêmes expériences. L’inoculation ainsi pratiquée a donné lieu souvent à une éruption toute locale ; quelquefois elle a engendré une éruption généralisée et plus ou moins intense. Si l’on considère que la variole inoculée a quelquefois causé la mort, souvent amené des cicatrices au visage, et habituellement entraîné une sorte d’état morbide, on n’hésitera pas à abandonner Yinoculation et à lui préférer la vaccine. Cependant il faut considérer l’inoculation comme une ressource utile quand il y a épidémie de variole et que le vaccin manque.]

ARTICLE Y

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