‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 91 sur 369 · FIÈVRES PERNICIEUSES. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

FIÈVRES PERNICIEUSES. — TRAITEMENT

i(icn si l’on n’a d’abord combattu la congestion cérébrale , l 'état inflammatoire éénéral, Y état bilieux , etc.

Nous avons examiné, sous ce point de vue très-important, les observations nbliécs par les auteurs, et surtout celles de Nepple et Maillot, et nous avons été convaincu que le temps pendant lequel on avait traité les malades par les saignées , s-s sangsues, les vomitifs, avait été un temps très-malheureusement perdu. On a té trompé par la rémission qui survient naturellçment après l’accès, et l’on a ublié que les moyens qui agissent véritablement sur la fièvre intermittente, pericieuse ou non, ne sont pas ceux qui modèrent les symptômes actuellement distants, mais ceux qui agissent sur l’accès suivant, soit en le supprimant, soit en ; modérant et en le retardant. Or il n’y a que le quinquina qui agisse ainsi d’une Manière assez constante pour inspirer de la confiance, et, par conséquent, c’est au {uuinquina qu’il faut avoir recours aussitôt qu’il est possible de le faire.

Tout en traitant les symptômes dont il s’agit ; on doit recourir immédiatement mi fébrifuge, et il vaudrait beaucoup mieux les négliger que d’y recourir de manière à retarder l’administration du remède spécifique.

On a recommandé d’attendre l’apyrcxie pour l’administration du sulfate de quinine, à moins que les accès ne soient tellement rapprochés qu’ils 11e laissent pas inn intervalle suffisant pour agir convenablement. On a eu maintes fois à se repentir f 'avoir suivi ce précepte. Que le malade succombe dans un accès prolongé, et bien |i[u’cn pareil cas l'administration du sulfate de quinine n’ait que de faibles chances lëe succès, on doit se reprocher d’avoir privé le malade de ces chances, quelque aaibles qu’elles soient; mais, ce qui est bien plus grave, il peut arriver que des 1 ccès qui jusque-là avaient laissé des intervalles suffisants, se prolongent tout à coup de manière à 11e laisser qu’un très-court intervalle, ou à n’en plus laisser du ont. En pareil cas, l’accès suivant, qu’on 11’a pas eu le temps de prévenir parce ji[u’on a attendu pour agir la fin du précédent, peut emporter rapidement le sujet. Wous n’avons vu dans aucun cas rapporté par les auteurs que l’administration du ulfate de quinine pendant l’accès ait eu les effets fâcheux qu’on lui attribue; nousnnême, ayant été appelé pour un cas de fièvre avec délire violent, suivi de coma, nous n’ hésitâmes pas à prescrire immédiatement le sulfate de quinine, dont l’admiùaistration avait été ajournée à l’apyrexie par un autre médecin; il n’y eut aucun occident. L'accès suivant, qui commença peu de temps après la fin de celui dont 1011s venions d’être témoin, fut beaucoup plus faible, et le troisième manqua comdétement.

On doit considérer, plus qu’on ne le fait communément, le sulfate de quinine comme le remède souverain, non-seulement de la fièvre intermittente, mais encore île tous les symptômes qui l’accompagnent, quelle que soit leur nature. En partant I le ce principe, on agira à temps.

La dose du sulfate de quinine doit être plus considérable dans les fièvres pernicieuses que dans la fièvre intermittente simple; elle varie de 1 gramme à 2 ou nème 3 chez l’adulte; mais on peut très-bien s’arrêter à la dose de 1 gramme à pi grammes. Quant au mode d administration, il est le même que dans la fièvre i intermit tente simple; et, comme dans la fièvre intermittente simple, si l’on 11c ioeut pas l’introduire par la bouche, il faut chercher les autres voies que j’ai men- 'ionnées, ou plutôt il faut agir à la fois par ces diverses voies, et en même temps

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qu’on a recours à l’administration par la bouche, donner des lavements avec 1 2 ou 3 grammes de sulfate de quinine, appliquer ce sel sur une surface dénudée par un large vésicatoire, l’incorporer dans une pommade qui servira aux frictions. L’essentiel, c’estd’agir promptement et de faire absorber une assez grande quantité de sel de quinine pour s’opposer rapidement aux symptômes fâcheux de la fièvre.

Ajoutons que les états comateux, délirant, inflammatoire, diarrhéique, doivent être traités par les moyens appropriés et bien connus des médecins (opium, sangsues, \ esicatoii es, etc.) ; mais qu on ne voie en eux que des auxiliaires qui doivent marcher après le sulfate de quinine.

Ce que nous avons dit plus haut relativement au quinquina pourrait être répété ici. Qu’on n’oublie pas seulement qu’il faut forcer les doses.

ARTICLE III

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