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AFFECTIONS DES VOIES BILIAIRES

la fièvre de suppuration prend les caractères de la fièvre hectique, puis survient le délire, et enfin le coma précédant la mort.

La maladie peut parcourir toutes ses phases en une ou deux semaines; le plus souvent elle dure environ un mois, et peut, exceptionnellement, il est vrai, se prolonger encore plus longtemps. Dans ces cas on observe souvent des rémissions qui font concevoir des espérances, malheureusement toujours trompeuses.

§ IV. — Diagnostic, pronostic.

La pyléphlébite suppurative diffère de l’inflammation adhésivc en ce que cette dernière ne s’accompagne ni de fièvre, ni de péritonite, mais, comme nous l’avons vu, d'une ascite à marche rapide. De plus le foie, dans la première, augmente de volume, il y a souvent de l’ictère ; accidents exceptionnels dans la seconde de ces maladies. Enfin la dilatation des veines abdominales est la règle avec l’occlusion de la veine porte, et fait presque constamment défaut avec la pyléphlébite suppurative. Quant aux abcès du foie, ils proviennent d’une cause différente; la douleur qu’ils excitent se limite au foie, et l’on n’observe pas en même temps qu’eux les signes indiquant un arrêt dans la circulation de la veine porte. On ne confondra pas non plus avec la pyléphlébite suppurative, ni l’oblitération des voies biliaires par des calculs, ni la fièvre intermittente, car dans le premier cas il n’y aurait ni la diarrhée dysentérique, ni le gonflement de la rate, ni les symptômes de l’obstruction de la veine porte; et quant à la fièvre intermittente, l’existence de l’ictère, la tuméfaction douloureuse du foie, les symptômes de stase sanguine, la chute rapide des forces, et, enfin, l’inefficacité du quinquina, montreront clairement que ce n’est point à elle qu’on a affaire.

§ V. — Pronostic et traitement.

Le pronostic est des plus défavorables, la mort ayant toujours été la conséquence de cette maladie. Cette triste certitude réduit naturellement beaucoup le rôle de la thérapeutique; cependant, comme on pourrait à la rigueur espérer d’entraver la marche fatale de la maladie, si celle-ci se bornait à quelques branches secondaires de la veine porte, on essayera à l’aide de saignées générales ou locales de limiter l’inflammation; on se gardera, du reste, d’insister sur ce moyen, qui aurait pour effet certain alors d’affaiblir le malade et de hâter sa fin. Le mieux sera de combattre les symptômes dominants, en opposant la quinine aux frissons, les opiacés à la douleur et à la diarrhée. On soutiendra aussi, autant que possible, les forces du malade à l’aide d’une alimentation nutritive mais de facile digestion. ]

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