COLIQUE HÉPATIQUE. — DIAGNOSTIC
ffaudrait qu’ils formassent une tumeur très-appréciable à l’hypochondre, pour attirrer l’attention du malade et être reconnue par la palpation. Mais alors, il y aurait cdéjà quelque manifestation inflammatoire.
La constatation des signes de l’angiocholéite n’établit encore que des présomp ttions en faveur de la présence de calculs dans les voies biliaires.
L’ensemble, à des degrés divers, des symptômes décrits sous le nom de colique hépatique , est la seule base convenable du diagnostic des calculs; c’est là ce qu’il ! faut savoir reconnaître.
Nous avons cherché, dans la symptomatologie, à marquer les traits essentiels de la colique hépatique. La douleur qui en est le caractère prédominant, est, d’ordiinaire, le motif pour lequel on la confond avec d’autres affections.
Elle pourrait, aux premiers moments, être prise pour une péritonite, et surtout j p pour une péritonite par perforation, eu égard à la douleur brusque, à l’anxiété, aux vomissements ; l’erreur ne saurait durer en face du calme persistant du pouls! (kle la tolérance des parois abdominales pour les manœuvres exploratrices, circonstances dont on trouve l’opposé dans la péritonite, et si l’ictère intervient, la coni fusion est encore moins permise. ]
On a indiqué Y iléus comme pouvant être confondu avec la colique hépatique. IDeux malades qui n’avaient jamais eu de jaunisse ni de douleurs hépatiques ! furent pris tout à coup de tous les phénomènes qui révèlent cet étranglement int terne; on était encore dans le doute sur la nature du mal, que l’on traitait du reste (•comme un iléus, lorsque les douleurs cessèrent brusquement chez l’un d’eux à la suite de l’émission de calculs par le vomissement. Chez l’autre, un ictère apparut, 2t il fut entièrement délivré de son mal. (Monneret et Fleury.) f Indépendamment des signes propres à la colique hépatique et des résultats de 'exploration de l’hypochondre droit, s’il s’agit de Y invagination intestinale , la déformation du ventre, la tumeur, la douleur dans un point de l’abdomen, servent à lixet le diagnostic. S il y a engouemeut intestinal , on observe également la tumeur «ormée par l’accumulation des matières fécales, et l’on a, en outre, pour se guider, la niai che plus lente de 1 affection. Reste donc Y étranglement interne proprement lut, et surtout celui qui est causé par le passage d'une anse d'intestin sous une
ende. Le ballonnement rapide du ventre est le phénomène le plus important à moter. . 1 2
Parmi les névralgies qui peuvent rendre le diagnostic difficile, on a cité la né rralgie hépatique. [Certains cas de colique hépatique ne sont accusés par les mandes qu’à titre de crampes d’estomac. Aussi Trousseau (1) et Frerichs (2) ont-ils nagé utile d’indiquer le diagnostic d’avec la gastralgie. Dans celle-ci, la douleur sst rapportée par les malades précisément à l’épigastre ; elle revient à des intervalles jli.oignés des repas. La colalgïe , sur laquelle Trousseau a appelé l’attention s’en
Imchf6 eUCOre ^ CG qUC 13 d0uIeur sc localisc davantage vers l’hypochondre
Les productions cancéreuses intéressant les voies biliaires ou les organes voisins 's entozoaires dans les conduits, peuvent donner lieu à de véritables accès de colil
(1) Trousseau ^Clinique médicale de V Hôtel- Dieu < 2“ édition, t. III, p. 221.
(2) Frerichs, Maladies du foie , 2e édition, p. 834.
Valleix, 5e édit.
258 MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DKJESTIVES
que hépatique. L’observation VI de Frerichs (1) est celle d’un cancer de la tète du pancréas, qui avait été d’abord diagnostiqué colique hépatique par concrétions biliaires dans le duodénum. Briquet (2) ayant constaté chez une femme atteinte d’ictère verdâtre, l’existence, au bord inférieur du foie, d’une tumeur arrondie, fluctuante, avec des granulations assez volumineuses, avait porté le diagnostic : Calculs arrêtés dans les canaux ; rétention biliaire. On ponctionna la vésicule. Plus tard, la malade mourut, et l’on ne trouva aucun calcul, mais un cancer du pancréas englobant le canal cholédoque. Duparcque a vu un cancer du pylore déterminer les mêmes illusions. Trousseau (3) cite un cas du service de Lasègue, et un du sien dans lesquels des hydatides du foie étant venues s’engager dans les canaux biliaires avaient déterminé des accès de colique hépatique. Selon le même auteur, des faits nombreux rassemblés par Bonfils (h), prouvent que ces accès peuvent être exactement reproduits par le fait d’ascarides lombricoïdes dans les conduits de la bile. On retrouvera plus loin des exemples de cette particularité clinique.
Trousseau énonce encore la possibilité d’une confusion avec certaines formes d’hépatite aiguë, chez lesquelles la douleur est intermittente, et qui s’accompagnent d’ictère. ]
L’erreur peut avoir pour objet la colique néphrétique. Ici les difficultés peuvent être grandes, surtout lorsque les douleurs sont occasionnées par l’engagement d’un gravier volumineux dans l’uretère. La douleur se produit brusquement ; elle a les mêmes caractères, et l’anxiété du malade est la même. Nous avons vu plus haut que, dans quelques cas, les douleurs de la colique hépatique s’étendaient précisément dans la direction de l’uretère du côté droit. Ces cas sont fort rares. Si l’on interroge le malade, on apprend qu’à des époques antérieures il a rendu avec les urines des graviers plus ou moins nombreux et volumineux. On observe la rétraction du testicule; 1’urine est peu abondante, son excrétion souvent difficile; on y trouve parfois un peu de sang; dans le cas où il existe une néphrite calculeuse, on constate un mouvement fébrile qui ne se rencontre pas dans la colique hépatique; d’autre part, l’ictère est un phénomène fréquent de cette dernière, tandis qu’il ne se produit pas dans la colique néphrétique.
Un autre diagnostic a été établi oar Jos. Frank, entre la colique hépatique et
Y empoisonnement par les poisons minéraux.
Dans la colique hépatique, il y a des prodromes; le vomissement est modéré et a lieu par accès; la douleur est bornée à l’hypochondre et à l’épigastre ; les matières évacuées ne présentent pas de traces de poison, et les commensaux du malade n’ont éprouvé aucun accident; tandis que dans l’empoisonnement, l’invasion est ; subite, les vomissements continuels et immodérés, et la douleur de ventre génet ale. Les matières contiennent des traces de poison, et ceux qui ont mangé avec les malades éprouvent les mêmes accidents (J. Frank). Ces considérations sont bonnes à noter, à part celles qui établissent une différence sur absence de prodt ornes.
[En dernier ressort, n’oublions pas que le diagnostic reste incomplet, tant que j le malade n’a pas rendu quelque calcul ou quelque fragment de calcul ; il est donc
(1) Frerichs, Maladies du foie, 2e édit., p. 140.
(2) Briquet, Gazette des hôpitaux , 1801, n .>S.
(3) Trousseau, Clinique médicale , t. lit, p. 222.
(A) Bonfils, Archives générales de médecine , juin 1858.