COLIQUE HÉPATIQUE. — LÉSIONS ANATOMIQUES
les symptômes secondaires mentionnés précédemment : les adhérences, les perforations, les trajets fistuleux en sens divers, les altérations du foie, l’inflammation de la veine porte, la péritonite.]
Dans la plupart des cas, et surtout dans ceux où, malgré la présence des calculs, le fluide biliaire a pu continuer à couler assez librement, celui-ci ne présente aucune altération appréciable; mais quelquefois il paraît plus épais, plus visqueux, et l’on y a trouvé des paillettes brillantes de cholestérine ; dans d’autres cas, au contraire, de la bile décolorée, très-fluide et semblable à de la sérosité.
r Les calculs eux-mêmes sont le point le plus curieux de l’anatomie pathologique. Rarement à l’état isolé, ils sont habituellement au nombre de 5, 10, 30 et jusqu’il celui de plusieurs milliers. Morgagni en a compté 3000 dans une vésicule; Hoffmann 36à6. Selon Frerichs (1) la collection d’Otto possède une vésicule qui on renferme 7802, et lui-même en a trouvé 1950 chez une femme de soixante et un ans. Leur volume varie depuis celui d’un grain de millet jusqu’à cel ui d’un œuf de poule; le plus gros connu a été décrit par Meckel, et avait 15 centimètres de long sur 12 centimètres de circonférence. En revanche, ou voit des graviers, du sable et jusqu’à une boue biliaire, dont 1rs radicules du canal hépatique sont quelquefois comme injectés. Lorsque le calcul est unique, sa forme est le plus souvent olivaire par le moulage dans la vésicule ; lorsque deux calculs se touchent, les surfaces de contact sont lisses ou excavées. La figure hh fixera les idées sur ce double détail.
D’autres calculs sont nuflnelonués ou mûriformes; quelques-uns ramifiés et même tubulés. Glisson les a vus tels chez le bœuf. Quand ils sont en grand nombre, ils ont des formes polyédriques plus ou moins régulières, dues à l’aplatissement ou à l’usure des surfaces au point de contact. C’est la forme vulgaire.
I a couleur est le plus souvent brune ou jaune verdâtre. On en a vu de noirs, rie blancs, d’un rouge grenat (2), de bleus (3), quelques-uns demi-transparents ou brillants et nacrés comme des perles, ou encore présentant 1 aspect métallique.
Leur densité est faible, bien qu’ils ne surnagent jamais l’eau, même quand ils sont composés uniquement de cholestérine, à moins qu’ils ne soient notablement
desséchés.
Ils sont onctueux au toucher, très-friables, et beaucoup sont inflammables.
Quant à la structure , il est des concrétions qui forment des masses homogènes (calculs simples), d’autres qui ont un noyau, des couches concentriques et une écorce. Le noyau est* en général, formé de cholépyrrhine et de chaux liées par du mucus. Plus rarement, il est représenté par un corps étranger. Bouisson y a trouve
(1) Frerichs, Traité prat. des maladies du foie et des voies biliaires , 2e édition, toc. cil.,
P* (72°Uuton, Nouv. Dict. de méd. etdechir. prat. Paris, 186(5, t. V, art. Biliaires (Voies).
(3) Martin Schurigius, cité par Leroy (d’Étiolles) flls, Traité pratique de ta gravclle et des
calculs urin. Paris, 186Û, p. 161.
Fïg. 44. — Deux gros calculs articules* (Frerichs, lis* 158, p. 821.)
.nnun,,,,..-, ..M .uMWhAfcS l>i;s VOIES DIGESTIVES.
un petit caillot sanguin ; Lobstein, un lombric mortel desséché ; Manche (1) une aiguille ; Lacarterie (2) et Beige! (3), des globules de mercure; Frerichs (V) et l-ucbs, un noyau de prune; Bouisson, chez le bœuf, un fragment de distome hépatique. Un calcul plus petit forme quelquefois le noyau d’un plus gros ce cas est représenté dans la figure 65. Enfin, il est des calculs à plusieurs noyaux; fauconneau-Dufresne et Guilbert en ont vu de ce genre.
Fig. 45. — Calcul à couches concentriques et rayonnées , renfermant une concrétion plus petite qui sert de noyau.
(Fi^richs, fig. 150.)
Fig. 40. — Calcul rayonné et stratifié à l’une des extrémités. (Frerichs, fig. 157.)
Les couches moyennes sont disposées concentriquement et présentent des stries radiées du centre à la périphérie (vov. les figures 65 et 66).
L écorce est plus ou moins épaisse et souvent rugueuse ou mamelonnée; elle diffère de composition avec le centre du calcul.
Composition chimique. La cholestérine entre comme élément principal dans lous les calculs et en forme entièrement un certain nombre, ceux, par exemple, qui sont inflammables; les matières colorantes, la cholépyrrhinc et ses dérivés viennent ensuite, puis les sels de chaux formés avec les acides de la bile, glycocholale et cholate de chaux, le mucus, l’épithélium et quelques matières minérales. Les détails que cet article ne comporteraient point se trouveront dans les travaux ce fouicioy, de Baillie (5), Marcel (6), Bouisson (7), Fauconneau-Dufresne (8), [Cl. Bernard (9) et Frerichs (10).]
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
[ Les calculs biliaires restent pas lieu à la colique hépatique,
presque nécessairement ignorés, s’ils ne donnent ou tout au moins aux signes de l’angiocholéite. Il
(1) i ' erichs, 1 raitê pratique des maladies du foie et des voies biliaires. 2e édition, p. 812.
(2) Lacarterie, Gazette de santé, 15 avril 1827.
(3) Beigel, Wicn. medicin. Wochenschrift , 1850.
(4) Frerichs, loc. cit., p. 713.
(5j Baillie, Anatomie pathologique.
(6) Marcel, Essai sur les affections calculeuses. Paris, 1823, in-8.
(7) Bouisson, De la bile, de scs variétés physiologiques, de ses altérations morbides. Montpellier, 1843, in-8.
(8) l' auconneau-Dufresne, Revue médicale, 1841; La bile et ses maladies (Mémoires de l’Académie de médecine, Paris, 1847, t. XIII).
(9) Claude Bernard, Leçons sur les propriétés physiologiques et pathologiques des liquides de l’organisme. Paris. 1859, t. II, p. 188etsuiv.
10) Frerichs, Traité pratique des maladies du foie et des voies biliaires, 2e édition. Paris, 1866, p. 704.