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EMPOISONNEMENT

Invasion subite.

Vomissements immodérés, continuels.

Douleur générale du ventre.

COLIQUE HÉPATIQUE

iProdromcs (signe douteux).

'Vomissements modérés , par accès.

('Douleurs se portant de l’hypochondre droit ’ épigastre .

LLes matières évacuées ne contiennent pas

I traces de poison,

'Ceux qui ont mangé avec le malade n’é- Hiuvent aucun accident.

Les matières vomies contiennent des traces de poison.

Ceux qui ont mangé avec le malade éprouvent les mêmes accidents.

[4° Signes distinctifs de la colique hépatique et des viscéralgies.

COLIQUE HÉPATIQUE ■Douleur un peu après le repas, localisée

tbord inférieur du foie.

; Ictère . Calculs dans les garderobes.

VISCÉRALOIES.

Douleur immédiatement ou assez longtemps après le repas, localisée à la région épigastnque (gastralgie), ou à l’hypoebondre gauche (colalgie), ou à l’hypochondre droit (hôpatalgie).

I!as. d'wtère, si ce n’est dans l’hépatalgie (allection rare); pas de calculs dans les garderobes.]

1 1) l'oucurl, Revue rnéd ico-ch irury ica le de Paris, 1850.

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

Pronostic. — Los accidents que nous avons décrits se montrent clans la plus faible partie des cas de calculs biliaires, et se terminent presque toujours par le retour à la santé. Ce n'est que dans des cas qu’on peut regarder comme exceptionnels que les lésions concomitantes du foie, l’inflammation de la vésicule, la rupture des canaux, entraînent la mort; il suffit que cette terminaison puisse avoir lieu, pour qu’après une première attaque de colique hépatique, le malade se soumette aux précautions les plus sévères.

[La gravité de l’affection dépend encore de sa disposition aux récidives qui renouvellent chaque fois le danger des complications, et qui, par le rapprochement et la prolongation des attaques, amènent le dépérissement des malades.]

§ VII. — Traitement.

ln Affection caicnieuse. — Fauconneau-Dufresne (1) pose ainsi les deux indications principales à remplir pour atteindre ce but :

1° Dissoudre les calculs qui restent dans les voies biliaires;

2° Empêcher qu’il ne s’en forme de nouveaux.

Éther , térébenthine. — Parmi les médicaments qui ont été prescrits contre les calculs biliaires, il faut d’abord citer le remède de Durande (2), à cause de la célébrité dont il a joui. Ce remède est le suivant :

Remède de Durande.

If Essence de térébenthine

8 gram.

Faites dissoudre dans :

Éther sulfurique 12 gram.

A prendre à la dose de 2 à A grammes par jour, dans du bouillon.

Après l’administration du remède, qui a lieu le malin, on fait boire du petit-lait ou du bouillon de veau avec suffisante quantité de sirop de chicorée ou de violette. On doit continuer l’usage de ce moyen jusqu’à ce que l’on ait pris cinq cents grammes du mélange d’éther et de térébenthine. S’il survient une douleur marquée du côté du foie, ou des signes d’irritation de l’estomac, il faut suspendre 1 administration du médicament.

On prescrira en même temps un régime doux , composé de viandes blanches rôties ou bouillies, de fruits, de légumes frais et de boissons délayantes. Lorsque les principaux signes de la présence du calcul ont disparu, on termine le traitement par l’administration de quelques*purgatifs doux.

Martin Solon (3) a modifié ainsi qu’il suit la formule de Durande :

Essence de térébenthine 10 gram. | Éther 5 8ram-

[Le mélange de Durande a naturellement été très-vanté par son inventeui , il a eu l’approbation d’hommes tels que Haller, Sœmmerring, Fourcroy, et beaucoup de médecins l’ont employé ou l’emploient encore. Mais il faut bien dire que sa

(1) Fauconneau-Dufresne, Mémoire sur la bile cl ses maladies [Mémoires de l Acadèmiè de

Durande!' 'observations sur l'efficacité du mélange d'étlær sulfurique et d'huile de térébenthine. etc. Strasbourg, 1790.

(3) Martin Solon, Bulletin général de thérapeutique, lo avril 1»4J.

(.faveur a été due à des idées théoriques peu mûries, et que son emploi actuel tient sà la routine ou bien au défaut de moyen meilleur. L’application de ce mélange au i traitement des calculs biliaires repose sur le fait chimique de la solubilité de la ccholestérine dans l’éther et la térébenthine ; or, la dissolution ne s’opère déjà que

Iridifficilement dans un verre à expériences avec un grand excès du dissolvant: peut celle avoir lieu pour des calculs emprisonnés dans les canaux et le réservoir biliaire coù le dissolvant ne saurait séjourner, où il ne pénètre même pas, selon toute vraisemblance ? Celte objection, faite par Thénard (1), est reproduite par Fauconneau- 1 Dufresne, Monneret, Trousseau, Frerichs : si le remède de Durande a jamais ;guéri la colique hépatique, c’est, suivant Thénard, par l’action antispasmodique de 1 l’éther et en favorisant le cours de labile, d’après Trousseau. D’ailleurs, il est

Irrare que l’on ait employé ce moyen tout à fait seul.]

Si l’efficacité de ce fameux remède est douteuse , il a des inconvénients certains : i il fatigue l’estomac et provoque le vomissement, comme Bricheteau (2) en a observé ides exemples. C’est pour cela que Sœmmerring proposait de remplacer la térébenthine par des jaunes d’œuf, Buparcque (3) par l’huile de ricin, et que de (Gardane, cité par Fauconneau-Dufresne, conseillait la préparation suivante :

Sirop de guimauve 45 gram. Essence de térébenthine de 6 à 10 gram.

Eau distillée 15 gram. Éther sulfureux Sgram.

Mêlez. Dose : une cuillerée tous les matins.

Un remède que l’on peut rapprocher du précédent a été recommandé par le ildocteur Rinna von Sarenbach (ù), et consiste dans un mélange de térébenthine, ùde savon, de rhubarbe et de ciguë aquatique.

Il en est de même du savon tèrébenthiné , recommandé par Jos. Frank (5), et qque l’on obtient de la manière suivante :

Huile d’amandes douces. ) I Huile de térébenthine 20 gram.

Térébenthine ) aa 0 Bram* j goutje caustique 30 gram.

Liquéfiez la térébenthine avec l’huile d’amandes douces. Après un léger refroidissement,

[ lajoutez l’huile de térébenthine, et peu à peu ensuite la soude réduite en poudre très-fine,, jijusqu’à ce que vous obteniez une masse savonneuse. Si l’alcali prédominait, ajoutez de l’huile ! :de térébenthine en quantité nécessaire pour le saturer.

Pour l’ administration du médicament :

Ofi Savon térébenthiné 4 gram. J Extrait de pissenlit 30 gram.

Mêlez exactement. Faites des pilules de 15' centigrammes. Dose : quatre à huit, deux Mois par jour.

[i Chloroforme . — Si les calculs pouvaient être dissous dans la vésicule, le renmède de Durande cesserait d’être le dissolvant qu’on devrait choisir. Corlicu (6), a ' été amené à constater qu’il existe un dissolvant plus énergique, le chloroforme :

(1) Thénard, Traité de chimie, 1. 111.

(2) Bricheteau, Mém. de la Soc. méd. d’émulation, t. IX,. Paris, 1826.

(3) Duparcque, Notice sur le diagn. et le traitement des coliq. hépatiq. ( Gazette hebdoumadairc de médecine et. de chirurgie, 1859).

(4) Rinna von Sarenbach, R'epert. der vorzüglichslen Kurarten, Heilmittel., etc.Wien, 1835.

I ' (5) Jos. Frank, Praxeos medicœ unioersœ prœcepta, pars III : De calcul, bil. Lipsiæ, 1841.

(G) Corlieu, Considérations sur les calculs biliaires et leur traitement (Gazette des hôpitaux, 1 85G, p. 287).

-0- MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

des calculs de môme poids et do même volume, rendus par la même malade, ont été dissous par lui :

Dans lo chloroforme en 1 h. 1/A

Dans l'éther ’ 2 h 1/2

Dans la médecine de Durande 5 h.

Dans la térébenthine q v,

Ce judicieux observateur se garde , toutefois, de considérer le chloroforme comme un dissolvant ailleurs que dans l'éprouvette, et n’attribue le succès qu’il a obtenu dans un cas avec cet agent, donné dans du sirop, qu’à ses propriétés anasthésiques.

Bouchot (1) est arrivé à des résultats de laboratoire identiques, et les expériences comparatives de Gobley (2) ont encore fait ressortir davantage l’aptitude du chloroforme à dissoudre la cholestérine. Bouchut a réussi, dans un cas, à guérir en donnant le chloroforme a l’intérieur : rien ne prouve, dans cette observation, que les calculs aient été réellement dissous. Il donne 1 à 2 grammes de chloroforme par jour, pendant un mois, sous forme de tisane :

2 C. Chloroforme Alcool

1 gram. I Eau 7 gram. |

1000 gram.

Ou dans une bouteille d’eau de Vichy, ou sous forme de sirops :

Chloroforme Alcool

10 gram.

80 gram.

Sirop de sucre

500 gram.

A prendre par cuillerée à bouche, trois à six dans les vingt-quatre heures.

Ou enfin en potion, dans un julep gommeux, 1 gramme de chloroforme dans 8 grammes d’alcool.]

Alcalins. — La cholestérine et la cholépyrrhine sont solubles dans une bile fortement alcaline, et, de fait, on a trouvé des calculs dissous dans les canaux et la vésicule (3). On comprendra donc que l’idée d’Hoffmann d’employer les alcalis contre les concrétions biliaires, ait pu revenir en honneur. Ils sont utilisés sous forme de médicaments alcalins ou pris à l’état d’eaux minérales alcalines.

Arnemann donnait le carbonate de potasse à la dose de 2 à k grammes, matin et soir ; Bouchardat recommande les sels alcalins à acides végétaux, tels que les acides acétique et citrique : ou bien, on associe au carbonate de potasse la rhubarbe, l’aloès, le jus d’herbes. Voici, par exemple, une formule pour employer le suc fondant alcalin :

Suc d'herbes fondant alcalin.

If Chicorée Pissenlit

| aa parties égales.

Laitue. .

Cerfeuil

Pour obtenir 120 grammes de suc d’herbes. Ajoutez :

Acétate de potasse

A prendre en deux fois, le matin à jeun.

| aa parties égales.

. . h gram.

(1) Bouchut, Du chloroforme à l’intérieur contre les calculs biliaires, etc. (Bull, gèn.de thérap., 1801, p. 49).

(2) Gobley, Notes sur les meilleurs dissolu, des cale. bil. {Bu/l. gén. de thérap., 1861, p. 204.

(3) Voy. Barth, Sur ta guérison spontanée de l'affect, calcul, du foie {Gaz. méd., 1854).

Sœmmerring avait une grande confiance dans les sels alcalins, et prescrivait \' hydrochlorate d’ammoniaque, de soude, de potasse, ou bien l’acte dépotasse. R. AYhytt recommandait l’usage de Veau de chaux, que l’on peut donner à la doso de U à 8 grammes, deux fois par jour, dans une tasse de lait.

[Carlsbad et Vichy (eaux bicarbonatées sodiques selon la classification de Durand-Fardel) (1), représentent le type des eaux alcalines auxquelles peuvent êüe adressés les malades souffrant de calculs biliaires (2). K ms, Marienbad, Eger, Muhlbrunnen, Vais, Pougues, Gontrexéville, sont données comme pouvant répondre au même besoin, selon certaines indications particulièi es. AVillemin (3) a relevé 121 cas de coliques hépatiques traitées par les eaux de Vichy : selon cet observateur, il faut deux et trois cures à Vichy pour guérir; assez souvent, pendant la cure, il survient une crise de colique avec un peu d hépatite. Après la cuie, il faut revenir de temps en temps à la médication alcaline, et, après deux ou tiois ans d’immunité, reprendre les eaux naturelles dès qu’il reparaît des douleurs sourdes du côté du foie. Trousseau donne le conseil de ne point abuser des alcalins, médicaments à longue portée, dit-il, et qui agissent encore six, sept et même dix mois

après qu’on en a cessé l’usage.

Electricité. — Abeille (h) a fait connaître un cas de colique hépatique poulie traitement duquel il eut l’idée d’essayer l’electrisation par courants continus appliquée aux membres et aux parois thoraciques : après deux jours de ce traitement, la malade, qui avait eu plusieurs selles copieuses, rendit une concrétion de la grosseur d’un œuf de perdrix.

En 1821, le docteur Hall avait vanté les bons effets de l’électricité dans la même

affection (5). .

Mouvements, massage. — On peut rapprocher de ce moyen la vectation, 1 cqui-

tation recommandée par Musgrave, la navigation, les frictions et la percussion sur l’hypochondre, les douches et le massage employés par Barth.]

Tels sont les principaux moyens qui ont été proposés pour faire disparaître complètement les calculs. Nous nous bornons à une simple mention de quelques autres remèdes assez singuliers et que les praticiens ne seront guère tentés d essayei . la racine de la grande chélidoine , proposée par Creutzbaner ; de pareira brava, vantée par Geoffroy (6) ; l 'acide nitrique, proposé par Richelmi, et même le suc des mille-pieds et des lombrics terrestres.

2° Colique hépatique. — Emissions sanguines. J. Eiank pi esc i i t la saignée générale chez les sujets pléthoriques. Morgagni préfère les sangsues à l’hypochondre; d’autres, les ventouses scarifiées, surtout quand il y a sensibilité delà région.

Narcotiques. — Ils ne peuvent être nulle part mieux indiqués que dans la colique

(1) Durand-Fardel, Dictionnaire général des eaux minéruleset d’hydrologie médicale, Paris,

(2) Ch. Petit, De l'action des eaux minérales de Vichy, etc., Paris, 1850 ; et Frerichs, 2e édition, loc. cit., p. 837.

(3) Willemin, Des coliques hépatiques et de leur traitement par les eaux de Vichy. Paris,

(A) Abeille, De l’électricité comme moyen d’accélérer l’élimination des calculs ou concréi. bil. ( Gazette des hôpitaux, 1862, p. 154).

(5) Hall, The American Records, etc., 1821.

(6) Geoffroy, Histoire de I’ (.endémie des sciences, 1710.

2bli MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES.

hépatique. L opium est administré h la dose de trois à cinq centigrammes et à

plusieurs reprises dans la journée. On peut en môme temps ordonner le lavement suivant :

"if Infusion de (leurs de caino- I Laudanum de Sydenham lt>’r,25

m'lle 180 gram. | Huile d’olive 30er ,00

Pour un lavement.

Van Swieten, Quarin (1) et Portai insistent sur l’utilité de cette médication, line faut pas craindre, en élevant la dose de l’opium/ de déterminer un certain degré de narcotisme dans les cas ou les douleurs sont excessives. Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’on peut remplacer les préparations d’opium par celles de morphine.

Le docteur Lolatte (2) a beaucoup vanté la belladone dans ce qu’il a appelé 1 ictéricie calculeuse. Celte substance doit être administrée en extrait aux mêmes doses ou h des doses un peu plus élevées que l’opium, et, en outre, on pratiquera des onctions sur toute l’étendue de la région hépatique, avec la pommade suivante :

^ Axongc GO gram. | Extrait de belladone 10 gram.

Mêlez exactement.

Le docteur Rinna de Sarenbach insiste principalement sur l’utilité de ce moyen.

La jusquiame noire, le lactucarium et les autres narcotiques peuvent être prescrits d’une manière analogue.

Les lavements de tabac ont été recommandés par le docteur Craigie (3); ils ont pour but, non-seulement d’engourdir la douleur, mais encore de faciliter la sortie du calcul des voies biliaires.

Antispasmodiques. — Les antispasmodiques ont été aussi fortement recommandés. Hufelandet le docteur Rinna recommandent l 'eau de laurier-cerise.

Bricheteau (U) préfère la teinture de castoréum, que l’on peut prescrire ainsi qu’il suit :

Jf Eau distillée de tilleul 120 gram.

Teiutureéthéréedecastoréum. 2 gram.

A prendre par cuillerées.

Sirop de fleur d’oranger 10 gram.

Lentchen (5), médecin suédois, a fait usage dans un cas du chloroforme à la dose de dix gouttes toutes les heures dans une potion; la douleur cessa complètement, mais il y eut quelques phénomènes de congestion du côté du cerveau. [Comme antispasmodique, le chloroforme s’administre plutôt en inhalation. Trousseau en a obtenu des résultats remarquables chez une femme de sa clinique.

Purgatifs. — On donne généralement des purgatifs, mais dans le seul but de déterminer une sécrétion plus abondante de la bile qui puisse pousser les calculs; aussi choisit-on les purgatifs légers, Y huile de ricin, l’eau de Sedlitz. Quelques auteurs avaient pour le calomel une prédilection qui, selon Heberden, n’a pas été justifiée (6) ; Saunders associe ce sel ii la scammonée.]

Vomitifs. — Saunders voulait qu’on donnât de faibles doses iVipécacuunha, et

(1) Quarin, Animadvers . practicœ, 1814.

(2) Lolatte, Observât, mcdico di Napoli, septemb. 1833.

(3) Craigie, London med. and sur g. Journal, octobre 1824.

(4) Bricheteau, Mémoires de la Société médicale d'émulation. Paris, 182G, t. IX.

(5) Lemchen, Hggiea, et Journal des connaissances médico-chirurgicales, 29 février 1852.

(6) Heberden, Medic, Transact, London, 1772, t. II.

Cullen (1) recommande les vomitifs, à cause des mouvements qui, comprimant les viscères de l’abdomen, peuvent contribuer à l’expulsion de la bile. F. Hoffmann et Morgagni se sont fondés sur des cas d’hématémèse et de rupture des conduits biliaires, qui ont été attribués aux secousses produites par les vomitifs, pour repousser l’emploi de ce moyen. Portai et Pujol conseillent également de s’en méfier comme d’agents propres ;i déterminer une inflammation. Quoi qu’il en soit de son influence dans ces accidents, il sera prudent de s’abstenir de cette médication, ou tout au moins, de s’arrêter, comme Saunders, aux doses nauséeuses.

Antivomitifs. — On prescrit la potion antivomitive de Rivière, ou bien celle de Haen, qui a en outre l’avantage de contenir des substances antispasmodiques et narcotiques. Voici sa composition :

"if Carbonate de chaux.

Sirop de limon . . . .

Liqueur d’Hoffmann.

A prendre par cuillerées

Potion antivomitive de Haen,.

2 gram.

32 gram.

4 cenligr

Laudanum de Sydenham

Eau de menthe

Eau de mélisse

1 gram.

32 gram.

96 gram.

Veau de Seltz, la limonade gazeuse, doivent être également prescrites dans ce but.

La glace a été aussi mise en usage, et l’on a eu recours au froid, non-seulement h V intérieur, mais encore à Y extérieur. Bricheteau (2), en particulier, recommande l’ingestion fréquente de petites quantités de glace. Pour Y application externe, on met des fragments de glace dans une vessie qu’on applique sur l’hypochondre.

Emollients. — Dans le plus grand nombre des cas, on a recours aux boissons et aux applications émollientes. L’infusion de mauve, de sureau, etc., est donnée à une température modérée, et des fomentations et des cataplasmes sont appliqués sur toute la région hépatique.

Nous n’avons pas indiqué Y électricité, dont Hall (3) vante les bons effets, parce que nous n’avons aucun détail sur l’emploi de ce médicament.

Précautions générales, régime, hygiène. — Pendant les accès de colique hépatique le malade doit être tenu au régime le plus sévère. Une fois l’accès passé, et lorsqu’il ne reste plus qu’une légère douleur locale avec la faiblesse qui est la suite naturelle de ces attaques, il doit suivre un régime doux, [rechercher de préférence, selon Trousseau, les aliments végétaux et écarter les substances grasses], se livrer a un exercice modéré, éviter toute contention d’esprit, et attendre, pour reprendre ses occupations, que les accidents dont nous avons parlé ne laissent plus aucune trace.

3° Moyens chirurgicaux. — C’est à J. L. Petit qu’on rapporte l’idée d’ouvrir la vésicule pour faire Y extraction des calculs de la vésicule biliaire, comme on le fait pour les calculs de la vessie; mais beaucoup d’auteurs ont eu le tort de lui attribuer l’opinion que l’emploi de ce moyen chirurgical est propre à la plupart des cas. J. L. Petit, en effet, n’a proposé l’opération que lorsque les calculs biliaires peuvent être facilement reconnus, et, ce qu’il importe bien plus encore de

(1) Cullen, Eléments de médecine pratique, trad. par Bosquillon.

(2) Bricheteau, Clinique de l’hôpital Necker. Paris, 1835.

(3) Hall, The American Records , etc., 1821.

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

constater, lorsque l’on peut s’assurer que des adhérences se sont produites entre la vésiculaire biliaire et la paroi abdominale. Or, ces cas, comme on le voit, rentrent précisément dans ceux où l'inflammation s’est emparée de la vésicule biliaire, et où l'on doit agir, par conséquent, comme nous l’avons indiqué en parlant de cette dernière affection. Boyer ( loc . cit.) est plus explicite encore, et veut que l’ouverture ne soit pratiquée que dans les cas d’abcès bien confirmés. C’est à cette dernière opinion que se sont arrêtés la plupart des praticiens; cependant quelques-uns, parmi lesquels il faut citer le professeur Chelius, pensent qu’on peut opérer alors même que la vésicule n’a acquis aucune adhérence, et seulement lorsqu’une tumeur de la vésicule contenant des calculs se manifeste, en même temps que des accès violents de colique hépatique. Chelius propose, à ce sujet, un procédé d’ouverture de la tumeur qui tient en partie de celui de Bégin (Abcès du foie, p. 191) et de celui deJobert. Faites à la peau qui recouvre la tumeur une incision de h à 5 centimètres ; coupez ensuite les muscles dans une étendue d’autant moindre que vous vous rapprocherez du péritoine. Arrivé à celte membrane, portez le doigt dans le fond de la plaie, et assurez-vous par là si la vésicule est ou n’est pas adhérente; dans ce dernier cas, ou seulement s’il existe quelque doute, au lieu de continuer l’incisiou avec le bistouri, plongez dans la tumeur un trocart fin, et laissez sa canule dans l’intérieur de la vésicule pendant tout le temps nécessaire pour la formation des adhérences.

[En général, les indications de l’intervention chirurgicale tracées par J. L. Petit et Boyer doivent être respectées. Cependant il est des cas où des dangers menaçants obligent le médecin à agir le plus promptement possible : on peut alors recourir aux procédés de Récamicr, Bégin, Jobert, ou à celui qui vient d être décrit. Trousseau (1) en a institué un autre qui lui semble encore plus exempt de dangers et qu’il applique aux kystes de l’ovaire. Il enfonce dans la peau trente ou quarante aiguilles d’acier armées d’une grosse tête, qui arrivent jusque dans la v ésicule : ces aiguilles restent en place pendant trois ou quatre jours ; alors on enlève les premières pour en enfoncer d’autres dans les intervalles des piqûres, et 1 on recommence de la même manière une troisième fois. Il est essentiel que les aiguilles soient armées d’une tête de cire à cacheter et traversent une rondelle de peau de gant avant le derme. L’inflammation déterminée par chaque aiguille procure les adhérences péritonéales, et l’on peut alors employer le bistouri sans aucun risque a cet égard.]

Résumé. — 1° Traitement pour la cure radicale des calculs. Remède de Durandc ; chloroforme, électricité, savon térébenthine, solutions alcalines, eaux minérales salines.

2° Traitement de la colique hépatique . — Emissions sanguines; narcotiques, chloroforme, antispasmodiques ; purgatifs, vomitifs, antiémétiques ; applications

émollientes ; régime, soins hygiéniques.

3° Moyens chirurgicaux, — • Ouverture de la vésicule par un des piocédés

connus.

(1) Trousseau, Clinique médicale de V Hôtel-Dieu, 2e édition. Paris, 1865, t. III, p. 229.

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