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RÉTENTION M LA IULE. — DIAGNOSTIC

Les parois de la vésicule et des conduits dilatés acquièrent une épaisseur considérable, due principalement à l’hypertrophie de la membrane moyenne, où se remarquent des fibres distinctes, ce qui explique leur résistance et le peu de fréquence de leur rupture. Cependant cette rupture peut avoir lieu par le fait seul de la distension, comme on en voit un exemple dans les observations d’Andral. En pareil cas, la dilatation s’est faite rapidement. Le plus souvent, la rupture est favorisée par l’inflammation chronique des parois et par leur ulcération ; on trouve alors des calculs ordinairement en grand nombre, qui ont causé ces lésions. On conçoit, d’après ces dispositions, comment les conduits biliaires ont pu donner passage à des calculs très-volumineux.

Il est superflu d’ajouter que la rupture de la vésicule donne lieu, lorsque la bile s’épanche dans le péritoine, ce qui est le cas le plus ordinaire, aux lésions de la péritonite suraiguë.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Il y a deux choses à rechercher : 1° distinguer la rétention de lu bile des autres affections avec lesquelles on pourrait la confondre 5 2° 7'cconnuil) c la cause qui a produit cette rétention.

1° Nous avons exposé page 239 le diagnostic des abcès de la vésicule ; il suffira de le reproduire dans le tableau synoptique.

[Abcès du foie. — La situation d’une tumeur fluctuante au bord inférieur du foie n’est pas un motif suffisant pour croire que l’on a affaire à une vésicule dilatée. ] Ce qui la distingue, suivant Rayer, c’est l’accroissement rapide de la tuméfaction extérieure dans l’hypochondrc droit; sa circonscription, la fluctuation manifeste dans toute son étendue; la mollesse et la mobilité des téguments qui la couvrent, et qui ne s’œdématient que lors de la suppuration, mais sans dureté ni gonflement à la circonférence de la tumeur. L’abcès du foie est la suite d une inflammation; il est lent à se former et à se manifester; la tumeur qu’il produit n’est pas circonscrite; elle s’étend aux parties voisines, et rend les téguments œdémateux ; la fluctuation du pus est tardive, difficile à j uger ; elle 11’est d’abord apparente que dans le centre de la tumeur, puis elle s’étend a la circonférence à mesure que la suppuration augmente. Son pourtour reste dur et gonflé, quel que soit le degré de la suppuration.

Cossy, à propos du cas que nous avons mentionné page 267, fait remarquer que, malgré la réunion des symptômes les plus constants de la rétention de la bile, c’està-dire de l’ictère, de la décoloration des matières fécales, et surtout de la tumeur arrondie formée par la vésicule biliaire distendue, il fallait encore établir que la tumeur, que l’on sentait depuis la dernière côte jusque vers la crête iliaque droite, était réellement formée par la vésicule biliaire distendue, et non par une collection purulente du foie, un kyste, un développement anormal du lobe droit et de cet organe. Or, cette distinction n'a pu être nettement établie; car, d’une part, la vésicule, extrêmement volumineuse, occupait un point où il 11’était pas facile de supposer sa présence, et, d’autre part, sa tension était tellement grande, qu’elle donnait au palper la sensation d’ùn corps solide.

[Trousseau (1) rapporte un fait extrêmement remarquable au double point de

(1) Trousseau, Clinvpiû médicale de l' Hôtel-Dieu, 2° édition, t. 111, P* 233.

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

vue des symptômes et de I anatomie pathologique : avec les signes rationnels de la rétention de la hile, on avait pu, pendant la vie, prendre pour la vésicule dilatée un lobule irrégulier du foie que l’autopsie lit constater. La véritable vésicule, assez volumineuse, contenait des calculs et communiquait avec un réservoir commun de tous les conduits biliaires, en forme de vaste ampoule, que l’on reconnut pour être le canal hépatique énormément dilaté. Le cholédoque était oblitéré et la bile passait de temps en temps dans l’intestin par une fistule pratiquée à travers des adhérences vésico-duodénales.

Il est d ailleurs reconnu que la vésicule change de place dans les déplacements du foie et dans d’autres circonstances impossibles à prévoir.]

2° Si nous voulons rechercher à quelles causes on doit attribuer la rétention de la bile, les accès de colique hépatique servent à faire reconnaître que la maladie est causée par l’engagement d’un calcul biliaire, et tous les doutes sont levés lorsqu’un ou plusieurs calculs ont été rendus par les selles. Si, avec ces accès, on observe 1 iclèie et ses conséquences sans distension de la. vésicule , on pourra croire que l’obstacle occupe le canal hépatique; si la vésicule est distendue sans qu'il y ait ictère, on sera porté à admettre l’existence d’un obstacle dans le canal cystique, et enfin la distension de la vésicule et l’ictère, coïncidant ensemble, feront connaître que l’occlusion occupe le canal cholédoque.

[Les signes pins ou moins certains de l’angiocholéite, les indices généraux de la diathèse cancéreuse, si on les a perçus, pourront faire penser que la rétention biliaire reconnaît une cause de ce genre. Il est difficile de soupçonner des entozoaires, à moins qu’il n’en ait été rendu par quelque voie.

TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC

1° Signes distinctifs de la rétention de la bile et de l’abcès de la vésicule biliaire (diagnostic posé par J. L. Petit).

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