ENTÉRITE. — LÉSIONS ANATOMIQUES
bilieuse, sfercorale; mais on voit trop souvent ces diverses espèces de matières se succéder dans un seul et même cas, pour qu’on puisse fonder sur elles de véritables variétés. On a encore admis les entérites phlegmoneuse, érythémateuse, rhumatique , arthritique, hémorrhoïdale , catarrhale, etc. Au lit du malade toutes ces prétendues variétés disparaissent, et l’influence plus grande de tel ou tel traitement, dans tel ou tel cas, n’est nullement démontrée.
Entérite pseudo-membraneuse. — Il est évident que, dans le plus grand nombre des cas où l’on a mentionné l’existence d’une fausse membrane dans l’intestin, on avait eu affaire à une dysenterie. Dans les autres, il existait presque toujours une grande tendance à la formation des fausses membranes, et c’est, comme 1 a fait remarquer Bretonneau, chez des sujets offrant dans le pharynx, dans les fosses nasales, etc. , des pseudo-membranes diphthéritiques, qu’on en a trouvé de semblables dans l’intestin. D’une part, nous avons des cas de dysenterie véritable, et d’autre part, des cas compliqués où l’entérite n’est qu’un phénomène accessoire, quoique annonçant une grande gravité de la maladie.
§ IV- — Marche, durée, terminaison de la maladie-
La marche de la maladie est presque toujours très-aiguë et très-rapide. Bientôt portée au plus haut degré, l’entérite dimiuue ensuite promptement et sans exacerbation marquée, à moins qu’un mauvais régime ne vienne l’entretenir. La duree moyenne est d’un septénaire au plus. Les écarts de régime peuvent prolonger considérablement cette durée.
La terminaison de la maladie est bien rarement fatale chez l’adulte, lorsqu’elle survient au milieu d’une bonne santé. Nous avons vu que chez les enfants elle pouvait, lorsqu’elle était violente dès le début, se terminer assez promptement par Ja mort. Dans les cas où il existe une maladie grave, l’entérite s’ajoute aux causes de mort et peut hâter souvent la terminaison fatale.
§ V. — Lésions anatomiqueB.
Les lésions anatomiques de l’entérite n’ont guère été décrites que dans des cas où l’inflammation intestinale était survenue comme complication d’une autre maladie, et il semble, au premier abord, que l’on n’en puisse rien conclure relativement à l’entérite simple; mais les symptômes sont tellement identiques dans l’un et dans l’autre cas, qu’on ne peut douter que les lésions qui les produisent ne soient les mêmes.
La rougeur, la tuméfaction, le ramollissement de la membrane muqueuse et du tissu sous-muqueux, soit de l’intestin grêle seul, soit des deux intestins à la fois dans une plus ou moins grande étendue, tels sont les principaux caractères de cette inflammation. On a, dans quelques cas, trouvé des excoriations superficielles et une infiltration sanguine du tissu sous-muqueux ; mais jamais ces lésions profondes et occupant un siège spécial (les plaques de Payer), que l’on rencontre dansla fièvre typhoïde. Dans deux cas, chez des enfants (1), nous avoirs trouvé une ou
(I) Yalleix, Clinique, des maladies des enfants nouveau-nés. Paris, 1838, p. 462.
MALADIES DES VOIES DIOESTIVES
<l<‘u\ petites ulcérations qui n’avaient pas de caractère particulier, et que nous n’avons pu rattacher à la fièvre typhoïde.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Les ( oliqucs promptement suivies d’une diarrhée d’abord fécale, puis plus ou moins séreuse, appartiennent en propre à cette affection. Par suite des discussions auxquelles a donné lieu la nature de la maladie, on éprouve parfois une assez grande difficulté à préciser le diagnostic.
Comment distinguerons-nous l’entérite simple de certains cas de dysenterie ? Dans des cas de dysenterie sporadique, et au début de l’affection, la chose est à peu près impossible. Cette espèce de dysenterie commence parfois presque comme une entérite simple; mais au bout d’un certain temps, les selles deviennent entièrement muqueuses, sanguinolentes, mêlées de débris pseudo-membraneux, sanglantes et parfois purulentes : on reconnaît alors qu’il existe une véritable dysenterie. La dysenterie sporadique présente nombre de caractères de l’entérite simple elevée à un très-haut degré, sans que toutefois il faille en rien conclure relativement à la nature de la dysenterie épidémique.
V entéralgie n’a de commun avec l’entérite que la douleur et quelquefois des évacuations liquides, mais passagères, et alternant avec la constipation.
Quant à la fièvre typhoïde , ce n’est qu’à une époqueoù l’observation n’avait pas encore prononcé que l’on a pu la regarder comme une simple entérite.
TAI5LEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC
1° Signes distinctifs de l'entérite simple et de la dysenterie sporadique.