ENTÉRITE. — SYMPTÔMES
après l’administration dos purgatifs, il reste une irritation de l’intestin qui dure un temps plus ou moins long, et qui est due alors à une véritable inflammation. Dans le plus grand nombre des cas, cette maladie survient sans qu’on puisse en découvrir la cause.
Chez les nouveau-nés, l’entérite est souvent causée par une nourriture féculente disproportionnée à leurs forces digestives. C’est ce que nous avons démontré dans un travail pratique sur l’entérite (1).
§ III. — Symptômes.
On a décrit la duodénite, Yiléite, l’ inflammation du cæcum ou typhlitc , et enlin la colite ; mais nous ne croyons pas qu’il y ait la moindre utilité à admettre une semblable division. La duodénite (voy. Maladies du foie) n’est pas une i maladie qu’on puisse décrire séparément. Quant à Yiléite, elle n’a pas, comme l’a i démontré Louis (2), de symptômes qui la distinguent parfaitement de l’inflammai lion intestinale occupant une plus grande étendue de l’organe et se prolongeant au : gros intestin. Il n’y a d’affection réellement bornée au gros intestin, ou du moins ayant son siège principal dans cette partie, que la dysenterie, à laquelle nous consacrerons un article à part.
La typhlite, maladie décrite principalement par les médecins allemands, mérite seule une mention spéciale ; mais toute l’importance de cette inflammation, qui est très-peu connue en elle-même, consiste dans les abcès de la fosse iliaque droite qui en sont la conséquence (voy. t. Y, Phlegmon iltaque).
On a décrit des symptômes différents comme appartenant à chacune de ces es-
pèces prétendues d’entérite; l’observation n’a pas confirmé ces idées théoriques.
L’entérite ne nous présente qu’un ensemble de symptômes bien simples. Le plus caractéristique est une diarrhée souvent très-abondante, précédée, dans presque 'tous les cas, de coliques souvent très-douloureuses, mais presque jamais aussi violentes que les coliques dues à d’autres causes, et que l’on désigne d’une manière ^générale, sous le nom de coliques nerveuses. La douleur qui constitue ces coliques «•si vive, intermittente, ordinairement de courte durée, et se reproduisant à des 'intervalles d’autant plus courts que la maladie est plus violente. C’est principalement autour de l’ombilic que commencent ces coliques, puis elles parcourent le ventre dans différents sens. Louis ne les a vues que deux fois, sur vingt-trois cas, ^suivre la direction du côlon transverse. En même temps le ventre est douloureux à la pression, surtout vers la région ombilicale. Rarement la douleur s’étend 13 deux points éloignés, et jamais, ou presque jamais, elle n’envahit l’épigastre.
C’est peu après les coliques que surviennent les selles liquides. Souvent alors des malades sentent dans l’abdomen des borborygm.es, des mouvements qui contournent d’abord l’ombilic, qui se portent ensuite vers le bassin dans la direction du -gros intestin, et sont immédiatement suivis du besoin d’aller à la garderobe (3).
Les premières selles contiennent une plus ou moins grande quantité de matières
( 1 Val Ici x, Considérations sur tes causes, le diagnostic et le traitement de l'entérite oigne aes adultes et des nouveau- nés, et de la dysenterie [Bulletin gén. de thèrap., mars 1845). Louis, Recherches sur l’affection typhoïde et sur la phthisie.
P>) Martineau, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Paris, 1866,
t. V, art. ItORBORYGMES. J l 1
VIAT.ADIES DES VOIES DIGESTIVES.
fécales, dont une partie peut avoir encore conservé sa consistance ; mais bientôt après en surviennent d’autres entièrement liquides. Souvent ces matières ont une action corrosive qui se fait sentir à l’anus et détermine une vive souffrance. Elles prennent alors un aspect presque séreux, et paraissent seulement colorées par une plus ou moins grande quantité de bile. Le nombre de ces selles peut varier de quatre ou cinq à trente et même plus dans les vingt-quatre heures; dans ce dernier cas, la maladie se rapproche du choléra sporadique.
Lorsque les selles sont très-nombreuses, et qu’elles ont été précédées de coliques vives annonçant une grande intensité du mal , il n’est pas rare de voir survenir, outre la douleur de l’anus, un véritable ténesme , et même des déjections alvines composées en partie de mucus sanguinolent ; ce qui prouve encore combien sont peu fondées les divisions scolastiques éLablies, puisque ces symptômes sont ceux de la dysenterie. Que s’est-il donc passé dans ces cas? Rien autre chose sans doute qu’une augmentation notable de l'inflammation, surtout dans le gros intestin.
D’autres symptômes viennent se joindre aux premiers, seulement dans un certain nombre de cas. Le plus souvent il n’y a aucun mouvement fébrile. Quelquefois seulement on observe les phénomènes suivants : quelques frissons légers, un peu de sensibilité au froid au début de la maladie et dans son cours; une légère élévation de la chaleur; des sueurs assez remarquables qui se montrent dans un bon nombre de cas, qui se manifestent souvent au début de la maladie et qui quelquefois sont abondantes ; enfin un peu d’accélération du pouls chez un petit nombre de sujets. Voilà ce qui constitue ce mouvement fébrile , qui n’a lieu que rarement, et principalement lorsque la maladie prend quelques-uns des caractères de la dysenterie.
L’état des forces, quoiqu’un peu altéré, ne présente cependant jamais de prostration réelle. Très-rarement un peu de céphalalgie, pas de symptômes cérébraux ; dans un petit nombre de cas seulement, des nausées et une perte plus ou moins complète de Y appétit, la langue blanchâtre ou naturelle, eL non muge, comme on l’a dit à tort.
L’ entérite des nouveau-nés diffère de celle des adultes par une plus giandi
gravité. ,
Elle se montre assez fréquemment avec une grande violence, sans qu aucune
maladie antécédente soit nécessaire ; c’est sans doute l’état de faiblesse pmpu aux enfants qui explique cette facilité avec laquelle l’intestin s’enflamme fortement chez eux. Les symptômes de celte affection ne diffèrent pas sensiblement de ceux, qu’on observe chez l’adulte. Les coliques, la diarrhée plus ou moins abondante, une certaine tension du ventre, un mouvement fébrile marqué, tels sont es p u nomènes que l’on constate ; au bout d’un certain temps il survient, dans un ties grand nombre de cas, une nouvelle affection qui n’est autre chose que le rnugue .^ Nous avons vu aux Enfants assistés ces deux maladies se succéder d une maniei * tellement constante, qu’il ne nous paraît pas douteux que, dans la majoi île
cas du moins, l’une ne soit la conséquence de l’autre. .
Formes. — Nous nous sommes déjà expliqué sur Y entérite circonsci ite e t su Yentérite diffuse, les signes invoqués dans le but de les faire distinguei n étaient pas suffisants, du moins dans la majorité des cas. Relativement a la nal me ces matières rendues par les selles, on a distingué l’entérite en séreuse, muqueuse ,