‹ Guide du médecin praticienChapitre 160 sur 305 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

Refroidissement général ; petitesse du pouls.

Vomissements d’aspect variable.

Selles aqueuses, miformes.

Cyanose; voix enrouée ou éteinte.

Douleurs intermittentes ou rémittentes , très-souvent, crampes douloureuses.]

Péritonite latente. — La péritonite latente a été notée dans des cas où un délire souvent très-intense existait depuis un temps assez long, et c’est ce que l’on observe particulièrement dans la fièvre typhoïde, dont le délire est un symptôme. Si cependant on suit attentivement la maladie, si l’on examine le sujet avec un grand soin, on peut àrriver à reconnaître l’accident dont il s’agit; car, bien que le malade ne manifeste pas les souffrances extrêmes mentionnées plus haut, on voit que sa face s’est promptement altérée, que le ventre s’est tuméfié, que lorsqu’on y exerce la pression, le malade cherche à repousser la main de l’explorateur; que le pouls est devenu promptement petit, misérable, filiforme; que les extrémités se sont refroidies, que l’état général présente, en un mot, cet aspect propre à la périlonite suraiguë et que nous avons précédemment décrit.

Si la péritonite se développait spontanément sans perforation, sans rupture, sans lésion organique, dans les circonstances que nous venons de signaler, il serait trèsdifficile d’éviter l’erreur. On a vu, dans certains cas, une inflammation de l’arachnoïde, de la plèvre et du, péritoine, apparaître en même temps ou à de courts intervalles. Or, le délire qui résulte de l’inflammation de l’arachnoïde masque alors à un tel point les symptômes des autres affections, que l’attention du médecin n’est pas attirée sur elles, et qu’elles peuvent passer complètement inaperçues; une exploration minutieuse de tous les organes peut seule faire reconnaître ces inflammations multiples.

Pronostic. — Le pronostic est très-différent suivant l’espèce de péritonite. C’est ainsi que la péritonite partielle , qu’elle se soit produite au niveau d’une lésion organique, ou qu'elle soit spontanée, ce qui est infiniment plus rare, n’a pas de dangers réels. Après elle, celle qui offre nécessairement le plus de chances de guérison, est h péritonite générale simple spontanée ; mais nous avons vu avec quelle réserve on doit admettre son existence. On sait combien est grave la péritonite

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MALADIF, S DES WNEXES DES VOIES DIOESTIVES.

puerpérale. Il est bien rare qu’elle se termine autrement que par la mort, surtout clans les temps d épidémie. La péritonite pur perforation ou par rupture offre également une gravité extrême; cependant Graves et Stokes ont cité des cas de guérison, et nous avons indiqué plus haut celui qui a été observé par de Castelnau. La circonstance la plus favorable pour cette terminaison heureuse est la formation rapide d’adhérences qui empêchent les matières contenues dans la cavité perforée de porter l’inflammation dans une grande étendue.

[Toutefois, ne perdons pas de vue que certaines péritonites par propagation apparaissent avec les dehors symptomatiques de la péritonite par perforation, et sont loin d’en avoir la gravité fatale.]

§ VII. — Traitement.

Broussais a bien exposé les principales indications curatives qui se réduisent : 1° à empêcher toute irritation immédiate; 2° h diminuer l’irritation dans le lieu souffrant ; 3° à établir dans l’appareil circulatoire et répartiteur des fluides une juste mesure d’action; et à la maintenir un temps suffisant pour permettre la guérison. Depuis Broussais, on n’a rien écrit qui ait fait oublier la judicieuse thérapeutique dont il a si nettement tracé les règles.

Emissions sanguines. — La saignée générale répétée plusieurs fois, à moins que le pouls no soit tout à fait déprimé, des sangsues en très-grand nombre (jusqu’à soixante, quatre-vingts, et cent, à plusieurs reprises) sur toute l’étendue de l’abdomen, tels sont les moyens que l’on emploie lorsqu’on s’est assuré qu’il existe une péritonite.

La plupart des auteurs préfèrent les émissions sanguines locales à la saignée générale.

On a en même temps recours aux applications émollientes , telles que les larges cataplasmes, s’ils peuvent être supportés, ou bien des fomentations avec des décoctions émollientes rendues ordinairement narcotiques à l’aide du laudanum. On prescrit en même temps de grands bains, dans lesquels on laisse les malades pendant longtemps (deux heures et plus); mais un des inconvénients de ce moyen est d’occasionner des mouvements très-douloureux pour placer le malade dans la baignoire.

Narcotiques, anlivomitifs. — Un des principaux symptômes de la péritonite consiste dans des vomissements douloureux et parfois incessants. On calmera ce symptôme qui, en provoquant des mouvements convulsifs de l’abdomen, tend à rendre la maladie plus grave encore. Les uns administrent V opium, soit en l’ingérant dans l’estomac, soit à l’aide de lavements ; et d’autres veulent que l’on n’emploie que les boissons gazeuses, comme Veau de Sellz et la potion de Rivière. Si l’on considère la violence extrême des douleurs, ainsi que l’importance qu’il y a à maintenir les organes dans un état d’engourdissement considérable, on n’hésitera pas, non-seulement à prescrire l’opium, mais encore à le prescrire à des doses élevées, comme nous verrons plus loin qu’on l’a fait avec succès dans les cas de péritonite par perforation. Ainsi, on administrera graduellement et avec précaution de 5 à 20 et à 25 etniigrammes d'extrait d’opium dans les vingt-quatre heures, et l’on donnera en même temps un ou deux quarts de lavement par jour avec addition de douze à quinze gouttes de laudanum, ce qui n’empêchera pas de prescrire les boissons gazeuses.

PÉRITONITE AIGUË. — TRAITEMENT

i Quelques médecinsont prétendu que l’opium est contre-indiqué au début de la maia- , ilie, maison ne trouve dans les faits rien qui puisse motiver une semblable opinion.

Riche, d’Obernay (1), a cité un cas dans lequel il s’est manifesté des symptômes nqui paraissent indiquer une péritonite par perforation, et où l’opium et la jusquiame [furent donnés à la dose de 25 centigrammes chacun, quoiqu’il s’agît d’un enfant de (quatorze ans. La guérison fut obtenue en une dizaine de jours. Meinel (2) cite (également trois cas du même genre dans lesquels il administra l’opium à la dose ,kle 5 centigrammes toutes les demi-heures, puis toutes les heures. Après huit jours Ides malades entrèrent en convalescence. Dans ces cas, la tolérance pour une aaussi haute dose de narcotique est remarquable.

Révulsifs. — La plupart des auteurs les recommandent, et, suivant Broussais, non doit les manier avec énergie. En première ligne se placent les vésicatoires, appliqués sur une plus ou moins grande partie de l’abdomen.

Péritonite simple spontanée générale. — NOUS lie VOJOllS pas (JUC 1 Oïl ait unis en usage le vésicatoire. Cependant c’est dans les cas de ce genre que ce moyen (aurait le plus de chances de succès, s’il est réellement utile. [Valleix est très-hosttile au vésicatoire, dans les affections dont la fièvre et la douleur sont des éléments principaux. Il est assez disposé à croire que cet agent, peu utile dans les péritonites i partielles dont la marche dépend de l’état d’un autre organe, ne doit une certaine i réputation qu’à la confusion faite entre des péritonites bénignes et V ascite, active.]

Onctions mercurielles. — On a, dans ces dernières années surtout, fortement «insisté sur l’utilité des onctions mercurielles à haute dose ; mais nous parlerons de cette médication en détail à propos du traitement de la péritonite puerpérale, auqquel elle a été plus particulièrement appliquée.

Nous ferons ici une réserve au sujet de la péritonite tuberculeuse, lorsqu’elle rrevet des caractères d’acuité. En effet, il peut arriver, ou bien que les symptômes aaigus s’appaisent momentanément, et que la maladie entre dans une phase de calme qui peut faire croire à la guérison, ou bien que la guérison ait lieu réelle—

| imenl par la résorption des grains tuberculeux et l’organisation de dépôts pseudoimembraneux, ainsi qu’il en existe, paraît-il, des exemples. On sait aujourd’hui • que la péritonite tuberculeuse n’exige pas, pour se produire, la coïncidence de la phthisie pulmonaire. [Ne pourrait-on soupçonner les guérisons obtenues par les i moyens indiqués plus haut, de péritonites simples, aiguës, de n’être qu’une phase, ou que la terminaison de la péritonite spécifique, liée à la granulation de la séreuse | «abdominale ? ]

Les moyens thérapeutiques dans lesquels on doit avoir particulièrement, sinon exclusivement, confiance, sont les émissions sanguines, et surtout les émissions ssanguines locales, les adoucissants, les émollients, les délayants, en un mot, le traitement particulièrement désigné sous le nom d 'antiphlogistique.

Dans toutes les péritonites générales, la diète doit être absolue, tant qui* l’allée lion présente une acuité marquée. Pendant la convalescence, on recommande surtout la tfièfe lactée, et l’on doit agir avec une grande prudence quand il s’agit ikl’augraenter graduellement l’alimentation.

(1) Biche. (d’Obernay), Revue médicale, extrait dans le Journal ries connaissances' médirachirurgicales , juin 1 8Zi Zi .

(2) Meinel. Mer/, eorresp. Riait, et Ru/lctin général de thérapeutique, 30 mars ISôO,

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MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

Péritonite par extension de l'inflammation. — Les péritonites de ce genre restent ordinairement partielles. Lorsqu’il en est ainsi, on obtient facilement la guérison de l’inflammation de la membrane séreuse, si l’on peut triompher de l’in— llammation organique ; mais dans les cas où la péritonite devient générale, le danger est extrême, et l’on doit alors employer le traitement qui va être décrit à propos delà péritonite puerpérale, ce qui nous dispense d’entrer dans de plus grands détails ;i col égard. Aux moyens dirigés contre la péritonite elle-même, on doit joindre ceux qui peuvent avoir quelque efficacité contre l’affection organique qui lui a donné naissance,

[Robert de Latour a lu à l’Académie de médecine, dans la séance du 8 mars 186A, l’observation d’une jeune fdle atteinte de péritonite consécutive à deux abcès ovariques, avec résorption purulente et phlébite, guérie par Y enduit imperméable (le collodion ric.iné (1).]

Péritonite puerpérale. — On a dirigé contre cette affection une multitude de médicaments tous plus ou moins énergiques.

Émissions sanguines. — Les émissions sanguines ont eu de tout temps un très-grand nombre de partisans ; les observations que nous possédons ne parlent guère en faveur de cette médication, du moins employée seule, et pour ne citer que celles qui ont été recueillies par Velpeau (2), nous voyons dans tous les faits rapportés par cet auteur que jamais les émissions sanguines les plus abondantes n’ont réussi toutes seules à enrayer la maladie. Cependant, vu la violence de 1 inllammation et l’activité considérable de la circulation, il est bien peu de médecins qui osent se dispenser de tirer une certaine quantité de sang à leurs malades.

La saignée générale plus ou moins répétée est mise en usage au début de la maladie. Baudelocque (3) penche pour son emploi presque exclusif, parce que l’application des sangsues, forçant à découvrir les malades, les expose trop \ Renient à l’action de la température extérieure. Cette crainte doit être légat dée comme exagérée; les diverses frictions et onctions qui forcent également a découvrir les malades n’ont pas de semblables inconvénients. La plupart des auteuis, au contraire, préfèrent de beaucoup l’emploi des sangsues et recommandent qu on les applique en grand nombre. C’est ainsi qu’on a été jusqu îi en applique! quatrevingts et cent à la fois, de manière h en couvrir le ventre. On se borne ordinairement à les prescrire au nombre de vingt, trente et quarante, et a en îépétei l’application suivant la nécessité.

Tant que le pouls présente de la résistance, on peut continuel 1 application (t sangsues, surtout si, sous leur influence, les douleurs se sont un peu lalnu i sd si le pouls a diminué de fréquence; mais si celui-ci, sans rien perdie de sa fiupu ncc, devenait petit et faible, on devrait s’arrêter, et recourir aux autres moyens qui vont être mentionnés. Suivant Baudelocque, les émissions sanguines doivent être bien plus modérées dans la péritonite puerpérale épidémique que dans celte affection à l’état sporadique, parce que, dans le premier cas, 1 affection a que que

M y Robert de Latour, Bulletin de V Académie de médecine. Paris, 1864. t. XXIX, p. à 9 - .

(2) Velpeau Mémoire sur l’emploi des frictions mercurielles dans c laiemen < t a péStonüïZ femmes en couches [Revue médicale , janvier 1827), et De l’emploi des mercuriaux [Archives générales de médecine , t. XIX, avril 1829).

(3) Daudelocquc, Traité de In péritonite puerpérale. Paris, 1«30.

PÉRITONITE AIGUE. — TRAITEMENT

chose de spécifique. Tonnelé (1) veut qu’on réserve la saignée générale à la forme de la maladie qu’il nomme inflammatoire franche; mais, même dans ce cas, il lui préfère l’usage des saignées locales au moyen des sangsues, qui, dit-il, peut être considéré, particulièrement dans la maladie qui nous occupe, comme une conquête de notre époque.

[Béhier a d’abord essayé de remettre en honneur cette médication, et dans un mémoire sur la péritonite puerpérale (2), il a publié le résultat de sa pratique dans un nombre considérable de faits. Il n’est pas douteux que l’application des sangsues ne soit utile lorsque existe une péritonite ou métro-péritonite circonscrite franchement inflammatoire; encore faut-il que l’application des sangsues soit faite avec modération. En cas d’épidémie de fièvres puerpérales, l’emploi systématique de ce moyen thérapeutique serait h coup sûr très-nuisible.] [Du reste, Béhier lui-même, depuis la publication de son mémoire, a reconnu des inconvénients à la méthode spoliatrice des émissions sanguines, et y a renoncé comme traitement usuel, le réservant pour les cas où l’inflammation débute violemment chez des femmes fortes et sanguines. Bien plus, il évite de tenir les nouvelles accouchées à la diète, et recommande une alimentation progressive (3).]

Préparations mercurielles. — Les préparations mercurielles ont été administrées h l’intérieur et à l’extérieur. A l'intérieur , c’est le calomel qui a été presque exclusivement prescrit. Ce médicament, vanté par Vandenzande (4), était uni par cet auteur à de petites quantités d’opium, de telle sorte que les bons effets que Vandenzande assurait en retirer peuvent aussi bien être rapportés à cette dernière substance qu’à la première. Saxtorph voulait qu’on l’associât au musc ; les médecins, comme Scbmittmann(5), Sanders, Otto, etc., qui ont également préconisé ce médicament, ont recommandé qu’on le donnât à doses fractionnées, c’est-à-dire à la dose de cinq à six centigrammes de deux heures en deux heures , ou à des intervalles plus courts, en diminuant la dose. Nous manquons d’observations qui puissent nous faire connaître le degré d’action de ce médicament ainsi administré. Les auteurs qui, il y a quelques années, ont principalement fait usage des mercuriaux, et en particulier Velpeau, ont presque toujours uni l’usage interne du calomel à l’emploi des frictions mercurielles, sur lesquelles nous allons insister plus longuement.

Frictions mercurielles. — Velpeau a réuni nombre d’observations en faveur de 1 efficacité de ce traitement (6). Toutefois, Velpeau ne borne pas le traitement de la péritonite aux seules frictions, pas plus que ne le faisaient quelques auteurs, comme Chaussier et Laennec, qui les avait mentionnées, mais sans insister sur leur emploi, sans appliquer ces frictions sur le ventre lui-même. Le traitement de I elpeau consiste, après une ou deux émissions sanguines proportionnées aux indications, à faire des frictions avec 8 à 12 grammes d’onguent napolitain, toutes

(1) Tonnelé, Archives générales de médecine, t. XXIII 1830.

(2) Béhier, Etudes sur la maladie dite fièvre puerpérale 1858.

(3) Béhier, Confér. de cliniq. médicale , etc. p. 591.

(4) Voy, Brachet, De l emploi de l opium dans les ph/egmusies. Paris, 1828.

(5) Schmittmann, Sunima obseruationum. Berolini, 1819.

(Ü i Velpeau, De l emploi des mercuriaux dans le traitement de la péritonite (Archives générales de médecine. Paris, 1829, t. XIX, p. 535).

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DKiESTI VES.

les doux heures, sur le Neutre; ou, ‘à la rigueur, sur les cuisses, en ayant soin de débarrasser de temps en temps le tégument de l’ancienne pommade à l’aide de lotions savonneuses ou de bains généraux. Ce moyen est aidé par l’administration de 10 centigrammes de calomel , aux mêmes distances, précédée d’une dose purgative A' huile de ricin ou d'eau de Sedlitz, quand l’état de la langue révèle de l’embarras intestinal. On oppose aux douleurs la potion calmante, dont voici la formule ;

~ Eau de tilleul et de laitue . 00 gram. Sirop de pavots blancs ou d'œillets. 30 gram.

Eau de fleur d’oranger . . qq. gouttes.

Mêlez. A prendre dans les vingt-quatre heures par cuillerées.

Suivant Velpeau, et contrairement à l’opinion de Laennec, l’apparition de la salivation n’est pas indispensable au succès du traitement; cependant elle est d’un excellent augure. Quelques femmes, ajoute-t-il, supportent des doses vraiment effrayantes d’onguent mercuriel; plusieurs en ont usé 180, 2ZiO, 300 grammes dans l’espace de quelques jours. D’autres, au contraire, salivent très-rapidement, beaucoup à la troisième, quatrième, cinquième friction, par exemple. Le même auteur regarde le traitement qui vient d’être indiqué comme propre à combattre également la péritonite compliquée de méd ite ou de phlébite utérine, ou la péritonite simple, et l’on peut citer à l’appui de celle opinion une observation de Dance, dans laquelle une péritonite intense, survenue chez un homme, a guéri parfaitement à la suite des frictions mercurielles.

Tonnelé, sans accorder aux frictions mercurielles et à l’usage du calomel a I intérieur un aussi grand degré d’efficacité, en conseille l’usage, car il a vu souvent les frictions mercurielles réussir. Cependant il pense que si, dans les exemples rapportés par les auteurs qui l’ont précédé, il se fût agi de péritonites épidémiques et non de péritonites sporadiques, les succès eussent été moins fréquents. Nous pourrons encore citer bon nombre d’auteurs, et en particulier Dance, Guersanl, Bonnafous (l), qui ont rapporté des faits en faveur de cette méthode de traitement.

Vacca (2) a remplacé les frictions mercurielles par les frictions iodées; il cite une seule observation dans laquelle cette médication paraît avoir eu de bons résultats. Il faut faire toutes les deux heures des frictions sur l’abdomen avec Zi grammes de la pommade suivante :

Ifi Baume tranquille 30 gram.

lodure de potassium ‘2 gram.

Iode 1 garni.

Axonge gram.

Les faits sont encore trop peu nombreux pour qu’on puisse se prononcer sur futilité de ces moyens.

Vomitifs. — Les vomitifs ont été conseillés, et leur emploi remonte à une époque assez éloignée. AVillis, A. Petit, et surtout Doulcet, médecin de l’Hotel-Dieu, ont insisté sur leur usage. On sait qu’à l’époque où vivaient ces médecins on tegaidait l’emploi des vomitifs comme indiqué lorsque, dans une maladie, les nausées et les vomissements semblaient annoncer une tendance de l’organisme a débar-

(4) Ronnafous, Bulletin de thérapeutique, 1833.

(2) vacca, robwrvntion^mon 1851, et RulHin gâterai de thérapeutique, 15 août 1851.

PÉRITONITE AIGUE. — TRAITEMENT

rassel. .)ar cette excrétion, d’une substance nuisible. Tonnelé,qui a vu administrer principalement 1 'ipécacuanha, cite onze laits en faveur de cette médication. Parmi ces faits, il en est quelques-uns, et en particulier le cinquième et le septième, qui ne laissent pas de doute sous ce rapport, et dans lesquels la médication vomitive a été suivie promptement d’un soulagement marqué et d’une guérison rapide. Dans les cas cités par Tonnelé, l’ipécacuanha a été donné à la dose d’un cjramnæ environ, ce qui n’empêchait pas d’appliquer les sangsues quand on le jugeait nécessaire, et de prescrire des bains, des potions adoucissantes et des potions laxatives. [Le’professeurBéhier a reconnu l’utilité de ce moyen et il en voit l’indication dans les cas où les affections puerpérales débutent par de l’embarras gastrique. ] Purgatifs. — Des purgatifs doux ont également été prescrits, malgré l’existence de la diarrhée ; mais nous n’avons, à ce sujet, que des renseignements inexacts. Gartner recommande V huile de ricin, à la dose d’une cuillerée à thé, toutes les deux, trois ou quatre heures; il y ajoute, dans les cas d’inertie de l’intestin de deux à quatre lavements par jour avec 1 eau chaude et deux cuillei ees d' huile de ricin. Cruveilhier recommande la potion suivante, après que l'on a mis en usage la saignée, les bains et les injections utérines:

'if Huile cl’amandes douces ) ^ ^ gram

Sirop de guimauve .

30 grain.

— de ricin .

A prendre par cuillerées.

Narcotiques. — Les narcotiques, et surtout l’opium, ont été également mis en usage dans la péritonite puerpérale. On administrera cette dernière substance de la manière qui a été indiquée à propos de la péritonite simple. Le docteur Gaspari conseille le Uniment suivant :

if Hydrocyanate de soude 1 I Axongc 1- grain.

Laudanum de Sydenham .. . . 28r,50 | faites un liniment que l’on appliquera en frictionnant doucement.

Dans cesderniers temps on a obtenu un soulagement constant en appliquant la morphine par la méthode endermique sur l’abdomen.

Essence de térébenthine. — En première ligne il faut placer V huile essentielle de térébenthine, que Brenan (1) et plusieurs autres médecins anglais ont donnée comme le remède le plus efficace contre la péritonite puerpérale. Ces auteurs, parmi lesquels on doit principalement signaler Douglas et Kinneir, ont publié un certain nombre d’ observations à l’appui de leur manière de voir. Mais Trousseau cl Pidoux (2) ont, par une analyse critique de ces divers faits, démontré que le diagnostic y était presque toujours incertain, et que, dans la plupart des cas même, on ne pouvait absolument pas admettre l’existence de la péritonite. Leur critique peut aussi s’adresser à un fait cité par le docteur Ranch, de Berlin (3). Dans ce cas, avant l’administration de la térébenthine, la douleur du ventre avait cessé d’être générale (en supposant même qu’elle l’eût jamais été, ce qui n’est pas prouvé);

(1) Brenan, Tlioughts on puerp. fever, etc. London, 18 U.

(2) Trousseau et Pidoux, Traité <lc thérapeutique, 7e édit. Paris, 1862, t. If, |>. 632 et suiv.

(3) Rauch (de Berlin), Wochenschrift fur die gesannnlc Hcufcundc , n° titi, 1836 ; extrait dans les Archives générales de médecine, janvier 1 837.

3 ,0 maladies des annexes des voies digestives.

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Raucli prescrit ce médicament de la manière suivante :

^Essence de térébenthine .... 2 gram. | Émulsion simple 10 gram

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ou quatre fois par jour seulement. J ’ 60 contlnuer 1 administration, mais trois

tresZrmifsrC h'éréhenthine Phls fo^ on l’a souvent associée à d’au-

es purgatifs. Le docteur Brenan, en particulier, y joint Y huile de ricin i

ew ure de séné. [Quoi qu’il en soit du mode d’action de ce médicament Tmm ' I emploie quelquefois, à l'imita,™ de Graves, dans prendre a la malade 12 capsules renfermant chacune IJ

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lies unie dans la fievre puerpérale; mais les faits nous manquant, nous ne pouvons appi ecier convenablement la valeur de cet agent thérapeutique qui, du reste a peu de partisans. On peut prescrire la préparation suivante:

■¥ Carbonate de potasse. . . 50 centigr.

Potion gommeuse 220 gram.

A prendre, par cuillerées, d’heure en heure

| Sirop diacode 15 grami

\vZTm dftVe7‘ ~ [0n a eu l idée d’emPloyer le froid humide, à l’imitation des mêlions ftoides usitées en chirurgie. Les louons d’eau froide pure (3) ou cam-

à elace ^ ww '"7™ d ’;,pPlica,ion de ce procédé; puis, on songea J J J 5 , }o)- Beh,er’ dans 11,1 travail 1» à l’Académie de médecine, le 1er avril ’ ? connaitre «« certai« «ombre de succès obtenus par lui à l’aide de ce

moyen. Voici comment .1 l’emploie : On applique sur le ventre des malades des compresses, épaisses de plusieurs doubles, imprégnées d’eau froide et recouvertes

co/on CrUVe,lhier’ Ana'tomie Pathologique du corps humain , t. I, 13° livr. , in-fol. avec pl.

(3) ’Ute^'^ («<*"* *■ MpUan, 1802, p. 566).

(h) Sutton, voy. Revue médicale , 1827.

(•>) Lagielski, Hufeland's Journal der practùdien Heilkutulc , 1826.

PÉRITONITE AIGUE. — TRAITEMENT

de vessies de caoutchouc qui contiennent de Ja glace réduite en petits fragments; le tout est maintenu par une alèze attachée de façon à ne pas gêner les mouvements. Toutes les deux heures, la glace doit être renouvelée et les compresses mouillées de nouveau. A la campagne, on peut remplacer les vessies de caoutchouc par des. vessies de porc, et la glace par de l’eau fraîche souvent renouvelée (1). Masson a guéri une petite fille de onze ans d’une péritonite simple par la glace pilée (2).

Béhier a retrouvé l’emploi de la glace dans la péritonite dans une observation empruntée au Journal de la Société royale de médecine de Toulouse et reproduite par les Archives, pour 1828; Grisolle lui a communiqué un cas de guérison par le froid humide, semblable aux siens, et Nélaton lui a appris que Récamier aurait été témoin, il y a bien longtemps, d’un succès analogue.

En revanche, Gaucher (3) aurait deux fois réussi à sauver des malades désespérées, en faisant entretenir, dans l’appartement, une température d’environ 40 degrés centigrades. ]

Rappel de la sécrétion lactée et des lochies supprimées. — La suppression de la sécrétion laiteuse et celle des lochies sont des symptômes importants de la péritonite puerpérale. On a donc été naturellement porté à rétablir ces évacuations dans le but d’opérer une diversion salutaire. Gasc a principalement insisté sur ce point. Pour rappeler le lait dans les mamelles, on emploie des cataplasmes chauds ou bien des applications de llanelle chaude, ou mieux encore on a recours aux ventouses sèches, aux cataplasmes sinapisés ou à la succion. Quelques médecins ne craignent pas de faire teter les enfants eux-mêmes, et, suivant euxr il n’en est jamais résulté aucun accident pour ces derniers. Quant au retour des lochies, c’est à l’aide d’un petit nombre de sangsues (de quatre à six) appliquées h plusieurs re- | prises à la vulve, des topiques indiqués plus haut, d’injections tièdes etaromal tiques, qu’on a cherché à le déterminer. Ces moyens n’ont pas une valeur bien ; grande. C’est, en elfet, la violence de l’inflammation qui a suspendu les sécrétions,

• et ce n’est qu’après avoir modéré l’intensité de la péritonite qu’on peut espérer i de voir se rétablir la sécrétion du lait et l’écoulement des lochies, qui ont alors i une tendance naturelle à se reproduire.

Précautions générales. — Épargner à la malade, autant que possible, les moin- (dres mouvements.

Ne pas charger le ventre de couvertures, et le protéger avec un cerceau si la I pression est intolérable.

Four régime, diète sévère, tant que la maladie est dans sa vigueur.

Reprendre avec prudence un régime substantiel pendant la convalescence.

Péritonite par perforation. — Le traitement de la péritonite par petforation ne diffère des précédents que par l’usage plus général de V opium à haute dose, et par quelques autres particularités qui vont être indiquées. Les sangsues, les applications émollientes, les frictions mercurielles, etc., doivent être mises en usage comme dans l’affection précédente, avec la précaution de proportionner ces moyens à l’état des forces des malades; car la perforation survenant souvent

(1) Béhier, Bulletin de l'Académie de médecine, et Archiv. gén., 1862.

(2) Masson, Péritonite aiguë ( Société de médecine pratique, et Gazette des hôpitaux , 1862, p. 468.

(3) Gaucher, Soc. de méd. pratiq. {Gazette des hop., 1860).

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

dans des affections qui ont considérablement détérioré la constitution, il serait imprudent, en pareil cas, d’insister beaucoup sur les émissions sanguines. Quant aux moyens thérapeutiques plus particulièrement applicables à cette espèce de péritonite, evposons-les rapidement, en commençant par l’emploi de l’opium à haute dose.

L usage de l 'opium à haute dose s’applique à toutes les péritonites parperforalion, quelque soit l’organe perforé; mais c’est surtout dans les cas de perforation du canal intestinal qu’on y a eu recours. Stokes a surtout préconisé l’emploi de ce moyen, et a non-seulement cité des cas de guérison observés par Graves et par lui, mais encore il a montré que, dans certains autres où le sujet avait fini par succomber, l’emploi de l’opium avait eu pour effet de prolonger les jours des malades. La préparation qu’il emploie est la teinture d’opium connue en Angleterre sons le nom de gouttes noires, que l’on donne à la dose de deux ou trois gouttes toutes tes heures, de manière que le sujet en ait pris dans les vingt-quatre heures de quarante huit à soixante-douze gouttes. En même temps, on peut administrer, à moins que la perforation n’ait lieu dans le gros intestin, ûnou deux quarts de lavement avec quinze à vingt gouttes de laudanum, et appliquer sur l’abdomen des flanelles trempées dans l’eau de guimauve fortement laudanisée.

[En France, on pousse la dose jusqu’à 25 et 30 centigrammes d 'extrait théhaïque par vingt-quatre heures. Il est évident que l’on 11e doit pas craindre d’arriver à un certain degré de narcotisme; on cherche précisémentà paralyser les mouvements péristaltiques.]

L’emploi de la morphine par la méthode endermique peut être encore très-utile en pareil cas.

Suppression des boissons et de tout médicament ingéré par la bouche, sauf l'opium. — Cette partie du traitement s’applique à tous les cas où l’on a quelque raison de supposer l’existence d’une perforation intestinale ou stomacale; quelle <[ue soit l’intensité de la soif, on ne doit permettre aux malades que de se rafraîchir la bouche avec de petits fragments de glace ou le suc de fruits acides, comme le citron, l’orange, et encore faut-il leur recommander de rejeter les liquides, et de n’en avaler que la plus petite quantité possible. Le but de cette précaution est facile à comprendre.

Les mêmes observations s’appliquent aux divers médicaments, et surtout aux purgatifs et aux vomitifs qui doivent être entièrement proscrits, et qu'on doit bien se garder d’administrer, même à une époque assez avancée de la convales-

cence.

immobilité absolue. — C’est surtout dans les efforts de la défécation et du vomissement que les accidents augmentent d’intensité. O11 devra, par conséquent, employer toutes les précautions imaginables pour rendre le moins violents qu’on le pourra ces mouvements indispensables, comme c’est dans le but de les prévenir qu’on a administré l’opium. Dans tous les autres moments, on devra engager les malades à 11e faire aucun mouvement, et l’on éloignera d’eux toute cause qui pourrait déterminer la moindre agitation.

L’exploration de l’abdomen doit être faite dans cette grave espèce de péritonite avec plus de précaution encore que dans toutes les autres espèces.

Résumé, ordonnances. — L’emploi des préparations mercurielles, et surtout

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