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CARREAU

L’anatomie pathologique de cette affection du mésentère, fuite principalement par Morgagni, avait seule, jusqu’à ces derniers temps, un certain degré de précision. Baumes (’2), dont le mémoire fut couronné par la Société royale de médecine de Paris, les articles des dictionnaires de médecine, les traités de Barthez et llilliet et de Bouchot (3), sont venus donner plus de précision a nos connaissances sur l’affection dont il s’agit.

Le carreau , qui n’est autre chose que la tuberculisation des ganglions mésentériques, n’est que bien rarement, comme on devait s’y attendre, une affection idiopathique. Guersant (A) dit formellement qu’il a toujours trouvé, dans les cas de mort, outre les tubercules mésentériques, d’autres affections graves qui avaient amené la terminaison fatale, et sous la dépendance desquelles s’était produit le carreau. Barthez et llilliet n’ont jamais trouvé les tubercules bornés au mésentère, et le même fait ressort de la description donnée par les auteurs du Compendium de médecine , quoiqu’elle ne soit pas explicitement exprimée. f

(1) Voyez, en particulier, J. Frank , Praxeos universœ prœcepta.

(2) Baumes, Recherches sur la maladie du mésentère, etc. Nîmes, 1788 ; De l amaigrissement, etc. Paris, 1806.

(3) Bouchut, Traité pratique des maladies des nouveau-nés. Paris, 1862.

(à) Guersant, Dictionnaire de médecine en 30 volumes, art. Cmirf.au.

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

§ !• — Définition, synonymie, fréquence.

On donne le nom de carreau à une certaine tuberculisation des ganglions mésentériques, mais non à toute espèce de tuberculisation. Pour que la production des tubercules dans les ganglions du mésentère mérite le nom de carreau, les tubercules doivent être volumineux, constituer des tumeurs considérables, et donner lieu à un développement marqué du ventre. Cette maladie est mal limitée, puisque le volume plus ou moins grand des tubercules ne peut pas changer leur caractère.

Nous n indiquerons pas ici tous les noms donnés au carreau ; nous nous bornerons à rappeler les suivants : écrouelles mésentériques , physconie , emplrrazie mésentérique, entéro-mésentérite , tubercules du mésentère. Ce dernier nom serait le plus convenable, mais celui de carreau est consacré.

Les cas de tumeurs tuberculeuses dans le mésentère assez développées pour mériter le nom de carreau sont très -limités.

§ II. — Causes.

Le plus souvent cette maladie se développe sous l’influence de la tuberculisation yenera/e, et les malades succombent ordinairement aux progrès des tubercules pulmonaires.

C’est entre la cinquième et la dixième année que se manifeste ordinairement le carreau. 11 est excessivement rare de le voir paraître au-dessous de trois ans. On l’a observé aux autres figes de la vie, mais très- rarement. On le trouve un peu plus souvent chez les enfants du sexe masculin. Les tubercules du mésentère ne se produisent pas sous l’influence des ulcérations intestinales. [Bouchut a constaté le contraire; il attache une grande importance, comme cause déterminante, aux accidents intestinaux, et, selon lui, chez les enfants plus qu’à tout autre âge, la phlegmasie chronique d’un tissu est une cause de tuberculisation des parties malades, des séreuses voisines et des ganglions lymphatiques correspondants. Celte vue est rationnelle; cependant il faut encore, en pareil cas, qu’il s’ajoute à l’in— ilammation chronique l’élément inconnu qui constitue la diathèse.] Quant à la mauvaise hygiène, à la nourriture insuffisante, etc. , ce sont des causes qui appartiennent à la tuberculisation en général, et qui ne doivent pas nous occuper ici.

§ III. — Symptômes.

Les symptômes propres au carreau sont peu nombreux et peu importants.

Ils diffèrent suivant que la maladie est indolente ou non. Dans le premier cas, on observe un développement plus ou moins considérable du ventre, et si l’on examine attentivement celte cavité, on y trouve des tumeurs plus ou moins grosses, ayant leur siège principalement le long de la colonne vertébrale et autour de l’ombilic, mais pouvant se développer d’une manière fort irrégulière. Ces tumeurs sont dures, bosselées, non douloureuses à la pression, et donnent un son mat quand on les percute. On a cité des faits, et Guersant en a signalé les principaux, dans lesquels la santé s’est conservée avec un développement extrêmement notable de tubercules dans les ganglions mésentériques, et c’est là une des preuves les plus fortes en faveur de l’opinion qui regarde les symptômes fonctionnels attribués au

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