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CARREAU. — LÉSIONS ANATOMIQUES

carreau comme dus presque tous à une autre affection, et principalement a la

phthisie pulmonaire ou bronchique. „

Dans le second cas, le seul symptôme véritablement important est la douleur, et

ce symptôme est extrêmement rare.

On observe quelquefois la dilatation des veines du ventre, 1 anasarque, un peu d 'épanchement dans le péritoine. Ces phénomènes sont dus à la compression des gros troncs veineux abdominaux.

Tous les autres symptômes, amaigrissement, toux, dyspepsie, vomissements, diarrhée, etc., doivent être considérés comme étrangers au carreau, et comme produits par l’affection primitive.

§ iv. — Marche, durée, terminaison.

La marche du carreau est essentiellement chronique. Diverses affections peuvent en précipiter le cours : ce sont parfois des phlegmasies; mais le plus souvent les sujets succombent aux progrès de la maladie dont le carreau n’est qu une lésion secondaire. La durée est, par conséquent, indéterminée. Quant à la terminaison, les faits cités par Guersant prouvent que les tubercules mésentériques n’offrent pas par eux-mêmes de grands dangers; mais leur présence annonce 1 existence d une autre affection tuberculeuse mortelle, et, en première ligne, de la phthisie pulmonaire. Barthez et Rilliet ont cependant cité un fait qui prouve qu’un grave accident peut dépendre de la tuberculisation mésentérique elle-même. Un ganglion tuberculeux ramolli a déterminé la perforation de l’intestin par lequel il s est v idé. [On conçoit que divers accidents d’hémorrhagies, de péritonite pai peifoialion, comme le fait remarquer Bouchut, puissent amener la terminaison fatale.

§ V. — Lésions anatomiques.

Aux premiers degrés, on constate l’hypertrophie des ganglions du mésentère, qui sont pâles, rouges ou violacés. Ils forment une surface rugueuse, inégale et comme carrelée, cl’où le nom donné à la maladie. Un peu plus tard, on les trouve congestionnés.] Des tubercules, gros ordinairement comme un marron, quelquefois moins, rarement plus, à divers degrés de consistance, ordinairement crus, quelquefois seulement un peu ramollis, donnant rarement lieu à une excavation, telle est 1 altération anatomique essentielle. On a vu quelquefois presque tous les ganglions mésentériques envahis par les productions morbides et formant une énorme masse bosselée, irrégulière, qui parfois rend le mésentère immobile. Les caractères du tubercule y sont les mêmes que partout ailleurs, sauf que l’on ne rencontre pas, dans les cas dont il s’agit ici, les granulations grises demi-transparentes. La raison en est bien simple : c’est que les tubercules sont trop avancés pour cela; car on sait que la granulation tuberculeuse a été, dans d’autres circonstances, rencontrée dans les ganglions mésentériques. [L’histologie moderne a trouvé une autre explication, dont l’exposé dépasserait le but de ce livre, et pour laquelle nous renvoyons aux ouvrages spéciaux de Virchow (1), J. A. Villemin (2), etc. D’après ces auteurs, la matière caséeuse des ganglions ne serait pas du tubercule, mais un simple

(1) R Virchow, La pathologie cellulaire, trad. Paul Picard. Paris, 1861.

(2) J. A. Villemin, Du tubercule. Paris, 1862, p. 51 et suiv.

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

pioduit d inflammation.] On trouve des tubercules plus ou moins avancés dans d autres organes, et surtout dans les poumons; quant aux autres lésions décrites pai quelques auteurs, elles n’appartiennent pas en propre au carreau.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Oe n est pas le diagnostic des tubercules du mésentère qui est le plus important, niais celui de l’affection primitive.

Les maladies qui pourraient être confondues avec le carreau, sont : la péritonite chronique, qui s’en distingue par la douleur, la fluctuation, le météorisme; les tumeurs du foie , de la rate, dont le siège est différent, et qu’on limite par la palpation et la percussion, et enfin les tumeurs des autres organes. Ces diverses affections faisaient autrefois partie d un état morbide désigné sous le nom générique de carreau, et de la le vague des descriptions antérieures à ces dernières années. [Quelques enfants constipés, dit Bouchul, ont des matières stercorales endurcies dans 1 intestin, ce qui forme des tumeurs dures, ou scybales, que l’on pourrait prendre pour des ganglions mésentériques. Or, ceux-ci sont au milieu du ventre, au-dessous de l’ombilic, tandis que les scybales sont dans les flancs et surtout dans l’S iliaque du côlon.

Le pronostic est fort grave. Cette affection est presque toujours incurable.]

§ VII. — Traitement.

On doit diriger les moyens thérapeutiques, non contre les tubercules mésentériques, dont le développement est peu grave par lui-même, mais contre la maladie primitive. D’après les principaux auteurs, les moyens dirigés contre le carreau sont ceux que l'on emploie dans la phthisie pulmonaire. Toutefois nous ferons remarquer que le carreau, plus que toutes les autres tuberculisations, a été regardé comme ayant pour cause générale I evice scrofuleux. Nous devons, par conséquent, renvoyer aussi au traitement des scrofules, et en particulier à celui qu’a proposé Négrier (1), qui, depuis la publication de son premier mémoire, a obtenu de nouveaux succès en nombre considérable (2). [Bouchul conseille encore les révulsifs, et en particulier les pommades iodées et la teinture d’iode sur l'abdomen.]

(1) Négrier, Traitement par les préparations cle feuilles de noyer ( A rchives générales de médecine, 3U série, t. X, p. 397 ; t. XI, p. él).

(2) Voy. SCROFULES, tome Ier, p. 39/i, Traitement.

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