NÉPHRITE SIMPLE AIGUË. — DIAGNOSTIC
Les vomissements n’annoncent en aucune manière que la substance rénale est enflammée puisque, comme nous le verrons plus tard, on les voit fréquemment sur- “'ns ïa colique néphréüque, alors que tous les désordres sont concentrés dans les parois des cavités rénales ou dans les conduits qui en partent. La ^suppression de l’urine appartient plus particulièrement a 1 inflammation de la substance rénale; aussi est-ce un des signes sur lesquels l’attention doit être principalement
^Lorsque à la suite d’une contusion ou de toute autre cause, il se développe dans le tissu cellulaire extérieur du rein une inflammation accompagnée de douleur, si la maladie est à son début, il est souvent difficile de la distinguer de 1 invasion d’une néphrite. Toutefois il est rare qu’on observe, dans ce cas, une diminution aussi marquée de la sécrétion urinaire que dans la néphrite. (Rayei.)
Il est beaucoup plus facile de distinguer la néphrite simple aigue de la colique néphrétique. Dans celle-ci la douleur survient très-rapidement, et souvent dune manière subite. Elle est fréquemment excessive; elle occasionne des lipothymies, une agitation, une anxiété extrêmes. L’urine est promptement diminuée ou supprimée ; le pissement de sang apparaît rapidement, et enfin la face est alteree, e pouls petit, misérable. En présence de ces phénomènes, on ne saurait etre dans le doute, et si, dans des cas exceptionnels, on restait un moment en suspens, le changement de place de la douleur quand le gravier descend le long de 1 ureteie, et la cessation brusque et complète des accidents lorsqu’un ou plusieurs graviers sont rendus, viendraient fixer le diagnostic, ce qui ne devrait pas être oublie, parce que les malades étant disposés à de nouvelles attaques, le retour des mêmes accidents serait alors facilement jugé.
Pour les douleurs rénales auxquelles on a donné le nom de néphralgies, voyez chap. II, article VI.
Parmi les affections étrangères au rein qui pourraient en imposer pour une néphrite aiguë, nous trouvons d’abord la colique hépatique. Mais dans la néphrite, il n’y a pas d’ictère; l’urine est très-notablement diminuée ou supprimée, ce qui ne s’observe pas dans la colique hépatique, à laquelle les vomissements bilieux appartiennent plus particulièrement, et qui présente, en outre, la décoloration des selles et l’état bilieux des urines. Le siège de la douleur, qui détermine une différence tranchée entre cette inflammation du rein gauche et la colique hépatique, et qui est ordinairement assez différent dans celle-ci et dansl inflammation du îein dioit, la rétraction du testicule, la douleur, l'engourdissement de la cuisse, propres à la néphrite, suffisent pour rendre le diagnostic précis. La direction de la douleur ne serait pas seule un signe suffisant, puisque, dans quelques cas que nous avons signalés (1), elle est la même dans les deux affections; mais, d’une part, ces cas sont fort rares, et de l’autre, le siège de la douleur n’acquiert une valeur réelle que quand il est réuni à ceux que nous venons de mentionner.
Le lumbago , né le plus souvent sous l’influence du froid et de l’humidité, presque toujours accompagné ou précédé de douleurs rhumatismales, attaque oidinairement les deux côtés des lombes; la douleur qui 1 accompagne s exaspèie plus sensiblement que celle de la néphrite par certains mouvements du coips que les
(1) Voyez plus haut, tome IV, page 258, Colique hépatique.
malades font pour s’asseoir lorsqu’ils sont couchés, ou pour changer d’attitude. Cependant les douleurs rénales sont quelquefois augmentées par de certains mouvements ou de légères pressions, et par la toux; mais, dans le lumbago, jamais on n’observe ni la diminution notable de la sécrétion urinaire, ni l’angoisse, ni les autres symptômes graves de la néphrite (Rayer) (1).
Enfin, plusieurs auteurs, et en particulier Rayer, ont posé le diagnostic entre la néphrite cl la cystite, le psoïtis , la péritonite partielle. Les symptômes diffèrent tellement dans ces affections, dont deux (la cystite et le psoïtis) n’ont pas été encore décrites dans cet ouvrage, que nous ne devons pas entrer dans ces détails.
Dans le cas de Dance (2), bien qu’il y eût des exacerbations fébriles très-marquées tous les matins, on ne douta pas de l’existence d’une néphrite pendant presque tout le cours de la maladie, et si à la fin on eut recours au sulfate de quinine, c’est en désespoir de cause, en voyant le malade près de succomber, et dans un moment où les apparences les plus légères nous engagent à recourir à des médications particulières. La marche delà maladie n’avait, en effet, qu’une ressemblance intermittente grossière avec une fièvre pernicieuse. Ce n’est pas à dire toutefois que la fièvre intermittente ne puisse jamais revêtir les signes locaux d’une néphrite ou les symptômes qui peuvent la simuler; nous avons vu (3) que ces affections se présentent sous les formes les plus diverses.
TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC
1° Signes distinctifs de la néphrite simple non calculcuse et de la colique
néphrétique.