LUMBAGO
Occupe souvent les deux côtés.
Mouvements pour s'asseoir ou se retourner souvent presque impossibles.
Point de troubles notables de la sécrétion et de l’excrétion de l’urine.
Pronostic. — Le pronostic est très-variable, suivant les cas. On doit le considérer comme peu grave dans la néphrite par violence extérieure, et même dans celle qui se déclare spontanément, lorsqu’elle ne survient pas dans le cours d’une affection grave elle-même et lorsque les symptômes de réaction sont peu intenses. À plus forte raison portera-t-on un pareil pronostic dans les cas où la maladie aura été déterminée par une substance irritante, si toutefois on considère ce cas comme appartenant à la néphrite bien confirmée. S’il s’agit de poisons, ce n’est nullement, en effet, l’inflammation rénale qui est à redouter, mais l’aclion de la substance vénéneuse sur l’organisme. Lorsque l’inflammation est assez grave pour déterminer la suppuration, le pronostic est très-fâcheux, de quelque espèce que soit la néphrite; cependant si celle-ci est causée par la présence d’un calcul, on doit avoir plus d’espoir, parce que si cette cause disparaît, les lésions du rein tendent naturellement à se dissiper.
§ VII. — Traitement.
Emissions sanguines. — Elles doivent être opposées à la néphrite comme aux autres inflammations parenchymateuses.
Dans la néphrite traumatique on pratiquera une ou plusieurs saignées générales , et cela sans perdre de temps, car, d’après Jtayer, « si l'émission d’une certaine quantité de pus avec l’urine indique que la suppuration s’est établie dans le rein enflammé, il faut s’abstenir des émissions sanguines ». Peut-être néanmoins trouvera-t-on le précepte trop rigoureux, ou du moins regrellera-t-011 qu'il ne soit pas appuyé sur une étude plus exacte des faits.
« Quant aux néphrites produites par l’impression du froid et de l’humidité < lorsqu’elles se déclarent avec un caractère inflammatoire très-prononcé chez des individus bien constitués, elles doivent, dit le même auteur, être traitées activement par la saignée. On la répétera deux fois dans les vingt-quatre heures qui suivent l’invasion. » Et plus loin il ajoute : « Après plusieurs jours de rémission et d’apyrexie, s’il se déclare un frisson suivi de chaleur et de douleur dans la région des reins, on pratiquera immédiatement une large saignée, si le malade n’est pas d’un âge très-avancé. Dans ce dernier cas, on se bornerait à tirer environ 8 onces de sang par des ventouses scarifiées appliquées aux régions lombaires. »
La saignée générale est recommandée même chez les enfants, à partir de l’âge de sept ans; mais alors elle ne doit |>as être de plus de 300 grammes. « On peut; dit Rayer, la répéter le lendemain si l’intensité du mal l’exige. »
Des sangsues , en nombre assez considérable, doivent être appliquées sur les lombes; on a également recours, comme nous l’avons vu, aux ventouses scarifiées , et, sous ce rapport, il n’y a aucune règle à établir, le médecin étant le seul juge compétent de l’opportunité des émissions sanguines et de leur abondance. En . somme, on voit que pour la néphrite, comme pour tant d’autres affections, l’influence de la saignée sur la marche, sur la durée et sur la terminaison de la maladie, n’a été étudiée que d’une manière très-superficielle.
Des boissons émollientes ou délayantes , comme l’eau de graine de lin, de mauve, d’orge; ou légèrement diurétiques, comine la décoction de chiendent ou de racine de fraisier; des cataplasmes émollients sur la région lombaire; un bain simple ou émollient longtemps prolongé (deux ou trois heures), à moins que le malade n’en éprouve de la fatigue, compléteront avec la saignée le traitement auquel on a donné particulièrement le nom de traitement antiphlogistique, et qui convient principalement à la maladie qui nous occupe.
Dans les cas où l’on reconnaît que la néphrite est consécutive à une rétention d’urine causée par un rétrécissement de l’urèthre, on s’occupera spécialement de celui-ci, car une fois l’obstacle au cours de l’urine surmonté, l’inflammation du rein ne larde pas à se dissiper. On appliquera, en pareil cas, les sangsues à la marge de l’anus plutôt que sur la région des reins.
Nous avons vu que les vomissements opiniâtres ne pouvaient pas être regardés comme un symptôme appartenant en propre à la néphrite simple aiguë non calculeuse. Si cependant ce symptôme survenait, et si l’on observait un étal comateux qui n’est pas non plus lié à l’affection rénale d’une manière aussi intime que le pense Rayer, voici comment on devrait se conduire en pareil cas : Lorsque les malades éprouvent des vomissements et tombent dans un étal comateux, ces accidents exigent des soins particuliers, outre ceux qui ont été déjà indiqués. On frictionnera l’épigastre avec. du laudanum ; des boissons gazeuses seront données par gorgées; le malade sucera de petits morceaux de glace pour 'étancher sa soif ; des corps chauds seront appliqués aux extrémités inférieures ; des compresses imbibées d'eau froide seront posées sur le front; des purgatifs salins seront administrés et répétés jusqu’à ce qu’ils aient procuré des évacuations abondantes. (Rayer. )
Les purgatifs sont encore plus impérieusement indiqués lorsque l’attaque de néphrite a été précédée de plusieurs jours de constipation chez des individu atteints de maladies de la prostate ou de la moelle épinière, h' huile de ricin pourra quelquefois être substituée aux purgatifs salins, mais administrée en lavement et à haute dose, car elle est souvent rejetée par le vomissement. (Rayer.)
Le repos absolu, une diète sévère, doivent être rigoureusement recommandés lorsque la maladie est dans son plus haut degré d’intensité, et dans la convalescence on doit éviter tout écart de régime, et surtout l’usage de boissons excitantes, dont l’action se fait, comme chacun sait, si facilement sentir sur les reins.
ARTICLE III