ENTÉRITE CHRONIQUE. — TRAITEMENT
| braux survenus dans le cours d'une entérite chronique, chez un enfant, ont simulé une méningite. L'autopsie a démontré que cette affection n existait pas.
C’est principalement chez les sujets affectés de tubercules que l’on rencontre cette affection de l’intestin dont nous avons suffisamment parlé à propos de la phth isie pulmonaire.
L 'anatomie pathologique est peu avancée sur celte question; car l’entérite chronique ne fait pas mourir par elle-même, mais par les complications qui surviennent, par l’épuisement dans lequel tombent les malades, par la tuberculisation, etc.
[ Traitement. — L’indication première à remplir chez les sujets affectés d’entérite chronique sera de surveiller exactement le régime, dont le moindre écart peut ramener des symptômes aigus. Chez les jeunes enfants surtout, cette recommandation a une grande importance. Si le lait de la nourrice est pauvre, on changera de nourrice; si l’enfant est sevré, on lui donnera une nourriture bien assimilable et proportionnée à ses forces: des soupes au pain, des potages au riz, au gruau, de l’eau de gruau ; les potages gras sont trop nourrissants pour les jeunes enfants.
A un âge plus avancé, les enfants abondonnent le lait pour les potages gras préparés avec les féculents. On évitera l’huile de foie de morue qui peut augmenter la diarrhée, et, s’il existe des indications pour l’administrer, on la coupera avec du sirop de coing, de gomme, etc.
La viande crue a été préconisée par VVeisse (de Moscou), Andrieu, Trousseau (1), fiouchut (2), etc. On prend du maigre de bœuf ou de mouton; on le coupe en petits morceaux, on le pile et on le réduit en pulpe. On peut le mélanger à des confitures de groseilles, à du sucre, à du chocolat, et on l’administre sous le nom de conserve de Damas. On débute par 10 grammes en quatre fois; le lendemain, 20 grammes, puis 30 et ainsi de suite. On préviendra les parents que les selles deviennent horriblement fétides. On diminue progressivement, quand l’amélioration se manifeste. Les œufs frais, les crèmes au riz, au chocolat, sont d’excellents adjuvants. On y joindra le sous-nitrate de bismuth, comme pour l’état aigu.
Les vers intestinaux agissent comme des corps étrangers et peuvent également donner lieu à une entérite chronique dont les principaux symptômes sont la diarrhée, les coliques, l’amaigrissement. Cette variété réclame les anthelminthiques, les dragées de santonine, le semen-contra, etc. (Voyez plus loin, Vers intestinaux.)
De quelque façon qu’on explique l’action des vices scrofuleux , herpétique, arthritique, syphilitique même, sur l’intestin, on ne peut refuser d’admettre une variété d’entérite qu’on peut appeler scrofuleuse, herpétique, arthritique, syphilitique, et pour laquelle il n’y a pas de traitement spécifique : on aura recours au traitement général de ces maladies qui est développé aux articles Herpès, Scrofule, Goutte, Rhumatisme, Syphilis. C’est dans ces cas surtout qu’il faudra observer scrupuleusement les règles hygiéniques que nous avons données dans ces articles spéciaux; c’est ici principalement que la médication hydrominérale a une grande valeur : on conseillera les bains de mer, les eaux sulfureuses de Cauterets, de
(1) Trousseau, Clinique de 1’ Ilôtel-Dieu. 1865, t. III, p. 125, 136.
(2) Bouchut, Maladies des nouveau-nés. 1862, p. 516.
Bagneres, d’.lôr eu Savoie , aux sujets affectés de la diathèse scrofuleuse, darl reuse, herpétique; celles de Contrexéville, de Vick y, aux rhumatisants, etc.
Le reste du traitement pharmaceutique sera celui que nous avons indiqué pour les tuberculeux affectés de diarrhée chronique; on conseillera les opiacés , surtout a\anl les repas; les astringents : ratanhia, coloinho, sous-nitrate de bismuth, diascordimn, également avant h; repas. A l’extérieur, on aura recours à des excitants, à des révulsifs cutanés sur l’abdomen, aux frictions à l’huile de croton ; plus tard, quand il n’y a plus à craindre que de la faiblesse, on s’adresse aux ferrugineux , aux toniques , aux eaux gazeuses bues aux repas avec du vin vieux.]
ARTICLE IV
DIABUHÉP.
[La diarrhée n’est pas une maladie, mais un symptôme; à la rigueur, nous aurions pu n’en pas parler et renvoyer aux différents sujets qui y sont relatifs ; mais nous nous y arrêterons un peu, à cause d’une variété de diarrhée qu’on ne peut attribuer à aucune lésion organique.] Il ne doit s’agir ici que de la diarrhée idiopathique ou diarrhée catarrhale de quelques auteurs, la diarrhée symptomatique ayant déjà été décrite ou devant l’être plus tard, à l’occasion des maladies dont (“lie est le symptôme. Or, y a-t-il véritablement une diarrhée idiopathique, c’est-à-dire existant en l’absence de toute inflammation? C’est ce qui n’est nullement démontré. Les idées qu’on se faisait sur les divers catarrhes ont été singulièrement modifiées dans ces derniers temps, et l’on a vu que les affections dites catarrhales, et en particulier le catarrhe par excellence? le catarrhe bronchique, sont évidemment liés à une inflammation qui, pour être superficielle, n’en est pas moins réelle. On dira peut-être que, dans certaines diarrhées, la durée de la maladie est extrêmement courte, et que les symptôme sont si légers, qu’ils ne dénotent nullement l’inflammation; c’est ce qu’on observe principalement dans la diarrhée à laquelle on a donné le nom de diarrhée nerveuse. Mais quand on voit, à la surface des muqueuses visibles à l’œil, une irritation passagère donner lieu à des flux plus ou moins abondants, ne peut-on pas admettre que la même chose se passe à l’intérieur du canal intestinal? Au reste, tout dépend de la manière de résoudre une question subsidiaire, savoir: Où commence et où finit l’iirllammation? question très-difficile, sur laquelle nous n avons pas la prétention de nous prononcer ici.
De quelque manière qu’on envisage les choses, toujours est-il que, dans des circonstances assez nombreuses, et surtout à la suite de vives émotions, on voit survenir, soit après quelques douleurs abdominales, soit seulement après quelques borborygmes, des selles liquides plus ou moins nombreuses, ordinairement abondantes, et qui sont à peu près le seul symptôme de l’affection très-légère dont il s’agit ici. Ces phénomènes ont une très-courte durée, et tout rentre dans l ordre sans qu 'ordinairement il soit nécessaire de faire aucun traitement.
Quant aux autres diarrhées idiopathiques admises par quelques auteurs, comme la diarrhée des enfants et la diarrhée asthénique , leur existence n’est nullement prouvée, nous ne nous y arrêterons pas. Restent les diarrhées critiques , sur les-