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HYPERTROPHIE, ATROPHIE DES REINS, ANOMALIES

L’atrophie et l’hypertrophie des reins sont quelquefois congénitales, mais bien plus souvent accidentelles, c’est-à-dire déterminées par des affections particulières.

Rayer se contente de dire que l’exagération de la sécrétion de l’urine paraît être l’effet de l’hypertrophie des reins. [Il est évident que cette conséquence ne se présente point dans les cas d’hypertrophie avec altération cireuse des reins dont Fournier (1) a cité un exemple observé chez un garçon de seize ans, scrofuleux, altération que Barth regarde comme due à l’usage prolongé de l’huile de foie de morue. La même réflexion est applicable à l’hypertrophie avec substitution graisseuse, due à la présence de calculs, sur laquelle Godard (2) a publié une intéressante étude. D’ailleurs, bien qu’il y ait alors augmentation de la masse rénale et tumeur apparente, cette altération entraîne, en réalité, la disparition de la substance tubuleuse, et par conséquent une atrophie véritable.]

L’atrophie ne porte ordinairement que sur un seul de ces organes, et l’autre acquiert un développement proportionnel. [Roberts (3) pense que cette anomalie est due à un arrêt de développement d’une des artères rénales ; dans un cas d’atrophie du rein droit, Damier (4) a constaté l’ossification de l’artère rénale correspondante et sa dilatation en une ampoule du volume d’une noisette au point où elle va se diviser pour entrer dans le rein. Ferrand (5) a vu des vaisseaux rénaux rudimentaires aboutir à un kyste qui représentait le bassinet du rein droit absent, le rein gauche étant double du volume normal. Dans le cas de rein unique, rapporté par Ed. Cruveilhier (6), il n’y avait qu’une artère et qu’une veine rénales.

Il arrive que le rein est unique par le fait de la réunion des deux organes en un seul à l’aide d’un isthme de tissu glandulaire ou simplement fibreux : c’est ce que Roberts appelle reins en fer à cheval. Meunier (7), Périer (8), ont fait connaître des cas de cette singularité anatomique, généralement ignorée pendant la vie des sujets. Cependant Rayer fait remarquer, avec raison, que la situation de ce rein sur la ligne médiane, au devant de la colonne vertébrale, peut embarrasser le diagnostic de ses maladies et celui des tumeurs abdominales.

Nous ne ferons que mentionner les reins à double bassinet ou à double uretère (Roberts).]

(1) Fournier, Hypertrophie avec altération cireuse du foie et des deux reins (Huit de la

Soc. anat., 1857, p. 24). v

(2) Godard, Recherches sur la substitution graisseuse du rein ( Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie, t. V, année 1858. Paris, 1859, p. 279 et suiv )

(3) Roberts, toc. cit., p. 515.

(4) Danner, Diathèse goutteuse ; hypertrophie concentr. du cœur ; kystes séreux du rein droit; ditatation anévrysmale de l’artère rénale; catculs urinaires dans le rein gauche [Bulletins de la Société anatomique, 1856).

(5) Ferrand, Anomalie du rein ( Bulletins de la Société anatomique, 1862, p. 48)

6 Ed. Cruveilhier, Rein unique [Bulletins de la Société anatomique, 1860, p. 56).

(7) Meunier, Rein unique [Bulletins de la Société anatomique, 1862, p. 100).

(8) I érier, Adhésion des deux rems [Bulletins de la Société anatomique, 1862, p. 391).

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