‹ Guide du médecin praticienChapitre 210 sur 305 · CANCER · texte numérisé non relu

CANCER

§ I. — Causes.

« Le cancer des reins, dit Rayer, attaque de préférence le sexe masculin , Y âge mûr et la vieillesse. » On l’a observé néanmoins chez les individus jeunes, et môme chez les enfants. Obrc (1) a observé un cas de cancer des deux reins chez un enfant de treize mois. Des tumeurs énormes et remplissant l’abdomen étaient de nature encéphaloïde ; dans ce cas, il n’y eut pas d’hématurie. On a trouvé ce cancer plus fréquemment à droite qu’à gauche. [Les faits relevés par Roberts (2) confirment ces données et font ressortir plus encore l’aptitude des enfants pour le cancer des reins : sur 54 cas de cette affection, 19 ont été fournis par des enfants dont 16 avaient moins de quatre ans d’âge. Il s’est toujours agi de cancer rénal primitif.]

§ H. — Symptômes.

En général, l’affection n’est pas douloureuse, surtout dans les premiers temps de la maladie. Cependant on a noté quelquefois les douleurs lancinantes du cancer. Au bout d’un temps plus ou moins long, il survient une tumeur ordinairement bosselée et dure entre la dernière côte et l’os coxal; cette tumeur est quelquefois douloureuse à la pression. [Selon Roberts, 1 existence dune tumeui sciait le. symptôme le moins inconstant et, chez les enfants, les masses cancéreuses atteindraient des proportions extraordinaires. Elles peuvent remplir, non-seulement l’un des flancs, mais encore atteindre la ligne blanche et même remplir tout le ventre. Soulié (3) a constaté cette dernière circonstance chez une femme de soixante-treize ans.]

L 'hématurie est un des principaux symptômes du cancer. Elle est souvent assez considérable pour produire des caillots volumineux, surtout dans les premiers temps. Plus tard on n’observe que des urines sanguinolentes, ou semblables à de la lavure de chair. Le sang peut se coaguler dans la vessie ou dans l’urèthre; de là l’excrétion de caillots vermiculaires ou de dépôts de sang corrompu et fétide dans l’urine. [Avec le sang, plus ou moins altéré, on rencontre aussi des détritus pulpeux fournis par le cancer : Jaccoud (4) l’a indiqué dans une observation. Toutefois il est difficile de reconnaître des cellules cancéreuses dans ces matières altérées

par leur contact prolongé avec l’urine.

Roberts, dans les faits qu’il a recueillis, a trouvé que l’hématurie avait existé

(1) Obre, London medical Gazelle, février 1847.

(2) Roberts. M. cit., p. 441. .

O) Soulié, Cancer du rein droit {Bulletins de la Société -anatomique, 18G0, p. 1.10) .

(4) Jaccoud, Cancer encéphaloïde du rein gauche, du foie et des poumons {Bulletins ce

la Société anatomique, 1858).

Page 1