CANCER, TUBERCULES I>£S REINS. — TRAITEMENT. Ù
environ dans la moitié des cas. Ce phénomène a des intermittences : quelquefois il est supprimé par le fait de l’oblitération de l’uretère du côté malade; par contre, il peut être provoqué par une violence extérieure qui atteint la région des reins.]
Si l’on joint à ces symptômes l’amaigrissement, la couleur jaune-paille, l’affaiblissement, les dérangements gastro-intestinaux, en un mot les symptômes qui appartiennent à tous les cancers, et ceux des autres affections cancéreuses qui existent presque constamment chez le même sujet, on aura tout ce qu’il importe de savoir sur la symptomatologie du cancer rénal.
§ III. — Diagnostic, pronostic.
Le diagnostic peut être très-difficile, attendu qu’assez souvent l’affection ne s’annonce par aucun symptôme bien tranché, qu’il n’y a pas même de la douleur, et que, dans les cas où la douleur existe, on peut la rapporter à d’autres affections, et principalement au lumbago.
Le signe le plus important est sans coùlredit l’hématurie, elle survient soit dans un état de santé satisfaisant et sans qu’aucune altération des voies urinaires soit venue faire connaître l’imminence de l’hémorrhagie, soit après un temps plus ou moins long pendant lequel le malade a éprouvé des douleurs rénales. Dans le premier cas, on doit soupçonner que les choses se passent comme dans les cas de cancer de l’utérus que nous verrons débuter fréquemment par une métrorrhagie, et dans le second, on devra croire à l’existence du cancer, si les douleurs rénales n’ont pas été accompagnées de l’expulsion de quelques graviers ou des signes de la néphrite aiguë ou chronique. Si l’on voyait survenir une tumeur d’un des reins, on ne pourrait plus guère conserver de doutes, et le diagnostic serait plus positif encore s’il y avait un cancer dans un autre organe.
Toutefois l’hématurie peut avoir lieu sans lésions appréciables [ou se rapporter à une tout autre affection que le cancer. Ici, elle est profuse, spontanée, intermittente : mais si elle manquait, il ue faudrait en rien conclure.
La tumeur cancéreuse rénale peut être prise pour une tumeur du foie, quand elle est à droite ; pour une stumeur splénique, quand elle est h gauche; pour une tumeur de l’ovaire, pour une maladie différente des reins, hydronéphrose, kystes simples ou hydatiques, la fausse fluctuation de l’encéphaloïde prêtant facilement à cette méprise. Diverses circonstances rendent souvent le diagnostic difficile à préciser, et l’on est obligé de ne se prononcer que tardivement, à moins que l’on ne saisisse quelque accident caractéristique, comme l’ictère dans les cas où le foie est inleiessé, les débris d échinocoques dans l’urine quand il s’agit de tumeur hydatique, liobeils îappoitc qu une operation d ovariotomie fut commencée par suite dune eneui de diagnostic, dans un cas de cancer du rein méconnu. Cet auteur attiibue une grande valeur au signe suivant : dans les cas de cancer du loin, le colon passe en avant et se reconnaît à sa sonorité tympanique à laquelle se joint même, quelquefois, celle d’une portion d’intestin grêle; lorsque la tumeur appartient au foie, à la rate ou à l’ovaire, les intestins sont en arrière et l’on ne saurait les retrouver à la percussion pratiquée en avant, sur la région suspecle. Ce signe nous semble être une induction tirée de la situation normale des organes, et il paraît possible que les changements qui atteignent les organes malades modifient considérablement leurs rapports anatomiques.]
u-'-l MALADIES DES VOIES GÉNITO-URINAIRES.
§ IV. — Lésions anatomiques.
Les U-sions anatomiques du cancer des reins ont été étudiées avec soin. C’est la forme encéphaloïde [ou fungus hématode que l’on observe le plus souvent. Le squirrrhe est très-rare dans le rein : Wilson (1) et Rayer (2) n’en donnent que des desci iptions douteuses; Walshe (3) en a donné une observation authentique; Robin (û) a publié le seul cas connu à'épithêlioma rénal.] Le siège de l’affection est ordinairement la substance corticale; rarement le bassinet se trouve atteint. Du icsle, 1 étendue de la lésion est très-variable suivant les cas. La production morbide peut, en cllet, n avoir que le volume d’une noisette et occuper un ou plusieurs points de la substance rénale, et, dans certains cas, on l’a vue envahir toute celte substance, de telle sorte que le rein est transformé en une tumeur bosselée souvent très-considérable et occupant une grande étendue de l’abdomen. On a vu aussi cet organe converti en une sorte de détritus dans plusieurs points. Les organes voisins sont alors soit primitivement, soit consécutivement altérés. [Le cancer est infiltré ou en foyers : il comprime et atrophie plus ou moins la substance glandulaire du rein. A la coupe, 1 encéphaloïde présente son aspect blanc rosé, bien connu, avec des foyers hémorrhagiques et des points ramollis. Ces lésions sont bien décrites dans les observations déjà citées et dans celle de Damier (5). Le bassinet et l’uretère sont plus ou moins envahis; la veine rénale renferme souvent de la matière cancéreuse. Dans la plupart des cas, il n’y a qu’un seul rein envahi, et le droit l’est plus souvent que le gauche (Roberts).]
§ V. — Traitement.
La maladie se termine toujours par la mort. Le traitement ne peut, par conséquent, être que palliatif et dirigé contre les principaux symptômes. Ainsi on combattra Y hématurie par les astringents et les réfrigérants , si la perte de sang est très-abondante; on dirigera contre la faiblesse et Y anémie, les toniques , une nourriture succulente et les ferrugineux ; on calmera les douleurs par les narcotiques et principalement par Y opium, qu’il ne faudra pas craindre de porter à des doses assez élevées. Quant aux autres moyens, tels que les exutoires sur la région des lombes, la ciguë, etc., il n’est nullement prouvé, ainsi que le fait remarquer Rayer, qu’ils aient des avantages réels.