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TUBERCULES DES REINS. — LESIONS ANATOMIQUES

Chambers (1), se serait présenté 15 fois sur 91 cas de tubercules rénaux. Dans un cas rapporté par Lala (2), aucun autre organe que les reins n’offrait de tubercules et par conséquent la lésion était primitive à cet appareil.

Sur 1317 sujets morts tuberculeux, on a constaté ll\ fois des tubercules du rein (3). Sur 315 enfants tuberculeux, Rilliet et Barthez (ô) ont trouvé A9 fois cette lésion, ce qui établit une prédominance de fréquence de la tuberculisation rénale chez les enfants tuberculeux.]

§ II. — Symptômes.

Les tubercules des reins échappent presque toujours à l’observation pendant la vie; néanmoins, dans quelques cas, on a trouvé dans les urines des grumeaux de matière tuberculeuse, ce qui annonce que le bassinet est envahi par la production morbide; ce symptôme peut faire soupçonner la dégénérescence tuberculeuse des reins, mais avant de se prononcer il faut examiner avec beaucoup de soin les autres organes urinaires (la vessie, la prostate), qui pourraient bien être la source de la matière tuberculeuse trouvée dans les urines. [Avec le pus tuberculeux, on peut encore reconnaître, au microscope, une petite quantité de sang, des débris de fibres de tissu connectif et quelquefois de fibres élastiques. L’urine est albumineuse. La miction, en général fréquente, est souvent douloureuse.

Les symptômes généraux sont peu marqués et rappellent ceux de la pyélite chronique joints, quelquefois, à ceux de la cystite chronique. Il y a peu ou point de douleur locale et il est assez rare que l’on puisse reconnaître une tumeur lombaire. Plus tard, se prononcent les signes ordinaires de la cachexie tuberculeuse : les phénomènes de l’urinémie se sont manifestés dans des cas où les deux reins étaient envahis. Dans le cas d’une néphrite tuberculeuse aiguë survenant dans le cours d’une phthisie pulmonaire chronique, Léon Colin (5) a reconnu la nature de la lésion rénale a l’intensité de la fièvre et de la douleur lombaire que la pression exaspérait et aux qualités purement inflammatoires de l’urine.]

§ III. — Lésions anatomiques.

Rayer a vu des reins presque entièrement convertis en matière tuberculeuse ; ces cas sont très-rares. Ordinairement, on trouve des tubercules disséminés ou infiltrés dans la substance rénale. Louis a vu, dans un cas, une infiltration de matière grise demi-transparente, mais jamais de granulations de la même matière. [Les dépôts tuberculeux présentent, dans le rein, toutes les formes qu’on leur connaît, depuis les fines granulations grises, comme dans l’observation citée de Lala, jusqu’aux excavations caverneuses, comme dans un cas observé par Garnier (6). Les deux reins sont le plus souvent affectés. L’envahissement tuberculeux se fait de la substance corticale a la substance des pyramides et à la muqueuse du bassinet, des calices, de 1 uretère et même de la vessie. On a vu l’uretère oblitéré et réduit en un cylindre plein par l'agglomération des granules : cet accident entraîne la

(!) Chainbers, Decennium pathologicum { Medic . Times and Gaz., 1852, t. II, p. 403).

(2) Lala, Tubercules du rein {Bulletins de la Société anatomique ’l85ü 118).

(3) Prager Vierteljahrschrift, 1850, Band I, p. 1.

(4) Rilliet et Barthez, Maladies des enfants, t. III.

(5) Léon Colin, Études clin, de méd. militaire. Paris, 1804, p. 43 et suiv.

(0) Garnier, Tubercules du rein et de l'uretère {Bull, de la Société anat., 1859, p. 212).

dilatation du bassinet et du rein et l’ hydronéphrose. Colin a vu des plaques grandes comme une pièce de 2 francs à la surface de chaque rein, formées par des granulations rapprochées. Ces altérations augmentent le plus souvent la masse de l’organe, bien que le tissu glandulaire se détruise par compression.]

§ IV. — Traitement.

Tout traitement est évidemment impuissant contre cette lésion.

On trouve aussi dans les reins de la matière mélanique sous différentes formes; cette production morbide n’étant connue que sous le point de vue de l’anatomie pathologique, il esL inutile d’en parler ici. [Nous renvoyons aux travaux spéciaux de Virchow (1) et de Lancereaux (2) pour l’étude du rein syphilitique. Voy. aussi tom. I, page 473.]

ARTICLE IX

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