KYSTES SIMPLES DES REINS
Il ne faut pas confondre les kystes simples des reins avec les hydatides ou acéphalocystes. Les premiers ne présentent que de simples poches remplies d’un liquide, tandis que les autres ont les caractères des vers vésiculaires que nous avons décrits déjà dans plusieurs organes, et notamment dans le foie (3).
[Roberts (4) a réuni les éléments qui peuvent servir à l’histoire de cette affection. On trouve les kystes simples du rein dans quatre conditions principales : 1° kystes isolés dans un rein d’ailleurs sain ; 2° kystes disséminés dans la maladie de Brighl ; 3° dégénérescence kystique congénitale ; 4" dégénérescence kystique générale chez les adultes.
L’origine de ces kystes serait l’oblitération inflammatoire des tubes urinifères, comme c’est probablement le cas dans la maladie de Bright, ou leur obstruction par des concrétions d’acide urique oud’urates, explication que Virchow a proposée pour la dégénérescence kystique congénitale; ou leur obstruction par des produits hémorrhagiques. On a avancé que les kystes pouvaient être, dans la maladie de Bright, le résultat de la dilatation des cellules épithéliales du rein.]
Tant que la maladie n’a pas acquis un très-grand développement, rien ne peut faire soupçonner l’existence des kystes simples des reins. Dans le cas contraire, la maladie peut non-seulement faire éprouver de la gêne dans la région lombaire par suite du grand accroissement de l’organe, mais encore une véritable douleur , du moins si l’on s’en rapporte à un des faits publiés (5). Le sujet de l’observation eut en effet plusieurs attaques de douleurs rénales vives, à des intervalles variables, et l’on ne trouva ni dans l’excrétion de l’urine, ni dans les lésions de l’organe, après la mort, aucune cause de colique néphrétique autre que le développement des kystes.
L’accroissement de volume des reins peut donner lieu à une tumeur appréciable par la palpation; mais ce n’est pas là le cas le plus fréquent (6). Cependant on voit,
(1) Virchow, La syphilis constitutionnelle. Paris, 1860, p. 161.
(2) Lancereaux, Gazette des hôpitaux, 17 mars 1864, et Traité de la syphilis. Paris, 1866.
(3) Voy. page 266.
(h) Roberts, loc. ci/., p 425.
(5) Journal de médecine , par Corvisart, Leroux et Boyer, an XI.
(6) Voy. art. Rétention d’urine dans les CAVITÉS uénales, ou Hydronépurose, Diagnostic.