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DYSENTERIE. — CAUSES

mue épidémie fut produite au Caire par des émanations miasmatiques qui s'échappaient du corps d’un animal en putréfaction. Masselot et Follet ont été peut-être I plus loin, puisqu’ils ont attribué la maladie à un véritable empoisonnement par I les effluves marécageux, [Delioux de Savigiqtc (1) n’admet pas l’opinion de Destgenettes et pense au contraire que de toutes les maladies produites par les miasmes,

I la dysenterie est la plus exceptionnelle. Pour l’opinion de Masselot et Follet, elle n’est pas démontrée péremptoirement.]

Quant aux causes occasionnelles qui produisent la maladie dans des cas isolés, ou qui, dans le cours d’une épidémie, la terminent chez les divers individus, elles ne diffèrent pas sensiblement de celles qui viennent d’être énumérées ; ainsi les excès, les irritants du tube digestif, les passions tristes, l’inspiration de matières I putrides, l’usage des fruits verts, une nourriture insuffisante, etc., peuvent donner lieu à une dysenterie sporadique, ou bien, l’épidémie existant, produire la maladie i chez un sujet qui, sans l’action de ces causes, n’en aurait peut-être pas été atteint.

( On possède un nombre assez considérable d’exemples de sujets affectés de dysenterie I pour avoir assisté à une exhumation faite sans précaution, à l’ouverture de fosses d’aisances, à la dissection d’un cadavre exhalant une odeur putride, etc.

Contagion.— [Parmi les contagionnistes, nous citerons Lind, Pringle, Zimmermann, Pinel, Percy, Desgenettes, Delioux de Savignac, Potel, qui a très-heureu- ' sentent soutenu la contagion (2).]

Pour les uns, rien n’est mieux démontré ; pour d’autres, au contraire, cette cause n’existe pas, même dans les cas d’épidémie, et il n’v a alors qu’une •' simple infection. Il est un certain nombre de faits qui tendent à prouver l’existence de la contagion, au moins dans certains cas particuliers, et c’est ainsi " qu’on assure avoir vu des sujets contracter la dysenterie pour s 'être assis sur un bassin contenant des matières rendues par un dysentérique. N’y aurait-il pas toutefois dans ces cas, une action semblable à celle des corps en putréfaction ? On a vu aussi cette affection apportée par des malades dans un lieu où elle n’existait nullemnent et se communiquer assez rapidement. Nous citerons, par exemple, le fait suivant rapporté par Fallot : des soldats venant de l’hôpital de Louvain introduisirent ddans l’hôpital de Namur la dysenterie, qui fut ensuite contractée par d’autres nmalades, et ne franchit pas les limites de l’hôpital.

[Delioux de Savignac (3) a recueilli plusieurs faits qui pour lui ne laissent aucun ddioute.

Épidémies. — Quelle que soit l’opinion que l’on croie devoir adopter (et en réalité cela importe peu dans la pratique) relativement à la contagion ou à Y infection, on ne saurait se refuser à reconnaître que la dysenterie peut se montrer î l’état d’épidémie, et que c’est, en pareil cas, une maladie des plus dangereuses ILe plus souvent la dysenterie affecte un grand nombre de personnes à la fois et le plus souvent la constitution médicale ne suffit pas pour expliquer comment* un si Kgrand nombre de personnes sont atteintes identiquement de cette même maladie 'si caractéristique, qu’on serait en droit de la considérer comme tout à fait spéciale et produite par un agent morbide analogue à celui qui engendre le typhus et les

(1) Delioux de Savignac, Traité de la dysenterie , p. 21.

(2) Potel, thèse inaugurale, 1831.

(3) Id. , ibid.f p. 51.

Vat.lkix, 5e édit. jy ^

aulres maladies infectieuses. L’assimilation entre la dysenterie et les maladies mfeo lieuses résulte des considérations suivantes : 1° forme épidémique; 2« maladie se montrant surtout dans les grands rassemblements d’hommes, surtout dans les espaces confinés; 3° 'formation de foyers avec rayonnement lointain.]

S III. — Classification et symptômes.

Pour faire la description de la dysenterie, il n’est pas utile de diviser celle affection en sporadique et épidémique. S’il est vrai en effet .que, dans les épidémies, rette maladie acquière ordinairement une violence extraordinaire ; s’il est .vrai aussi qu’à l’état sporadique elle présente toujoum un caractère de bénignité, .1 n’est pas douteux que parfois des cas isolés ne soient tout aussi intenses que des cas épidémiques, et que. par contre, dans les épidémies, on ne rencontre des cas aussi légers que ceux.de la dysenterie sporadique.

[La dysenterie, ne se présente pas toujours avec les mêmes symptômes ; ta prédominance .de tel ou tel a suggéré diverses classifications. Zimmermann (l) admetlait quatre espèces principales : la première est accompagnée d’une fievre inflammatuim ; la deuxième, d’une fièvre bilieuse ou putride, c’est la plus commune; la troisième, d’une fièvre maligne; la quatrième était la forme lente ou chronique.

Stoll (2) ne pouvait concevoir la dysenterie sans rhumatisme des intestins, et il admettait six formes : 1° la dysenterie rhumatismale simple, sans complications; 2° la dysenterie rhumatismale bilieuse simple ; 3° la dysenterie rhumatismale bilieuse fébrile; U° la dysenterie putride.; 5Ma dysenterie inflammatoire; 6° la dysenterie

^Trousseau (3) approuve et admet à peu près la classification de Stoll; il ne lait qu’une classe de la forme bilieuse et constitue une sixième forme qu .1 appelle intermittente palustre.]

Cornue! (lx) a adopté, d’après l’épidémie de la Guadeloupe, en 1837, les especes suivantes ; dysenterie gangréneuse et mucoso sanguinolente,, dysenterie bilieuse

et dysenterie séreuse. .

' rueüoux de Savignac (5) admet huit formes, qui sont les formes simple ou ca ar-

,.qalCi . inflammatoire, — bilieuse, — typhoïde, — gangreneuse, — hemoi r a

'doue athermique ou pernicieuse, — rhumatoïde, chronique.]

Pour rendre cette étude plus facile, nous diviserons l’affection en fébrile et non lébdle; car les signes de la réaction donnent, à une certaine époque de la maladie du moins, la mesure de la violence du mal, [mais nous donnons la préférence a a classification de Delioux de Savignac].

fo Dysenterie non fébrile. — C’est celle que quelques auteurs ont décrite sous le nom de bénigne; c’est celle qu’on observe presque toujours dans les cas de dysenterie sporadique. Ses symptômes se rapprochent beaucoup de ceux de I ente-

.(l) Zimmermann, TU' lu dysenterie.

(oi Stoll, lintio medendi.

joi Trousseau, Clinique médicale de V Hôtel-Dieu. 186o, t. III, P- i° ' -

Ü Cornuel Mémoire sur la dysenterie observée à la Basse-terre {Guadeloupe) (. u . tIeyArad royale de médecine, Paris, 1842, t. VIII, p. L00 et.suiv..).

' (5) Delioux, Traité de la dysenterie, p. 132.

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