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DYSENTERIE. ■ — CAUSES

autives, parce que les auteurs ont confondu sous le nom de dysenterie des maladies très-différentes; par la seule raison qu’il y avait un flux de ventre plus ou moins abondant. C’est ce qu’on remarque surtout dans la division de Stoll, qui a i cherché à établir six espèces de dysenterie. Bornons-nous à dire qu’aujourd’hui on ne reconnaît que la dysenterie non fébrile et la dysenterie fébrile , la dysenterie aiguë et la dysenterie chronique. Il faut toutefois ajouter à cette division la distinction de la maladie en sporadique et épidémique , qui est très-importante.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On ne peut définir la dysenterie ni par sa nature, ni par les lésions anatomiques auxquelles elle donne lieu. A l’exemple des autres auteurs, contentons-nous M’indiquer ses principaux symptômes. C’est une affection caractérisée par des „ Sellcs nombreuses, avec douleurs de ventre plus ou moins vives, rejet de matières muqueuses, mucoso-sanguinolentes, parfois sanglantes.

La dysenterie a été désignée sous les noms de t or mina ; fluxus dysenterie us,

, cruentus, torminosus; rheuma ventris, febris dysenterica; flux de sang, colite aiguë, etc. Le mot dysenterie, qui ne présume rien relativement à la nature i de la maladie, est le plus convenable.

La dysenterie légère, non fébrile, s’observe souvent a l’état sporadique ; mais il n’en est pas de môme de la dysenterie grave, qui se montre plus souveut, au contraire, a l’état épidémique. Les épidémies de dysenterie sont peut-être les plus fréquentes de toutes. La plupart des auteurs cités ont eu en vue, dans leurs recherches, quelqu’une de ces épidémies observées dans des lieux très-différents.

§ II. — Causes.

1° Causes prédisposantes. — Voici comment s’exprime à ce sujet Ozanam (1), i qui a rassemblé les principales histoires d’épidémies : a La dysenterie se manij feste dans tous les climats, dans toutes les saisons; elle n’épargne ni âge, ni con- . dition ; de sorte qu’il est impossible de lui assigner une cause première bien déterminée. »

Il ue résulte pas évidemment des faits qu’un âge soit plus exposé que les autres à la dysenterie. Si, dans certaines épidémies, on a vu, soit les enfants, soit les vieillards, en être plus facilement atteints, ce sont des faits exceptionnels sur lesquels on ne peut établir une règle générale. Rien de précis relativement à 1 influence du sexe,

On admet généralement que les individus atteints d’une affection antécédente , et dont la constitution est plus ou moins détériorée, contractent facilement la dysenterie. Sans nier la possibilité du fait, disons que plusieurs des auteurs qui ont défendu cette opinion, et en particulier Fallot (2), ont rangé sous le titre commun de dysenterie plusieurs affections différentes, et en particulier de simples entérites.

Un régime irritant, les excès, Y abus des purgatifs, prédisposent-ils à la dysenterie ? C’est ce qui n’est pas démontré. Nous ne sommes pas plus instruits relati-

(1) Ozanam, Histoire des maladies épidémiques. Lyon, 1835.

(2) Fallût, Mémoire sur une dysenterie épidémique observée à l’hôpital militaire de Namur dans l’hiver de 1831 à 1832 (Archives yénér. de médecine, l. XXIX, p. 293, A8G).

veinent au tempérament. C est sur de simples hypothèses ou sur des faits exceptionnels qu’on a établi Y hérédité de la dysenterie.

Climat, météorologie. Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître que le climat a une grande influence. C’est surtout dans les régions intertropicales (pi on observe la maladie a 1 état endémique, et que les épidémies sont le plus fréquentes.

[Dutioulau (1) pense que ce n est pas seulement dans la météorologie des pays thauds que réside la maladie, mais plus spécialement dans les localités et dans leurs caractères topographiques, « là où le sol est accidenté, plus ou moins élevé ou incliné et parcouru par des eaux vives ». Quant à la météorologie, c’est ainsi qu il foi mule son action sur la production de la dysenterie : « Influence générale du climat, avec action prépondérante de la météorologie de l’hivernage et de son ai i ière-saison par rapport aux émanations du sol; action éloignée prédisposante, s exerçant par les modifications physiologiques qui créent I imminence morbide pai i apport a I organisme humain. » Delioux de Savignac (2) est moins affirmatif. ]

Saisons. Contrairement a I opinion d’Ozanam (|ui prétend que les saisons n’ont pas une très-grande influence, beaucoup d’épidémies ont été observées au commencement de 1 automne, et se sont ensuite prolongées pendant l 'hiver (3). (j esl au piissage lapide d une grande chaleur au froid humide qu’on attribue le développement de la maladie.

[Sur les côtes de France, les épidémies de dysenterie naissent plutôt pendant la saison chaude, soit l’été, soit l’automne.]

ilclaliv ement aux localités et aux professions, les données que nous avons sur tes di\eis points sont tout a lait insuffisantes. Masselol et Follet n’ont rien trouvé, dans ces conditions, qui put rendre compte de la maladie épidémique qui a régné à Versailles en 1842.

1 Causes occasionnelles. Nous avons vu que le passage d’une température ti es-elevee a une température froide et humide était regardé comme la principale (anse des épidémies de dysenterie. Quelques auteurs ont pensé qu’il fallait plutôt les altiibuei a une chaleur humide. Enfin, on regarde comme très-propres à produiie 1 affection, les changements brusques de température, [le refroidissement, la suppi ession de la transpiration], et c’est ainsi qu’on explique son étal endémique dans les régions injertropicales.

(. est aussi comme causes occasionnelles des épidémies qu’on a cité les grandes fatigues éprouvées par les corps d’armée, Y alimentation insuffisante, [l’abus d aliments de haut goût, de fruits verts; l’excès des alcooliques, et surtout du tafia (Dutioulau, Delioux); 1 ingurgitation d’une certaine quantité d’eau fraîche];

I usage des fui fs appelés froids ou des fruits verts ; les passions tristes, l’effroi; en un mot, tout ce qui tend a débiliter profondément l’économie. C’est surtout aux exhalaisons miasmatiques qu on a donné une grande importance. On a cité un giand nombie de laits qui tendent à prouver que les émanations des corps en puli e faction [cest-à-dire le miasme animal] produisent la dysenterie, même avec un caiaclèie épidémique. Tout le monde connaît le fait rapporté par Desgenettes;

(1) Dutroulau, Maladies des Européens dans les pays chauds. 1861 n. titih.

(2) Delioux de Savignac, Traité de la dysenterie. 1863 n 12

(3) Ibid., p. 17. ’

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