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COLIQUE NÉPHRÉTIQUE. — DÉFINITION, SYNONYMIE, FRÉQUENCE

; l’oseille. Mais Durcet pense que clans cette espèce même les boissons alcalines peuwenl agir en opérant la désagrégation. [N. Gallois (1), considérant que l’acide oxalique n’est qu’un degré d’oxydation plus avancée de l’acide urique, et que W'oxalurie se lie aux afl'eclions caractérisées par un affaiblissement du système nerweux, propose les alcalins, qui sont le médicament qui lui a paru le mieux réussir.

Dans les expériences qu’il a faites directement avec des solutions de carbonate de ppotasse sur des calculs muraux, lloberls (2) a constaté l’insolubilité de ces calculs (Idans les solutions alcalines. Les acides minéraux énergiques les attaquent, mais i c’est un médicament difficile à introduire par la bouche et auquel il faut renoncer «iquand il s’agit de concrétions du rein.]

Quant à la gravelle d’oxyde cystique {gravelle transparente, Mag.), il faut,

> suivant Magendie, soumettre les malades au régime végétal , et leur prescrire le bicarbonate de soude 'a la dose de 2 à fi grammes progressivement. [La grande s solubilité de la cystine par les alcalis légitime parfaitement leur usage quand de t telles concrétions sont reconnues. ]

Résumé. — 1° Moyens dirigés indifféremment contre toute espèce de calculs rénaux ou de gravelle : Emissions sanguines; boissons abondantes, eau simple; suc • de jeunes pousses de bouleau, térébenthine, uoaursi; bains tièdes, applications i émollientes ; diurétiques ; moyens divers : copahu, café cru, sudorifiques, miel, gouttes de Palmieri, marchant ia conica, eaux sulfureuses ; décubitus, régime.

2° Moyens dirigés contre la gravelle urique : Alcalins: carbonate dépotasse, de soude, de chaux; eaux minérales alcalines, tartrate de potasse, bains alcalins; acide benzoïque, [feuilles de frêne].

3n Moyens dirigés contre la gravelle phosphatique : Alcalins ; acides carbonique, hydrochlorique, sulfurique, lactique.

fi° Moyens dirigés contre les gravelles oxalique et d'oxyde cystique : Discontinuer l’usage de l’oseille; alcalins; régime végétal.

ARTICLE V

COLIQUE NÉPHRÉTIQUE

Comme la colique hépatique, elle fait partie d’un certain nombre delais morbides, dont elle n’est que l’expression symptomatique, dans des circonstances données.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On donne le nom de colique néphrétique à des accès de douleurs violentes, souvent intolérables, résultant de l’irritation produite par divers corps étrangers dans la partie supérieure des voies urinaires.

Cet accident de diverses maladies a été décrit sous les noms de nephritis, néphrite, pyélite calcule use, nephralgia (Borsieri), attaques de gravelle. Plusieurs auteurs des derniers siècles admettaient deux sortes de néphrites, la fausse et la vraie : la colique néphrétique était la première. Le nom de colique néphrétique

(1) N. Gallois, Comptes rendus hebdomadaires des séances de l Académie des sciences

A avril 1859.

(2) Robert», toc. cit., p. 254.

esl aussi impropre que celui de colique hépatique , mais c’est un nom consacré et compris de tout le monde.

La fréquence de la colique néphrétique est heureusement plus rare, et cela d’une manière notable, que la gravelle et les calculs rénaux. INous avons vu, en effet, cpie lorsqu il n’y a que du sable dans les urines, lorsque les graviers sont trèspetits, et même dans certains cas de calculs rénaux, la douleur pouvait manquer dans tout le cours de la maladie.

§11.— Causes.

Causes prédisposantes : l’ affection calculeuse des reins (gravelle, calculs rénaux); Y hématurie, dans laquelle des caillots peuvent obstruer l’uretère, les vers rénaux (acéphalocystes, strongle géant) ; en un mot, toutes les affections dans lesquelles le rein peut être vivement irrité, l’uretère distendu, leur surface interne déchirée.

Les causes occasionnelles se trouvent dans certaines circonstances particulières qui tout «pie les corps etrangers dont nous venons de parler deviennent irritants : ainsi le déplacement d un calcul, qu’il soit causé par un mouvement brusque, un effort, le cahot d une voiture, ou qu’il ait lieu spontanément. Lorsque le calcul est hérissé d’aspérités, ce déplacement est presque infailliblement suivi de colique néphrétique, parce que ces aspérités déchirent la muqueuse. Vient ensuite l’engagement dans l’uretère de ces mêmes corps étrangers ; mais aucun d’eux ne produit plus facilement les accès de colique néphrétique que les graviers trop volumineux pour franchir facilement l’uretère, ou qui présentent une ou plusieurs aspérités.

Siège de la maladie. — Le point de départ des vives douleurs par lesquelles la colique néphrétique est caractérisée peut se trouver dans le rein lui-même. Ordinairement, c’est à l’ouverture supérieure de l’uretère que cette douleur prend naissance; et, lorsqu’elle est causée par un gravier qui chemine le long de ce conduit, le point de départ de la douleur change de place avec le corps étranger, et parcourt quelquefois toute l’étendue du canal. Il est bien rare que ces douleurs sc fassent sentir des deux côtés à la fois.

§ III. — Symptômes.

Le début de la maladie esl quelquefois très-brusque et marqué par une douleur extrêmement violente qui se prolonge plus ou moins loin vers la vessie, et parfois s’irradie en d’autres sens. Il est plus ordinaire de voir une douleur sourde, obtuse, gravative, avec un sentiment de malaise général, durer deux ou trois jours avant l’apparition des véritables douleurs néphrétiques. Il n’y a encore ni frisson ni fièvre, et l’état général n’est pas gravement altéré.

La douleur fait ensuite des progrès ordinairement rapides, et quelquefois atteint son summum en très-peu de temps. Alors elle est très-violente, aiguë, pongitive. On observe des battements et des élancements dans la région occupée par un des reins ou par les deux, c’est-à-dire vers la dernière vertèbre dorsale et les premières lombaires en dedans des deux dernières côtes et à quelques travers de doigt de l’épine. De cette région la douleur s'étend, en suivant le trajet du bassinet et de l’uretère, jusque dans la vessie, dans l’aine et dans la cuisse correspondante, qui

COLIQUE NfiPHRfcTIQUE. — SYMPTÔMES. 5flj

'ÎSt co|îime engourdie et quelquefois roide et tremblante; chez l’homme, la doutCUl st‘,(‘lld au testicule, qui est ramené douloureusement vers l’anneau Les mtements ayant leur siège dans la région du rein s’observent lorsque cet organe '■si enflammé, et lorsque l’obstacle produit par la présence du calcul dans l’uretère ' déterminé la rétention du pus et de l’urine dans le bassinet Des douleurs violentes «durantes, sont le résultat des lésions que les corps étrangers opèrent dans les cai" tés rénales ou dans l’uretère. C’est surtout cette dernière douleur qui constitue .t colique néphrétique. Elle est quelquefois telle, que les malades sont jetés dans ''S P,us Srandes agisses; ils poussent des gémissements, ils prennent des posi' "ons bizarres, se compriment l’abdomen avec les mains. Ils quittent fréquemment i ht pour marcher dans leur chambre, ils se couchent en divers sens ; quelquefois loeme on en a vu s’étendre sur le carreau et faire des contorsions de toute espèce' ni douleur n est pas continue, du moins avec toute son intensité; elle s’apaise par moments pour s’exaspérer après un intervalle ordinairement assez court Cette |;pece d intermittence de la douleur s’explique très-bien, dans certains cas, parle

placement du corps étranger, surtout quand il chemine le long de l’uretère en HStendant et lacérant ce conduit.

La pression exercée sur la région lombaire et sur la paroi antérieure de l’abdo-

. C°rreSp0ndante au re,n y détermine, dans le plus grand nombre des cas une mileur assez vive parce que le rein est distendu et souvent enflammé. Elle en fait nidro auss, une le long de l’uretère, lorsque le corps étranger est descendu dans ce

I b urine est ordinairement rare, rouge, épaisse ; elle est rendue goutte à goutte es malades éprouvent un sentiment d’ardeur dans le canal de l’urèthre Fré-

'aemmcnt on note un véritable ténesme vésical, qui consiste en efforts multipliés "uloureux et impuissants pour uriner. Dans les cas où un seul côté est affecté cas '' « sont les plus ordinaires, on ne peut expliquer cet état de l’urine que par’une

illlu,neToryniPlthiqUe ^ d“ COt6 °PPos6’ 011 Par ,c mouvement fébrile qui ilOlume lorsque le rem est vivement enflammé. Dans le cas contraire l’urine e

me aqueuse et parfois plus abondante qu’à l’ordinaire. C’est qu 'alors le rein sain < plée le rem malade par l’augmentation de sa sécrétion.

II n est pas rare (I) de trouver une certaine quantité de sang dans les urines.

oyélit^qu ’àU ®t.S“r!°Ut d!! pm' esl beaucouP P|US intimement liée à juiie qu a ta colique néphrétique elle-même.

ideiir'p^i I? 'oies digcsti vcs nous trouvons les symptômes suivants; lorsque la àleui est intense, Yapptit est complètement perdu et la soif plus ou moins vive'

toents d’ahn f.*' °IS °Piniâtre, des nausées, des vomituritions, des vornisd abord des aliments récemment pris, puis de mucus et de bite. Fréquem-

L al cet état s accompagne d une constipation opiniâtre

e#‘."ptta‘ U"c ,rès-tire soum™“- fl™*

I , .. J' . ‘ es tl ans sont effilés ; la physionomie est la même

^ la col, que hépanquee, dans les affections caractérisées par une douleur |r peau “ C0UVre *m* hmm froide » moment des exacerbations; les ex, ré-

r) v°y- article HÉMvnmre, p. 526.

mités sont souvent glacées et ne peuvent être réchauffées. Le malade éprouve alors un tremblement marqué, parfois même des convulsions ; on en a vu avoir un véritable délire qui, cessant ensuite avec la violence de la douleur, était évidemment sous l’influence de ce symptôme. Il n’est pas rare d’observer dans ces moments, soit de véritables lipothymies, soit un simple sentiment de défaillance, et fréquemment ces accidents ont lieu au moment où les vomissements se produisent on viennent de se produire.

Le pouls est petit, déprimé , lorsque la douleur a une intensité ordinaire ; dans des cas où elle devient atroce, les pulsations sont h peine senties, le pouls est filiforme, misérable. Il se relève souvent après les vomissements.

Tels sont les symptômes qui appartiennent à la colique néphrétique; ceux qui constituent les accès au plus haut point d’intensité, sont : 1° une douleur atroce, déchirante, irrégulièrement intermittente, descendant ordinairement le long de l’uretère, déterminant le ténesme vésical; 2° la rétraction douloureuse du testicule et l’engourdissement de la cuisse; 3° l’excrétion fréquente d’une petite quantité d’urine foncée en couleur; U° les vomissements, l’altération de la face, le refroidissement, l’état nerveux (tremblement, convulsion, délire), et la dépression du pouls. Cet état est certainement un des plus effrayants qu’on puisse observer, et place les accidents de la colique néphrétique au rang des plus redoutables.

Ces accidents si graves se terminent ordinairement d’une manière brusque par l’expulsion du corps étranger qui les avait causés. On reconnaît que l’attaque a complètement cessé, même avant qu’on ait pu s’assurer si un calcul a été rejeté par les urines, au sentiment de bien-être extrême qu’éprouve le malade, et a 1 excrétion considérable d’une urine trouble, parfois chargée d une assez giandc quantité de pus; ordinairement le malade, qui est sur ses gardes, s aperçoit de I expulsion du corps étranger, et alors il ne peut guère y avoir de doute sur la terminaison de l’accès; cependant on a vu des cas où plusieurs graviers se succédant les uns aux autres, l’accès s’est prolongé malgré cette expulsion.

Une fois l’accès passé, il ne reste plus qu’un sentiment marqué d abattement etj de faiblesse, qui se dissipe promptement, et en vingt-quatre ou quarante-huit? heures les malades ont pu reprendre leurs occupations ordinaires.

Il est très-rare que la mort survienne dans le cours même d’un accès de colique néphrétique ; lorsqu’il en est ainsi, les malades, avant de succomber, sonljen proie à un état nerveux fort grave (convulsion, délire, etc.). C’est ce qui eut heu dans l<j cas de Royer, cité page 56ft.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La marche des accidents est très-rapide ; la douleur qui les caractérise particulièrement a, comme nous l’avons dit plus haut, une intermittence marquée. Qu tp à la durée, elle est presque toujours très-courte et seulement de quelques houreSî dans les cas où la durée a été la plus longue, on a bien rarement dépassé vingt'

quatre, trente-six ou quarante-huit heures.

l a colique néphrétique se termine presque constamment par le retour a HP santé en apparence complète; mais la cause qui a produit le corps étiange existant toujours, il n’est pas rare, après une ou plusieurs attaques, devoir j llammation chronique et la désorganisation du rein lui succéder. [Chauu reins peut être, à son tour, affecté (Leroy, d’Ltiolles, (ils.)]

COLTQUE NftPTinfiTIOUK. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC.

§ V. — Diagnostic, pronostic.

Le diagnostic présente, dans certains cas, des difficultés; mais c’est seulement dans les cas rares où la douleur n’est pas très-violente, et encore, dans ces circonstances, a-t-on, pour se guider, l’excrétion antérieure de graviers et les douleurs i rénales qui en sont la conséquence.

Pourrait-on confondre une simple néphrite avec une colique néphrétique? Dans I le premier cas, il est vrai, il existe une douleur qui peut s’étendre du rein au testicule et à la cuisse du côté correspondant, en passant par l’uretère et la vessie ; mais cette douleur est toujours moins intense, elle n’a pas eu le début brusque qui a appartient à la douleur violente de la colique néphrétique; elle n’a pas non plus ces exacerbations que nous avons décrites plus haut; en outre, elle n’a pas été précédée de l’excrétion d’une certaine quantité de sable, de gravier avec les urines, f et enfin elle s’accompagne d’un mouvement fébrile prononcé, qui ne se montre I pas dans la colique néphrétique.

[ Les mêmes considérations sont applicables au diagnostic différentiel de la colique i néphrétique et de la py élite, sauf que cette dernière comporte aussi la présence ede sang et de graviers dans l’urine. Mais l’examen de cette excrétion fera aussi i reconnaître les débris épithéliaux, le muco-puset le pus dans l’urine de la pyélite. ID’ailleurs, si l’on se reporte au souvenir des causes, on pourra s’attendre h renceontrer les deux affections existant simultanément, la colique intervenant dans le c cours de l’inflammation du bassinet et des calices. C’est effectivement ce qui a lieu. En pareil cas, les caractères que nous avons posés feront aisément reconnaître ce qui appartient à chacune.]

Serait-il plus facile de confondre avec l’affection qui nous occupe un simple lumbago ? Les cas dans lesquels il pourrait en être ainsi sont du moins extrêunement rares. La douleur du lumbago est toujours moins violente que celle de la colique néphrétique ; elle est continue, exaspérée par les mouvements qui i nécessitent la contraction des muscles lombaires, mouvements qui n’exaspèrent ipas sensiblement les douleurs néphrétiques; enfin on les observe des deux côtés, ttandis que ces dernières n’ont presque jamais pour siège qu’un seul côté des voies i urinaires.

Les névralgies lombo-abdominales sont quelquefois caractérisées par de vives douleurs qui, partant de la partie inférieure de la colonne vertébrale, se portent 'vers 1 hypogastre, et même vers le testicule ou la grande lèvre. Cette douleur se

i distingue delà douleur néphrétique par l’absence de toute excrétion antérieure de ^graviers, par la liberté et la netteté de l’excrétion urinaire, par les points douloun eux qui caractérisent la névralgie lombo-abdominale, et qui sont principalement • exaspérés par la pression. Ces points douloureux ont leur siège, ainsi que nous 1 avons démontré ailleurs (1): 1° sur les côtés de la colonne vertébrale; 2° un peu •au-dessus et vers la partie moyenne de la crête iliaque; 3° vers l’hypogastre, un |:peu au-dessus du pubis et en dehors de la ligne blanche; lxa enfin dans le testicule ou la grande lèvre. Il faut ajouter que le pouls n’acquiert aucun caractère Particulier, tandis que dans la coliquejnéphrétique il est déprimé, petit, misérable.

(I) Valleix, Traité des névralgies ou affections douloureuses des nerfs. Paris, i 84 1 pp. 431. ’

Nous ne dirons rien ici du diagnostic de la colique néphrétique et de la néphralgie , dont nous allons parler plus loin.

h' entéralgie, les coliques nerveuses , qui donnent quelquefois lieu à des douleurs très-intenses, pourraient être confondues avec la colique néphrétique; mais le siège de la maladie n’est pas le même, et l’absence de toute altération dans la sécrétion et l’excrétion urinaires vient lever toutes les difficultés.

Lorsque la colique néphrétique est causée par la présence* d’un gravier dans la partie droite des voies urinaires, on pourrait la confondre avec la colique hépatique, d’autant plus que la cause des accidents néphrétiques et hépatiques étant la même, les symptômes principaux sont à peu près identiques. L’état des urines, qui sont rares, excrétées goutte à goutte, avec un sentiment d’ardeur, dans la colique néphrétique, ne se retrouve pas dans la colique hépatique; la rétraction douloureuse du testicule, l’engourdissement de la cuisse, sont encore des phénomènes propres à la première de ces deux affections. Et, d’un autre côté, la colique hépatique présente, comme caractère distinctif, l’ictère qu’on remarque presque constamment.

Quant à la cystite aiguë, au psoïtis et à quelques autres affections qu’on a distinguées de la colique néphrétique, nous ne croyons pas qu’elles s’en rapprochent assez, soit par leur marche, soit par leurs symptômes, pour qu’il soit nécessaire de oser un pareil diagnostic.

TARLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC

1° Signes distinctifs de la néphr

COI.IQUE NÉPHRÉTIQUE

Douleurs excessives, du moins dans les exacerbations violentes.

Excrétions préalables de sable ou de gravier avec les urines.

Pouls faible, petit, misérable dans les exacerbations.

ile et de la colique néphrétique.

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