COMPOSITION
dans un tube u rinifère par sa portion cylindrique, l’extrémité aplatie faisant saillie an dehors.]
Ces calculs se trouvent ordinairement dans le bassinet et dans le calice; on en ,ia vu qui étaient à moitié engagés dans l’uretère, et, dans un cas, la partie engagée ( était longue et amincie, tandis que la partie restée dans le bassinet était aplatie, ce iqui donnait au calcul la forme d’un clou.
§ III. — Composition.
La composition des calculs est la même que celle des concrétions décrites à l’article Gravelle ; cependant il arrive quelquefois qu’on trouve dans les calculs voluiimineux plusieurs couches de composition différente. Toutes les espèces de calculs ^simples et homogènes peuvent prendre naissance dans le rein, et en y séjournant I passer par tous les changements de nature et d’aspect qu’ils subissent dans la vessie, lil faut seulement savoir que ces changements sont beaucoup plus rares dans le rrein.
La plupart des calculs ont la structure stratifiée, et la coupe fait apercevoir des rconches concentriques, toutes composées de même substance, comme dans la figure 97, ou disposées autour d’un noyau de substance différente de celle des
Fie. 97. — Calcul d’oxalale de chaux. (Beale, FlO. 98. — Calcul de phosphate, noyau d’acide
pl. XXIV, fig. 124.) urique. (Beale, pl. XXV, iig-, RU.)
(couches extérieures (fig. 98), ou encore alternant entre elles, quant à leur composition chimique (fig. 99).
Quelques calculs ont plusieurs noyaux, comme celui qui est représenté dans la i ligure 100 ; d autres, au lieu de couches stratifiées, présentent une masse amorphe "«u cristallisée autour d’un noyau de composition variable (fig. 101, 102 et 10.°,).
1 Cette dernière figure a rapport a un calcul de cystine : c’est la disposition que présente presque toujours cette substance. Enfin, à la place d’un noyau central, on rouve quelquefois une cavité qui atteste que la concrétion a eu pour origine un caillot; celui-ci s’est ensuite desséché et laisse une sorte de géode (fig. 104).
La dureté et la couleur des calculs varient : ceux qui sont formés d’acide urique
sont durs, jaunes ou jaune rougeâtre à la coupe, leur surface est lisse ou prèsentan quelques aspérités (fig. 105 et 106).
Fig.’ 99. — Coupe d’un calcul alternant d’oxalate et d’acide urique. (R. Leroy d’Étiolles, fig. 04, P. 113.)
Fig. 100. — Calcula noyaux multiples, pris dans une gangue d’urate disposée par couches concentriques. (Leroy d'Etiolles fils, fig. 57, p. 109.)
Fig. 101. — Calcul de phosphate.
Acide urique, noyau d’oxolate de chaux. (Beale, pl. XXV, fig. 133, p. 455,)
FtG. 102. — Phosphates cristallisés autour d’un noyau d'urate d’atnmoniaque. (Leroy d’Etiolles (1), fig. 54, p. 107.)
Fig. 103. — Petit calcul fragmenté de cysline, ayant un noyau très-apparent, formé d'urate d'ammoniaque, disposé en petits cristaux brillants et minces.
Fig. 104. — Calcul à cavité. (R. Leroy d’Etiolles, fig. 72, p. 178.)
Les concrétions phosphatiqties sont plus tendres et en général blanches ou blanc grisâtre ; celles d’oxalate de chaux brunes, ou brun foncé, comme le tabac ou le
(1) Voy. Leroy (d’fttiolles), Comptes renlui des séances et Mémoires delà Société de biologie , mai 1863.
CALCULS RÉNAUX. — SYMPTÔMES.
mai
arc de café, très-dures et, le plus souvent, d’une irrégularité de surface qui
légi-
Fig. 105. — Pierre d’acide urique en forme d’œuf uu peu aplati. (Leroy (d'Étiolles), fig. 33, p. 125.)
Fto. 1 06. — I ierro vésicale composée d’acide urique pur. (Leroy (d’Etiolles), fig. 32, p. 123.)
lime l’appellation de calculs muraux qu’on leur a donnée (fig. 107 et 108).
FlC. 107. Petit calcul extrêmement dur, à forme Fin. 108. — Calcul mural. (Bcale,
sphérique et à granulations mamelonnées. (R. Leroy pl. XXV, fig. 129.)
d’Etiolles, fig. 37, p. 129.)
[Les calculs de cystine, dont Leroy (d’Étiolles) fils possède six échantillons, oui une coloration jaunâtre se rapprochant de celte de la cire vierge. On a, cependant, deux fois trouvé la cystine tout à fait blanche et d’autres fois verte. Sa cassure a un aspect brillant, micacé; on y distingue des aiguilles* prismatiques. Ues calculs sont plus communs chez les femmes que chez les hommes.
Leroy (d’Étiolles) fils a vu un calcul vert-olive et un bleu, colorations fort rares. Les pierres du rein sont souvent colorées en noir à l’extérieur pour avoir longtemps été baignées par du sang.]
§ IV.— Symptômes.
Un calcul rénal très-volumineux peut exister longtemps dans le rein sans déterminer aucun symptôme. Les auteurs en ont rapporté d’assez nombreux exemples. Mais ordinairement on observe des douleurs plus ou moins vives, occupant la région rénale et augmentant souvent, d’une manière extrêmement marquée, dans les mouvements brusques, pendant la course, dans l’équitation, et surtout en voiture: ces douleurs se transforment souvent alors en véritables coliques néphrétiques. En pareil cas, tantôt le calcul se déplaçant, une de ses aspérités irrite violemment la
-MALADIES DES VOIES ( i É N ITO- U Kl NA I R ES .
substance renale, et tantôt ce corps étranger, s’engageant dans l’uretère, distend
considérablement le conduit et arrête le cours de l’urine ainsi que 1 évacuation de la matière purulente.
Les symptômes de la pyélite, d’abord aiguë, puis chronique, des hématuries à des époques variables, et, au bout d’un temps indéterminé, l’inflammation profond!! du rein, sa destruction, le dépérissement , la fièvre hectique qui en est la suite, complètent le tableau de ces symptômes.
[ Dans le cas observé par Coulon, les signes de cachexie étaient tels qu’on avait cru devoir diagnostiquer un cancer du rein, les symptômes propres du calcul rénal étant bornés à la douleur lombaire. Dans le cas de Moutard-Martin, il y avait apparence de cachexie albuminurique : il est, d’ailleurs, assez fréquent que les désordres du rein déterminent sur cet organe un certain degré de la maladie de Bright. ]
il se joint souvent à ces accidents ceux de la pierre dans la vessie, car il n’est pas i ai e que celte dernière affection soit la conséquence de la tendance aux concrétions urinaires qu’on observe dans le rein.
§ V. — Marche, durée, terminaison.
La marche de la maladie est plus uniforme que dans la gravelle, c’est-à-dire que les symptômes existent d’une manière plus continue, et que lorsque les calculs ont atteint un certain volume, on n observe pas des améliorations aussi notables que dans le cas de simples graviers ; mais les exacerbations, et par suite la colique néphrétique, ne laissent pas de donner aux calculs rénaux un caractère d’intermittence irrégulière.
§ VI. — Lésions anatomiques.
Cette affection cause la mort en déterminant les lésions profondes que nous avons eu bien des fois l’occasion d’indiquer jusqu’à présent, et sur lesquelles il serait peu utile de revenir ici. Delasiauve (1) rapporte un cas de calcul volumineux du rein gauche, qui détermina la fonte purulente de cet organe et la communication du foyer avec la cavité abdominale et l’intestin grêle. Dans le cas de Royer la mort eut lieu, en vingt-cinq jours de maladie, avec des vomissements et des concrétions.
§ VII. — Diagnostic, pronostic.
Les calculs peuvent exister à l’état latent, mais ordinairement il n’est pas trèsdifficile de reconnaître leur existence. Une douleur fixe dans une des régions lombaires ; l’exaspération de cette douleur sous l'influence des grands mouvements, et surtout des secousses; l’hématurie peu abondante qui en est parfois le résultat; enfin la présence ordinaire ou fréquente d’une certaine quantité de pus ou de muco-pus dans l’urine, serviront à fixer le diagnostic.
Lorsqu’il survient un abcès, une tumeur des reins , des accès de colique néphrétique, le diagnostic est tel qu’il a été présenté dans les articles précédents.
(1) Delasiauve, Bulletin de ta Société médicale des hôpitaux de Paris , séance du 2G février
CALCULS RÉNAUX. — TRAITEMENT.
g VIII. — Traitement.
Concrétions urinaires ayant leur siège dans les reins. — Les moyens dont il va être question s’appliquent en même temps à la gravelle et aux calculs proprement dits, mais non aux accidents de colique néphrétique qui résultent de l’action de ces corps étrangers sur les reins ou sur les uretères.
Il est un certain nombre de médications qui sont administrées sans qu’on tienne compte de la composition des concrétions ; nous commencerons par l’étude de ces moyens. Nous ferons ensuite connaître ceux qu’on a dirigés particulièrement contre les graveiles urique et phosphatique, et nous dirons un mot du traitement de la gravelle oxalique et de la gravelle cvstique. En effet, depuis que les chimistes ont lait connaître les différences très-réelles qui existent au moins entre la gravelle acide et la gravelle alcaline, ainsi que les théories qui en expliquent le mieux la pathogénie au point de vue de la chimie animale, les thérapeutistes ont dû conformer leur manière d’agir aux différences d’indications qui ressortaient des caractères respectifs de chaque espèce de gravelle, et approprier le régime et le traitement des malades à ces indications assez plausibles.
1" Moyens dirigés indifféremment contre toute espèce de calcul rénal ou de gravelle. — Si le sujet est vigoureux, sanguin, pléthorique, beaucoup de médecins, et en particulier ceux qui regardent 1 irritation comme une des principales causes de la gravelle, conseillent de tirer une certaine quantité de sang, soit par la saignée générale, soit plus ordinairement par l’application des sangsues et des ventouses scarifiées. Cette partie du traitement n’est applicable qu’à un nombre de cas limités, ceux dans lesquels l’irritation est évidente.
Les boissons abondantes sont universellement recommandées afin d’introduire dans 1 économie une grande quantité de liquide aqueux : par ce seul fait, d’une part, 1 urine se trouvant a un moindre degré de concentration, les parties solides lestent plus facilement en dissolution ; et de l’autre, l’activité des reins se trouvant augmentée, le sable et les graviers sont plus facilement et plus promptement expulsés.
L eau simple peut, par conséquent, être mise en usage dans ce but ; les anciens auteurs, et en particulier Mead, recommandaient de ne boire que de l 'eau de i ivière, pensant que les eaux de source et de puits, qui contiennent des sels, devaient favoriser la formation de calculs ; ces idées n’ont plus de crédit.
Le plus souvent on a recours à diverses infusions diurétiques, les tisanes de racine de fraisier, de chiendent, de queues de cerises, de lierre terrestre , de • Var té taire, de busserole, de pareira brava (recommandée par Geoffroy).
[ U va. ursi ou busserole. C’est un agent excito-moteur des fibres musculaires ce la vie organique; il produit sur les voies urinaires et sur l’utérus une action . analogue a celle de 1 ergot de seigle, sans déterminer toutefois, comme cette dernièie substance, ces contractions toniques de l’utérus, si pénibles pour la mère et | peut-être si graves pour l’enfant. (De Beauvais) (1),
L uva ai si, en augmentant la sécrétion de l’urine, en facilitant son excrétion,
(1) De Beauvais, Considérations thérapeutique. Paris, 1858).
pratiques sur l'emploi de l'uoa ursi [Bulletin général de
peut favoriser l’expulsion des petits calculs qui se développent dans les reins, les uretères cl la vessie.
Mais il y a plus. Selon de Beauvais , la busserolc agit surtout par une excitation puissante des fibres de la vie organique, excitation qui rend la force, l’activité contractile aux organes relâchés, affaiblis ou même obstrués en partie par un corps hypertrophié comme la prostate, ou par la présence d’un calcul ? Il y a donc là spécificité d’action, spécificité due à un principe inconnu, non défini encore, comme Pergotine, que des analyses plus attentives arriveront sans doute à dénommer. Dans un cas de cystirrhée, compliquée d’une tumeur cancéreuse de l’urèthre, Honoré, médecin de l’IIôtel-Dieu, conseille à une femme de cinquante ans de prendre comme diurétique Vuva ursi. Les urines augmentèrent, devinrent faciles; mais, au bout de vingt-quatre heures, la malade fut obligée de cesser le médicament, en raison d’un ténesme, et de douleurs de poussemenls, disait-elle, intolérables, comme si elle accouchait. ^
Vuva ursi possède, à coup sûr, la propriété de faire contracter les fibres de la vessie comme celles de l’utérus. Cet effet est très-variable, plus ou moins prononcé selon les divers sujets et selon l’état particulier d’irritabilité acquise ou propre, plus ou moins développé, des organes génito-urinaires. Tantôt une dose de 1 grain, suffit ; tantôt ce n’est qu’à l’aide d’une dose triple et même décuple qu’on obtient la contraction des fibres musculaires de ces organes, ou bien en continuant régulièrement pendant un certain temps l’ingestion fractionnée de cette substance, soit en nature et en poudre, soit en infusion ou en décoction. Nos prédécesseurs préféraient la décoction.
Quant au mode d’administration de Vuva ursi, il est très-simple et n’expose à aucun danger. On peut prescrire ce médicament en poudre, en infusion théi forme ou en sirop, selon les formules suivantes :
1° Poudre d'uva ursi.
if Feuilles de busserole 8 gram. I Sucre blanc 8 gram.
Camphre 30 centigr. |
Mêlez et faites douze paquets, à prendre quatre dans la journée.
2e Tisane < Vuva ursi.
% Feuilles d’uva ursi 1 gram. | Eau bouillante q. s.
Pour une tasse d'infusion théiforme, une tasse toutes les heures jusqu’à effet.
On peut aussi verser 1000 grammes d’eau bouillante sur 16 grammes de feuilles.
3° Sirop d’uva ursi.
■jf Uva ursi 90 gram. I Sucre blanc 1000 gram.
Eau bouillante q. s.
Concassez grossièrement les feuilles d 'uva ursi, placez-les dans l’appareil à déplacement; versez l’eau bouillante.
Après douze heures de macération en vase clos, recueillez la colature ; filtrez et faites avec le sucre un sirop par simple solution, en vase clos et à la chaleur du bain-marie.
Nous devons prévenir que ce médicament est souvent sophistiqué.
On donne fréquemment les feuilles sèches de V airelle ( Vaccinium vitis idœa) ou celles du buis ( Buxus sempervirens) pour celles de VArbutus uva ursi. Cette
CALCULS RÉNAUX. — TRAITEMENT.
substitution frauduleuse, qu’il importe de connaître, peut expliquer la diversité des opinions sur les effets de cette plante. On découvrira cette sophistication aux caractères suivants : les feuilles du vaccinium , ou airelle ponctuée, sont plus minces, à bords roulés, non échancrées au sommet, blanchâtres et parsemées à la face inférieure de points bruns, tandis que celles de la busserole sont d’un vert pur, obovées, fermes et coriaces, et comme chagrinées sur leurs deux faces. Les feuilles du buis (euphorbiacées) se distinguent par leur forme oblongue-ovale, leur échancrure au sommet, leur surface lisse , par leurs nervures longitudinales et trans-
versales.-(Racle.)]
Il est une substance qui a été regardée comme ayant une efficacité toute particulière dans le traitement de la gravelle : c’est le suc des jeunes pousses de bouleau. Van Helmont etBoyle, cités par Boerhaave (1), disent que fe suc exprimé de ces pousses coupées au printemps, lorsqu’elles n’ont encore que trois travcis de doigt de long environ, et donné à la dose de quelques cuillerées par jour, a été tièsutile aux calculeux. Il faut ajouter que le suc est acidulé, et que par conséquent on pourrait le regarder comme plus approprié au traitement de la gravelle où
domine le principe alcalin, qu’à tout autre.
Térébenthine. — La térébenthine a été donnée par un bon nombre dauteuis depuis Meibomius, comme calmant la colique néphrétique, mais aussi comme pouvant faire disparaître les concrétions urinaires. Lutheritz I a surtout préconisée, et voici comment A. G. Richter (2) l’administre :
' 'if Térébenthine de Venise .. . 2 gram. I Extrait de réglisse 12 gram.
Savon médicinal 12 gram. |
Mdlez. Faites des pilules do 10 centigrammes. Dose : de dix à quinze par jour.
Les bains ti'edes prolongés agissent dans le même sens que les boissons abondantes.
Civiale recommande les applications émollientes pour combattre 1 irritation qui, selon lui, est la principale cause de la gravelle.
Diurétiques. — Le principal effet des boissons précédentes étant de rendre les urines plus abondantes, c’est comme diurétiques qu’elles agissent réellement; mais il est d’autres substances dont la vertu diurétique est plus marquée.
Les diurétiques employés contre la gravelle ne l’ont jamais été à des doses trèsconsidérables. Ainsi le nitrate de potasse , que l’on fait ordinairement dissoudre dans la tisane de chiendent , est administré à la dose de 50 à (50 centigrammes.
Comme diurétique, la bière légère (Ségalas), le vin de Champagne étendu d’eau, ont quelque effet dans le traitement de la maladie.
Dans la crainte que des troubles marqués des digestions ne viennent aggraver l’état du malade, Magendie propose de donner ces boissons à la glace. Elles sont mieux supportées à cet état.
Moyens divers. — Quelques autres moyens applicables à toutes les espèces de gravelles ont été proposés.
(1) Boerhaave, Elemenla Chem., t. II.
(2) A. G. Richter, Specielle Thérapie , herausgegeben von G. A. Richter, 1822-1824,
Le copahu a été recommandé par Chrestien (1), uni à la décoction de café crv. Le traitement est dirigé de la manière suivante:
if Baume de copahu \
lariue de froment > aa parties égales.
Gomme arabique I
Faites des pilules de 30 centigrammes. Dose : six le matin et six le soir.
Immédiatement après avoir pris les pilules, on doit boire une grande tasse de la décoction suivante :
if Café cru 30 semences entières.
Faites bouillir pendant une demi-heure dans :
Eau commune 2 litres.
Dans la journée, ou prend une tasse de cette décoction.
Ce traitement, d’après Chrestien, doit être continué pendant plusieurs années ; ce ne serait pas sans doute une petite difficulté pour le médecin que d’engager le malade a se soumettre h une pareille médication pendant si longtemps.
Roques (2) a également vanté les bons effets du café contre la gravelle.
l oy (3) a cité un cas de guérison de gravelle urique chez un goutteux par l’usage journalier de cette substance.
Levrat-Perroton (h) a vanté les bons effets du Marchanda conica (hépatique des fontaines). Cette plante, administrée aussi par Gensoul, se donne en décoction concentrée , à la dose d’un litre et demi h deux litres par jour, dans la dysurie dépendant de la présence des graviers et dans la colique néphrétique.
En Italie, on emploie, ainsi qu’on l’a vu plus haut, comme lithontriplique, les gouttes de Palmieri (5), dont nous reproduisons ici la formule :
if Fleurs de soufre 30 gram.
Faites bouillir dans :
Eau de goudron 500 gram.
Mainlenez l’ébullition jusqu'à ce que la liqueur ait pris une belle couleur rouge-rubis. Décantez et conservez pour l’usage. Dose : de quinze à vingt gouttes comme moyen curatif, el dix gouttes comme préventif.
Nous citerons l’usage du miel pris à la dose de ùOO grammes par semaine, recommandé par Pringle. Quelques médecins, et entre autres Civiale, ont conseillé les sudorifiques ; mais la plupart des auteurs proscrivent ces médicaments, parce qu’il y aurait contradiction à exciter la transpiration chez des sujets dont on veut rendre les urines plus abondantes.
On peut admettre que, dans les cas où les urines contiennent un dépôt considérable d’acide urique, une perte plus ou moins considérable, par la transpiration, des acides contenus dans le sang, peut avoir un bon effet.
On a encore prescrit les eaux sulfureuses en boisson et en bains, les bains, froids , les douches de vapeur , etc.
(1) Chrestien, Revue médicale , octobre 1836.
(2) Roques, Bulletin cle thérapeutique.
(3) Foy, Bulletin général de thérapeutique, 15 mars 1848.
(4) Levrat-Perroton, Revue médicale , novembre 1845.
(5) Vov. Bulletin général de thérapeutique , 30 septembre 1849.
CALCULS liÉNAUX. — THAiTEMLNT.
Borsieri (1) conseille aux malades de ne pas se coucher du côté du rein affecté , afin de prévenir la formation des concrétions , en mettant l’organe dans une position moins déclive, et ea facilitant l’écoulement de l’urine, ce qui entraîne les concrétions et les empêche d’acquérir un volume notable. Il est plus que douteux qu’on atteigne ce but par ce moyen mécanique.
La recommandation que fait Magendie de se livrer à la marchez t à Y équitation, n’a pour but que de faire détacher les graviers avant qu’ils soient trop gros, et n’est qu’un moyen préventif de la colique néphrétique.
Régime. — Malgré les opinions si diverses émises par les auteurs sur l’influence du régime , ils s’accordent tous à prescrire les aliments succulents, les viandes noires, les liqueurs alcooliques. Ceux qui, avec Magendie, regardent le régime succulent et les boissons alcooliques comme la principale cause de la gravelle, ont dû naturellement recommander un régime opposé, et ceux qui, avec Civiale, n’accordent pas d’influence réelle au régime, ont trouvé dans l’irritation qui, suivant eux, occupe le rein, un motif suffisant pour adopter cette pratique. C’est donc une manière de voir unanime que chez les sujets atteints de gravelle on doit recommander aux malades de se nourrir de viandes blanches, de poisson, de légumes, de manger peu, et de se priver de boissons alcooliques. Quelques médecins veulent même qu’on supprime entièrement tout aliment contenant de l’azote, et qu’on se soumette à un régime purement végétal. Lobb (2) avait déjà insisté sur l’utilité du régime végétal. Cette prescription est sans doute trop rigoureuse; car l’influence du régime sur la production des concrétions urinaires, n’est pas due à la simple présence de l’azote dans les aliments.
2° Moyens dirigés particulièrement contre lu bravciic urique. ■ — Lorsque les analyses chimiques ont fait parfaitement connaître la composition des concrétions urinaires, on a pu croire qu’il allait devenir facile de diriger contre chacune de leurs espèces des moyens appropriés qui en triompheraient facilement, et la gravelle acide sembla devoir céder toujours à l’usage des boissons alcalines.
Magendie (3) et Darcet (û) attirèrent d’une manière particulière l’attention sur le traitement alcalin de la gravelle urique, puis plusieurs autres rapportèrent des faits et des expériences en faveur de cette médication ; mais c’est Ch. Petit (5) qui a principalement insisté sur l’utilité de la médication alcaline qu’il a employée très-fréquemment à Vichy. Suivant lui, les calculs d’acide urique, même volumineux, sont dissous, sur le vivant, après avoir été transformés en urales solubles. Or ces faits ont été vivement critiqués par Civiale, et surtout par J. Leroy (d’ÉtioIles), qui a démontré que la plupart des faits cités par Ch. Petit manquaient des conditions nécessaires pour établir la conviction ; que dans beaucoup la présence du calcul il avait pas été suffisamment constatée ; que jamais on ne les avait mesurés exactement, et qu enfin les améliorations éprouvées par les malades s’ob-
(1) Borsieri, Institutiones med. pràct., t IV: De nephralgia.
(2) Lobb, A treatise on dissol. of a Stone, etc. London, 1739.
(3) Magendie, Recherches sur lu gravelle. Paris, 1828.
(à) Darcet, Annules de chimie et de physiijue, 1826.
(5) Petit, Du traitement médical des calculs urinaires, etc. Paris, 1835; — Nouvelles observations de guérison des calculs urinaires au moyen des eaux thermales de Vichy. Paris 1 837 ; — Du mode d’action des eaux minérales de Vichy, et de leurs applications thérapeutiques,etc. Paris, 1850, p. 153 et suiv. 1
servent lous-lcs jours sous l'influence d’une autre médication, et même en l’absence de toute médication.
D’un autre côté, J. Leroy (d’Étiolles) a cité plusieurs cas dans lesquels les alcalins pris à l’intérieur ont été complètement inutiles, et, ce qui est bien plus grave, d’autres où ce traitement a été nuisible. Cet auteur a, en effet, constaté la présence du carbonate de chaux, formant une ou plusieurs couches, sur des calculs composés d’autres substances, et il a montré que ces couches, que Ch. Petit regardait comme une preuve de l’action dissolvante des eaux alcalines, étaient dues, non à la décomposition de la partie la plus superficielle des calculs, mais bien au dépôt des sels terreux contenus dans les urines et précipités par l’alcalinisation de cellesci; d’où il suit que les calculs avaient augmenté de volume sous l’influence du traitement. Bouchardat a été conduit aux mêmes résultats, en examinant des calculs avant et après le traitement par les alcalins. Enfin on a cité des faits où il a été permis de penser, quoiqu’on n’en ait pas eu la démonstration directe, que la médication alcaline avait été la cause efficiente et unique de la formation des calculs.
Il est incontestable que, sous l’influence de la médication alcaline, les urines deviennent alcalines, et que la sécrétion urinaire est notablement augmentée. Cependant le traitement dirigé contre la gravelle urique est à peu près le même que celui qu’on oppose à la gravelle phosphatique ; et ce fait seul, malgré les explications qu’on a données, prouverait que l’action des alcalins n’est pas aussi sûre qu’on a voulu le dire.
[Il y a certainement eu dans le débat relatif à l’emploi des alcalins pour le traitement de la gravelle acide, plus d’une méprise, volontaire ou involontaire. D’abord il faut convenir, avec Liebig, que les réactions qui s’accomplissent dans l’économie ne sont point assimilables aux résultats du laboratoire : par conséquent, on n’a rien prouvé, dans la question qui nous occupe, quand on a démontré qu’un calcul acide se dissolvait dans un courant d’eau alcaline, en dehors de l’individu vivant. De plus, on a probablement négligé souvent de faire la distinction entre la présence actuelle de graviers ou calculs, et la diathèse : le traitement alcalin agit sur les premiers, mais ne déracine pas la seconde, suivant l’expression de Durand- Kardel(l). Telle est la puissance de la diathèse, que R. Leroy, d’Étiolles (2), a observé, chez un goutteux de soixante et dix ans, la gravelle urique alternant avec la gravelle de phosphate de chaux et de magnésie : ce qui explique la formation de calculs malgré l’usage des eaux et quelquefois à la faveur de celles-ci. Enfin, il n’est pas exact de dire, avec Valleix, que les mêmes moyens sont opposés à la gravclle urique (acide) et à la gravelle phosphatique (alcaline) : nous verrons tout à l’heure que les eaux qui conviennent pour cette dernière ont quelques propriétés notablement différentes de celles que l’on administre dans la gravelle acide.]
Alcalins. — Le carbonate de chaux a été administré à l’état de poudre de coquille d’huître, de coquille d'œuf, suspendue dans diverses boissons. Des remèdes secrets qui ont joui d’une très-grande réputation, comme celui de mademoiselle de Stephens, avaient pour agent principal ce sel terreux.
(1) Durand-Fardel, Le Bret et Lefort, Dictionnaire général des eaux minérales, etc. Paris, t. II, 1860.
(2) R. Leroy (d’Étioltes), Transformation alternative de la gravelle (Soc. mèd. dudép. de la Seine, et Gazette hebdomadaire de médecine, 1862, p. 632).
CALCULS RÉNAUX. — TRAITEMENT.
Les carbonates de soude et de /jutasse avaient déjà été recommandés par Basile ' Valentin, chimiste du xv° siècle. Plus tard, on prescrivit la lessive des savonniers étendue d’eau; aujourd’hui, nous avons de nombreuses formules où i entrent ces substances. C’est le carbonate ou plutôt le bicarbonate de soude dont < on fait le plus souvent usage. Voici une préparation recommandée par A. Robiquet :
gf Bicarbonate de soude cristallisé. 8 gram. | Eau .VOOO grain.
Faites dissoudre. Dose : un ou deux litres dans les vingt-quatre heures.
Si cette boisson non édulcorée excitait de la répugnance, on pourrait prescrire I la suivante :
'if. Bicarbonate de potasse cristallisé, de 2 à 8 grammes progressivement.
Teinture de vanille 1 gram.
Sirop de sucre Eau
60 gram.
1000 grain.
A prendre par tasses dans la journée. 11 est recommandé d en boire de deux à quatre lities par jour.
On peut rendre la boisson gazeuse en employant la formule analogue à celle de la potion de Rivière :
If Bicarbonate de soude. . . 100 gram. 1 Sucre en poudre 200 grain.
Acide tartrique pulvérisé . 60 gram. | I
Mêlez et conservez dans un bocal bouché. Trois ou quatre fois par jour, on met une cuillerée à bouche de ce mélange dans un verre d eau, et on le boit au moment de 1 effet vescence.
Les eaux minérales alcalines, comme celles de Vichy, de Bussang, de Gailsbad, etc., ont une réputation plus ou moins grande pour le traitement des concrétions urinaires.
[Vais, le Boulou, Vic-sur-Cère, Vic-le-Comte, Ems (1), conviendraient également; Contrexéville, Pougues, Saint-Alban, Sail, eaux moins minéralisées, sufliraient dans certains cas. On sait que les eaux de Vichy représentent le type des bicarbonatées sodiques. C’est surtout aux sources de la Grande-Grille et des Célestins que l’on adresse les graveleux (Durand-Fardel). Pendant le traitement, il y a souvent des graviers rendus, quelquefois avec colique néphrétique. L urine devient neutre ou alcaline ; cette dernière qualité est celle que l’on se propose d’obtenir.
Roberts est partisan de la médication alcaline dans les cas de calculs d acide urique (lesquels sont cinq fois sur six ceux qu’on trouve dans le rein et à l’état de pureté); ses expériences le portent à repousser ces moyens de la cure de la gravelle d’oxalate de chaux. Le traitement est inapplicable toutes les fois que l’urine est primitivement alcaline, et devrait être suspendu si, pendant l’usage des eaux, elle devenait ammoniacale : dans ce cas, en effet, il se précipite des phosphates terreux qui encroûtent la concrétion urique et la rendent inattaquable aux alcalins. ]
Lorsque la quantité considérable de boissons qu’exige ce traitement ne peut pas
(1) Durand-Fardel, Le Bret, Lefort, Dictionnaire des eaux minérales et d’hydrologie médicale. Paris, 1860.
être supporte, on recommande de donner à l’état solide les substances alcalines {[ui ont été indiquées plus haut. Ou peut prescrire '.
Tf Bicarbonate de soude 2 grain, j Sucre en poudre gram.
Prendre trois ou quatre Cois par jour cette dose par paquet, dans du pain à chanter.
t 0n ne doit ()as atte«dre du médicament administré de cette dernière manière d aussi bons résultats que des boissons alcalines abondantes, par la raison que ces dernières introduisent dans l’économie une grande quantité de liquide. Cependant ainsi que le fait remarquer Marcet, outre leur action chimique, les alcalins ont celle d exciter la sécrétion urinaire, et se rapprochent ainsi des diurétiques.
On a eu recours à d’autres substances ayant les alcalis pour base, comme le turtrnle députasse et le borate de soude, llulme (1) employait un traitement dont le tartrale de potasse était la base, et (pii est ainsi composé :
Quatre fois par jour, et à des intervalles égaux, administrez la solution suivante :
y 1 artrate de potasse.. ,. 75 cenligr. | Eau pure 120 gram
Dissolvez. A prendre en une fois.
Immédiatement après, faites prendre au malade :
y Eau pure 150 gram. | Acide sulfurique faible 20 gouttes.
Ce traitement doit être continué pendant trois ou quatre semaines. S’il survenait une irritation de la vessie, il faudrait suspendre ces moyens pendant quelques jours et donner des émulsions. On doit entretenir la liberté du ventre. Ne permettre pour boisson que de l’eau additionnée d’un peu de vin blanc.
llulme a cité comme démontrant l’efficacité de ce traitement un sujet qui, étant mort après avoir pendant quelque temps été soulagé des douleurs que lui causait une affection calculeusc, avait encore dans la vessie un grand nombre de calculs qui n’avaient subi, rien ne le prouve du moins, aucun commencement de dissolution. AVœhler, Gméiin, Chelius, ont également recommandé le tartrate de potasse, acide ou neutre.
Quant au borate de soude , rien ne prouve que son action ail quelque chose de spécial.
Les alcalins sont encore administrés sous forme de bains. On prescrit soit les bains d’eaux thermales pris à Ja source, tels que les bains de Vichy, de Carlsbad naturels et artificiels , soit tout simplement cette solution de carbonate de soude :
y Eau q. s. pour un bain. j Carbonate de soude 200 gram.
Dissolvez.
Acide benzoïque. — Nous ferons encore connaître un moyen indiqué par Ure ; ce moyen consiste dans l’administration de l 'acide benzoïque ou d’un benzoute solid)le. L’urine des sujets auxquels on fait prendre de l’acide benzoïque ou un benzoale soluble renferme l’acide que contient l’urine du cheval et des autres animaux granivores, et que Liebig a nommé pour cela acide hippurique.
(1) llulme, A su fe and easy remedy proper for the relief of l/te S tune, etc. London,
CALCULS RÉNAUX. — TRAITEMENT.
Les sels que ce nouvel acide forme avec la soude, la potasse et l'ammoniaque, sont tous extrêmement solubles. L’hippurate de soude se dissout dans 2 parties d’eau à 60° F., tandis que l’urate de soude est presque aussi insoluble que l’acide urique lui-même, et qu’il ne faut pas moins de 4000 parties d’eau pour en dissoudre une de ce sel. L’hippurate d’ammoniaque est à peine moins soluble que l’hippurate de soude ; l’hippurate de chaux, le moins soluble de ces sels, l’est cependant encore dans 18 parties d’eau.
On doit administrer Y acide benzoïque avec le phosphate de soude qui facilite la solution de l’acide susnommé. On prescrit la mixture suivante :
"if Acide benzoïque 1 gram. I Eau distillée 125 gram.
Phosphate de soude 8 gram. | Sirop de sucre 30 gram.
A prendre en quatre fois dans la journée.
[Feuilles de frêne. — M allez (1) a communiqué à la Société de médecine pratique trois cas de succès obtenus dans le traitement de la gravelle urique par l’infusion de feuilles de frêne, à la dose de 15 à 20 grammes de feuilles par jour. Gaucher (2) a prétendu que les feuilles employées par Mallez ne provenaient pas du frêne commun ( Fraxinus excelsior j, mais du Fraxinus folio rolundiore , lequel produit la manne, médicament fort usité en Angleterre, depuis Sydenham, dans le traitement de la gravelle urique. ]
3° Moyens dirigés contre lu gravelle pliospliatique. — Darcet, prévoyant les objections que l’on pourrait adresser à l’emploi des alcalins dans la gravelle phosphatique, a dit qu’en pareil cas on obtenait, non une dissolution, mais une désagrégation des calculs. Or, cette désagrégation n’est nullement prouvée par les faits, et, en supposant qu’elle existe réellement, encore doit-on se demander si cette désagrégation dépend réellement de la composition chimique des boissons, ou seulement de leur grande abondance et de leur action sur la sécrétion urinaire.
Les boissons alcalines, les bains alcalins, doivent être administrés comme dans le traitement de l’espèce précédente, mais avec plus de réserve encore, puisque leur action chimique est plus contestable.
[Employer un même médicament pour dissoudre des concrétions de nature chimique différente et appuyer cette manière de faire sur des raisons empruntées . à la chimie, serait, comme le pense Yalleix, un paradoxe thérapeutique, si c’était,
■ en effet, exactement la conduite des praticiens ; mais il n’en est pas tout à fait ainsi.
D’abord, en traitant la gravelle phosphatique, c’est, en général, moins la dissolution d’un calcul que l’on recherche que la guérison d’un catarrhe de la vessie,
1 dont cette gravelle est rarement isolée (Durand-Fardel), ou le remède à des langueurs de la digestion, à un épuisement nerveux, qui sont les raisons d’être ordi- ; naires de la présence de ces graviers (Golding-Bird). Ensuite, en ce qui concerne la cure des eaux, ce n'est point une classe quelconque d’eaux alcalines que l’on i conseille : les eaux bicarbonatées sodiques doivent être ici remplacées par les sul-
(1) Mallez, Emploi de la feuille de frêne contre la gravelle ( Gazette des hôpitaux, 1861, I p. 11, et Soc. de mëd. pratiq., 8 novembre 1860).
(2) Gaucher, Emploi, etc. {Société de médecine pratique, 6 décembre 1860, et Gazette des hôpitaux, 1861, p. 76).
Va.llf.ix, 5e édit.
futées calciques, Vicliy par Conlrexéville. On devrait même préférer à Vichy, d’après Durand-Fardel, les sulfureuses dégénérées, la Preste, Molilg, Schlangenbad, Évian.
Legrand du Saillie, médecin aux eaux de ContrexéviUc (1), qui, dans maintes circonstances, a loué leur efficacité, leur a attribué l’expulsion d’un volumineux gravier de phosphate ammoniaco- magnésien, dans un cas de gravelle non soupçonnée. Patézon, médecin inspecteur des eaux de Vittel (2), préconise les eaux de Vittel, qui sont sulfatées calciques, ferrugineuses et magnésiennes. Comme celles de Contrexéville, selon ce praticien, ces eaux désagrègent les calculs rénaux en dissolvant la matière protéique qui leur sert de ciment. (On voit qu’eiles n’agissent pas sur la matière chimique elle-même.) Des graviers apparaissent alors dans l’urine, et le calcul s’engage dans l’uretère, où il provoque souvent la colique néphré-
frfue- ]
Acides. — Les médicaments qui sont particulièrement dirigés contre la gravelle phosphatique sont les acides.
Déjà Mascagni (B) avait vanté l’emploi de Y acide carbonique dans la gravelle. Plusieurs autres auteurs l’ont recommandé, et entre autres Priestley, Percival et Thénard. Ce dernier (ù) a surtout. insisté sur l’utilité de cet acide.
Les eaux gazeuses ont la propriété d’activer considérablement la sécrétion urinaire, et c’est sous forme d’eau gazeuse que l’on administre l’acide carbonique. V aurait-il, dans l’action de ce médicament, autre chose que l’effet diurétique?
Les eaux de Seltz, Y eau gazeuse artificielle , etc. , sont administrées à dose considérable, et l’on doit insister longtemps sur leur administration, car leur effet est nécessairement lent (5).
V acide hydrochlorique a été proposé. Ferro (6) et Copland recommandent de le donner à la dose de trente gouttes , trois fois par jour, dans une suffisante quantité d’eau. Hartmann (7) préconisait Y acide sulfurique , et Carendeffez les acides oxalique et phosphorique. Il est douteux que les acides puissent agir encore lorsqu’ils sont arrivés au rein.
Les acides peuvent fatiguer l’estomac et occasionner des troubles notables du côté des voies digestives.
Magendie, se fondant sur la facilité t)vec laquelle Y acide lactique dissout le phosphate de chaux, a proposé de l’employer dans le traitement de la gravelle blanche.
h° Moyens dirigés contre les gravellcs oxalique et d’oxyde cystlqae.
Suivant Magendie, il n’v a d’autre moyen à opposer à la gravelle oxalique que de discontinuer l’usage des aliments contenant de l’acide oxalique, et surtout fie
(1) Legrand du Saulle, Cystite chronique intense; prostatite légère; gravelle non soupçonnée et expulsion d’un très-volumineux gravier sous l’influence de l’eau minérale de Con-
"trexêvillè (Gazette des hôpitaux, 1859, p. 255).
(2) J. Patézon, Effet des eaux minérales de Vittel (Vosges) [Gazette hebdomadaire, j»oo,
(3) Voy. Hufeland’s Journ., t. IX.
(h) Thénard, Annales de chimie, t. XXXIX. ... , .
(5\ Y0y. Dictionnaire général des eaux minérales et d’ hydrologue medicale, de Durand-
Fardel, Le Bret et Lefort. Paris, 1800.
((,) Ferro, Ment, of the med. Soc. of London.
(7) Hartmann, Progr. de acid, vilrioli virt., etc. Erfuth, 1778.