CYSTITE CHRONIQUE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON
montrent pendant le cours d’un catarrhe vésical ; il est bien important de 11e pas 1 confondre ces frissons avec ceux d’une lièvre intermittente. Ces frissons peuvent >se montrer là comme dans toutes les affections des voies urinaires, soit qu’il y ait ; simple phlegmasie, soit qu’il y ait obstacle à l’émission de l’urine et sorte de
I résorption urineuse, soit par le fait du traumatisme du cathétérisme. En tout cas,
II erreur doit être évitée, et il 11c faut pas que le sulfate de quinine soit administré,
I par exemple, comme cela s’est vu si souvent, à des malades qui ont besoin d’être s sondés, ni continuer à pratiquer une opération comme le cathétérisme ou la lillio- 1 tritie, à moins d’urgence, chez un malade qui présente ces accès de fièvre avec frissons. Ces accès de fièvre sont en général fâcheux et quelquefois d’un pronostic absolument fatal. Civiale a étudié spécialement la fièvre uréthro-vésicale (1).
[Une conséquence heureusement rare, mais cependant démontrée par les faits,
1 que l’on peut observer à la suite de toutes les affections inflammatoires des voies j génito-urinaires, ce sont les paraplégies sur lesquelles R. Leroy, d’Étiolles (2), a I particulièrement appelé l’attention. Nous ne faisons que les indiquer ici pour comipléter notre cadre : 011 trouvera quelques détails sur leur mode de production et Heur symptomatologie au chapitre suivant, où ces développements seront plus logiquement placés.]
§ IV. — Marche, durée, terminaison.
La marche varie notablement selon les espôces'de cystites. Toui ce qu’il est permis de dire, c’est que la cystite chronique a une marche en général continue, dans laquelle on observe seulement quelques améliorations plus ou moins persistantes; 1 que la durée peut être d’un bon nombre d’années ; et qu’assez souvent on la voit 'se prolonger jusqu’à la mort du sujet, occasionnée par une autre maladie.
[ La cystite idiopathique, provenant des causes banales précédemment indiquées, l'Peut prendre, chez la femme réglée, suivant Bernadet (3), des allures de chrornicité remarquables qu’elle doit précisément à la fonction menstruelle. <c Au moimentdu travail sécréteur de l’ovule, dit l’auteur, les organes génitaux, la matrice, Mes ovaires, sont le siège d’une circulation plus abondante. Tous les vaisseaux du ‘ bassin participent à cette congestion active et la vessie en subit aussi l’influence. (C’est seulement ainsi que l’on peut rationnellement s’expliquer les rechutes con- 'Stanlcs et vraiment désespérantes qui entravent tout effort thérapeutique. » Les observations citées à l’appui de cette opinion sont d’ailleurs peu nombreuses, et unième l’une d’entre elles (obs. iv, p. Z18) semble tendre à l’infirmer.]
Abandonné a lui-même, le catarrhe vésical se termine souvent par la mort ; de nmême que quand cette affection est le résultat de lésions matérielles de la vessie ipioduites soit par un corps étranger, soit par des manœuvres violentes. Dans tous Mes cas, les affections qui peuvent survenir acquièrent un bien plus haut degré de Apavité de 1 état dans lequel les malades ont été placés par suite des progrès de la œystite. La terminaison par la guérison est difficile, mais non pas impossible On a iklil que celle terminaison peut se faire par métastase, c’est-à-dire qu’une autre
1. 1U CiV533 T,'ailé pratiqUe SUV le* Radies de s organe, génito-urinaires. Paris, 1860, '1856. Ra°Ul LC,'°y (d'ÉU°Ues)’ °eS paral,Jsies des membres inférieurs , ou paraplégies. Paris, ^ (3) Bernadet, Du catarrhe de ta vessie chez les femmes réglées, thèse de Paris, 1865,
Vallcix, 5e édit.
inflammation d’une muqueuse se produisant, la cystite chronique peut se dissiper presque instantanément. Il est beaucoup plus certain qu’elle passe quelquefois spontanément à l’état aigu et se termine par résolution.
§ V.— Lésions anatomiques.
Lorsque le malade a été enlevé par une autre affection avant que la cystite ait pu faire de grands progrès, on ne trouve pas de lésions anatomiques bien marquées : c’est un simple épaississement avec un ramollissement peu considérable et une rougeur peu vive de la muqueuse. Mais si la maladie a duré très-longtemps, cette membrane a acquis ordinairement une épaisseur très-considérable, ainsi que les tissus sous-jacents, et principalement la tunique musculaire, qui est considérablement hypertrophiée.
[Cette hypertrophie de la paroi s’accompagne souvent d une diminution plus ou mois considérable de la capacité de l’organe : dans les cas cités de Lebert, la vessie n’avait plus que 6 centimètres de diamètre dans tous les sens et sa paroi avait plus d’un centimètre d’épaisseur. La figure 109, empruntée à Crosse, donne une idée de cette double altération. ]
ElG. 109. — Hypertrophie des parois de la vessie avec diminution de la capacité de cet organe. On voit, en m, l’épaisseur delà paroi, et en n, la configuration irrégulière de la cavité rétrécie.
(Crosse, fig. 6.)
El G. 110. — a. Ligne de démarcation du col et de la surface vésicale, c, qui était d’un rouge très-foncé. Les parties teintées de cette surface, b b, étaient recouvertes d’une matière terreuse mêlée à de la lymphe plastique très-adhérente à la veSsie. — tld. Deux 'petits abcès de la prostate contenant aussi un dépùl calcaire amorphe. (J. Howship.)
CYSTITE CHHpNlQLIE. — LÉSIONS ANATOMIQUES. 611
C’est alors qu’on observe à la surface de la vessie ces lâches d’un rouge brun ou ardoisé qui annoncent une inflammation ancienne.
[Les ulcérations sont un état un peu plus avancé de ces désordres de la muqueuse : la figure 110 en reproduit un spécimen ; ces ulcérations sont quelquefois recouvertes d’une exsudation pseudo-membraneuse que Lebert (1) a reconnue, au microscope, être une substance granuleuse semblable à la diphthérite.
Avec ou sans ulcérations, la muqueuse peut encore présenter des éminences mamillaires de quelques millimètres de hauteur, vasculaires, à surface dépourvue d’épithélium (fig. 111). C’est là un mode de début habituel des altérations de la
FiG.H1. — Eminences fongueuses, mamelonnées, en dindrenls points delà ramollissement de la muqueuse (chez un vieillard). (Civiale, t. llf, ng. 1
vessie,
avec
i paroi vésicale connues sous le nom de fongus vésicaux (fig. 112) comme mwi ,i„ •genre particulier d’hypertrophie que l’on a appelé vessie d colonnes. ‘ '
. 11 recouverte (le J exsudation
(ppeudo-merataaueuse signal* précédemment ; d'autres fois, elle présente des | plaques isolées, grisâtres, qui sont de véritables eschares produites par une réten-
r , TrT;1’ ?"8 ’ n d“ m,df Calculs’ 0,1 Par '» compression due à la tête de 1 epfailt dans des accouchements laborieux.
La suppuration peut avoir lieu à la suite des inlla, notations violentes de la vessie "av, ale a cite des cas dans lesquels les parois étaient infiltrées de pus, d'autres où
(l) Lébert, Traite d'anatomie. pathologique générale et spéciale.
(rl'2 MALADIES DES YOIES^GÉNITO -URINAIRES.
le pus était eollecliouué eu foyers superficiels ou profonds et tendait à s’ouvrir tantôt dans la vessie, tantôt eu dehors. ]
Fig
1)2. — Fondus arborescente de la vessie avec hypertrophie du lobe moyen et augmentation de la capacité vésicale. (Civiale, t. III, lig. J.)
de la prostate
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Le diaqnostic de la cystite chronique est tout aussi facile que celui de la cystite ai^ue ; les seuls points sur lesquels il peut y avoir du doute sont de savoir si a ection s’est développée spontanément, ou bien par suite delà présence d un corps étranger ou bien encore sous l’influence d’une autre maladie des vo.es urinaires , et si toute l’affection est concentrée dans la vessie, ou s’il existe des complications du côté des reins, des uretères, de la prostate. Mais, d’une part, nous avons dans les articles précédents, fourni les éléments qui serviront à lever une partie de Ces difficultés, et, de l’autre, ce côté du diagnostic est presque exclusivement du
domaine de la chirurgie.
mous 11e saurions, toutefois, passer sous silence 1 emploi d un procédé d explo ration de la vessie fondé sur les mêmes principes que celui du laryngoscope et de l’onhthalmoscope dont le maniement doit être presque aussi familier aux médecins ou aux chirurgiens. Nous voulons parler de Y endoscope imaginé par Desormeaux (1)
, 01‘ l’exploration de l’urèthre, de la vessie et d’autres cavités à orifice rétréci. Cet nsin.me.1t (fig. 113) se compose essentiellement d’un foyer lumineux (lampe au gazogène' dont la lumière, réfléchie sur un miroir suffisamment incline, est pro- France par Intermédiaire d'une sonde et d'un mire n.obde, dont une
m Desortncaux, De H de ,e, applMta» au ***** 1 « ‘'-aitement de,
affections de l’urèthre et de lu vessie. Puas, 18bo.
CYSTITE CHRONIQUE. — DIAGNOSTIC. 010
extrémité s’adapte à la sonde et dont l’autre sert d’oculaire, le miroir étant percé d’un trou pour permettre au rayon visuel d’atteindre à la portée du cathéter.
Pour l’exploration de l’urèthre, une sonde droite (fig. lié), du calibre 20 à 2é de la filière Charriôre (6 à 8 millimètres de diamètre), répond à tous les besoins. Quand il s’agit de la vessie ou de la prostate, il est nécessaire de recourir à une sonde coudée, portant à la partie saillante de l’angle qu’elle forme une ouverture garnie d’une lame de verre (fig. 1 1 5).
Il est rare que l’on puisse faire des manœuvres exploratrices dans la vessie lorsqu’il y a des phénomènes d’acuité dans la souffrance de cet organe; mais la cystite chronique comporte parfaitement l’application de l’endoscope. Seulement, il faut avoir soin, par des injections répétées, de remplacer le liquide trouble (pie la vessie contient alors par de l’eau aussi limpide que possible ; l’instrument ne pouvant,
cl’aiHeuw, fonctionner dans la vessie vide. Desormeaux reconnaît aisément à l’aide üe Sün Proc/j(lé* la couleur, la vascularisation de la muqueuse, l’exsudai pseudo-
Flfi. H6. — Posilion de l’endoscope pendant l’application. (Desormeaux, lip\ -i.)
membraneux ou purulent, les ulcérations, les fongosités, la disposition hypertrophique dite vessie à colonnes, le cancer et surtout les calculs vésicaux. Nous aurons occasion, plus loin , d’en donner les résultats dans l’exploration de la région prostatique. ]
Pronostic. — Le pronostic de la cystite chronique causée par une affection chirurgicale est subordonné à la gravite de cette affection et des opérations qu’elle exige. La cystite chronique spontanée détermine quelquefois la mort par ellemême ; c’est donc une affection grave ; la difficulté que l’on éprouve à la guérir et l’étal de découragement et. d’hypochondrie dans lequel elle jette ordinairement les malades lui donnent encore ce caractère, même dans les cas qui paraissent être d’un pronostic moins fatal.
§ VII. — Traitement.
Le traitement, lorsqu’il s’adresse à des causes de la cystite, telles que la pierre, un rétrécissement, un engorgement de la prostate, est entièrement chirurgical et ne doit pas nous occuper ici.
Cystite chronique simple. — Les émissions sanguines ne sont conseillées que dans les cas où il survient une grande exacerbation, et où, par conséquent, la maladie se trouve placée dans les mêmes conditions que le catarrhe aigu.
Narcotiques. — Parmi les narcotiques, Y opium est le seul que l'on ait proposé»
CYSTITE CHRONIQUE. — TRAITEMENT. 615
fit seulement à petites doses, dans le traitement de la cystite chronique. Ce rnédi- , cament peut être utile lorsque les douleurs deviennent très-fatigantes par leur
I persistance.
Baume de copahu. — Le baume de copahu a été administré dans quelques cas i par la bouche; mais bien plus souvent encore, surtout dans ces derniers temps, il , a été employé en injections , soit dans la vessie, soit dans le rectum. Si on l’admii nistre à l’intérieur, on le donne à la dose de 6 à 8 grammes par jour.
Soucbier (1) injecte d’abord, à deux reprises séparées parun court intervalle, de l’eau d’orge en quantité suffisante pour remplir la vessie et l’en relire quelques i minutes après; puis il injecte 60 grammes de baume de copahu avec autant d’eau i d’orge et les laisse dans la vessie. Cette pratique est renouvelée deux jours de suite. Le troisième jour, il arrive à faire son injection sans l’aide de la sonde. L’arrivée du copahu dans la vessie, même froid, cause au malade une sensation de brûlure.
Cet auteur ajoute que, dans les cas où il a réussi par cette méthode, beaucoup d’autres moyens, et même le baume de copahu à l’intérieur, avaient été employés* inutilement.
Les lavements de baume de copahu , prescrits d abord par Bretonneau et ensuite par Ribes et Delpech, ont été suivis de succès dans des cas très-bien caractérisés. Le lavement est composé de la manière suivante :
Of Eau de guimauve q. s. pour un demi-lavement.
Baume de copahu .... ÂO gram.
Mêlez,
Térébenthine. — La térébenthine est encore un médicament qui a été employé, soit en la faisant ingérer dans l’estomac, soit en injections dans la vessie. A l’intérieur elle a été recommandée par Cruveilhier et Clarion ; Dupuytren prescrivait habituellement de huit h vingt pilules contenant chacune un décigramme de térébenthine de Venise. Quant aux injections, elles ont été moins fréquemment employées, et Dupuytren leur préférait les injections de goudron faites avec une infusion de 500 grammes de goudron dans 5 kilogrammes d’eau de fontaine, i\ froid et durant une nuit.
On filtre et l’on chauffe rinfusion avant de s’en servir, et l’on en injecte deux grosses seringues dans la vessie tous les matins, à l’aide d’une grosse sonde. Le malade est engagé à ne pas uriner pendant un quart d’heure. Trousseau et Pidoux assurent que des catarrhes vésicaux ont été guéris de la sorte en douze ou quinze jours. [Civiale est moins favorable au traitement par les balsamiques dont l’emploi, selon lui, a quelquefois été fait inconsidérément : ces médicaments lui paraissent avoir plutôt amélioré que guéri, et quand ils ont paru guérir, c’est qu’on avait affaire à une cystite par refroidissement ou toute autre de nature très-simple, qui se fût aussi bien trouvée des injections d’eau froide, aidées de quelque léger purgatif. ]
Taux sulfureuses. — Les eaux sulfureuses ont été prescrites en boisson, en bains et même en injections dans la vessie, comme les remèdes précédents. Chopart a particulièrement conseillé les injections. Pour les pratiquer, on commence par
(1) Sour.hier, Ann. de la mèd, physiol. , juin '183â.
faire quelques injections avec de l’eau égale d'eau lIp Baréges , de Balaruc ou
Fig. 117. — 1. Poi te-catfsliqne liquide de Clerc.
— A. Boîle à liège, pour retenir le liquide conlenu dans l'inslrument. — B. Bouton qui fait suite à la cuvette. — P. Boulon à air qui permet au liquide de sortir de l'instrument. — T. Tige de la cuvette. — 2. Partie postérieure de l'instrument.
— C. Cuvette ouverte.
d orge pure ou mélangée d’une quantité de toute autre eau sulfureuse; puis on a soin d’en augmenter la proportion à mesure qu’elles contiennent moins de soufre; et tous les jours on pratique une ou deuxinjections. Le traitement par les eaux sulfureuses est un de ceux qui ont été le plus vivement conseillés et qui ont produit les plus nombreuses guérisons. Les eaux de Vichy, Garlsbad, Contrexévillc, ont aussi rendu des services (1).
[La cautérisation de la vessie avec le nitrate d’argent à l’état solide ou liquide, sans pouvoir être érigée en méthode générale de traitement, est indiquée quand il y a de la tendance au saignement de la vessie, et qu on a lieu de supposer un état de boursouflure chronique de la muqueuse de cet organe (Civiale). Elle se fait d’une façon transcurrente à l’aide d’un porte caustique à cuvette de la longueur d’une sonde ( fig. 117), ou d’une bougie de cire dont on roule l’extrémité vésicale surdu nitrate d’argent pulvérisé, en ayant soin de recouvrir ensuite d’axonge la partie ainsi armée. ]
Injections diverses. — Bretonneau a recommandé l’injection suivante :
% Eau de gomme q. s.
Calomel 20 ou 25 cenligr.
Mêlez.
Ou bien :
Nitrate d’argent 25 centigr.
Eau distillée 120 gram.
Pour une injection dans la vessie.
Trousseau emploie la solution sui vante :
% Deutochlorure de mercure 5 centigr.
Eau 120 gram.
Pour une injection.
Enfin d’autres médecins, parmi lesquels il faut citer Civiale, ont proposé les injections toniques ou astringentes faites avec la décoction de quinquina , de
(1) Durand-Fardel, Le lire!, Lefort, Dictionnaire des eaux minérales. Paris, 1800.
CYSTITE CHRONIQUE. — TRAITEMENT. 617
gomme hino, de simarouba; ou bien d 'écorce de chêne, de noix de galle, de tannin , d 'acétate de plomb , etc.
Les injections qui paraissent devoir être le plus particulièrement recommandées sont celles de copahu, de goudron, d’eau sulfureuse, et dans quelques cas, les injections astringentes, car c’est en leur faveur qu’on a cité les faits les plus concluants.
Cloquet a proposé de se servir, pour ces diverses injections, de la sonde à double courant , déjà proposée par Etienne Haies (1). Cette sonde permet, en effet, de remplir et de vider à plusieurs reprises la vessie sans déplacer l’instrument, et l’on peut, par ce moyen, laver d’abord l’intérieur de l’organe avec de l’eau d’orge ou simplement de l’eau tiède, puis pratiquer les injections médicamenteuses qui viennent d’être indiquées. C’est ce que l’on appelle irrigations vésicales.
On a proposé encore l’usage de l 'hydrochlorate d’ ammoniaque.
Le carbonate de magnésie a été conseillé par Alquen (2), mêlé avec du sucre pulvérisé à parties égales; on prend de quatre à six cuillerées à café par jour.
L'alun, qui avait déjà été conseillé par Selle, a été vanté par Arnheimer (3), qui le prescrit tantôt seul, tantôt associé à la rhubarbe ; on peut suivre la formule suivante :
Alun
Sucre blanc
15 centigr.
50 centigr.
Gomme arabique
Mêlez. Faites une poudre. A prendre trois fois par jour.
50 centigr.
Enfin, on a prescrit plusieurs autres médicaments, comme le tabac, la diosma crenata, la décoction de pareira brava, les préparations d’iode.
Dans un cas, Rayer (à) a vu survenir une grande amélioration chez un homme à qui il administra la teinture de cantharides dans un julep, à la dose de six à dix-huit gouttes en augmentant de deux chaque soir. Le malade ayant quitté l’hôpital, l’observation n’a pu être continuée.
Moyens externes. — On n’a pas négligé la médication externe. Nous avons vu qu’on avait conseillé les bains médicamenteux ; en outre on fait pratiquer sur l’hypogastre, soit simplement des frictions chaudes et sèches, soit des frictions à l'aide de substances qui excitent plus ou moins la peau, telles que les frictions avec un Uniment ammoniacal , et plus fréquemment avec la pommade d'Autenrieth. Cette pratique a reçu l’assentiment de Giviale.
Des praticiens ont en outre recommandé l’application de vésicatoires sur l’hypogastre, et veulent qu’on les panse avec du camphre en poudre, pour éviter l’irritation trop forte qu’ils pourraient produire sur la vessie. On a encore conseillé l’emploi du moxa sur la même partie, et Roux a fortement insisté sur l’utilité du séton placé à la région hypogastrique. On ne saurait s’empêcher d’accorder à ces moyens un certain degré de confiance, à cause de l’unanimité avec laquelle ils ont été recommandés.
(1) liâtes, La statique des animaux, trad. par de Sauvages. Guiève, 1744.
(2) Alquen, tlorn’s Arch. für med. Erfahrung , 1829.
(3) Arnheimer, Wochenschr. für die gesam. Heilkunde, 1833,
(■4) Rayer, liultetin général de thérapeutique, 30 juin 1851.
Moyens hygiéniques. — Dans la cystite chronique, le plus petit écart peut avoir des résultats très-fâcheux. Le malade doit se couvrir le corps de flanelle , éviter soigneusement le froid et V humidité, faire tous les jours un assez grand exercice, non-seulement pour exciter la sécrétion de la peau, mais encore pour éviter la stagnation des liquides dans la vessie, qui a lieu chez les sujets dont la vie est trop sédentaire.
Le régime devra être doux et léger, et l’on proscrira sévèrement les boissons alcooliques, les mets trop épicés, en un mot tout ce qui pourrait exciter trop vivement les voies génito-urinaires. L’usage des bains assez fréquemment répétés sera également conseillé.
Résumé. — Les moyens dans lesquels il est permis d’avoir le plus de confiance sont l’emploi des injections médicamenteuses, l’usage des balsamiques, les eaux sulfureuses, les irritants de la peau, les exutoires, et enfin les soins hygiéniques. Il est difficile de dire quels sont, dans un cas donné, ceux de ces moyens auxquels il faut avoir recours de préférence.
Les moyens à employer dans le traitement du catarrhe vésical chez les vieillards consistent à diminuer la sensibilité de l’urèthre si le malade est très-irritable, à faciliter l’écoulement de l’urine, à empêcher l’accumulation et le séjour des mucosités dans la vessie, à changer les propriétés vitales de ce viscère, à rappeler l’irritation à l’extérieur. C’est par la sonde que l’on facilite l’écoulement de l’urine et des glaires, et que l’on remplace ces liquides irritants par des injections et des irrigations d’abord adoucissantes, que l’on rend toniques (balsamiques, sulfureuses, etc.), à mesure que l’irritabilité diminue. Lorsqu’on est parvenu h rétablir la contractilité de la vessie, à rendre les urines limpides, on a recours à quelques dérivatifs ; les douches froides sur le périnée et l’hypogastre, les frictions sèches et aromatiques produisent d’heureux résultats. (Civiale.)
Résumé. — 1° Cystite aiguë. — Émissions sanguines, bains, applications émollientes, narcotiques.
2° Cystite chronique. — Émissions sanguines, narcotiques, baume de copahu, injections de copahu, lavements de copahu, térébenthine, injections de goudron; eaux sulfureuses, injections diverses; cautérisation, carbonate de magnésie, alun, teinture de cantharides. Moyens externes : Frictions, vésicatoires; selon. Moyens hygiéniques : Régime, bains.
ARTICLE IV