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HÉMORRHAGIE VÉSICALE SYMPTOMATIQUE. — CAUSES

supplémentaire des règles ou des hémorrhoïdes , ei dont la santé n’est nullement altérée par cette évacuation (Boyer).

§ TTT. — Diagnostic, pronostic.

On ne peut guère reconnaître, même après la mort, si cette effusion provient de la diapédèse ou de la rupture des vaisseaux. Ainsi le diagnostic de l’hématnrie vésicale spontanée n’est fondé que sur des conjectures. (Boyer. )

2° HÉMORRHAGIE VÉSICALE SYMPTOMATIQUE.

§ I. — Définition.

[ Nous donnons ce titre à toute hémorrhagie secondaire, se développant dans le cours d’une affection locale ou générale antérieure.

On a vu, par les termes dont se sert Boyer, que l’hématurie vésicale qu’il décrit comme simple, comporte le plus souvent un certain degré de cystite. C’est qu’en effet, l’affection dont nous nous occupons est presque toujours secondaire à un état inflammatoire simple ou spécifique de la muqueuse vésicale.

§ II. — Causes.

Suivant Civiale (1), l’hématurie vésicale, affection assez commune, reconnaît pour causes :

1° Les névralgies ou rétrécissements de l'urèthre, et l’atonie de la vessie. Ces circonstances agissent de la même façon pour produire l’hémorrhagie; elles entraînent l’accumulation de l’urine dans la vessie, la distension de cet organe, l’irritation de la muqueuse et la rupture de quelques capillaires à la faveur de la congestion. Ces accidents ne sont point rares chez les sujets d’un âge avancé.

2° La présence de calculs; c’est encore l’irritation qu’ils causent qui sollicite l’extravasation sanguine, et non pas les déchirures qu’ils peuvent produire, car les calculs lisses déterminent aussi souvent l’hémorrhagie que ceux qui ont des aspérités.

3° Les lésions organiques du corps et du col de la vessie, fongus, cancers. On trouve quelquefois, dans la cystite chronique, une dilatation variqueuse des capillaires veineux de la muqueuse vésicale; cet état a paru à certains auteurs pouvoir légitimer l’hypothèse d 'hémorrhoïdes vésicale s dans les hématuries qui accompagnent le catarrhe chronique de la vessie, mais l’hématurie s’est présentée dans des cas où l’autopsie n’a point révélé de semblables lésions. La coïncidence dont il est question ici se remarque surtout chez des vieillards.

U° La cystite, et particulièrement la cystite aiguë. On a vu cette hématurie survenir à la suite de l’usage immodéré des truffes, de celui du café et de l’eau-de-vie avec des habitudes sédentaires, après les injections de teinture de cantharides ou de baume de copahu dans la vessie.

5° Les violences extérieures, et 6° le cathétérisme, deux causes du ressort de la chirurgie, et sur lesquelles nous n’insistons pas.

Le même auteur n’accepte qu’avec réserve les hématuries critiques ; peut-être bien a-t-on pris pour telles des hémorrhagies vésicales qui, loin dé juger une ma-

(1) Civiale, Traité pratique sur tes maladies des organes génito-urinaires. Paris, 1860, t. III, p. 364.

ladie générale, en étaient la conséquence; cette maladie générale ayant amené la distension par atonie de la vessie.

§ III. — Diagnostic, pronostic.

Pour le diagnostic direct de l’hématurie, nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit des moyens de reconnaître la présence du sang dans l’urine.

Quant au diagnostic différentiel, nous nous contenterons de faire observer que la considération des commémoratifs, l’exploration de la vessie, à l’extérieur par la palpation et la percussion, à l’intérieur par le cathétérisme, sont des moyens beaucoup plus sûrs que l’inspection même du liquide rendu, de distinguer l’hémorrhagie vésicale d’avec l’hématurie (pii provient du rein. ]

Cette espèce d’hémorrhagie ne doit nous occuper que tout autant qu’elle est assez considérable pour compromettre les jours des malades. Le traitement comporte les moyens dirigés contre celles que nous avons déjà étudiées dans d’autres organes.

§ IV. — Traitement.

[Quand l’hématurie est liée à une maladie générale, c’est surtout de l’état dans lequel celle-ci a placé l’économie qu’il faut s’occuper. Dans les autres cas, s’il y a fièvre, souffrance locale, ou disposition congestive, les émissions sanguines locales ou générales sont autorisées. Cette indication existe rarement ; les boissons acidulés ou astringentes, le repos, sont les moyens médicaux qui conviennent dans la plupart des cas. Les lavements froids, l’exposition du corps à l’air, les fomentations vinaigrées, les applications de glace sur la vessie, seconderont l’emploi de ces moyens. Les émulsions camphrées sont indiquées quand l’hématurie est d’origine cantharidienne.

L 'acétate de plomb à la dose de 18 à 20 centigrammes, continué pendant quelques jours, a été recommandé par Golding Bird dans les hématuries consécutives aux maladies aiguës. L’acide gallique, suivant L. S. Beale, est un des meilleurs agents à employer dans l’hématurie; il le donne aux doses de 50 centigrammes a 1 gramme dans les vingt-quatre heures. L’opium, à l’intérieur, est indiqué dans les cas de cancer de la vessie. Si l’hémorrhagie devenait dangereuse par son abondance, Beale conseille d’injecter dans la vessie 1 à 2 grammes cl alun dans 300 grammes d’eau.

Dilater l’urèthre, quand il y a rétrécissement; faire cesser son spasme, quand il existe, par le cathétérisme et la cautérisation; vider la vessie et l’habituer a se contracter en y envoyant des injections froides quand il y a atonie, sont les meilleurs moyens que Civiale connaisse pour se rendre maître des hématuries les plus ordinaires. Nous parlerons plus loin des ressources dont l’art dispose à l’égard de la cystite aiguë ou chronique.]

Quant au traitement de l’hémorrhagie simple spontanée, celte espèce d’hémorrhagie étant ordinairement supplémentaire, il ne faudrait pas se hâter de I arrêter, et l’on ne devrait employer des remèdes dans cette intention, que si la perte de sang devenait excessive; car, d’une part, l’hémorrhagie tend à s’arrêter d ellemême, et, de l’autre, l’évacuation d’une certaine quantité de sang est nécessaire pour suppléer au flux supprimé, et pour faire cesser des symptômes de congestion quelquefois fort incommodes.

CYSTITE AIGU l''.

lin accident qui demande quelques précautions que le médecin doit bien coni, naître, c’est la rétention d'urine occasionnée par la présence des caillots à l'extrémité vésicale de l"urèthre.

Pour faire sortir l'urine retenue par des caillots , Bernard (1) introduit une ssondo élastique qui en contient une plus grosse dans son intérieur. Parvenu dans Lia vessie, il retire la sonde intérieure, et 1 urine s échappe.

Mercier (2), après avoir introduit la sonde dans la vessie, a recours à une tige l fme et flexible,’ terminée par un renflement sphérique. Lorsque des caillots vieni nenl obstruer les yeux de la sonde, le renflement sphérique écrase les caillots, et I l’urine s’écoule autour de la tige fme.

Si ces moyens ne suffisaient pas, il faudrait faire une aspiration à l’extrémité de I la sonde. Mais on doit auparavant introduire une certaine quantité d’eau dans la ' vessie, afin d’être bien sûr (pie l’aspiration s’exerce sur un liquide.

ARTICLE IL

CYSTITE AIGUË.

Nous nous occuperons presque exclusivement de l’inflammation de la vessie, qui i n’est déterminée ni par une cause traumatique, ni par la présence des corps étran- : gers qu’on trouve si fréquemment dans cet organe. Celle qui est produite par ces i causes doit, en effet, rester dans le domaine de la chirurgie; car ces causes ellesi mêmes sont ce qu’il y a de plus important* dans cette affection.

On a voulu distinguer dans la cystite aiguë une inflammation superficielle n’intéressant guère que la muqueuse, et une inflammation profonde occupant la paroi tout entière. A la première, on a donné le nom de catarrhe vésical aigu, et à la seconde, le nom de cystite proprement dite. On a été même jusqu’à proposer de les distinguer en cystite péritonéale, en cystite musculaire , en cystite muqueuse, et enfin en cystite générale profonde ; mais on a été bientôt obligé d’abandonner une semblable division, qui ne saurait être admise sans confondre un grand nombre de choses très-différentes. Ainsi que le fait remarquer Boyer (3), dans la cystite, la membrane muqueuse participe plus ou moins à l’ inflammation, et, dans le catarrhe de la vessie, aigu et très-intense, les autres membranes de ce viscère sont aussi plus ou moins enflammées.

[ Cependant, il peut être de quelque utilité de faire ici une distinction anatomique que nous avons déjà, ailleurs, empruntée aux auteurs allemands, et que légitiment les allures symptomatiques de la maladie, celle de cystite catarrhale et de cystite exsudative. La première est limitée, quant au procès morbide, à un mouvement épithélial exagéré et à une sécrétion anormale de liquides muqueux ; la seconde se rapproche davantage du phlegmon, et est caractérisée par la production de pus, par des abcès dans le tissu cellulaire sous muqueux, des fausses membranes et des ulcérations. La première forme est surtout celle de la cystite chronique, ce qui permet de conserver avec un sens tout à fait légitime, l’expression de catarrhe de la vessie, par laquelle on désigne habituellement cette affection. ]

(1) Bernard, Gazette médicale, mai 1 8 A 8, et Êitlletin général de thérapeutique .

(2) Mercier, ihid.

B) Boyer, Traité des maladies chirurgicales, t. IV : De l’inflammation de la vessie,

Poiu nous, la cystite est toute inflammation de la vessie, quelles que soient sa profondeur et sa \iolence; seulement nous remarquons que, dans cette affection comme dans l’inflammation du larynx, du pharynx, etc., la maladie peut avoir une intensité très-différente, suivant les cas, et que le degré de cette intensité correspond, en général, à une étendue plus ou moins considérable de l’inflammation. Le nom de catarrhe de la vessie ne convient pas plus à cette maladie que celui de catarrhe pulmonaire ne convient à l’inflammation des bronches, et comme il suffit de la distinction précédente pour écarter toute indécision à ce sujet, on peut facilement supprimer ce qui a vieilli.

[Il est évident, malgré la solution catégorique de Yalleix, que l’intensité de la maladie dépend encore du mode anatomique des lésions, et que la cystite exsudative limitée, peut être plus grave que la cystite catarrhale généralisée. L’expression de cataiihc de la A'essic, entendue dans le sens que nous lui avons donné plus haut, n a pas vieilli et meiitc d etre conservée. Il n est pas besoin de faire remarquer que le mot catarrhe n’est pas employé ici avec le sens étiologique que lui a donné le professeur Fiister (de Montpellier). ]

On a donné à la maladie les noms de cystite légère ou intense , de cystitie (Sauvages), de cystiphlogie (Meyzcrev), etc. Ces dernières dénominations ont été appliquées à l’inflammation profonde.

Il est rare d’observer la cystite aiguë développée spontanément et sans cause traumatique. On sait, au contraire, combien est fréquente la cystite, lorsque des corps étrangers établis dans l’intérieur de l’organe en irritent continuellement les parois.

§ H. — Causes.

1° Causes prédisposantes. — L’influence de Y âge mûr est de toutes les causes prédisposantes celle qui est le mieux constatée.

Reiseberg (1) a cité un cas de cystite survenue chez un enfant de onze mois à la suite de convulsions ; mais comme on avait appliqué un vésicatoire, il est plus probable que c’est à cette application qu’il faut attribuer la cystite.

Quant aux autres, telles que l’influence du sexe, celle du tempérament , de Y atmosphère, de Y hygiène, etc., nous n’avons aucune donnée positive. On a dit, il est vrai, qu’une forte constitution et un tempérament sanguin prédisposent à l’inflammation de la vessie; mais ce sont là des assertions sans preuves.

2° Causes occasionnelles. — Ce sont d’abord les violences extérieures et l’action des corps étrangers sur la vessie; puis, les contusions de la région hypogastrique. On a vu, en effet, quelquefois la cystite survenir par suite d’une compression violente de cette partie, sans qu’il y eût aucune blessure interne ou externe ; mais les cas de ce genre sont rares.

Parmi les autres causes occasionnelles, nous trouvons l’action des cantharides sur la vessie, démontrée par les expériences faites pour étudier les empoisonnements et par les cas où l’on a pu pratiquer l’autopsie de sujets qui ont succombé à l’intoxication par cette substance.

Dans quelques cas, on a attribué à l’action des diurétiques, et même des cantha- (1) Reiseberg, Preussische Zeitung , n° 10, 1810.

CYSTITE AIGUii. — SYMPTÔMES.

rides, des cystites dues à l’influence de la fièvre, par exemple lorsqu’on a trouvé des traces d’inflammation dans la vessie de sujets à qui l’on avait seulement appliqué un ou plusieurs vésicatoires. D’autres fois, au contraire, l’action de cette cause n’a pu être méconnue. On peut voir, à ce sujet, un cas publié par Ambroise Paré (1), où la simple application d’un vésicatoire sur la face, pour faire disparaître une affection de la peau, a produit une cystite fort intense.

Morel-Lavallée (2) a cité un bon nombre d’observations dans lesquelles l’application des vésicatoires a produit une cystite avec des fausses membranes , souvent très-abondantes. On a donné à cette cystite le nom de cystite cantharidienne.

Les divers diurétiques peuvent-ils avoir le même effet? Donnés à dose élevée, et pendant longtemps, ils fatiguent considérablement la vessie et produisent les symptômes de l’inflammation ; mais il est bien rare que les accidents soient portés à ce degré, à moins qu’il n’y ait empoisonnement.

Citons pour mémoire la suppression des divers flux ou des exanthèmes , la rétrocession de la goutte , etc.

Extension d'une inflammation voisine du réservoir urinaire. — C’est surtout dans les cas de blennorrhagie intense qu’on voitsurvenir cette extension de l’inflammation. Aug. Vidal, de Cassis (3), a vu à l’hôpital de Lourcine une vaginite violente s’accompagner rapidement d’une cystite. Quant à l’ inflammation de l'utérus , du rectum , du péritoine, il est bien plus rare de la voir se propager à d’autres parties de la vessie qu’à sa surface péritonéale; ce qui, du reste, explique suffisamment les douleurs vésicales en pareil cas.

[On a encore observé la cystite aiguë à la suite de refroidissements brusques, d'excès alcooliques ou d’abus du coït. L’équitation prolongée la détermine, dans quelques circonstances, chez les cavaliers de profession. ]

Dans certains cas, la cystite, comme toutes les autres inflammations spontanées, peut se produire sans qu’il soit possible d' en découvrir la cause.

[ D’après Civiale (ù), il y a deux ordres de causes distinctes: tantôt la cause agissant directement sur la vessie seule, la cystite n’est compliquée d’aucune autre maladie, et sa marche est franche; tantôt on ne peut saisir de cause directe, mais il y a un étal général morbide de tout l’organisme, consistant dans une tendance de toutes les muqueuses à s’enflammer. La cystite est alors consécutive ou symptomatique. Il faut aussi reconnaître les cas où la cystite est produite par les causes suivantes : surdistension de la vessie par l’urine, présence d’un corps étranger, manœuvre opératoire, lésion de la matrice ou du rectum. ]

Enfin, la cystite aiguë survient fréquemment dans le cours d’un catarrhe de la vessie.

§ III. — Symptômes.

Début. — Il est rare que la cystite aiguë spontanée débute par un mouvement fébrile un peu prononcé ; presque toujours, en effet, un besoin plus fréquent de rendre les urines, une certaine gêne, un peu de douleur sourde dans l’état de

(1) Ambroise Paré, Œuvres complètes , édit, publiée par J. F. Malgaigne, Paris, 1840, t. 111, p. 328.

(2) Morel-Lavallée, voy. Comptes rendus de V Académie des sciences . — Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 1847, t. XII, p. 744, 779, 812.

(3) Vidal (de Cassis), Traité de pathologie externe, 5e édit. Paris, 1860, t. V.

(4) Civiale, Traité pratique des maladies des organes génito-urinaires. Paris, 1860, t. III.

plénitude de la vessie, et enfin une faible douleur dans les dernières contractions de cet organe, tels, sont les symptômes qui annoncent que la cystite se déclare. („ est immédiatement derrière et au-dessous du pubis que se font sentir ces symptômes locaux, quand la cystite aiguë est le résultat de l’extension d’une blennorrhagie, attendu que c’est le col de la vessie qui est d’abord enflammé. II est quelques cas où l'affection s’annonce par des frissons, une grande sensibilité au froid, et enfin par de la chaleur et l’élévation du pouls, accompagnés simplement d’une gêne vers le périnee, ou quelquefois dans tout le bassin. Ces signes indiquent que l 'affection doit avoir une intensité assez grande; ils existèrent chez le sujet dont nous avons parlé plus haut.

Symptômes. — Les symptômes sont différents, quant à leur intensité, dans les divers cas.

1° Cystite légère. — Un simple embarras dans la région hypogastrique; les contractions de la vessie un peu douloureuses pendant la miction ; le besoin d'uriner provoqué par une très-petite quantité de liquide, d’où résulte la miction frequente; la sensibilité de /’ hypog astre à la pression; un état à' inquiétude, d'anxiété, d 'irritation du sujet, tels sont les symptômes qui s’offrent à l’observation. Il faut y joindre ceux qui résultent de X examen de l'urine, et qui ont une grande valeur. Il est rare que, dans la cystite légère dont il est ici question, ce liquide soit fortement coloré, mais il ne tarde pas à contenir une certaine quantité de mucus ou de muco-pus, dont il importe beaucoup de constater l’existence. Un décrivant la pyélile, nous avons indiqué les caractères de l’urine dans des circonstances tout à fait semblables.

Cet état de la vessie ne tarde pas ordinairement à se dissiper ; néanmoins on le voit persister assez longtemps dans certaines blennorrhagies, l’inflammation de la vessie participant du caractère rebelle de l’inflammation de l’urèthre, ou plutôt n’étant que celle-ci étendue à une plus grande surface.

Du reste, on n’observe dans cette affection, lorsqu’elle se maintient à ce degré, ni mouvement fébrile, ni trouble des voies digestives, rien, en un mot, qui prouve que l’affection tend à perdre son caractère purement local.

2° Cystite aiguë intense. — La douleur qui a son siège à l’hypogastre est toujours plus ou moins vive, mais elle a des caractères bien différents, suivant que la vessie reste en repos ou se contracte. Dans le premier cas, le malade éprouve comme un sentiment de tension douloureuse derrière le pubis, vers le rectum, dans les aines, et parfois jusque dans les lombes. Quelques sujets se plaignent d’éprouver un prurit au méat urinaire et à l'anus. En général, toutes les parties contenues dans le bassin ressentent une douleur sourde et continue. Lorsque la vessie se contracte pour évacuer la petite quantité d’urine qu’elle contient, la douleur augmente beaucoup d’intensité, et quelquefois est excessive. L’évacuation de l’urine n’a pas toujours lieu d’un seul jet, les contractions étant tellement douloureuses qu’elles restent incomplètes; ce sont surtout les dernières qui font éprouver les plus vives souffrances : aussi le malade les sent-il arriver avec une vive anxiété, il se tient courbé pour uriner, place ses mains sur l’hypogastre, en un mot cherche par tous les moyens possibles à diminuer l’intensité de cette douleur.

Ce symptôme peut prendre un tel degré d’intensité, qu’il en résulté ce que l’on ;l appelé le ténesme vésical, c’est-à-dire une envie presque incessante de rejeter

CYSTITE AIGUË. — SYMPTÔMES.

|p liquide qui irrite les parois de la vessie enflammée, el l’impossibilité de satisfaire ee besoin, les contractions de la vessie étant rendues impossibles par la douleur; on voit même parfois ce ténesme se propager au rectum, d’où un véritable ténesme intestinal, comme dans la dysenterie violenté.

[ D’après Civiale (1), » la pression de l’hypogastre est douloureuse et provoque le besoin d’uriner; si le malade est maigre, on sent, derrière le pubis, une tumeur dure formée par la vessie; le doigt introduit dans le rectum cause aussi delà douleur. Graduellement, tous ces symptômes augmentent, l’hypogastre devient plus douloureux à la pression, la tumeur grossit et s’élève au-dessus des pubis; elle est dure el arrondie; les difficultés d’uriner croissent, ainsi que les cuissons, les ardeurs, les épreintes, qui accompagnent l’excrétion des gouttes d’urine que le malade rend avec de grands efforts et de cruelles angoisses. » ]

L 'émission de l' urine est très-fréquente : le besoin se fait sentir toutes les detnib'eures, tous les quarts d’heure, parfois même plus souvent, et quoique le malade cherche à retarder autant que possible le moment de la miction, à cause des souffrances qu’il redoute, il est bientôt obligé de céder à l’irritation toujours croissante qu’exerce l’urine sur la vessie. La quantité de l'urine est très-petite à chaque émission ; parfois le malade n’en rend que quelques gouttes.

L 'urine est fortement colorée, comme dans toutes les affections fébriles, et reste d’abord transparente, si l’affection n’est provoquée par aucune cause traumatique. Vers la fin de la maladie, elle présente un dépôt de mucus ou de muco-pus que l’on reconnaît aux signes déjà indiqués (2).

[La quantité absolue de l’urine est. constamment moindre qu’à l’état normal; l’état fébrile y est pour quelque chose. Mais la coloration qu’elle présente est presque toujours due au sang qu’elle renferme et qui, quelquefois, forme la plus grande partie dn liquide rendu (Civiale). ]

Pendant que ces symptômes locaux se produisent, on voit survenir des symptômes généraux très-remarquables, ou bien continuer et augmenter ceux que l’on avait observés au début dans quelques cas. Ce sont la perte de l'appétit, la soif , qüe le malade s'efforce de ne pas satisfaire pour la raison indiquée plus haut, et ordinairement la constipation. La peau est chaude, halitueuse ; le pouls développé, fréquent. Il y a de la tendance à V assoupisse ment, et cependant le malade est presque complètement privé de sommeil, parce qu’il est obligé de se relever trèsfréquemment pour uriner. Enfin on observe X anxiété, l 'agitation, et une sorte de découragement qui devient de plus en plus marqué à mesure que l’affection se prolonge et qui peut aller jusqu’au délire.

[Quelle que soit la bénignité de la cystite, et alors même qu’elle ne résulte ni de la présence de corps étrangers (calculs), ni. du passage d’instruments chirurgicaux, elle s’accompagne presque constamment de hoquets, et assez souvent de vomissements, qui surviennent surtout lorsque l inflammation se propage aux uretères et aux bassinets. ]

C’est surtout dans la cystite aiguë entée sur le catarrhe que se produit la gangrène de la vessie, dont les symptômes sont nécessairement d’une gravité extrême.

(1) Civiale, Maladies des organes génito-urinaires, 3e édit. Paris, 1860, t. III.

(2) Voy. t. IV, art. Pyélite, p. 540.

60ft MALADIES DES VOTES GÉNITO-URINAIRES.

Nous (levons à Cossy (1) des recherches intéressantes sur une gangrène de la vessie qui se montre parfois dans la fièvre typhoïde ; mais ce n’est là qu’une lésion secondaire, presque complètement masquée par la maladie principale.

Dans les cas où la cystite est causée par l’action des cantharides, il se joint aux symptômes précédents quelques phénomènes très-remarquables : ce sont l 'ardeur en urinant, Y hématurie, le satyriasis; mais ces phénomènes sont dus à l’excitation des organes génitaux, et non à l’inflammation de la vessie, et nous les avons exposés avec plus de détails dans la description du satyriasis (tome Ier, p. 636). En pareil cas, il y a souvent excrétion de fausses membranes mêlées à l’urine, lesquelles sont le résultat delà vésication produite sur la muqueuse.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

Quelle que soit l’intensité de cette affection, elle a une marche continue. Sa durée est beaucoup plus longue, toutes choses égales d’ailleurs, dans les cas où la maladie résulte de l’extension de l’uréthrite blennorrhagique que dans tonie autre.

On a signalé plusieurs terminaisons de la cystite aiguë qui sont fort différentes : c’est d’abord la terminaison par résolution. Dans les cas dont il est ici principalement question, cette terminaison peut être regardée comme presque constante, et la seule qui puisse ensuite être admise est la terminaison par le passage à l’état chronique. Lorsqu’on a parlé de terminaison par induration, par gangrené, par suppuration , on a eu presque toujours en vue des cas où la maladie était produite soit par une affection grave du voisinage, soit par une opération, soit par des calculs : des cas, en un mot, qui intéressent spécialement le chirurgien.

[Lorsque la cystite aiguë intense ne peut être arrêtée dans sa marche, elle acquiert rapidement une très-grande gravité, d’autant qu’elle a été depuis longtemps précédée d’une phlegmasie chronique; et la mort en est souvent la conséquence (voyez les traités de chirurgie). La cystite qui provient de causes accidentelles, comme un refroidissement brusque, un excès de boissons alcooliques, présente, en général, peu de gravité et guérit rapidement. « La cystite aiguë, dit Civiale, » développée pendant le cours des lésions diverses de l’appareil urinaire, a une » gravité proportionnée au degré d’ancienneté, à la nature, à l’étendue de ces » lésions, à la cause qui la détermine, à l’état du sujet, aux complications qui » surviennent, et surtout à la manière dont elle est traitée. » Ces réflexions générales sont insuffisantes si le médecin ne connaît pas à l’avance toutes les variétés de la maladie ; aussi croyons-nous qu’il est utile de renvoyer le lecteur aux traités spéciaux.

§ V. — Lésions anatomiques.

Les lésions graves qui sont occasionnées par la cystite spontanée ont pu être étudiées dans les cas où l’inflammation de la vessie s’est montrée comme lésion secondaire : ce sont le ramollissement, l’épaississement, la rougeur de la muqueuse, et lorsque la maladie est plus profonde, les mêmes altérations des tissus sousjacents.

(1) Cossy, Archives générales de médecine , he série, t. III, p. 24 .

CYSTITE AIGUË. — TRAITEMENT.

[La cystite aiguë est souvent partielle, ne comprenant que le col et ses environs : le trigone est la partie que l'inflammation envahit la première et avec le plus d’intensité, non pas que ce soit la partie la plus déclive, dit Civiale, mais parce que

c’est le centre de vitalité de l’organe.]

Les autres lésions décrites par les auteurs, telles que les abcès , la gangrène, Y induration, bien qu’elles puissent se rencontrer dans la cystite aiguë, appartiennent plutôt à la cystite chronique, à l’occasion de laquelle nous les exposerons.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

On a vu de simples douleurs vésicales , soit névralgiques, soit olTrant un caractère rhumatismal, être prises pour de véritables inflammations. L’absence de la fièvre, l’état naturel de l’urine, à moins de complications, sont les principaux caractères qui font distinguer ces douleurs d’une véritable cystite; mais lorsque cette dernière affection est très-légère, la fièvre n’existe pas, et le cas devient plus dilïicile. Il faut alors étudier attentivement la marche de la maladie, voir si elle est le résultat de l’extension d’une inflammation voisine, et surtout rechercher avec soin si l’urine contient une certaine quantité de mucus ou de muco-pus, ce qui est un caractère important de l’inflammation.

[La connaissance des antécédents du malade, la considération de son Age et de sa profession, aideront à reconnaître la nature de la maladie, ce qui a une grande importance au point de vue du traitement. Le cathétérisme, au besoin, sera la source d’indications la plus sûre.]

Pronostic. — Le pronostic de la cystite aiguë spontanée n’a pas de gravité réelle dans la grande majorité des cas, et ce qui peut arriver de plus fâcheux est, dans quelques circonstances, le passage de l’affection à l’état chronique. Dans les cas où la mort est survenue, la cystite était symptomatique et sous la dépendance d’un état local ou général grave.

§ VII. — Traitement.

Si l’affection est légère, il sulïit de quelques boissons émollientes, de topiques émollients, du repos, et rarement de quelques sangsues sur l’hypogastre.

Dans les cas où l’affection est intense , et surtout lorsqu’elle s’accompagne de phénomènes fébriles marqués, les moyens doivent être un peu plus énergiques. On commencera par une ou plusieurs applications de sangsues en nombre assez considérable; à l’hypogastre et au périnée; souvent même on sera forcé d’avoir recours à la saignée générale; puis on prescrira les grands bains plus ou moins prolongés, et les bains de siège émollients. On a recommandé aussi les lavements huileux et mucilagineux.

La violence des douleurs paraît indiquer l’emploi des narcotiques, et en particulier de V opium. Si l’on en croit Boyer, ce médicament ne devrait pas être prescrit avant que l’inflammation fût apaisée. Dans le cas que nous avons pu observer et que nous avons cité plus haut, l’usage de l’opium à la dose de 5 centigrammes par jour, même au plus fort de la maladie, eut le grand avantage de calmer les douleurs et de rendre moins fréquent le besoin d’uriner, sans déterminer autre chose qu’un très-léger assoupissement, et sans prolonger en aucune manière la maladie.

()M MALADES DliS VOIES GÉNITO-URINAIRES.

Lorsque I alFccLioa esl la suite de l’einpoisonneiueiU par les cantharides, on joint auv moyens précédents l’usage de petites doses de camphre à l'intérieur et de frictions camphrées sur l’hypogastre.

ARTICLE III

CYSTITE CHRONIQUE.

ë !• — Définition, synonymie, fréquence.

La cystite chronique est l’inflammation chronique de la vessie, quelle que soit la profondeur des tissus affectés.

C’est elle qui a été principalement désignée sous le nom de catarrhe de la vessie. L’inflammation chronique de la vessie est. incomparablement plus fréquente que l’inflammation aiguë.

§ II. — Causes.

i° Causes prédisposantes. ■ — Les hommes sont plus fréquemment affectés du catarrhe vésical que les femmes^ et l’expérience le prouve tous les jours.

L’influence de Y âge n’est pas moins évidente : c’est dans la vieillesse qu’on observe le plus grand nombre d’inflammations chroniques de la vessie , ce qui s’explique aisément par les diverses maladies des voies urinaires qui déterminent cette inflammation, et auxquelles les vieillards sont particulièrement sujets. Il est fort rare qu’à un âge peu avancé le catarrhe vésical existe sans qu’il y ait une cause déterminante bien connue, tandis que dans la vieillesse, outre les cas qui viennent d’être indiqués, on en trouve beaucoup d’autres dans lesquels la cystite chronique paraît s’être développée spontanément.

On chercherait en vain dans les divers tempéraments et dans la constitution des individus une cause bien avérée de cystite chronique. Quant à Y habitation, à la profession , aux saisons, aux climats, il n’a été fait aucun travail exact sur ce point. On s’accorde néanmoins à dire que les professions sédentaires, celles qui exigent une grande contention d’esprit, et par conséquent un oubli fréquent des besoins naturels, les climats froids ou humides et l’habitation dans les lieux mal aérés, sont favorables au développement de cette affection.

Ou a placé encore et avec raison, parmi les causes prédisposantes de la cystite chronique, les maladies de l’urèthre et de la prostate qui gênent l’émission de l’ urine. La vessie, trop longtemps distendue, finit alors par s’enflammer chroniquement. Il serait peut-être plus convenable de ranger celte cause parmi les causes déterminantes, puisqu’elle suffit seule pour produire la maladie, quoique d’une manière lente.

Hérédité. — Les faits allégués à l’appui de cette manière de voir sont tout à fait insuffisants.

2° Causes occasionnelles. — Nous retrouvons nombre de celles qui ont été données comme produisant la cystite aiguë : ce sont l’influence du froid , Y extension d’une inflammation chronique de l’urèthre à la vessie, Y abus des diurétiques, des lithontriptiques, etc.

A ces causes il faut en joindre quelques autres qui ont été signalées par Lallemand (1) : telles que les excès vénériens , la masturbation , des ascarides dans le

(1) Lallemand, Des pertes séminales involontaires.

CYSTITE CHRONIQUE.

SYMPTÔMES

rectum; on un mot, les causes qui ont été signalées comme produisant la spermatorrhée.

Causes déterminantes. — Les plus évidentes sonL l’action des corps étrangers sur la vessie , les violences qui résultent de quelques manœuvres opératoires plus ou moins fréquemment répétées ; mais, en pareil cas, l’affection rentre dans le domaine de la chirurgie. Il en est de même des cas dans lesquels, à la suite d’une lésion de la moelle, une paralysie survenant, le liquide prend une odeur ammoniacale et se trouble. Suivant Ségalas (1), il se produit alors une inflammation catarrhale de la vessie, une cystite chronique, causée soit par la rétention du liquide , soit par Y action de la sonde.

Lebert (2) rapporte une observation de cystite survenue chez un individu porteur d’un ramollissement cérébral : cette complication , due à la stagnation de l’urine, n’est point rare chez les sujets en démence.

[Civiale (3) fait observer avec raison que rarement le catarrhe vésical est idiopathique ; qu’il résulte d’un grand nombre d’états morbides de l’appareil urinaire et des tissus voisins. Cet auteur passe en revue et expose longuement les différentes variétés de catarrhe vésical, et qui sont le catarrhe vésical produit : ]° par un état névralgique de l’urèthre et du col de la vessie ; 2° par les rétrécissements organiques ou par l’induration des parois de l’urèthre ; 3° par les maladies de la prostate et du col de la vessie ; ô° consécutif aux maladies des organes génitaux ; 5° produit par des tumeurs fongueuses ou autres de la vessie; 6° par des calculs urinaires ; 1° par l’excès ou le défaut de contractilité des parois vésicales; 8° par des causes indirectes générales, diathésiques ou autres (goutte, rhumatisme, suppression de la transpiration), répercussion d’un exanthème, boissons alcooliques ou excitantes.]

§ III. — Symptômes.

Nous avons vu plus haut que dans quelques cas le début de la cystite chronique est consécutif à une cystite aiguë. Ordinairement le début de la maladie a lieu sans que les malades y fassent une grande attention; il n’est signalé que par un seniiment de gêne vers la région hypogastrique, le périnée et le rectum, et l’émission un peu plus fréquente de l’urine qui ne présente pas d’abord de caractères bien remarquables et qui puissent être appréciés par le malade.

La maladie faisant des progrès, le sentiment de gène persiste dans les lieux indiqués plus haut ; les dernières contractions de la vessie sont un peu douloureuses ; Y urine est rendue fréquemment et en petite quantité, surtout après les repas.

Si l’on examine ce liquide immédiatement après l’émission, on ne lui trouve pas de changement de couleur bien notable; mais on y voit flotter un nuage plus ou moins épais qui résulte d’une certaine quantité de mucus sécrété par la sur-

fl) Ségalas, Des lésions traumatiques de la moelle épinière, considérées sous le rapport de leur influence sur les fonctions des organes génito-urinaires (Bulletin de l’Académie de tnèd., 1843-18 44, l. IX, p. 1113).

(2) Lebert, Traité d’anatomie pathologique générale et spéciale. Paris, 1861, t. II, p. 370.

(3) Civiale, Traité pratique sur les maladies des organes génito-urinaires , 3e édit. Paris, 1860, t. lit, p. 438 et suiv.

face enflammée. Au bout d un certain temps, ce mucus se rassemble en un dépôt parfois très-abondant, ordinairement blanc ou d’un blanc grisâtre, quelquefois d une couleur un peu foncée ; et comme c’est ce mucus qui a été rendu avec les deinières gouttes du liquide, il arrive, lorsqu’il est un peu abondant, que les malades le voient sortir de I urèthre sous forme d’une masse filante. Lorsqu’on laisse I urine se refroidir dans un vase, on remarque qu’elle acquiert rapidement X odeur ammoniacale.

« Après vingt-quatre ou trente-six heures, dit Vidal, de Cassis (1), il s’opère dans la masse profonde (le dépôt muqueux) un dégagement de gaz qui, la rendant d’une pesanteur spécifique moindre , en fait surnager une partie. Cette humeur muqueuse est la même que dans les autres affections catarrhales. Sa quantité \ ai ie suiv ant plusiout s cii constances : elle diminue si la maladie augmente d’acuité ; elle devient aussi moins visqueuse. Dupuytren disait alors que le catarrhe était pm nient, et il est remai quable que le malade souffrait moins quand cette forme se produisait. »

Quelquefois le mucus, au lieu d’être rejeté à la fin de l’émission de l’urine, est rejeté au commencement. Le malade fait d’abord des efforts qui paraissent infructueux ou qui ne produisent que quelques gouttes d’urine, puis il s’échappe une masse glaireuse qui a de la ressemblance avec une hydatide allongée , et l’urine sort par un gros jet. [Nous trouvons dans le livre de Beale (2) une explication de cette apparence du mucus vésical dans la cystite chronique. Le plus souvent, cette matière filante n’est point du mucus, mais du pus altéré par l’action du carbonate d’ammoniaque dû à la décomposition de l’urée dans la vessie, en présence d’une matière animale agissant comme ferment. Cette urine est très-alcaline, ammoniacale, et contient fréquemment des phosphates terreux, en particulier le triple phosphate de chaux, d’ammoniaque et de magnésie qui ne se trouve, au contraire, pas dans le pus venant du rein ou du bassinet. Au microscope, on voit souvent ce mucus sous forme de niasses composées de cylindres semblables à ceux de la figure 58 (p. Ô65).

Ceci u 'empêche pas qu’à certaine époque de la cystite, l’urine ne contienne de véritable pus, reconnaissable à l’œil nu et au microscope : c’est le plus souvent l’indice d’une complication phlegmoneuse siégeant dans les parois de la vessie.

L’urine a rarement son odeur normale : d’ordinaire, elle présente une fétidité remarquable. ]

Les fonctions des autres appareils d’organes ne sont généralement pas altérées au début de la maladie et pendant un certain temps ; mais l’affection se prolongeant, la digestion peut languir, la constipation survenir, le dépérissement se prononcer, et le malade tomber dans le découragement et Y hypochondrie. Lorsque l’affection est due à la présence d’un corps étranger dans la vessie, les symptômes augmentent à mesure que ce corps étranger acquiert du volume.

[Les symptômes généraux de la cystite chronique (catarrhe vésical) méritent d’autant plus de fixer l’attention du médecin, qu’ils sont souvcnl faciles à confondre avec ceux d’autres maladies. Par exemple, il n’est pas rare que des frissons se

(1) Vidal (de Cassis), Truité de pathologie externe. Paris, 1860, 5e édit., t. V.

(2) L. S. Beale, De l'urine , des dépôts urinaires et des calculs , traduction Aug. Ollivicr et Georges Bergeron. Paris, 18ti5, |». 3A3.

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