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NÉVRALGIE DE LA VESSIE. — DIAGNOSTIC. OUI

rationnels de la pierre peuvent être observés. Ce chirurgien a vu tailler trois sujets sur de tels indices, un en province et deux à Paris, quoiqu’ils n’eussent pas de calculs.

Les besoins d’uriner sont pressants, les douleurs vives du côté de la prostate. Le liquide s'arrête parfois au milieu de l’excrétion , pour repartir un instant après. Les souffrances augmentent quand le malade est échauffé ou fatigué.

Le cathétérisme , ordinairement fort douloureux , cause un sentiment de brûlure remarquable; mais l’instrument une fois arrivé dans le réservoir de l’urine, les douleurs se calment, dans certains cas, comme par enchantement.

Les urines sont le plus souvent limpides, quelquefois glaireuses ou sanguinolentes. [ Ces derniers mots font pressentir que l’état nerveux du col n’est pas toujours pur de toute altération organique ; en effet, il est souvent entretenu par des fongosités, des végétations de la muqueuse en cette région, un certain degré de cystite ou d’hypertrophie de la vessie ; ce qui n’empGche point les phénomènes fonctionnels d’être réellement névralgiques, car ils ont le caractère de cet ordre de symptômes et ne ressemblent pas à ceux qui pourraient naturellement résulter d’une des lésions indiquées.

Comme manifestation secondaire , Civiale signale des douleurs ressenties au niveau du pubis ou du sacrum, à l’ombilic, à la plante des pieds, à la nuque, la tendance à la mélancolie des malades, et la pente rapide de la santé de quelquesuns vers un profond délabrement.]

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

Les accès de douleurs se reproduisent à des intervalles irréguliers. La marche de la maladie est donc la même que celle des névralgies proprement dites, qui seront étudiées plus loin. Pour la durée, <■ c’est, dit Velpeau, un mal qui s’use avec le temps. » Il en résulte que la terminaison par la guérison peut être regardée comme constante. [Tel ne semble pas être, au moins pour tous les cas, l’avis de Civiale (1). Même parmi les états nerveux sans complication organique, cet observateur a connu des cas graves qui, non-seulement ne se terminaient pas d’eux-mêmes, mais encore se jouaient des moyens de traitement dirigés contre eux, ou récidivaient avec une grande rapidité.]

§ V. — Lésions anatomiques.

L’absence de toute lésion anatomique est un caractère qui , pour être négatif, n’en est pas moins très-important, puisqu’il nous fait connaître la nature de la maladie. » On ne voit dans les parties, dit encore Velpeau, ni rougeur, ni gonflement, ni la plus légère trace d’altération. » Et plus loin : « On ne trouve ni calcul, ni coarctation ; en un mot, rien de matériel dans la vessie, l’urèthre ou la prostate. » [Ceci ne s’applique qu’aux cas simples : nous avons indiqué tout à l’heure les complications organiques qui peuvent précéder ou suivre la névralgie du col vésical ; nous n’y revenons point, attendu qu’elles ont été décrites ailleurs, ou ne sont plus du ressort de la médecine.

§ VI. — Diagnostic.

La névralgie de la vessie se reconnaît aux troubles de la miction et à l’inter- (1) Civiale, toc. cit., t. II, p. 21 et suiv.

mittence des douleurs : l’état nerveux général de quelques malades, les sensations bizarres perçues en différents points du corps, sans cause apparente, mettront encore sur la voie. Enfin, le cathétérisme pratiqué avec soin fera constater le défaut < une îaison matérielle qui suffise à légitimer les manifestations observées.]

§ VII. — Traitement.

t ca(bétérisme, après avoir causé une vive douleur, est suivi ordinairement d un soulagement des plus marqués. Cette considération a engagé à mettre en usage 1 introduction de la sonde comme moyen curatif, et Cheneau, cité par Campaignac, a rapporté un cas dans lequel le cathétérisme répété a été suivi d’une guérison complète. [Civiale introduit tous les jours ou tous les deux jours, suivant i irritabilité du sujet, une bougie de cire molle, de faible volume, qu’il laisse en place moins de cinq minutes chaque fois. Dans les cas qui résistent, il fait des injections dans la vessie, tièdes d’abord, puis froides, et, en dernier ressort, il pratique la cautérisation du col vésical avec le nitrate d'argent, après avoir préalablement accoutumé l’urèthre au contact des bougies : l’emploi de ce dernier mojen cause d abord 1 exaspération des accidents, mais peu à peu le calme revient avec une guérison plus ou moins durable.]

Les sujets taillés par méprise pour une simple névralgie de la vessie ont parfaitement guéri de 1 opération et de la névralgie ; mais ce fait rentre dans la règle génélalc . tous les moyens thérapeutiques qui irritent violemment ou qui enflamment les parties affectées de douleurs nerveuses ont des résultats avantageux : tels sont le vésicatoire, la cautérisation , l’incision. Malgré l’innocuité qu’elle a présentée dans les cas indiqués, on ne saurait pensera pratiquer une opération aussi grave pour une simple affection douloureuse.

[On emploiera : 1° des topiques applicables aux névralgies de toutes les régions, tels que les frictions avec des pommades belladonées et opiacées , avec le üniment ou la pommade au chloroforme, les injections hypodermiques d’une solution de sulfate d'atropine , à un centigramme par gramme d’eau, ou d’une solution de chlorhydrate de morphine ; 2° des remèdes plus spécialement applicables à cette région, tels que des suppositoires au beurre de cacao , avec incorporation d’extrait de belladone , à la dose de 2 à 5 centigrammes. Le malade introduit chaque soir un de ces suppositoires dans le rectum, en le conduisant au-dessus de l’orifice anal , et l’abandonne à lui-même. Une partie de la graisse se fond , et l’on peut espérer que le médicament sera absorbé. De petits lavements de laudanum que le malade garde, peuvent aussi être employés avec avantage.

Il va sans dire que si la névralgie coïncidait ayec une rétention des matières slcreorales, il serait indiqué de vider le rectum, soit avec la curette, soit au moyen des purgatifs.

Quant au traitement général, il se compose de tous les moyens usités pour la névralgie : pilules d’extrait aqueux d 'opium (5 centigrammes), de chlorhydrate de morphine (1 centigramme à 2 centigrammes), pilides de Méglin , etc., etc. (L. Gosselin) (1).] On trouvera, au tome Ier, dans l’article sur les Névralgies, un bon nombre de moyens applicables à la cystalgie.

(1) L. Gosselin, Nouveau Dictionnaire demédecine et de chirurgie pratiques. Paris, 1865, t. Il, art. Anus.

PROSTATITE AIGUË. — DÉFINITION.

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